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développement durable

  • La semaine du développement durable : un exemple sur le terrain, l'Eure

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    On parle aussi du Développement Durable sur Agoravox

    Semaine du Développement Durable : du 1er au 7 Avril (voir site)

    On parle beaucoup du développement durable au sujet de Paris, de l'Ile de France, et des grandes agglomérations mais jamais en région ou dans les petites villes de province (ou de banlieue).

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    Ci-contre l'hotel de ville d'Évreux, photo prise ici

    Les articles en traitant vont rarement sur le terrain, se contentant d'aligner les grands principes sans essayer de voir les problématiques concrètes, les ignorant, voire les laissant se développer. On proteste de ses bonnes intentions, on organise des « fêtes de l'écologie » des fêtes de la « responsabilité écologique », et finalement, rien n'est fait. Pour parler de terrain, il semble qu'Évreux et le département de l'Eure sont deux excellents exemples.

    Avant que l'on accuse ce texte d'être négatif, signalons les initiatives très positives quant au développement durable à Évreux comme ce blog signalant les initiatives d'un collectif de citoyens.

    Le principal problème de l'Eure, et de sa préfecture, Évreux, c'est la difficulté à exister face à trois grandes métropoles proches : Paris, Rouen et dans une moindre mesure, Caen. Évreux devient un gigantesque centre administratif de second ordre où se concentrent quelques services et reste considérée comme une sous-préfecture de la Seine-Maritime. Les couches sociales représentées à Évreux sont donc principalement des employés, des salariés issus de la classe moyenne supérieure, des « cols blancs ».

    Les eurois et les ébroïciens sont donc dans leur grande majorité obligés de prendre leur voiture ou les transports en commun, pour ceux qui travaillent à Paris ou à Rouen, pour aller travailler, donc d'émettre un peu plus de pollution.

    Or, dans les deux cas, un problème se pose.

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    ligne Evreux-Rouen désaffectée ci-contre : image prise ici

    Rappelons également en passant que pour aller de Évreux à Rouen en train il faut passer par Paris, ce qui est un non-sens. La liaison ferroviaire de ces deux villes est un peu un « serpent de mer » qu'invoque tous les politiques du département au moment des élections, pour l'oublier ensuite totalement.

    Ce projet est d'ailleurs combattu en sous-main, ou non, car tout le monde en veut tant que c'est le voisin qui est embêté.

    Ce serait pourtant une solution pour désengorger la circulation dans ces deux agglomérations, un investissement lourd rapportant à long terme. Mais, comme partout ailleurs en France, on pense surtout au court terme et aux bénéfices électoraux rapides.

    En voiture, le matin, il suffit de regarder les véhicules que l'on croise pour aller à Rouen, on y voit à chaque fois une personne et une seule. Si des solutions de covoiturage sont proposées (sur la base du volontariat, et des propositions des conducteurs, voir lien), elles tiennent pour l'instant du gadget.

    On note d'ailleurs que les propositions mises en ligne sur le site du Conseil Général ne sont pas actualisées, ce qui montre l'intérêt qui y est vraiment porté.

    Du fait de l'augmentation des prix de l'essence, il est incompréhensible que ce système ne se développe pas beaucoup plus car il permettrait aux personnes obligées de prendre leur voiture de faire des économies substantielles.

    Le covoiturage plus développé permettrait également d'aider les habitants des communes rurales autour d'Évreux et des grandes villes du département et qui sont excessivement mal desservies :

    Souvent les habitants ne disposant pas d'un moyen de transport personnel ont le choix entre un car à 6h, 6h30 du matin, et puis plus rien jusqu'en début d'après-midi. Le fait que le billet ne soit qu'à deux Euros, ce qui en soit est déjà un progrès afin d'encourager à utiliser le car, ne change donc rien, les horaies étant souvent conçus en dépit du bon sens.

    De plus, personne ne semble tenir compte des correspondances. Par exemple, une personne voulant se rendre d'Évreux à Gasny en car prendra le car de 6h40, qui arrive à 7h15 à Vernon, soient 5 minutes après le départ du car pour Gasny.

    Le car a aussi une image déplorable, c'est le moyen de transport, dans la tête des eurois, excepté pour celui qui va à Rouen curieusement, des « moins que rien », de pauvres hères que l'on méprise plus ou moins.

    Ceux qui habitent Évreux et prennent le train tôt n'ont pas d'autre choix que d'aller à pieds à la gare ou prendre la voiture car le service de bus commence trop tard, ou ne dessert pas la gare, ce qui implique de graves problèmes de stationnement et de circulation.

    Prendre sa voiture devient, comme ailleurs, un geste automatique pour faire des trajets courts voire très courts, et ce pour toutes les générations, contre toute logique parfois.

    Alors que leurs prédecesseurs venaient au lycée en bus ou emmenés par les parents, les élèves arrivent maintenant dans leur véhicule.

    Ne parlons pas du week-end, où beaucoup sorte la grosse et belle automobile du garage, rutilante et bien propre, pour la montrer (même si on ne sait pas la conduire d'ailleurs), comme avant on s'« habillait » le dimanche car cela reste un geste d'ostentation sociale fondamental.

    On prend le 4X4 pour aller chasser car cela reste important de montrer ce que l'on peut se payer. Selon les professions, il devrait être possible de reconnaître chaque profession ou secteur d'activités d'ailleurs, ou si les personnes sont en retraite ou pas.

    Le programme de l'actuel maire d'Évreux incluait pourtant la création d'une zone piétonne au coeur de la ville, pour l'instant, celle-ci se limite à deux petites ruelles de part et d'autres de la fontaine de la place de l'Hotel de ville. Les commerçants du centre n'en veulent pas, ne concevant les déplacements de leurs clients potentiels qu'en voiture pour le moment.

    On ne peut leur donner tort car c'est le cas également pour leurs clients.

    C'est tout juste symbolique.

    Les mentalités n'ont guère évoluées, que ce soit pour aller acheter du tabac, le journal, poster une lettre, les ébroïciens, comme les eurois venant à Évreux, préfèreront prendre leur automobile quitte à se garer en double-file ou sur les places handicapées, ce qui n'est de toutes façons que très rarement pénalisé.

    Il ne devrait pourtant pas y avoir autant de problèmes de stationnement du fait du parking de la place du marché et de celui derrière l'hotel de ville, sans parler des plus petits emplacements pourtant très proches, ou des possibilités de circulation en bus.

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    photo ci-contre à Guichainville prise ici

    Et alors qu'il était question de largement développer les transports en commun afin de rassurer justement les commerçants du centre-ville, « l'ébroïbus » qui était une navette très pratique pour les personnes âgées comme pour les enfants, ou les habitants sans moyen de locomotion, a été supprimé alors qu'il aurait été largement plus pertinent d'envisager une deuxième ligne l'utilisant !

    A l'agglomération d'Évreux, on parle beaucoup du développement durable, mais on se contente pour l'instant de quelques mesures qui sont certes spectaculaires mais très modérément et concrètement incitatives, tout en favorisant les quartiers électoralement les plus intéressants (coutume française qui est effectivement répandue un peu partout dans notre pays et qui n'est pas le fait seulement de cette commune).

    Sur le lien indiqué ci-dessus, j'ai eu beau chercher également une information sur la question des livraisons intempestives en plein Évreux à n'importe quelle heure du jour, ce qui bloque la circulation à chaque fois alors que cela n'aurait pas lieu d'être, je n'ai rien vu. On est assez étonné de constater que des poids lourds continuent à circuler dans Évreux malgré les préoccupations affichées par la droite et la gauche au Conseil Général ou à la municipalité quant à l'écologie.

    Il est même question de réhabiliter le quartier de Nétreville en en faisant un quartier écologiquement responsable, ce qui est bel et beau, et qui entraîne un effet d'annonce là aussi tout bénéfices pour les futures échéances , mais avant peut-être conviendrait-il de songer à résoudre les problèmes de développement durable en urgence.

    Il s'agit finalement pour les politiques et les décideurs de faire preuve de courage, sans pour autant stigmatiser forcément les automobilistes, qui sont déjà des « vaches à lait » quant aux taxes qu'ils subissent déjà