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  • Les pornos softs de fin de soirée – la vengeance du retour de la cinéphilie honteuse

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    Non, ne proteste pas ami lecteur, mon semblable mon frère, et toi ami jeune qui découvre les mystères de la puberté, tu as déjà regardé ce genre de cochonneries sur M6, ou maintenant sur les chaînes de la TNT, en prétendant quand tu étais surpris par quelqu'un que tu tombais dessus par hasard. Souvent, c'est à prétention littéraire ou philosophique et assorti d'un scénario bien que j'hésite à appeler ainsi l'argument-prétexte qui permettra de relier les scènes de cul toutes ensemble car on est quand même là pour enquiller les moments où les acteurs exécuteront le simulacre de la reproduction. Entre deux, bien sûr, ils jouent à peu près tous comme des pieds ce qui fait largement retomber le semblant d'excitation ressenti peu avant. Les hommes comme les femmes y ont des boulots de bobos, des trucs dans l'informatique (on voit un des types tapoter n'importe quoi sur un ordinateur les sourcils froncés, on sait très bien qu'il a dû taper quelque chose comme « ?JKKUr$ » mais sur son écran apparaît toujours un pseudo cadre de traitement de textes très esthétique). L'un des deux hommes, ils travaillent à deux, a toujours des problèmes avec sa copine/sa femme/ sa fiancée (rayez la mention inutile) et s'en plaint. L'autre est toujours drôlement épanoui dans son couple y compris sur le plan sexuel et il donne des conseils pour se libérer à son ami (nous y voilà). Là, cut, (le filmage est aussi plat qu'un encéphalogramme de Christophe Maé), et on va dans l'appartement que le premier partage avec sa compagne, qui est ou toute nue ou pas loin de l'être. Dans ce genre de films, il faut savoir que l'on prend son petit déjeuner nu, que l'on vide le lave-vaisselle aussi complètement nu, idem pour regarder la télévision. Les voisins doivent être ou ravis ou scandalisés. Ou l'immeuble est interdit lui aussi aux moins de 16 ans. La jeune femme frustrée boit un verre de vin, tout en lisant une lettre, situation banale, et alors là une de ses amies proches, l'épouse du deuxième crétin cité plus haut, entre dans l'appartement, elle vient réconforter sa copine. Elles causent de chose et d'autres, l'une d'elles dit un truc du genre : « Tu aimes les pot-pourris à l'encens sur tes meubles ? ». Comme quoi, même les banalités ça aide à séduire visiblement, j'essaierai bien sur une cobaye pour voir : « Tu sais que des plantes vertes aident à aérer un appartement ? » pour voir l'effet.

    Et là toc, l'autre la caresse et c'est l'orgie sur fond de synthés sinistres. Car la musique de ces films, qui ne doivent pas coûter trop cher, est toujours au synthé, voire au Bontempi. Après cette scène, les deux jeunes femmes se quittent comme si elles venaient de faire une belote, et le mari de l'épouse frustrée rentre, il regarde intensément la femme de son ami qui sort de l'appartement et là pour bien souligner la tension séquesuelle, on nous remet un petit coup de synthé. La deuxième épouse rentre alors chez son époux drôlement libéré, et très ouvert d'esprit. Ils mangent des sushis, ou alors un wok et puis, comme ils ont une petite envie, re-synthé et re-scène de cul un peu partout dans le living-room Rocher-Bobois, ce qui tue l'ambiance c'est que ce couple très libéré semble avoir très mauvais goût en matière d'ameublement. On n'est toujours pas dans la sensualité joyeuse car finalement ce genre de films est quasiment janséniste, la tromperie est durement punie, les amants durement châtiés même si entre deux on nous a montré une scène d'orgie domestique. Rajoutons à cela le didactisme obligatoire de toutes les productions françaises quand on parle de sexualité : préservatif, la cigarette c'est pas bien (le méchant fume), le vin c'est bien mais en petites quantités, le sport c'est bien pour s'entretenir. Mais ce que je trouve finalement le plus drôle dans ces métrages qui ne sont ni pire ni meilleurs qu'un bouquin de Catherine Millet sur le plan du cul (du cul, du cul, du cul) ce sont les scènes où les personnages sont censés lire, on voit bien qu'ils n'ont pas ouvert un livre depuis des lustres et on sent bien leur soulagement quand il le repose à la fin de la scène. Parfois, bien sûr, grand classique, il y a un plombier/employé du gaz/facteur qui vient porter une lettre, vérifier les compteurs chez les « héros » du film, et bien sûr, il finit toujours par se déloquer après avoir dit un truc très excitant comme : « Ah, oui, mmm, je constate que votre consommation de jour est plus importante que la nuit, petite coquine », ou, « Mmmm, voilà un recommandé, je vais vous le tamponner virilement ! »...etc.

    Au bout du compte, je déconseille ce genre de films, ça démoralise pour la semaine, les dépressifs mutins doivent adorer cependant.

    lady_chatterley_2.jpgRegardez plutôt le "Lady Chatterley" de Pascale Ferran