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  • Après la villa Vortex

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    « Villa Vortex » de Maurice G. Dantec en Folio Science Fiction

     

    littérature, société, Dantec, amaury watremezDantec passait souvent à la télé dans les années 90. C'était l'époque où des auteurs passaient très régulièrement sur les ondes sans se croire pour autant obligés de faire leur psy en direct. Son « look » de musicien de rock portant continuellement des lunettes noires tel un Patrick Eudeline polardeux, fumeur compulsif, frappait. Son discours hâtif, se voulant prophétique me semblait anecdotique à côté de sa passion prégnante pour la littérature dite « de genre » en particulier et l'Ecriture en général. J'aimais bien et j'aime toujours l'ecclectisme de ses goûts allant des classiques académiques à ceux beaucoup moins bien « élevés », des livres ayant très mauvais genre.

     

    Et pourtant la SF ou le roman noir demeurent le meilleur moyen de parler de notre monde : par ces marges. Dantec est également un peu dans la démarche créatrice de J.G. Ballard, il n'a nul besoin d'évoquer des voitures volantes ou des rayons de la mort, décrire les ravages de la violence, de la haine, de la prolifération des « non-lieux » sans âme, où l'être humain est parfaitement inutile, superflu. Et ami lecteur, j'ai eu quelques accointances -lointaines certes- avec lui puisque j'ai écrit sur le site quelques critiques de livres sur « Ring » fondé à l'initiative de David Kersan son ancien éditeur avec qui il est maintenant fâché....

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  • Babylon A.D - ce que le monde vous prépare

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    medium_babylon_ad_1.jpgDantec, je l'ai vu pour la première fois il y a une quinzaine d'années sur un plateau de tôlque chaud, ses lunettes noircissimes, son débit saccadé, ses trouvailles hallucinées de grand génie malade et ce n'est pas que j'avais été emballé par tout ce qu'il disait, mais enfin un auteur de genre montrait de la personnalité : punk, destroy, mystique, parfois sortant des conneries ahurissantes, mais Dantec a de la personnalité, Dantec est un homme au sens strict, un type qui va jusqu'au bout, qui se trompe jusqu'au bout, et cherche sans cesse la rédemption. Il fascine beaucoup de monde, à commencer par les petits fachos par son côité viril justement, cela n'empêche pas de le lire. Ses livres disent simplement ceci : voilà le monde que vous préparez à vos enfants, la destruction, la pollution, la pourriture, le mal fait aux faibles et aux plus petits, la pauvreté, la violence, la guerre. Certains nous disent que tout va péter, que ça ne peut pas durer, ils en rêvent de ce que ce le monde croule pour de bon, et eux avec car ils sont attirés par le néant. A force de fantasmer là-dessus, ça va bien finir par arriver. Dantec dit simplement ce qui se passera alors. J'ai toujours eu un faible pour les types dans son genre, capables de créer tout cela. Et puis faire tenir ce qui reste de la civilisation, du sens des autres, dans un civet de lapin, voila qui est très humain.

    babylon-ad-affiche-2-grand-format.jpgBien sûr le film trahit le livre mais dans la première partie, jusqu'à la "mort" de Toorop à New York, on s'en ficherait presque. Je vais être bref : on s'en prend plein les yeux, la caméra bouge sans cesse, mais l'action reste lisible. Et l'idée d'une jeune fille, possédant tout le savoir du monde dans son esprit, marquée par le Bien, qui sauve le monde en donnant la vie à deux enfants, voilà qui a tout pour me plaire. Il y a deux-mille ans, c'est déjà arrivé à une jeune fille de Judée, une jeune palestinienne, de donner la vie au sauveur de Monde et cela, j'y crois profondément, a tout changé du microcosme au macrocosme. Et puis, le fait qu'Aurora soit protégé dans un monastère de chrétiens d'Orient qui maintiennent leurs traditions depuis la naissance du Christ, voilà qui n'est pas pour me déplaire non plus. Bien sûr, la jeune fille est convoitée par le pouvoir, celui des marges, le pouvoir de l'argent, et par la grande prêtresse d'une secte qui avant de songer une seconde au salut du monde pense surtout à sa mainmise sur ses disciples. Hypothèse délirante que tout cela, diront les pragmatiques, les réalistes. Donc après la "mort" de Toorop, le film s'enlise, ça se gâte, le réalisateur brusque tout, on a l'impression que les décors sont plus "cheap" et le rythme est cassé, et la mort de Gorsky/Depardieu est vraiment grotesque (on se croirait dans un mauvais manga). Sur le plan purement cinématographique, je préfère "Demonlover" d'Assayas, bien plus pertinent.

    Ce que dit ce film, comme le livre, c'est que ce qui arrive dans le reste du monde, c'est de notre responsabilité collective. Et ce n'est pas agréable à voir, autour de moi les spectateurs trouvaient ce qu'on leur montrait trop désagréable, trop réaliste. Et pourtant, nous restons fascinés par la destruction, la guerre, la haine, la violence. Et pourtant, ce monde mérite d'être sauvé quand même mais pas en créant un homme nouveau, en prenant conscience de notre humanité enfin. Il serait temps.