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dégoûtation

  • Une société de voyeurs

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    En discussion sur Agoravox

    Nous sommes une société de scopophiles, de voyeurs qui adorent regarder, scruter, surtout ce qui ne va pas, chez l'autre. C'est pourquoi nous laissons notre quotidien être envahi par les caméras de browning_et_les_freaks.jpgsurveillance. Nous sommes des spectateurs du peep-show du monde actuel, fascinés par la destruction, la catastrophe, l'ordure, la violence, la haine. Les films hollywoodiens ou non formatés adorent montrer tout cela, comme ils rechignent à parler de sexe ou d'amour de manière un peu adulte et non comme une adolescente à peine pubère.

    Comme nous adorons aussi nous faire peur avec l'idée de notre propre destruction comme si nous étions finalement conscients d'aller à l'abîme à grands pas et joyeusement.

    Il n'y a plus de spectacles de monstres, il n'y a plus de cirques montrant des « phénomènes », mais nous mettons des petits myopathes sur une scène, en pleurnichant un peu pour nous donner bonne conscience mais c'est toujours « Barnum » en représentation avec ses « freaks ».

    C'est d'ailleurs paradoxal à notre époque hyper-normative qui favorise une hyper-standardisation d'être aussi attirés par la monstruosité et la difformité, à croire que beaucoup voit dans les handicapés un reflet de leurs âmes plutôt tourmentées.

    Et toujours avec le même manque de franchise et d'honnêteté quant aux motivations. On ne veut surtout pas parler de compassion ou d'humanité simplement.

    Pour s'excuser de notre curiosité malsaine, nous enrobons le tout de bons sentiments bien mièvres, de sensiblerie dégoûtante et frelatée, la même que l'on retrouve dans les publicités tellement « authentiques » pour de la purée en sachets ou du jambon sous vide. Cette sensiblerie, cette exaltation d'une fausse gentillesse geignarde et rose-bonbon, c'est notre justification de notre voyeurisme.

    On montre des petits africains qui souffrent de famine, des japonais tellement « dignes dans leur souffrance » selon la formule que l'on a entendu tout le temps, des jeunes arabes tellement courageux qui font la révolution par procuration pour les occidentaux endormis dans leur mauvaise graisse, leur choléstérol, leur anorexie ou leur boulimie, leurs névroses de riches et de bien-portants. On cherche un signe ou un sens à une catastrophe. On aime bien mettre en parallèle deux catastrophes, Fukushima et le 11 septembre, par exemple.

    Au bout du compte, c'est surtout que les catastrophes rassurent celui qui bénéficie d'un certain confort matériel, et souvent intellectuel. Il se dit alors qu'il y a plus malheureux que lui et apprécie d'autant mieux son aisance. Bien sûr, cela ne lui viendra pas à l'idée une seule seconde d'essayer de changer quoi que ce soit à l'iniquité fondamentale qui mène cette société.

    C'est forcément la fin du monde, on n'hésite pas à sombrer dans le millénarisme le plus délirant, comme croire que la planète va vraiment s'arrêter de tourner le 21 décembre 2012.

    C'est curieux de constater que notre époque qui se dit et se revendique amorale et a-religieuse croient en autant de choses aussi irrationnelles et tenant de la foi du charbonnier.

    Il faut dire que dans les magazines et même dans des journaux dits sérieux on n'a jamais vu autant de publicité pour différents horoscopes ou méthodes d'astrologie ou de divination.

    Si tant de personnes sont persuadés que le monde va crouler en même temps qu'eux, c'est a ussi par individualisme forcené, du fait du nombrilisme extrême tel qu'il se pratique de nos jours : « Si je meurs, c'est forcément le monde entier qui doit mourir en même temps que moi ».

    Cela tient aussi de la croyance qui veut que notre société de sur-consumérisme soit le nadir de la civilisation, une apogée, l'acmé de la pensée alors que nos descendants nous considèreront certainement, peut-être d'un oeil attendri, comme des barbares.

    On s'étonne qu'un petit garçon, (ou une petite fille), né avec un handicap qui se voit un peu, cela suffit pour provoquer la curiosité mal placée, devienne plus tard caustique voire cynique alors qu'il a pris l'habitude de diviser très tôt le monde en deux catégories : ceux qui ne s'arrêtent qu'à l'apparence, ceux qui vont plus loin.

    Photo ci-dessus et vidéo ci-dessous extraites de "Freaks" de Tod Browning (sur la photo on voit le réalisateur et ses acteurs, photo prise ici), le chef d'oeuvre s'interrogeant le mieux sur la "normalité" et la "différence".


    Freaks 1/4 par laingui

  • De quelques initiatives niaiseuses de Noël...

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    Pour rester dans l'esprit de joliesse et de bonté des fêtes, j'avais envie de narrer quelques initiatives niaiseuses qui m'ont fait bondir. Pour mettre dans l'ambiance, un extrait de "Deux heures moins le quart avant Jésus Christ"...

    "Quoi, j'ai dit une connerie ? Un gosse qu'est né dans une étable ça va changer la face du monde ?"

     

    Dans une paroisse, d'un diocèse que je nommerai pas, un groupe de personnes emmené par l'évêque et quelques prêtres ont apporté pour Noël aux prisonniers de la maison d'arrêt une main en plâtre (pas une crois, pour ne pas choquer les prisonniers qui ne sont pas chrétiens) et un panneau avec les signatures et des messages de Noël. C'est très gentil mais c'est une fois dans l'année et totalement déconnecté du réel : je suis sûr que cela fera plaisir aux adolescents voleurs de mobs violenté lors de leur première nuit en prison, et à ceux qui doivent dormir, se laver, déféquer et vivre à neuf dans 10 mètres carrés. Cela les bons apôtres ne veulent pas le savoir, ils veulent faire leur B.A de Noël, sincèrement persuadés de la pureté de leurs intentions je pense.

    A la chaire de nombreuses églises (au sens figuré je parle, il y a longtemps que beaucoup de prêtres vont et viennent un micro HF à laours_polaire.jpg main comme des pro des promos de grands magasins), de nombreux ecclésiastiques nous ont ressorti le même genre d'histoire, à savoir une sorte de parabole moderne qui met en scène le plus souvent un couple de sans-papiers qui ne trouvent pas de logis le soir de Noël, et puis ô miracle, des braves gens se dévouent pour les aider, même des politiques je suppose, ce qui changerait la Crèche car l'homme ou la femme politique serait devant le gosse dans la mangeoire. D'aucuns avaient même une année reconstitué une Crèche populaire moderne remplaçant les bergers par des lascars de téci, l'âne par une mob (103 SP) et le bœuf par un pitt-bull.

    Devant l'hôtel de ville d'un endroit dont je tairais le nom on peut trouver une sorte de bulle en plastoc (équitable ?) dont la température et le gonflage sont maintenus 24h sur 24 par un groupe électrogène et une prise de courant. Rappelons que cette mairie a souvent parlé d'écologie et de développement durable mais là c'est pire que laisser son plasma en veille toute la nuit. Dans la bulle on trouve des jolis n'animals électroniques qui bougent de manière saccadée et vaguement inquiétante ; deux ou trois ours blancs et un renne. Les badauds attendris trouvent cela d'un goût exquis, le tout sur des chansons montées en boucle de la Compagnie Créole. Les parents montrent le tout aux gosses : « Tu as vu les z-ours ? », gamin : « Mais Y'a pas le Père Noèl avec ses cadeaux !? », autre gamin : « Ouaiis, c'est comme à Disneyland ! ».

  • Explosions de portables, enfin la paix ?

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    cellphone-timebomb.jpgEnfin, ça commence avec les ail-phones et les ail-paudes, et j'espère, si tout va bien, ça va s'étendre à toute les autres marques, des portables et des baladeurs numériques explosent de plus en plus régulièrement. On rêve de retrouver enfin la paix d'avant "les portables", (ou plutôt d'avant les téléphones cellulaires devrait-on dire, comme les anglo-saxons), bientôt finies les conversations ineptes, les "T'es où ?!" claironnés toute la journée, le gougnafier qui prend le métro, le bus, le train pour son bureau alors que l'on n'en a rien à foutre, à la trappe le VRP qui fait ses commandes entre l'entrée et le dessert, fini l'andouille qui impose à tout un wagon sa musique pourrie, terminé la pauvre fille ou le pauvre type qui se donne une contenance en mimant une conversation, plus de stupidités miévres et sentimentalo-débiles débitées par des adolescentes bourgeonnantes à la terrasse des cafés : "C'est mon amour, rires cons, oh je le kiffe trop, rires cons, iléchouou trop chou, rires cons, ad lib...", les professeurs n'entendront plus les parents se plaindre qu'un livre à deux euros c'est trop cher alors que leur chérubin claque 300 euros de facture de téléphone par mois, principalement à débiter des âneries...

    Mais je rêve, je divague, vous croyez que c'est possible, non, quand même ces explosions ? (espoir quand tu nous tiens)