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culte

  • Les coups de pied au culte qui se perdent...

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     « Hello You happy taxpayers !.. »

    jaquette.jpgLa première fois que j'ai entendu parler du « culte » c'est dans « Starfix », fameux journal de cinéma des années 80, entre « Mad Movies », avant que ce mensuel ne devienne une sorte de fanzine pour « nerd » sanguinaire aux pulsions violentes, et que toutes les signatures intéressantes en partent, et « Positif » pour le côté pointu et cultivé sur le sujet, ayant paru de 1984 à 1990.

     Dans cette revue très éclectique un journaliste n'aurait fait l'erreur de confondre Eugene O'Neil et Charles Lindbergh sur une photo de "Zelig" de Woody Allen comme le fait l'auteure du livre sur ce cinéaste aux éditions du "Monde" et des "Cahiers du cinéma", par exemple, entre autres erreurs grossières. Woody Allen a trois films « cultes » dans sa filmographie : « What's new Pussycat ? », « Casino Royale », et « Tiger Lily ».

    Et on constate la plupart du temps que dans le meilleur des cas, la cinéphilie des critiques ne va pas plus loin que les années 80, au mieux.

    On y défendait autant des « nanars » parfois prometteurs comme ceux de Peter Jackson, alors méprisé, mais aussi les films asiatiques alors méconnus y compris des critiques dits élitiste.

    Maintenant, il y a une mode du « nanar » vu comme forcément génial, alors qu'un « nanar » est d'abord et avant tout un film qui reste nul quel que soit le plaisir que l'on ait pris à le regarder, un plaisir pervers s'entend.

     Il y a aussi une mode du « geek » consommant de la SF débile au kilomètre sans discerner le bon film du très mauvais.

     Le « geek » ou « assimilé », comme dans la série « Bref » de Canal , est « in », ce qui fait qu'il n'en est plus vraiment un de « geek », c'est en gros dans l'acception actuelle un « adulescent » régressif et qui assume sa régression incapable de s'engager dans quoi que ce soit

     Y écrivaient Christophe Gans, Christophe Lemaire alias Painboeuf ou Nicolas Boukhrief, connaisseurs hors pair de l'œuvre de Max Ophüls mais aussi « Virus Cannibale » de Bruno Matteï, ne demandez pas qui c'est à un journaliste de cinéma actuel, sa culture cinéphile commence à Michael Bay dont le « style » de montage épileptique a contaminé tous les spectateurs de cinéma qui ne savent plus prendre le temps de regarder un film un peu plus lent.

     « Starfix » mettait en couverture aussi bien Kubrick que John Woo ou Cronenberg ou encore les Rita Mitsouko, pouvait traiter de Carpenter et Jean Eustache dans un même numéro, non pas d'ailleurs dans une absence de hiérarchisation des genres qui fait que l'on mette actuellement Rivette et sa « Religieuse » au même plan que « l'infirmière n'a pas de culotte » sur les rayons des supermarchés de la culture.

     « Get me to yout leader »

    cinéma,littérature,société,politique,nostalgie,pellicule,culte Dans les « nanars », on trouve tous ces personnages de films absolument débiles, neuneus, cachant quelques fois des talents se révélant un peu plus tard, comme Peter Jackson avec « Bad Taste » ou « Meet the Feebles » ou Coppola avec « Dementia 13 », voire Scorcese, à l'école de Corman lui aussi, une école d'économie de moyens et de cadrage précis.

    On aurait tort de mépriser cette culture « bis », la vraie, pas celle qui est à la mode, qui conserve au cinéma son aspect forain, ou bricolé. Bien sûr, il faut regarder ses films au deuxième degré, au minimum. Sans eux, pas de cinéma, il serait mort depuis longtemps.

     Certains atteignent le sublime, des fabuleux « clowns tueurs venus de l'espace » à « l'attaque de la Moussaka géante » (vérifiez dans un moteur de recherche, ça existe). C'est plus sérieusement par le « bis » et des journalistes « bisseux » comme Jean-Pierre Putters, fondateur de « Mad Movies », ou Jean-Pierre Andrevon, de « l'Écran Fantastique » que des cinémas autres que US ou hexagonal ou réservés jusque là aux salles « Art et Essai » ont été découvert dans nos contrées comme on l'a déjà dit.

     Ils n'ont pas eu besoin de « Tigres et Dragons » pour parler des films de Hong Kong, indiens ou même turcs.

     Il y a même de ces films « bis » qui instillent dans tout cela une bonne dose de subversion, de trasngression, ou de perversité, ou surtout de trublionisme finalement. Ainsi, une bonne partie du cinéma fantastique anglais des années 70 - en particulier « The Wicker Man »- ou les bandes filmées en super 8 « gonflé » de Tobe Hooper et Wes Craven, bien avant « Scream » (« La dernière maison sur la gauche », ou l'extraordinaire « les griffes de la nuit » qui n'est pas très éloigné des surréalistes). Sans citer John Carpenter ou David Lynch (« Eraserhead » est découvert à Avoriaz). Les teenagers sages et bien nourris du rêve américain, futurs yuppies bien pensants s'y révèlent psychopathes ou fous, ou se font décimer, les « rednecks » bien assis dans leurs conceptions traditionnelles de l'existence, amateurs de tartes aux pommes et glace du Midwest, des ploucs dégénérés.

     Et le libéralisme semble en lui-même d'ailleurs une invention de scénariste fou de film "bis" (cf : "Invasion Los Angeles"). Il est dommage de ce point de vue que même les circuits de production indépendants rentrent maintenant dans le rang des financiers...

     "Happy time my friend, all gone now..."

    591.jpgDans un de ses deniers numéro, la rédaction présentait les films « cultes », c'est-à-dire des films connus par une minorité de privilégiés, d'« aficionados » passionnés, qui ayant parlé de l'oeuvre, lui ayant donné une réputation par le bouche à oreille, finissait par lui faire rencontrer un jour ou l'autre le succès :

     Ainsi « 2001, Odyssée de l'espace » de Kubrick, au départ un échec commercial, « Rocky Horror Picture Show », le film « culte » par excellence, projeté en France au « Studio Galande » à Paris depuis une bonne trentaine d'années, « La Dame de Shangaï », à l'histoire incompréhensible, qui ne devint célèbre et honoré que des années après sa sortir, dans un autre registre les films de John Waters, moustache d'expert comptable, cerveau excentrique et finalement complètement fou (Divine est allée beaucoup loin que tous les « Jackass » du monde dans la scène finale de "Pink Flamingos").

     Bien que , à mon avis tous ses films, cinématographiquement, ne méritent pas ce label même si, par ailleurs, on peut apprécier le personnage de John Waters théoricien du « kitsch », moins indolent que Jean Rollin par chez nous, et aussi du « culte » idées qu'il exprime dans ses montages photo et vidéo. Après quelques films consensuels, il est revenu vers une œuvre plus intéressante, plus originale, qui fut bien sûr un échec commercial total avec « Cecil B. Demented » en 2000, son dernier film plus ou moins tourné avec l'argent des studios et « A dirty Shame » en 2004, monté avec des bouts de ficelle.

    Les premiers Cronenberg, le film à sketchs « Kentucky Fried Movie » des Z.A.Z, l'excellent et inénarrable « Flesh Gordon », beaucoup plus intéressant que l'adaptation des années 80, déjà pourtant kitschissime, les films de Russ Meyer ou de Jess Franco, alias Jesus Franco, s'appeler Jésus pour le messie des films de genre espagnols c'est logique me dira-t-on, chacun dans un genre différent ressortent du genre « culte », comme aussi, « Behind the Green door » et d'autres que j'oublie ici.

     Depuis, « culte » désigne la moindre « anodinerie » de n'importe quel cinéaste de comptoir ou écrivailleur de banlieue, on doit dire quelques gros mots, de ceux que les enfants s'imaginent rebelles et ça passe :

     Ainsi Michael Youn devient « culte », la vidéo de n'importe quel crétin visionné des milliers de fois sur Internet, Beigbeider qui parle de ses cuites c'est "culte" tout comme Amélie Nothomb causant de ses névroses, tout comme Lolita Pille nous narrant ses errements de gosse de riches, (la pôvre petite !).

     Un critique parle d'un film qu'il a aimé, il sombre immédiatement dans le superlatif grotesque, le film devient alors « mythique », « culte » encore, etc... (trop « dare » si c'est un critique qui pratique le langage « djeuns »). Encore moins qu'avant, on a le droit de s'ennuyer ferme devant un classique estampillé comme tel. Et si c'est le cas il ne faut surtout pas le dire, comme le fait par exemple que « Métropolis » est soporifique au possible par exemple.

     C'est d'ailleurs étonnant d'entendre tous ces gens prétendument libérés de la tutelle des croyances ou des superstitions ou autres se dire "culte".

     Le "Culte" ça se mérite donc enfin de compte..

    Post scriptum subsidiaire  : Ce qui me frappe dans tous ces films c'est aussi leur innocence, leur absence de cynisme...

    contrairement à leurs remakes actuels et aux séries B surgonflés que l'on sert aux consommateurs.


    Rocky Horror Picture Show - Movie Trailer par Schutzengerl1205