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cuistres

  • Juste cause - Sauvez les traders !

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    Jean--Emmanuel Dubois (alias Jean-Emmanuel Deluxe) a attiré mon attention et celle d'autres internautes sur cette cause méconnue et pourtant délicate : les pauvres traders, on les accuse de tout, ce n'est pas de leur faute s'ils sont irresponsables et complètement amoraux, c'est la faute de la société, de leurs parents qui les ont mal éduqués. Il faut les aider, ils ont du mal à comprendre, quand vous en croiserez un , après avoir écouté cette chanson, vous lui donnerez une gifle de bon coeur afin qu'il se sente mieux, voire un coup de pied au cul et sa journée sera plus belle.  On les accuse de tout, des pauvres, des SDF, de la Crise, du bordel qu'est devenu ce monde, de tous les désastres, mais ce sont aussi des êtres humains sensibles.

  • On est toujours surpris par les cons

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    Ou jeu de con

    Il y a des cons que j'aime bien, tellement cons et candides que c'en est sympathique. On leur pardonne tout, ce n'est pas de leur faute. Et puis il y a les autres, les cons avec qui on commence une discussion que l'on pense être fructueuse et constructive, mais le con ne l'accepte pas, il insulte, éructe, se cabre, vibrant de jalousie, de colère et de sottise extravertie. Ce que le con pense, il a raison de le penser, un point c'est tout, et même lui prouver l'évidence de sa connerie et de son erreur n'y change rien. Le con est sourd à la raison. Avant je me laissais prendre à ce petit jeu des cons, maintenant c'est beaucoup plus difficile. Parfois on tente l'apaisement, car on se dit que c'est trop con, mais non, ça marche pas, le con répond par une saloperie, une allusion fielleuse voire verse carrément dans l'abject, mais il n'en a pas conscience car c'est celui ou celle qui ose le contester qui est con à ses yeux. Au bout d'un moment, ça lasse. J'ai ainsi suivi comme ça plusieurs débats sur des sites de "discussion" (rires), qui semblent être le refuge de cons haineux verbeux et aussi fins dans l'humour et la raillerie qu'un pilier de bistrot du bled perdu dans le trou du cul du monde que l'on a tous déjà une fois au moins rencontré, du genre à dragouiller les dames avec une élégance de chat de gouttière pelé queutard, prêt à pisser autour de son territoire par contre si un autre mâle alpha jette un oeil sur sa régulière. Car le con est aussi jaloux comme un pou. Il faut bien relever toutes les insultes reçues par un con, par une sorte de transfert inconscient, il décrira en long, en large, en travers sa pathologique connerie. Le con sera capable de me répondre en lisant ce petit texte, "c'est çui qui dit qui y est", car le con ose tout comme on sait, et plus c'est con, mieux c'est.

    Tout à l'heure, je m'apprêtais à me rejeter dans le gouffre au con et à discuter avec plusieurs types de cons d'un sujet d'actualité quand je me suis dit : "Non, quand même", ce serait trop con car en plus on fait passer alors le con pour une victime ce qu'il adore.

    Ci-dessous, encore une connerie de Régis (pardon aux régis qui me liraient ce n'est pas personnel)

  • Délit de sale gueule à Evreux - encore un peu de politique locale qui intéressera tout le monde

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    D5990.jpgTout à l'heure, je vais faire quelques courses dans une des supérettes d'une place du centre-ville d'Evreux, de celles qui sont ouvertes tard. Le charmant commerçant rougeaud qui m'accueille me demande de laisser mon sac à dos à la caisse. C'est la première fois qu'on me le demande dans cet endroit mais je m'éxécute quand même. Quand je reviens à la caisse, je m'aperçois que je suis le seul à qui la bouture de milicien qui tient le commerce a demandé de laisser le sac. D'autres clients derrière moi, dans le magasin, se baladent avec leurs musettes, sacs à provision et autres carnier, poche, cartable, sacoche, sachet, gibecière, serviette, besace, musette, bissac, havresac, bourse et j'en passe. Je demande à l'aimable épicier ce qui justifie que je sois le seul gros gâté, je suggère que c'est à cause de mon aimable minois. Il me répond de très mauvaise foi qu'il fait son boulot et qu'il demande à tout le monde, ce qui est faux manifestement et objectivement. Le taquin grossiste, juste avant, venait de compter ses pièces de monnaie de 2 et de 5 centimes sous mon nez. Serait-ce donc parce ce fripon revendeur de tout et de rien m'aurait vu distribué des tracts politiques qui ne lui ont pas plu ? Est-ce parce que ma tête ne lui revenait pas ? Je ne sais pas. Et peu importe. Mais je conseille d'éviter son échoppe très facile à situer dans notre bonne ville d'Evreux.

    Ce doit être ça un français de la France d'après...

  • Le lendemain de la journée de la femme

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    conseiller-bien-entoure.1173460775.JPGUne journée par an, on parle féminisme, égalité, travail domestique des hommes quand ils rentrent chez eux. On ne parle pas de galanterie car la galanterie c'est bourgeois et paternaliste, même si on râlera quand même en face d'un grossier personnage. Comme dirait l'autre : "mini-jupe, mini-robe, mais quand tu balances la louche, c'est police-secours, 'sont encore en crinoline dans leur tête" (sketch de Guy Bedos, célèbre humoriste des années 70). A lé télévision, on discute gravement et sagement des salaires des hommes et des femmes, de la difficulté pour les femmes de prendre un congé-maternité (qui va raccourcir d'ailleurs, parfois avec l'assentiment des femmes elles-mêmes). Il y a une "chienne de garde" ou deux qui parlent dans le poste pour dénoncer les machos et phallocrates supposés.

    Et puis le lendemain, les petites Shéhérazade de banlieue, les princesses bantoues, les Chimènes sauvages, se font toujours exciser, traiter de pute quand elles mettent une jupe, battre par le grand frère ou brûler vive par celui dont elles ne voulaient pas comme maris. Dans l'indifférence générale. Ou bien on trouve ça tellement cool et sympathique ces filles obligées de s'habiller et de se conduire comme des garçons violents, quand c'est dans "l'Esquive" par exemple ou "Entre les murs", ceux qui trouvent ça coool se scandaliseront ensuite des voiles que ces filles portent de plus en plus.

    jetaisunsalephallocratepl.jpgL'abruti de base trouve que c'est déshonorant pour sa virilité de s'occuper de ses enfants, de faire la vaisselle ou la cuisine (en fait il doute constamment non pas de sa masculinité mais plus prosaïquement encore de la fiabilité de son appendice caudal). On pourrait parler de la longue cohorte d'abrutis qui sur le Net déversent un flot de vulgarités ou de néanderthaleries sur les femmes ou leurs compagnes (de ceux qui craignant un regard trop appuyé sur leur copine resserrent l'étau du bras qu'ils passent autour du cou de leur compagne qu'ils voient surtout comme leur propriété). Et enfin, je déteste tout autant les féministes ou une certaine catégorie de réacs pour qui une femme ne doit surtout pas mettre en valeur sa féminité, montrer ses (jolies) jambes ou la naissance de sa gorge (comme on peut dire élégamment ou comme on disait avant : uh, uh, uh). De toutes façons, elles se ressemblent, de le cheftaine aux gros mollets, moustachue, souvent en jupe plissée bleue informe, au pilier du service d'ordre du MLF, gaulée comme un pot de mayonnaise mal rebouchée, souvent en poulovère (ou pull-ovaire : uh, uh, uh suis-je spirituel) à col roulé orange rouille ou gris muraille.

    La BD s'agrandit en cliquant dessus

  • La Foi sans guimauve du père Humbrecht

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    viphumbrecht.jpgJe suis content d'avoir lu ces quelques paroles du frère Thierry-Dominique Humbrecht, dominicain, qui disent exactement l'inverse de ce que beaucoup de laïcs et clercs chrétiens se croient forcés de colporter en ce moment :

    "Le bonheur chrétien n'est pas mièvre. Il assume tout {...]. La Charité n'est pas la naïveté. Elle dénonce l'erreur, refuse la médiocrité, nomme le mal, lutte contre l'iniquité".

    Est-il besoin de commenter ? C'est très clair.

    "Ce qui me courrouce, c'est qu'ils veulent tout vivre et ne rien choisir, profiter de tout et ne renoncer à rien, pieux le matin et mondains le soir".

  • Des Césars que l'on aimerait voir plus souvent

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    Bien entendu les Césars, tout comme les Oscars, ne servent strictement à rien, sauf parfois, avant, plus maintenant, à ce que les précaires du cultureux s'expriment un tout petit peu (maintenant les flics les refoulent le plus loin possible, car, merde quoi, faudrait pas que des traîne-misères qui n'ont même pas de rolex à cinquante ans gâchent la fête). C'est un milieu qui se congratule, se félicite souvent avec hypocrisie et obséquiosité, se remercie, voire s'auto-remercie, ce qui demande beaucoup de souplesse (pour s'auto-lècher le cul ou pire). C'est très fort. On y récompense des films nuls ou chiants, sociaux-cul, mode ou vaguement nostalgico-poètiques avec des trentenaires qui ont un mal fou à s'engager mais gagne pas mal de pognon ou des héros du petit peuple laborieux tels qu'on les voit du VIème arrondissement, à de rares exceptions, avec un truc doré qui ressemble vaguement à un étron rectangulaire. Le populaire y et perçu comme très vulgaire, on est là de toutes façons pour éduquer le peuple qui, sinon, sans les élites culturelles de ce beau pays, serait perdu (on s'insurge, on s'indigne, parfois avec raison, contre la politique sécuritaire, contre le mépris de la littérature, mais on n'irait pas jusqu'à remettre en jeu ses privilèges pour que les choses changent). Le sketch ci-dessous des "Inconnus" est excellent sur les films français, et à ce lien on pourra voir des récompenses comme on aimerait en voir plus souvent.

  • Pitié pour les cochons

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    Merci à l'insulteur tellement humble et modeste qu'il en a oublié son nom qui m'a inspiré cette note...

    HommePorc.jpgOn dit beaucoup de mal des cochons, ces pauvres bêtes qui zoologiquement, comme dirait Vialatte, existe depuis toute éternité. On les dit obsédés sexuels, sales et goinfres. Et quand on veut insulter quelqu'un on pensera aussitôt à le traiter de porc ou de sale porc, voire de gros porc pour stigmatiser la condition de petit gros qui est très mal vue de nos jours hygiénistes. On se souvient même de cet épisode décrit dans l'Évangile selon Saint Mathieu dans lequel Jésus met l'esprit de démons dans les corps de cochons qui paissaient tranquillement par là, à leur demande (des démons), et qui vont se précipiter ensuite dans le lac de Galilée juste en dessous, j'ai vu l'endroit c'est une haute falaise à pic au dessus de l'eau, pauvres bêtes. Ailleurs dans les Écritures, Le fils prodigue, quant à lui en est réduit à manger ce que lui laisse les porcs pour survivre. Pourtant, c'est l'homme, du moins en Occident, qui oblige la pauvre bête à se vautrer dans la boue et se rouler dans sa propre fange, et à manger ses restes.

    cochons.jpgL'on pousse même le vice, comme rappelait Desproges, à représenter un cochon hilare armé d'un couteau de boucher pour indiquer la devanture d'un charcutier vendant jambons et saucisses. Dans d'autres contrées, sous d'autres cieux, le cochon est un animal domestique comme les autres que l'on tient en laisse, que l'on bichonne, et on y sert de très bonnes escalopes d'épagneul voire d'excellentes côtes de siamois en friture. Le cochon y est très propre car on lui donne les moyens et la possibilité de l'être sans le forcer à l'humiliation de se vautrer dans ses excréments, car assurément le cochon n'est pas du tout coprophile. Dans le cochon, tout est bon, et je ne parle pas seulement de sa viande qu''il nous offrirait quand même fort généreusement si on le lui demandait, c'est un animal bon vivant, dont le teint rose dit le sens de la convivialité et de la bonne tablée. Parfois, même l'oeil du cochon pétille quand il voit passer de jolies suidées pourvues de cuissots appétissants. Certains peuples se privent sottement de sa chair succulente car la peau rose du cochon ne supporte pas le soleil, c'est fort dommage, on l'accuse même alors d'avoir les mêmes sabots que Belzébuth alors que chacun sait que le porc est le compagnon préféré de certains ermites, anachorètes et autres sages, comme par exemple Saint Antoine qui ne sombre pas dans la tentation avec l'aide du tendre animal.

    Bien sûr, cochon qui s'en dédit !

    Précisions

    L'image ci-dessus provient du site ILACA infos, webmagazine à ce lien

    On y trouve quantité d'infos intéressante sur l'Auvergne et le Cantal (culture, loisirs, découvertes, tourisme)


  • Jack Lang notre agent à la Havane

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    Lang%2014.jpgLa photo montre Fidel et Jack aux premiers temps de leur passion, quand rien n'obscurcissait leurs sentiments, heureusement le feu couvait sous la cendre et ne demandait qu'une toute petit étincelle pour se ranimer.

    Vous rappelez-vous ce film "Notre agent à la Havane", de Carol Reed (Graham Greene étant l'auteur du roman et du scénario qui inspirèrent plus tard "le Tailleur de Panama", que je n'ai pas lu me contentant du film avec Geoffrey Rush et Pierce Brosnan), merveille d'humour britannique, dans lesquels un agent secret prend ses renseignements auprès d'un tailleur mythomane qui lui raconte n'importe quoi pour se faire mousser auprès de ses chefs, le but également de l'agent officiel, et manque de déclencher une guerre mondiale par son inconscience. Jack, qui part pour la Havane en mission pour le nabot, me fait penser à ce tailleur, ce genre de personne vélléitaire tellement certaine d'être bonne et généreuse, d'être un phare pour les autres, qu'elle se compromet avec le pouvoir et est prête à toutes les bassesses pour en grappiller quelques miettes (du pouvoir). Jack Lang ne notre_havane.jpgcollectionne pas les montres hors de prix, ne saute pas les stagiaires et n'offre pas ses services aux pires dictateurs africains. Mais, sacré Jack quand même. C'est un peu comme ces vieilles gloires décaties connues pour leurs talents au lit, ces demies-mondaines sur le retour, qui essaient absolument de se persuader qu'elles ont gardé tout leur pouvoir de séduction et se fardent comme des camion volés pour camoufler les ravages du temps. Au moins pourra-t-il boire de bons "mojitos" et du rhum parfumé avec Éric Besson quand celui-ci prendra ses RTT de traître. J'ai aussi envie de faire le parallèle avec ces quatre militants du même parti de Jack, tractant cet après-midi dans un quartier d'Evreux, loin des ors, loin des privlèges, des voitures de fonction, proches de ceux qui subissent la crise, quatre naïfs. Finalement, tout ça ne reste qu'une question de pouvoirs qui se concentrent entre les mains des plus dociles, ceux qui savent bien comment constituer un réseau solide en cirant les pompes de l'un ou de l'autre sans songer une seconde au bien -"comment dîtes-vous déjà ?"- commun. Non, la plupart ne pensent qu'à leur foutue "carrière" et y penseront encore quand le monde croulera.

  • Les littéraires au pouvoir !

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    ecrire.jpgDepuis quelques décennies, disons que ça commence avec le positivisme, le raisonnement mathématique est favorisé à très haut degré par l'école et la société. Cela s'est accèlèré un peu plus encore depuis quarante ans, et curieusement depuis que les théoriciens de "Maissoissantuite" ont pris le pouvoir dans le monde de l'éducation (ils y sont toujours, passant du col Mao au "bling-bling" sarkozyste sans problèmes), se basant sur une idée "pratique" de l'éducation qui fait l'on ne devrait apprendre que ce qui est utile ou ce qui paraît utile, oubliant que la civilisation n'est pas dans l'utilitaire mais dans le superflu.

    louis-ferdinand-celine-a-meudon.jpgC'est aussi dû à la haine de ce que l'on appelait pendant les années 70 les "humanités bourgeoises". On fabrique donc dans l'inconscience et la bonne humeur, et la bonne conscience, des générations d'incultes, d'ignares fiers de l'être, de crétins obéissants dont l'univers se résume à leur nombril. Le littéraire n'a pas droit de cité, y compris dans les filières dites littéraires, il est pris pour un doux illuminé, un naïf, un type ou une fille déraisonnable. Il s'étonne que les gens si raisonnables, à l'esprit mathématique si bien cadré, ne s'émeuvent guère de l'injustice ou de la folie qui s'est emparée du système, on lui dit qu'il n'y comprend rien, qu'il n'y connaît rien et qu'il faut laisser dire et réfléchir les gens sérieux même si ce sont eux qui nous ont conduit à la ruine. Pourtant, le littéraire voit bien que la démocratie est de plus en plus une farce, il voit bien le soulagement du troupeau bêlant de s'en remettre de plus en plus au bon vouloir des gouvernants, considérant que la contradiction est une folie.

    imprimerie-gutemberg.jpgJe pense en particulier à cette militante clamant à la télévision, au salon de l'Agriculture, qu'elle ne se rappelle pas ce que dit le nabot l'an dernier au même endroit, parce que "elle elle ne voit que l'avenir, le futur" (le journaliste aurait dû faire un test, la traiter de connasse et voir si elle s'en souvient ou pas dix secondes après). Je songe aussi à Stéphane Guillon qui a balancé quelques vannes, pourtant pas trop méchantes, sur DSK, après tout ce monsieur avec tout ces titres est un adulte majeur et responsable de ses actes publiquement ayant justement un mandat public, et se fait étriller pour cette raison par quelques journalistes, auditeurs mécontents, et même dans "Marianne". Ce n'est même plus le sens de la contradiction qui est remis en cause mais l'esprit d'analyse dont le littéraire est capable de faire preuve. Un littéraire se demande pourquoi quelque chose se passe d'une manière et pas d'une autre, il demandera pourquoi une formule mathématique ou scientifique permet d'obtenir tel résultat, il ne voit pas pourquoi il les appliquerait les yeux fermés. Finalement, on lui reproche de ne pas être docile.

    Proust.jpgCela développe enfin en l'induisant une littérature parfaitement anodine, ou basée uniquement sur l'ego de l'auteur qui fait sa thérapie en écrivant ses livres, nous bassinant avec ses états d'âme (voir Angot) sur sa vie quotidienne totalement intéressante mais qui "parle" selon le terme admis au lecteur qui veut de toutes façons qu'on ne lui parle que de lui, et qui est "tellement simple et tellement authentique" selon également les termes consacrés : dire qu'on aime la soupe "poireaux-pommes de terres" et qu'on lit les magasines féminins et que l'on en rit parce que l'on n'est pas prétentieuse, hein, je pense à Anna Gavalda, etc... ça fait tellement proche d'une authenticité de bazar qui semble tout droit sortie du cerveau d'un créatif de pub. Ou alors, quand on a quelques bribes, quelques restes, on nous casse les pieds avec le "Nouveau Roman" dont l'originalité consista à faire de la banalité le thème principal de la littérature, surtout évacuer l'imagination et tout ce qui s'y rattache, ou, horreur, le style qui fait prétentieux selon les lieux communs contemporains.

    ayme.jpgJ'aime bien que Proust se laisse aller à décrire sur quinze pages tout ce que lui évoque le parfum d'une rose ou bien la vierge de la cathédrale d'Amiens, et qu'il prenne son temps, atteignant un degré de raffinement que l'on aimerait bien retrouver ne fût-ce qu'un tout petit peu. Bien sûr, en 2009, les imbéciles ne verront qu'en Proust un homosexuel hyper-mondain et cancanier qui ragote sur les puissants et les riches, oubliant l'essence même de "la Recherche du Temps perdu", les mêmes ne verront qu'en Céline le misanthrope fêlé, le fou antisémite, jusqu'au délire morbide, oubliant ce qu'il a inventé et apporté au monde et à sa compréhension avec un seul livre qui est "le Voyage...". J'en ai pour ma part plus qu'assez de voir à la télévision, de lire dans les journaux, des critiques qui la plupart du temps ne connaissent l'oeuvre de l'auteur dont ils parlent que par oui-dires ou clichés faciles (Bernanos=guerre d'Espagne, Aragon=communisme etc...). Et enfin je redis toute ma tendresse pour Marcel Aymé capable de signifier toute la bêtise des hommes mais aussi l'amour qu'il leur porte quand même en quelques pages dans des petites histoires semblant si légères alors qu'elles vont au fond des choses l'air de rien tout comme Vialatte dont je découvre le "Bestiaire" en ce moment.

    photos : Condorcet, Céline à Meudon, Gutemberg, Proust, et la statue de Marcel Aymé rue de Norvins, loin des touristes et autre plaie d'Egypte.

  • Se poser des questions existentielles

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    354948666_small.jpgLes questions existentielles que se posent le bureaucrate, l'administratif, le plumitif, sont assez simples et n'ont guère changées depuis Courteline : Y'aura-t-il du rab de frites au self ? Est-ce que je pourrai faire durer la pause café de deux minutes ? Yannick de la compta est-il en couple avec Sabrina du service courrier, ou est-ce que c'est seulement sexuel ? Arnaud, le responsable informatique est-il pédé ou seulement un peu sensible ? Le petit employé, l'ouvrier se posent comme questions les achats qu'il pourra faire en plus des courses habituelles s'il rogne un peu sur le budget  "Pastis" et bières. Les fissapapamaman se demanderont quant à eux plutôt s'il faut deux ou trois pièces au studio qu'ils loueront aux sports d'hiver ou seulement une. L'ado adepte du grégarisme se demandera s'il doit se faire une raie sur la droite ou la gauche de sa frange. La jeune fille rêvera en lisant "touallaillete" (de Stephenie Meyer) du bô Edward pendant qu'un héritier romantique (du plus gros avionneur français) affirmera que c'est gràce à sa carte de visite en plastique "comme une carte de crédit", qu'il a séduit sa femme, une jeune attachée de presse serbe, "parce que les femmes aiment le pouvoir et l'argent plus que la culture et l'intelligence", continue d'ailleurs l'héritier dans le reste de son interviou de plus en plus romantique. Ce qui domine chez tous, c'est la peur de choquer le voisin ou de ne pas être assez intégré, "comme les autres" (les autres se baladeraient en caleçons longs qu'ils feraient pareil, on remarquera qu'il est actuellement de bon ton chez les djeuns dans le coup de montrer son caleçon).

    Il n'y a que des fous ou des inadaptés à leurs yeux pour se demander si ce monde a un sens et quel sens il a. L'ignorant qui bénéficie des miettes du savoir que lui laisse le net ou les médias traditionnels reste néanmoins maintenu dans l'état de consommateur imbécile et docile. Les imbéciles dociles ne se posent aucune question mais de temps à autre la culpabilité les étreint et il joue le questionnement, mais on reste dans les slogans, les phrases chocs qui ne veulent pas dire grand-chose (cette prétention ne semble permise qu'au-delàd 'une certain niveau de revenus, on fera du tourisme équitable, on sondera les reins et les coeurs des autres, car le sien est parfait, restant béatement confit dans ses propres certitudes. On ne trouvera rien à redire à l'iniquité du système bien confortable quand même pour ceux qui en profitent.

  • Imposture politique

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    Modération soudaine en causant sur Causeur

    doc-103.gifSur causeur.fr, site sympathique que j'aime bien pour ses prises de position, ses articles souvent de qualité, à de rares exceptions, j'intervenais comme commentateur sans être modéré sous un pseudo (Franklin D.). Il y a deux jours j'ai souligné l'imposture d'un article qui décrivait le parcours de Kouchner avec certes assez de justesse mais était écrit par un type qui clame son communisme et son amour pour Chavez (qu'il définit comme bernanosien (rires)) et son désir de révolution (rappelons que l'on parle d'un tyran populiste qui vient d'obtenir de son peuple, qui se ligote lui-même, de pouvoir rester à vie au pouvoir), et dans le même temps qui écrit dans "Valeurs Actuelles", magasine qui prône une idéologie politique strictement à l'inverse au moins du point de vue économique de celle de Marx et Engels. Je ne verrai pas de problèmes à la chose car il y a de bons articles culturels dans cette revue et des articles de fond qui sont parfois intéressants si cet auteur ne se répandait pas partout sur le réseau sur la révolution et l'auteur du "Capital". Ce genre de personne se trahit d'elle même, elle n'a besoin de personnes, tout en criant au fascisme dés qu'on la contredit.

    Aujourd'hui, coïncidence, j'ai eu la surprise de voir que dorénavant mes commentaires sont filtrés en somme. J'espère que ce n'est pas pour cela...

    Comme dirait l'autre : "Gare à celui qui dit la vérité, il sera assassiné..."

  • Négationisme(s)

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    libe_auschwitz_enfants.jpgLa première chose à dire serait qu'il n'y a pas qu'un seul négationnisme. Les polémiques autour des déclarations stupides de Monseigneur Williamson m'ont remis en mémoire la visite de Georges Boudarel à la fac de Nanterre en 1991, visite à laquelle j'assistais puisque nous étions venus à quelques uns pour chahuter un peu tout ça. Boudarel nous expliquait qu'il n'avait pas du tout été kapo ni même qu'il avait torturé des prisonniers, en gros c'était une sorte de camp de vacances un peu rude certes, mais qu'il "fallait remettre les choses dans le contexte" selon la sacro-sainte formule. De l'autre je me souviens également d'une conférence organisée par l'autre rive qui nous affirmait que, bien sûr, Pinochet était un militaire un peu dur, mais que son pays était prospère, c'était donc tout ce qui comptait. Ce qui était intéressant était que Boudarel avait été invité par un professeur de Paris X qui nous répétait que l'histoire doit être objective.

    Je ne parle pas bien sûr des ministres et hommes politiques actuels qui étaient maos qui écrivaient à l'époque que la Révolution culturelle était une sorte de monôme sympathique bien que parfois un peu violent, ou encore de ces historiens qui nous disent que les vendéens, parmi les premiers à avoir accepté la Révolution justement, étaient des misérables superstitieux et sans esprit, que les nobles avaient manipulé contre la Révolution (on rappellera que le premier à en avoir parlé est Gracchus Babeuf, plus révolutionnaire encore que Robespierre), rappelons l'existence de fours crématoires à Angers et Nantes en 1795, on pourrait parler de toutes ces dictatures d'Amérique du sud, des massacres de Nankin, ou de Deir Yassine, et ce qui s'est passé à Gaza qui a tout d'un massacre, avec la complicité objective du Hamas, la liste est longue. Les tenants d'une idéologie, fût-elle généreuse au départ, ont tous une conceptions infantile de leurs convictions : un massacre qui semble remettre en cause leurs certitudes est à minimiser, et ceux qui remettent en cause leur idéologie, qui veut toujours le bien de l'humanité malgré elle, sont des fous ou des malades mentaux. Dans le cas de Williamson, c'est aussi le problème des multiples groupes qui composent actuellement l'Église, protestant tous de leur bonne catholicité, alors qu'ils sont à peine catholiques, et que c'est une question de partage des pouvoirs, les responsables de ses communautés ne voulant pas en céder une parcelle au souverain pontife.

    goulag.jpgSur quoi se base le négationnisme relatif aux camps de la mort nazis ? Il se base principalement sur une source qui sont les déclarations du médecin-chef d'Auschwitz qui prétendait, après la guerre, bien sûr, que les chambres à gaz étaient un traitement contre le typhus et d'autres maladies, "bien sûr un peu rude mais enfin c'était la guerre". Là-dessus, tous les livres révisionnistes se sont greffés sur ce témoignage en partant de deux axes de réflexion (si j'ose dire) : on le pense donc on a raison, cela contredit la version de l'histoire du pouvoir bourgeois (la plupart des premiers révisionnistes sont d'extrème-gauche) donc c'est la bonne. C'est tout, c'est donc extrèmement léger. De toutes façons,  l'existence des chambres à gaz a été largement prouvée par les journaux des SS et des responsables des camps eux-mêmes qui étaient fiers de leur tâche affreuse et méticuleux au point de tout noter. Le négationnisme part aussi d'un point de vue sur l'homme plus ou moins rousseauiste qui veut qu'une telle chose n'est pas possible car l'homme étant bon par nature, il n'a pas pu commettre cela, à savoir tuer des personnes juste parce qu'elles sont nées ou parce qu'elles contredisaient les opinions de la majorité, ou tout simplement par haine de la différence physique ou mentale. On sait bien pourtant que l'horreur se banalise rapidement, ainsi nous tolérons que des êtres humains dorment par terre dans nos rues quand il fait un froid polaire. Malheureusement aux yeux du tenant d'une idéologie, ou d'un révisionniste, ce que je dis n'a aucune valeur, la réalité, la confrontation au réel est pervertie par son point de vue uniquement tourné vers la satisfaction ressentie au triomphe de ses idées. Et il n'est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre...

    En photos, des rescapés d'Auschwitz et des prisonniers du goulag de Sibérie orientale

  • Les révolutionnaires (et réactionnaires) virtuels

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    dr_folamour_ou_comment_j_ai_appris_a_ne_plus_m_en_faire_et_a_aimer_la_bombe_dr_strangelove_or_how_i_learned_to_stop_worrying_and_love_the_bomb_1963_diaporama_portrait.jpgQuand je lis plusieurs blogs de droâte ou de gôche, révolutionnaires ou réactionnaires, il m'arrive d'être parfois d'accord sur les constats effectués par les tenancier de ces blogs. Par exemple, je rejoins souvent les constatations de cet auteur sur l'Église, je le trouve plutôt pertinent. Et j'aime bien la plupart des articles de Causeur à une ou deux exceptions près, des polémistes qui n'ont besoin de personne pour se ridiculiser tous seuls (l'un d'eux m'a traité de schizo dans un mail que je trouve amusant car lui-même écrit à la fois dans une revue marxiste et dans un hebdo ultra-libéral).

    Mais parfois je trouve ça un peu vain parce que ça ne change rien, la plupart des révolutionnaires et réactionnaires en restent au virtuel et ne changent pas d'un iota leur mode de vie qui reste très consumériste et totalement intégré à la société capitaliste, comme le mien cela dit à deux ou trois nuances. Quand il s'agit de voter ou de penser, c'est la même chose, la plupart raisonne encore en consommateurs, se disent que cela n'aura pas de conséquences de voter pour n'importe quel candidat, celui que l'on aime bien à un instant "t" et que l'on trouvera nul quelques mois plus tard. J'aimerais bien également trouver un jour quelqu'un qui a une vraie réflexion politique, capable de dépasser les clivages (je n'ai pas dit bien sûr quelqu'un qui bouffe à tous les râteliers, voir plus haut), je désespère d'en trouver. Et depuis que des forums politiques se sont multipliés sur le net, les étiquettes sont de plus en plus collantes et les opinions souvent cyniques et amères en vérité, on est loin des rêves de collectivismie agraire et champêtre ou de l'utopie, voire d'une société moralisée.

    Jusqu'en 2002, il me semblait que la revue "Immédiatement" (des entretiens d'Elisabeth Lévy avec Philippe Muray aux articles aux accents bernanosiens de Sébastien Lapaque en passant par les éditos de Luc Richard) commençait à réussir une ébauche de raisonnement sur la question. Et c'est resté lettre morte, chacun étant retourné ensuite sur ses terres d'origine en quelque sorte, prudemment, confortablement à l'aise dans une étiquette. Les réactionnaires feignent de croire que la société spectaculaire marchande (où même le corps humain devient une marchandise) n'est pour rien dans le désordre moral, qu'ils imputent à "Maisoissantuite" le plus souvent, les révolutionnaires rêvent de coquetèles molotov et de révolte des djeuns comme en Grèce mais on a beau attendre le Grand soir, on s'en tient surtout au bolchevisme de la sieste, en réhabilitant bêtement deux ou trois figures icôniques de la Révolution ce qui permet de ne pas se demander ce que l'on va faire contre la situation actuelle. Et ce n'est sûrement pas Baille-roux, en somme son Modem c'est le bon vieux marigot centriste bourgeois modéré un rien paternaliste sur les bords, qui réussira ce genre de synthèse alors que la maison brûle.702__18846512.jpeg

    La plupart en reste toujours aux mêmes sujets de discorde ou de discussions, comme si l'on était toujours en 1981 ou en 74, en 5 après de Gaulle, en 40 après de Gaulle on se borne à évoquer continuellement la Résistance, la Collaboration, pas une année sans un livre qui se veut "démystificateur" de l'un ou l'autre phénomène, la Guerre d'Algérie, l'homosexualité qui obsède autant les intellectuels libéraux-libertaires que certains réactionnaires (Nicolas Huchet dont je cite le blog plus haut le dit très bien, Caroline Fourest ou certains "tradis" catholiques parmi les plus têtus ont finalement le même point de vue sur l'Église actuelle). De toute ça il y a en vraiment marre, on n'en est même plus là. Si le communisme s'est effondré de lui-même en Europe de l'Est, le libéralisme a échoué également dans ses buts premiers et est maintenant porté à bout de bras par les dirigeants de nos contrées dites développées qui font tout pour en maintenir la dynamique, à commencer par Obama qui multiplie en ce moment les déclarations chocs qui seraient sympathiques s'il nous expliquait comment il va vraiment s'y prendre pour, par exemple, contrôler les bénéfices des financiers ou des patrons voyoux qui ont plus d'une société écran dans leur sac pour s'en mettre plein les poches. Et il me semble que le complexe militaro-industriel américain reste aussi puissant.

    Deux photos de "Docteur Folamour ou comment j'ai appris à aimer la bombe et ne plus m'en faire" car nous sommes gouvernés par des docteurs Folamour que les risques de fin du monde ou de destruction de la planète n'effraient pas une seconde.

  • Les petits garçons sages et leurs lectures

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    na05_2292858_1_px_501__w_ouestfrance_.jpgLes petits garçons sages admirent ADG, Manchette, Blondin, Nabe parfois (les moins sages aussi), Jean Edern (fou) Hallier, parfois il s'imaginent que Sollers est encore un polémiste de talent (rires). Les petits garçons sages travaillent bien quand ils sont petits mais aussi quand ils grandissent. Ils ne veulent pas faire de peine à leur Maman et ont de bonnes notes. Mais entre temps, ils s'emmerdent un peu. Ils auraient bien aimé pouvoir chahuter, dire des gros mots, mais les parents veillent à ce qu'ils aient de bons résultats afin d'intégrer les GRANDES écoles. Quand ils font dans la littérature plus tard, souvent ils aiment bien les écrivans qui disent des gros mots et chahutent un peu l'intelligentsia, des écrivains qui boivent un peu trop d'alcool et changent de femmes tous les trois jours, des z-hommes, des vrais. Alors que le petit garçon sage devenu adulte s'est acheté un bel appartement, une belle auto et s'est trouvé une belle femme ou à défaut une bonniche qui remplit le même rôle que sa maman auparavant, il ne peut s'empêcher de rêver et de se voir lui aussi en auteur voyou. Ils oublient aussi que ce genre d'auteurs réputés politiquement incorrects, selon le terme en vogue désignant la majorité des opinions actuelles, sortaient de temps à autres des idées qui n'étaient rien d'autres que des conneries xénophobes ou relevant simplement du café du commerce.

    pes_479277.jpgIl ne voit pas la contradiction qu'il y a d'ailleurs à concilier une vie de petit garçon bien sage et bien docile avec des opinions affichées pleines de rebellitude. Il rend toujours ses devoirs à temps et n'insulte pas la maîtresse d'école qui l'aime bien, c'est son préféré (les maisons d'éditions ont un  peu ce rôle d'institutrices finalement). Avec d'autres garçons bien sages, parfois, il boit un peu trop d'alcool et siffle les jupons qui passent. Il croit alors que c'est arrivé et qu'il est devenu un GRAND garçon alors que boire de trop et en prendre l'habitude ce n'est rien d'autre que de l'alcoolisme mondain et siffler les jupons qui passent, ce n'est rien d'autre que de la grossièreté. Les petits garçons sages devenus grands sont incapables de voir que leur rebellitude ne va pas très loin, c'est surtout de la pose, une posture qui leur procure un semblant de frisson. Car, ils n'iraient pas jusqu'à tout laisser tomber pour aller se battre en Espagne comme Orwell ou Malraux, à tout laisser tomber pour dire la vérité comme Bernanos ou Simone Weil, à envoyer balader un éditeur dont les opinions sont incompatibles avec celles qu'ils affichent comme Manchette (faut pas déconner, c'est du pognon), à travailler en dilettante comme Blondin, voire même à se faire mal voir du milieu de l'édition comme Pierre Jourde ou Eric Naulleau etc...

    Pierre_Drieu_La_Rochelle.jpgPersonnellement, mon écrivain préféré est Marcel Aymé, qui a subi l'opprobe des uns comme des autres du fait de sa liberté de ton, et de raisonnement, très éloignée du confort intellectuel qui tend à classer les gens dans des casiers bien commodes. La plupart des petits garçons bien sages auraient bien été incapables d'avoir le courage qu'il a eu sous l'Occupation alors qu'il dénonçait le sort réservé aux juifs en écrivant la nouvelle "dans une file d'attente" ou en tentant de porter un article violent contre les judéophobes pour une revue connue de l'époque ce dont ses amis eurent bien du mal à le dissuader. Il n'y a rien de contradictoire à ce qu'ensuite il se soit battu pour que Brasillach ne se fasse pas fusiller, un imbécile fourvoyé dans le mauvais camp qui n'avait pas eu le temps de retourner sa veste comme d'autres (il aurait fallu fusiller 44 millions d'autres pétainistes ou presque, à savoir quasiment le reste de la population). Mais Marcel Aymé ne l'a pas fait par idéologie ou pour défendre une vulgate théorique, c'est ce que les petits garçons sages ne comprennent pas, il l'a fait parce que sa liberté lui intimait de le faire, parce que c'était comme ça...

    Quelqies auteurs actuels pourraient-ils voir quelques allusions à leur encontre dans cette note ? Bien entendu. Nul besoin de mettre des noms.

    Photos : mes infréquentables préférés, Blondin, Aymé, Drieu (pour "le Feu follet" lu à vingt ans avec passion)

  • Le plouc et les handicapés

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    francais_moyen.jpgC'est toujours intéressant de prendre le bus, c'est souvent instructif pour voir de près la connerie humaine. Le plouc, le beauf, devant un chef, un représentant de l'autorité, quelqu'un qui a plus de fric, ou plus d'objets symboles de son ostentation sociale, s'écrase en somme, il s'aplatit et son obséquiosité est aussi grande que ses complexes, à savoir gigantesque. Par contre, quand il se trouve en face de plus faible que lui, ou de personnes qu'il considére comme plus faible, l'abruti s'en donne à coeur joie comme j'ai pu le constater ce matin dans le bus que je prend pour monter à la gare. Y montent aussi des jeunes handicapés du Centre d'Action par le Travail, deux jeunes hommes et une jeune fille dont le handicap est plus visible que les deux autres. Sous prétexte de blaguer, quand l'imbécile se moque d'autrui, c'est toujours censé être drôle, c'était un festival de lourdeurs détaillant l'un les "séductions" de la jeune fille, l'autre parlant de ses "conquêtes". On riait bruyamment, très grassement, et la pauvre ne savait plus trop comment se conduire. Les deux tourmenteurs ont bien sûr arrêtés, après avoir protesté et affirmé que c'était "pour rire", dés que les autres voyageurs leur aient demandé de calmer leur verve méchante et assassine. Deux grosses larmes coulaient sur les joues de la petite jeune fille.

    Ce sont les mêmes que l'on voit dans les files de supermarchés humilier les caissières, traiter les vendeurs de magasin plus bas que terre, gare à ceux qui sont sous leurs ordres, ils se rattrappent de leur lâcheté et leur obséquiosité sur les autres. C'est tellement plus confortable que de remettre en question ses certitudes. Bien sûr, pour invoquer leur droit à la moquerie, certains parlent d'incorrection politique alors que là ça n'a rien à voir, il ne s'agit que de minables qui se vengent sur plus petit.

  • Guérissez de votre naïveté

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    "La naïveté peut montrer des défauts, mais jamais des vices, et c'est pour cela qu'on dit une grossièreté naïve, et qu'on ne dit point une méchanceté naïve."
    Citations de Jean le Rond d' Alembert

    resserver.php?blogId=6598&resource=le%20na%C3%AFf%20aux%2040%20enfants.JPG&mode=mediumJe suis un indécrottable naïf, je viens encore de m'en apercevoir, je déteste ça mais je préfère presque être ainsi que calculateur même s'il faut bien l'avouer, c'est une faiblesse (en être conscient me montrant cependant que je suis sur la voie de la guérison). Quand quelqu'un parle d'une cause que j'épouse, que je rejoins, je suis toujours persuadé a priori que cette personne sera capable de faire taire ses rancoeurs au moins un temps pour défendre les mêmes idées, je me sens a priori bienveillant. Bien sûr, je pars d'un postulat faux qui est l'intelligence de la personne que je suppose capable de cette démarche. Or, c'est rarement le cas. N'est pas Bernanos et Simone Weil qui veut, deux êtres capables de dépasser les frontières de leurs camps supposés et de se rejoindre pour défendre la liberté quand il convient de le faire. Cela prouve que la cause défendue, même quand celle-ci est tout à fait valable, ne vaut rien pour celui qui n'est pas fichu de mettre de côté ses reproches ou sa haine. Cela s'appelle donc un mensonge, prendre la pose pour se mettre en valeur, jouer un rôle. Il y en a marre de cette manie très française, de ces diplômés à étages, enfants sages toujours dociles, toujours dociles maintenant mais le vivant mal et ressentant le besoin de compenser en mimant l'indignation face à l'iniquité alors qu'il s'en fout, se souciant surtout de sa survie immédiate, de son confort intellectuel et social, moral et matériel.

    Sinon, mon salut au roi des cons à ceux qui croient se jouer parfois de ma naïveté.

  • La révolte du jeune consommateur

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    2008-12-14T134738Z_01_APAE4BD12BI00_RTROPTP_3_OFRTP-GRECE-20081214.JPGLes mouvements lycéens et étudiants actuels, que ce soit en Grèce ou en France, me font penser à la fin de la Bande à Bonnot. Trois des "brigands automobiles" comme on les appelait s'étaient réfugiés dans une petite baraque, dont leur chef. Les bourgeois positivistes et libéraux de la Troisième République en avaient tellement la trouille qu'ils avaient rameutés trois-cent soldats pour leur faire la peau car ils connaissaient très bien l'injustice de leur société finalement. Alors que Bonnot et ses sbires, sous couvert de deux ou trois idées fumeuses, faisaient comme eux, il servaient sur le gâteau avec autant d'amoralité. A la différence que les bourgeois de la troisième étaient plus hypocrites quant à reconnaître leur amoralité foncière et l'iniquité du système libéral. Comme par hasard dans les années qui suivirent, on édicta quelques lois sociales, on donna quelques droits aux ouvriers, afin de s'assurer de leur docilité quand on les enverrait se faire massacrer en pantalon garance en 14. Ce sont toujours les mêmes bourgeois libéraux positivistes et complètement amoraux qui sont au pouvoir, sauf qu'ils assument plus leur hédonisme étroit de nos jours, leur "bling-bling", le bon peuple rêvant de faire exactement la même chose se baladant à défaut dans les rayons des supermarchés la bouche béante d'envie. Et comme par hasard, les précaires ont reçu quelques cadeaux supplémentaires ces derniers jours.

    photo_1229096746573-2-0.jpgCe qui se passe en Grèce leur colle la même terreur. Ils auraient raison si ces jeunes grecs et nos jeunes en France voulaient vraiment changer le système, or ce qu'ils veulent c'est simplement avoir autant d'argent à disposition pour consommer autant que leurs parents (qui ont fait moins de gosses et travaillent beaucoup plus pour remplir le réservoir de la bagnole, acheter une ou deux télévisions, partir en vacances etc...) car ces jeunes savent très bien que leur qualité de vie sera beaucoup moins agréable que pendant les Trente Glorieuses. En Grèce, le crédit est d'ailleurs encore plus développé que chez nous, là-bas on paie les dindes en 24 mois. Il y a aussi en Grèce le fait que l'on pensait que l'Union européenne allait amener la même prospèrité que dans les pays occidentaux plus riches, or tout ce qu'elle a amené c'est la hausse vertigineuse des prix et la "modernisation" du pays a entraîné plus de précarité. Le comportement de beaucoup de ces jeunes quand ils murîssent (un peu) et deviennent adultes, le confirme, ils râlent contre le tri sélectif, les amendes contre les pollueurs, les nouvelles contraintes dont ils ne veulent pas car il y a aussi ce déni effarant des conséquences de cette société inique qui rend fou (30% de la population française serait atteinte de diverses affections psys).

    manifestation-etudiants-paris-2423278_1378.jpgDe plus, à la fin de l'année, les examens auront lieu de la même manière que toutes les autres fois. Ceux qui sont de milieu favorisé le sachant bien rentreront sagement dans le rang au bon moment, pendant que les naïfs continueront en se disant que ce sera noté moins sévèrement. Il y a aussi ces mensonges éhontés quant à l'orientation qu'il serait bon de ne plus diffuser. Les gosses qui font des études d'histoire, de littérature ou de musique, entre autres, ont très peu de débouchés. Les plus intéressants sont tous réservés aux gamins choisis par cooptation sociale, par népotisme, clientèlisme et autre copinage (note personnelle : à ce propos vous ne trouvez pas que Sophie Tapie c'est son père avec une perruque ridicule, fermez la parenthèse). C'est bien cela le problème, on cherche toujours les réseaux. Pour les autres étudiants de ces filières restent les postes de professeurs, le problème étant qu'il n'y en a plus (et ce n'est pas en faisant la morale aux profs qui restent en leur demandant de ne pas prendre d'heures sup' qu'il y en aura plus). On arrive donc à ces surdiplômés qui passent des concours autrefois réservés à des CAP, BEP ou bac, sans parler bien sûr de la prédominance écrasante des mathématiques sur tout le reste dans le choix d'un candidat pour un métier ou une orientation. Je suis à peu près sûr que la ministre et Sarko vont lâcher un ou deux sucres puis la réforme passera en douceur par décrets, en pièces détachées. Et puis j'aimerais quand même rappeler que c'est la Loi d'Orientation Loi de Finances édictée par le gouvernement Jospin en 2002 qui a commencé le détricotage. Quand la droite est revenue au pouvoir, ils ont cru à une blague.

    En fait, je crois que la question cruciale c'est la refonte totale de la société, sur d'autres bases que le fric et la consommation, et celle de l'éducation mais pas une réformette prétexte à faire des économies de bouts de chandelles...

  • Eric Naulleau et Pierre Bergé - l'anti-brouillard de la sagesse contre son contradicteur (l'insolent)

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    Pour avoir une idée précise de quoi t'est-ce il est question dans la note cliquable à ce lien en blanc, la couleur du cerveau et de la chemise de BHL, le célèbre philosophe attifé comme un VRP pour une soirée karaoké, "les anti-brouillards de l'intelligence...", on peut regarder cette vidéo juste en-dessous, comme ça amie lectrice, ami lecteur si tu es plutôt un visuel c'est plus simple. Et c'est plus rapide pour les djeunes qui n'ouvrent jamais un bouquin. Il y en a toujours qui diront qu'on le savait mais il faut le voir pour le croire je crois. On a envie dire à Bergé : "non reculez, on est éblouis devant tant de sagesse et d'intelligence, ça en fait mal aux yeux". Je ne serai pas plus ironique et ne me moquerai pas plus des anciens cependant, allons la vieillesse est un naufrage et on a pitié des personnes âgées qui ruminent leurs idées fixes ou se complaisent dans leurs lubies.

    Une interview de Naulleau ici

  • "Moi je travaillerai le dimanche si j'ai envie"

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    99_C.jpgAux innombrables biographes qui ne manqueront pas d'apprécier, j'en suis sûr, ces détails cocasses, je signale que j'aime bien, quand je suis à Paris, aller acheter un petit pique-nique gourmand au "Prisunic" de Saint Louis d'Antin (il y a de très bons bols de soupe de tous les parfums, des jus de fruits de toutes sortes, de la croissanterie excellente - note personnelle : là je devrais bien toucher des sous de Monoprix). En attendant mon tour à la caisse, j'entendais les vendeurs discuter du travail du dimanche. Contrairement à ce que l'on nous prétend à longueur de médias, ce sera obligatoire de travailler le dimanche. Un des caissiers venait de recevoir ses horaires et protestait : "Moi je travaillerai le dimanche si j'ai envie". Les autre soutenaient qu'il n'aurait pas le choix. Il paraît que 84% des français sont contre le travail du dimanche, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils se pressent dans les magasins épaule contre épaule du vendredi 16 heures au dimanche 20 heures. j'ai moi-même tenté la FNAC Saint Lazare vendredi avant de reprendre le train, mais devant la fourmilière humaine j'ai préféré renoncer tout de suite.

    Pour être efficaces, il y a cette pétition à signer, ce qui m'étonne encore une fois, c'est, excepté le PC, le silence assourdissant de tout le reste de la gauche, à part quelques indignations mollassones du style "il faut avoir la liberté de choisir son jour deNon%20au%20Travail%20le%20Dimanche.gif repos". A ce propos, c'est d'ailleurs étonnant comme on peut faire passer un esclavage pour un progrés, le genre de slogans tels "la paix c'est la guerre", "la vérité c'est le mensonge" ou le glaçant "le travail rend libre". Tout ça pour que le bon peuple décérébré, gavé de crétineries, de gadgets à la con, continue son décervelage en attendant la fonte des glaces. Il en est qui bouffe (je ne vois pas d'autres mot) des pâtes ou des plats préparés pendant deux mois pour payer au gamin obèse et demeuré la dernière console de mes deux sur laquelle il pourra massacrer et assouvir ses pulsions violentes autant qu'il veut. J'en entendais à la FNAC de ces cloportes baveux se vanter d'avoir acheté des "télés" à chacun de leurs gosses, le petit crétin pouvant ainsi s'enfiler les programmes les plus nuls sans être dérangé, du putassier "12 coeurs" sur NRJ12 dans lequel des djeunes exhibent et leur anatomie et leur absence totale de dignité, aux pornos soft diffusés par la plupart des chaînes de la TNT après 23 heures.

    Le problème c'est que l'on a oublié que l'on ne construit pas une maison sur du sable, et que la société ou un individu, c'est comme cette maison : sans fondations, sans valeurs communes, sans passé, c'est un barbare ou un mouton docile que l'on mène à l'abattoir sans trop le forcer. Les totalitarismes détestent le passé ou ce genre de traditions. Le plus ahurissant pour moi ça a été de lire dans "Valeurs Actuelles" (qu'il m'arrive de lire au moins pour Basile de Koch et les critiques) un article d'un jeune prêtre, ampoulé, plein de subtilités certainement, défendant le libéralisme, en s'imaginant que l'Église allait moraliser le système alors que ce système est amoral et anti-chrétien à la base. De l'art de se tirer une balle dans le pied en somme. Je me demande vraiment quand certains chrétiens comprendront que le consumérisme est la cause de l'iniquité actuelle, on a l'impression qu'ils s'en tiennent au catholicisme vecteur de stabilité sociale.

    Ci-dessous "le grand magasin" vu par les frères Marx (je suis très marxiste en fait). Ce n'est pas leur meilleur, les intermèdes musicaux sans eux sont trop longs. Je rêve toujours de semer la même pagaille.

  • Guignol's blog

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    accelerateur_pour_le_bronzage_ego_maniac.jpgIl y a une chose à rappeler de suite en préambule, un blog c'est virtuel, ce n'est pas tout à fait réel, ce n'est pas complètement la réalité, ce ne sont pas des échanges aussi vrais que dans la vie. Tout le monde joue plus ou moins un personnage que l'on se veuille authentique ou non, cherche à se mettre en valeur. Je ne connais pas de blogs (parmi les 82 millions de blogs qu'il y a sur la toile dont celui-ci est un parmi d'autres) ou de sites dont le webmaster passerait son temps à s'auto-flageller (ce qui serait une autre forme d'orgueil), remarquez ce serait drôle : "Aujourd'hui je me suis disputé avec des gens au travail, j'ai été très méchant mais je ne peux pas m'en empêcher, j'ai fait semblant d'avoir beaucoup d'argent et j'ai menti sur mon âge. Je suis vraiment très con, je trouve, je n'ai aucune culture et en plus j'ai mauvaise haleine...etc". Les opinions sur Internet se radicalisent par le principe, car on n'a pas la personne en face, le ton de sa voix, qui peut nuancer des propos, ses gestes. Et puis parfois tout simplement on comprend tout de travers.

    Sur tous les blogs on remarque les noms d'oiseaux envoyés au webmaster, à l'auteur du blog, par des internautes qui s'imaginent au Guignol du Luxembourg, moi, comme épithètes j'ai eu droit, je cite, à : vaniteux, pleurnichard, orgueilleux, prétentieux, faux-cul, hypocrite, socedème méchant comme une teigne, obsédé, aigri, fou, méprisant, on me soupçonne de vouloir me montrer sous un meilleur jour que je ne suis, et j'en passe. N'en jetons plus. Quelqu'un m'a dit fort justement que tout ça c'est de l'écume et que l'on ne peut pas empêcher les gens de parler. J'acquièse, c'est de l'écume, ce n'est pas grand chose mais ça blesse toujours au moins un peu. Même si cela provient d'intervenants qui n'aiment tout simplement pas ce que j'ai l'air d'être ou ce que montre ce blog de ma petite personne et qui ne l'aimeront jamais, ainsi que cela se passe sur d'autres bloc-notes. Et de toutes façons il y a aussi tous ceux qui aiment bien ce que j'écris, qui me trouvent pertinents, qui viennent ici car ils ont plaisir à y venir et ce plaisir est très rarement masochiste. Que tous ceux-là soient encore remerciés ici...

    Post Scriptum : la photo ci-contre propose de l'auto-égocentrisme en bouteille, à s'appliquer chaque jour en frictions, achat inutile pour beaucoup de personnes.

  • Terrorisme éducatif

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    tgv-gendarmes.jpgEn parcourant quelques blogs d'extrême-gôche ou d'ultra-gôche ("merde on est sérieux, on parle de révolution les gars, hein, on en tremble, on est moites"), c'est eux qui le disent, je me suis aperçu que la plupart montaient en épingle les délires des jeunes cons de bonne famille qui ont été arrêtés il y a peu, qui rêvent de chaos et de batailles avec l'autorité par ennui, par vacuitc é intellectuelle et absence d'idéaux véritables en fait. On crie aux attaques contre la liberté de pensée, à la dictature. Ce n'est pas exclusif d'ailleurs aux ultra-gôches, on retrouve ce goût pour le sang et les larmes, cette vocation au martyr par volontaires interposés de l'autre côté. A Nanterre, pendant mes années de fac, dans la minorité folklorique des autonomes que l'on pouvait encore y croiser, j'y connaissais un garçon dont le Papa travaillait pour une grande banque d'affaires, une autre qui s'occupait des campagnes d'EuroDisney, et encore un dont le géniteur brassait les comptes d'une grande compagnie. Et parmi eux étaient paumés quelques naïfs sincères, ou purs, cela dépend du point de vue. Comme sur l'autre rive bien entendu.

    Ce n'est peut-être pas eux, il n'y a pas de preuves formelles mais de fortes présomptions quand même, et faire dérailler un train, ce n'est pas seulement un moment pour lire et compenser le désir abscons de performance de notre monde qui va si vite ma bonne dame, c'est dangereux, ça peut tuer des innocents ou les handicaper à vie. En langage ultra ou extrèmiste, un terroriste est comparé aux résistants, qui s'en retourneraient dans leur tombe, et les innocents morts lors d'un attentat y sont des martyrs de la cause, des martyrs utiles. C'est de là que vient ma défiance instantanée en face des tenants d'une idéologie ou des porteurs de cause, il faut toujours en passer par un massacre avant toute chose et une période où la liberté est confisquée pour le bien du peuple bien sûr. Ensuite on verra. En attendant ce genre de grand soir, on continue à gagner un peu de fric quand même, la société consumériste n'a pas que des désavantages, tout en cherchant une planque confortable, voire en bouffant à tous les râteliers. Et leurs idées sont la plupart du temps un exposé de clichés et perles mille fois entendus ailleurs.

    En plus ce petit jeu fait le bonheur de Sarkozy et consorts...

  • Savoir parler de littérature...

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    ...sans dire trop d'imbécilités.

    les_deux_orphelines.jpgJe viens de lire un long article sur Anouilh qui m'agace plus ou moins car on y retrouve les défauts habituels de la plupart des critiques actuels quand ils parlent littérature. Il y a tout d'abord cette propension à rechercher un message qui corresponde à sa propre opinion ou à la cause que l'on veut défendre, parfois maladroitement. Ici, l'auteur de "Antigone" devient presque un auteur mystique, j'allais dire calotin, alors qu'il est athée. De plus, l'auteur de l'article le classe à droite, certes avec raison, mais Anouilh n'était pas vraiment de la droite conservatrice. C'est souvent pareil à gauche. J'en veux pour preuve un autre article écrit par un journaliste de gauche qui classe Bernanos dans le camp des révolutionnaires car il a dit la vérité des faits pendant la guerre d'Espagne, non pas par idéologie mais par amour de la liberté. Et Bernanos est resté anti-démocrate, catholique et monarchiste jusqu'à sa mort ; tout comme pour d'autres on réduira Oscar Wilde et Marcel Proust à des militants homosexuels ce qu'ils n'étaient ni l'un ni l'autre ; le subtil Marcel aurait détesté la "Gay pride". Pourtant, l'on continue d'entendre encore ces contre-sens énormes. Le problème de ces critiques littéraires c'est de croire que la littérature doit avoir forcément une utilité sociale alors que si on la réduit à ça, non seulement c'est très ennuyeux car souvent les porteurs de causes sont chaussés de très gros sabots voire de semelles orthopédiques mais ils oublient l'essentiel qui est de construire un style. Et puis, surtout, il manque l'essentiel qui est de goûter vraiment la lecture d'un autre, déguster ses mots, se demander s'ils ouvrent des horizons, créent des univers ou restent bêtement au ras du sol. Le tout est également relié à la fameuse méthode Coué moderne ou "positive thought", le truc de Nancy Huston, faut pas lire untel parce qu'il est désespéré, un autre parce qu'il est trop ironique, effectivement on risquerait d'être trop lucide ensuite.

    7626.jpgPersonnellement, je ne veux surtout pas qu'un livre que je lis soit un sermon enrobé d'une anecdote ou que l'on essaye de m'embrigader dans une cause même juste (pour les porteurs de causes celles-ci sont toujours justes) et propager une vulgate idéologique, que ce soit pour la révolution prolétarienne ou le sado-maso de salon, le civisme ou l'incivisme. La littérature exemplariste c'était les "deux orphelines" au XIXème siècle ou encore "Élise ou la vraie vie", des livres censés être proches des gens, censés combler leurs attentes en matière d'authenticité, de cette authenticité frelatée qui suinte des romans d'Anna Gavalda, tout comme une dérision d'occasion baigne ceux d'Amélie Nothomb, censés plus les intéresser que ceux qui les ouvrent à d'autres sentiments, plus élevés, à la beauté, ou à la laideur du monde. De plus, souvent, ces critiques littéraires qui défendent une conception utilitariste de la littérature sont ni plus ni moins qu'un nouveau genre de missionnaires ou de commissaires du peuple qui refusent toute contestation de leurs opinions. Et ils ne comprennent pas que la littérature pour adultes ce n'est pas seulement des livres cochons, mais surtout des livres que l'on ne comprend vraiment qu'avec maturité, un peu plus de sagesse et de pondération car ce monde, rappelons-le, est complexe. A l'inverse de faire du le Clézio pour qui la mort c'est pas drôle et la guerre c'est pas bien, que les pauvres sont tous sympas et beaux. C'est là le coeur du problème, les critiques dont il a été question dans cette note ont du monde une conception enfantine ou feuilletonesque, où les bons et les méchants sont clairement identifiés, clairement désignés. (en bas à droite l'affiche du film réalisé d'après un de mes livres préférés qui est tout l'inverse de ceux cités précédemment à savoir subtil, bien écrit, passionnant, vivant, sensuel etc...)

    un livre sur la littérature actuelle qui me semble par contre plus intéressant par là, le "Jourde et Naulleau" qui vient d'être mis à jour pour parler d'Anna Gavalda qui fait du Delerm pour magasines féminins entre autres perles...

    En parlant de perles, Un extrait sur un auteur qui les multiplie...

    Pearl et BHL
    "L'essai consacré à Daniel Pearl est significativement sous-titré romanquête - sacré Nanar, décidément jamais à court d'un jeu de mots à deux francs cinquante ! Au lieu de se taper sur les cuisses et d'applaudir à l'exploit du gugusse - déposer un calembour douteux plutôt qu'une couronne de fleurs sur la tombe d'un journaliste égorgé et dépecé au Pakistan, il fallait tout de même oser - un certain William Dalrymple s'efforce maladroitement de compenser son total manque d'humour par une parfaite connaissance du terrain indo-pakistanais. Plutôt que rire à gorge déployée, ce confrère un peu coincé de Daniel Pearl fait tout d'abord valoir dans un article de la New York Review of Books du 4 décembre 2003 que Bernard-Henry Lévy n'a pas fait beaucoup de progrès en géographie depuis les hilarantes Impressions d'Asie puisqu'il confond à l'occasion l'Inde et le Pakistan, ni en déontologie puisqu'il présente de vagues rumeurs comme des faits avérés."
    (page 172)

     

  • Implosion au PS ?

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    ambition.jpgFinalement, ce qui me choque dans les chicaneries de personnes au PS, ce n'est pas qu'il n'y ait pas une ligne directrice solide, ce n'est pas que le parti se droitise ou se gauchise, ce n'est pas que je veuille forcément de Ségolène ou d'un autre, c'est que les questions d'ambition personnelle y sont plus importantes que la volonté de s'opposer réellement à la politique actuelle de l'UMP, ou que le souci de mettre fin à la précarité. Attention, d'ailleurs, je ne critique pas forcément l'ambition, c'est bien d'être ambitieux, ce n'est pas complètement négatif, du moins si une partie de cette ambition est mise au service de la collectivité.

    D'ailleurs en considérant la chose d'un oeil strictement objectif, qu'est-ce qui différencie concrètement les idées des leaders de l'UMP de plusieurs parmi les éléphants du PS et quelques éléphanteaux qui s'apprêtent à faire front commun contre Ségolène Royal ? La plupart sont libéraux économiquement, on l'a entendu au PS, à l'exception de Benoît Hamon et de Martine Aubry, dans la ligne de la sociale-démocratie, avec une petite touche plus étatique certes, mais si peu, et alors que le libéralisme vient de montrer point par point son irresponsabilité foncière ; tous, à l'exception de Ségolène, ont une conception très libre de la morale individuelle que l'on retrouve maintenant dans toute la société. Ce que demande la société actuelle, c'est pourtant une réforme structurelle et non d'instaurer de nouveaux mécanismes de régulation qui ne donnent rien de toutes façons que ce soit pour les banques, les entreprises, les bourses. Par contre, ce qui domine incontestablement, et que l'on ne voyait pas avant à une telle ampleur, car ça a toujours existé, c'est un tel clientèlisme, un tel népotisme.

  • Ce qui arrive à ceux qui font du mal aux petits

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    grande-854687-1048985.jpg

    Bien sûr il y a la diffamation, on l'a bien vu à Outreau ou pour ce professeur qui s'est suicidé car on le soupçonnait d'actes contre nature, mais là il s'agit de faits avérés et avoués par les coupables eux-mêmes. La violence appelle la violence, et le mal, le mal, ce genre de choses arrivent toujours quand des pasteurs se prennent pour des gourous, et ça éclabousse forcément les autres croyants qui sont innocents. il y a bien souvent l'inertie des responsables. l'évêque de Parthénia, actuellement, par exemple était parfaitement au courant des agissements d'un de ses prêtres mais n'avait rien fait. Quand la chose a été découverte il n'y a pas eu un seul mot pour la famille et les enfants blessés, pas un, rien. Il y a des attitudes gênantes, quand l'un d'eux dit par exemple que la justice des hommes n'est pas celle de Dieu, c'est vrai, mais la justice des hommes a raison de condamner un pédophile comme elle a raison de condamner ceux qui font mal aux petits

    Dans l'Évangile Jésus est sans équivoque sur ceux qui font du mal aux plus petits. Je me demande si les responsables du mouvement dont il est question dans cette note s'en rappellent.

    Je ne donnerai pas le nom de cette communauté sur mon blog mais j'ai vu hier un reportage à son sujet sur une grande chaîne hertzienne qui me semble édifiant. Le reportage était à charge, moins que d'habitude mais il me semble que pour un croyant, les choses y étaient dites clairement sous la plume du Pape demandant que cette communauté se refasse ou se défasse, cela m'apparaît sans équivoque. Cette communauté a fait du bien à de nombreux jeunes mais elle connaît depuis quelques années de nombreuses dérives sérieuses dont des attouchements sur mineurs (les articles mis en lien sont à charge mais les faits sont les faits). C'est un peu toujours pareil. Quand un seul homme a rang de berger, de guide, pour un groupe, il finit toujours par se laisser aller à l'ivresse d'être ni plus ni moins qu'un gourou, un homme qui a de l'ascendant sur des êtres humains plus faibles. C'est aussi l'ivresse du groupe, le fait de partager tous ensemble, de communier dans la même ferveur, une ferveur sincère, une émotion authentique des participants, certes. c'est d'autant plus triste que cette ferveur et cette joie soit ainsi perverties.

    Et la foi se cantonne à l'émotion...

  • Le Père Ubu et les terrasses de café chauffées

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    Attention la proposition des trois conseillers du Père Ubu est vraie, lire ça par là...

    A peu près d'Alfred Jarry

    Ubu consulte à voix basse trois de ses conseillers dont l'un a une moustache impressionnante. Il se dirige vers le devant de la scène.

    ubu2.pngUbu : Merdre Mère Ubu, qu'estoit encore que ce délire merdeux, je n'ai nul plaisir à ce que l'on chauffe les terrasses de café de par ma chandelle verte ! Que l'on fasse quérir sur le champ cet idiot de Venceslas pour punir les méchants à coups de bâton à phynances !

    Mère Ubu : Je te reconnois bien grand sauvage, tu apprécies de te promener en carriole puante, tu voles en aéroplane fumeux mais tu vois plus loin que le bout de ton gros nez et tu punis ces sauvages qui brûlent le tabac au lieu de le chiquer ! Tu est un sot, Père Ubu !

    Ubu : Prends garde, grosse matrone bouffie d'orgueil et de colère sardonique, je te punirai peut-être à coups de bâton à phynances !

    Venceslas : Vous m'avez fait quérir mon souverain ? J'estois en train de compter fleurette à la cafetière du palais. On me dit que je dois guerroyer contre les étranges champignons qui chauffent les trottoirs devant les cafés. J'ai déjà mené moult combats glorieux contre les tabagiques consommateurs de l'herbe à Nicot, contre les coquins qui boivent du bon produit de la vigne diabolique, et aussi contre ces femelles dégoûtantes que l'on trouve dans les musées.

    Ubu : Va Venceslas et occis les tous, ces misérables !

    Venceslas : Souverain merdeux, je me couvrirai de gloire contre les méchants cafetiers. Ils finiront tous sur le pieu de mon courroux. Dois-je aussi occire les fainéants qui sont en courroux contre toi car toutes leurs phynances ont disparu par la magie puissante des grands argentiers ? Ils le méritent.

    Ubu : Occis les aussi, ils me font la morvelle verte, bon Venceslas.

    Mère Ubu : Oui, Bon Venceslas, et ensuite tu n'omettras point de t'occire aussi car ton père estoit un fieffé ivrogne. Elle ricane.

    Ubu : Ah, Mère Ubu, je t'avais prévenu, tu recevras donc ta volée de bâton à phynances, merdre de merdre !

  • Le penseur en Paraboot (TM)

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    arto-skulptajhoj-001-eta.jpgLe penseur en Paraboot (TM) est de gôche le plus souvent, parce que ça fait bien. enfin de gôche, il énumère deux ou trois clichés vaguement humanitaristes qui font du bien entre la poire et le fromage. C'est le fondement de sa pensée. Parfois on en rencontre de droite mais c'est plus rare, il se dira alors "politiquement incorrect" selon ses termes ce qui lui permet de dire deux ou trois conneries qui déparerait même au "café du commerce". Le penseur en Paraboot (TM) aiume bien réfléchir sur la société, les trucs qui l'intéressent, parce qu'il s'emmerde profondément en fait. Il a une vie tranquille, un boulot qu'il aime, une femme trophée qui est à la fois une bonne ménagère et une amante empressée mais aussi son plus fidèle soutien (quoique depuis la lecture de "On est toujours trop bon avec les femmes" de Queneau, excellent livre, je soupçonne ces dames de faire semblant de ce qui précède pour avoir la paix). Le penseur en Paraboot écrit parfois dans des hebdomadaires satiriques comme Philippe Val, là il dit toute son admiration pour Obama, comme Philippe Val, sans que personne ne sache s'il sera vraiment un bon président, et il rajoute une ou deux louches sur l'Europe tellement utile et qu'il faut absolument développer. Il se voit bien en sauveur, en romantique à chemise à jabot, le poitrail tendu vers le glaive des totalitarismes qui s'en foutent mais. Il le sait bien, c'est la raison pour laquelle il s'invente alors des ennemis imaginaires, il croit parfois sincèrement qu'il est surveillé par les chinois du FBI. Cela va du fantasme de droite classique du gouvernement secret judéo-maçonnico-islamo- homosexuallo-bolchevik qui se trouverait à 300 mètres sous la glace au Pôle Nord (enfin 250 mètres depuis le réchauffement climatique), ils n'osent pas trop le dire en public, mais si on les y encourage un peu ça finit toujours par sortir ; au fantasme de gôche radicale du "Grand soir" (là on aime bien en parler parce que c'est comme les cow-boys et les indiens). Parfois le naturel revient au galop et il a envie de mener la belle vie sans trop se culpabiliser (il adore se sentir coupable, mais pas trop).

    Je l'aime bien en fait, car il est émouvant de candeur, le penseur en Paraboot (TM).

    Sur la photo un bronze du penseur de Rodin coulé dans le métro parisien.

  • L'art moderne dans la rivière

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    iton.JPGCe beau matin d'Automne, en allant au marché d'Evreux, alors que je sortais de mon hotel particulier du centre-ville où nous cachons notre amour ruisselant d'émotion avec Christina Ricci, en marchant le long des berges de l'Iton, la petite rivière qui traverse la ville, non, pardon, respectons l'orgueil des ébroïciens, le fleuve puissant qui court entre les rues, j'aperçois une "oeuvre d'art" au milieu du cours d'eau, non pardon, faut plus dire "oeuvre d'art" mais "installation" (geste). Cette installation (geste) s'apparente à des poissons en bois empilés sur un poteau central, à moins que ce ne soit un pic de barbecul, pouf pouf, non pardon, barbecue. En fait quand on s'approche on voit que les "poissons" n'ont pas la forme de poissons mais que çà y ressemble quand même un peu. Et ce qui me semble le comble du ridicule, pardon, du génie de la chose, c'est le petit drapeau du "Lions club", la franc-maçonnerie non intellectuelle pour bourgeois de province, qui flotte fièrement tout en haut, participant ainsi à l'éducation artistique des masses laborieuses et incultes (celles-ci les malheureuses pensent surtout en ce moment à leur survie financière, on se demande bien pourquoi) tout en étant ludique car de nos jours tout doit être ludique participant à l'infantilisation généralisée de la société qui implique que des hommes mûrs se comportent en ados post-pubères et les femmes de la même génération en lolitas frivoles. Je n'ai rien contre l'art moderne, rien du tout, j'aime bien la cathédrale de la Treille à Lille ou la basilique Jeanne D'Arc à Rouen, j'aime bien Robert Combas ou même Louise Bourgeois, mais parfois, l'art moderne c'est une belle arnaque pour extorquer du fric à des bourgeois replets et sûrs de leur esprit progressiste et tellement lumineux selon l'opinion qu'ils ont d'eux (ils confondent souvent magot et taille de la cervelle).

    Sinon, je me ferais bien des sardines au feu de bois, moi...

  • Tout va très bien, madame la professeure - article d'Elisabeth Lévy

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    bateau_sid1_2002.JPGDu réel, du vrai : si Nicolas Demorand, le talentueux matinalier de France Inter a choisi, entre tous les livres qui paraissent sur l’école, celui de Luc Cédelle, journaliste au Monde, c’est d’abord parce qu’il ne s’agit pas d’un témoignage mais d’un reportage, “un reportage au ras des tables et des chaises”, a-t-il cité, proclamant son enthousiasme pour cette merveilleuse expression. Et puis, il y a le titre “simple et joyeux”, Plaisir de collège, qui, insiste l’animateur, “tranche avec le catastrophisme ambiant”. C’est vrai, quoi, sois cool, man. Il y a quelques années, une pubeuse répondant au prénom de Chicorée ou Vanessa (elle avait perdu son nom en route) avait patiemment tenté de me convaincre des vertus d’une campagne de la RATP qui proclamait : “Il faut tout voir en beau” et invitait les usagers à avoir “des pensées positives” et à “purifier leur mental” – dans les couloirs du métro, fallait oser. Pour stimuler la sérénité de l’usager, on lui offrait un massage pratiqué dans un couloir puant et une boite de thé vert vraiment dégueulasse. Vous ne voyez pas le rapport ? D’accord, ce n’est pas exactement la même chose. A propos de l’Ecole, on ne nous dit pas que “tout va très bien” mais que “tout ne va pas si mal”. Reste à savoir si c’est vrai.

    Donc Luc Cédelle se contente de “restituer des faits”. Et contre les faits, vous le savez : rien à dire. Ceux qu’il livre se déroulent au Collège expérimental Diam’s (non, c’est une blague, il s’appelle Clisthène (Note d'Amaury : çà aurait pu être pire, il aurait pu s'appeler Clistère et les professeurs l'auraient DLC, dans leurs c..., ah, ah, ah, hum...). Planté en périphérie de Bordeaux, ce Summerhill de quartier chaud (pour ce que j’en ai compris) organise la cohabitation harmonieuse des enfants de la bourgeoisie et des enfants de pauvres de la cité voisine, le tout grâce à une pédagogie sur-mesure (et vaguement aussi grâce à un effectif de cent élèves seulement, toutes classes confondues). Bref, c’est la maison du bonheur et l’auteur aimerait y enseigner. Mais attention, qu’on ne croie pas qu’il donne des leçons à qui que ce soit. Il serait même d’accord pour que chacun puisse expérimenter ses idées, y compris les plus réacs des réacs comme Finkielkraut ou Brighelli – et alors, on verrait bien, qui, des partisans de la blouse grise ou des défenseurs de l’épanouissement de l’élève, obtient les meilleurs résultats.

    Lire la suite par là

  • Tirer sur les ambulances à l'arrêt

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    dead_details_06.jpgIl y a quelques années, sur zazieweb, les e-lecteurs dont moi avaient défendu un petit livre pamphlet d'Eric Naulleau et Pierre Jourde, "la littérature sans estomac", qui nous semblait plus intéressant que les autres, plus libre, en dehors des réseaux habituels de copains et coquins. Et puis depuis, Pierre Jourde a écrit des romans où il garde son intégrité tandis que Naulleau passe chez Ruquier le samedi soir où il descend en flèche les mêmes ambulances que d'habitude dans une belle mascarade pseudo-politiquement incorrecte. C'est un peu pareil sur tous les blogs se prétendant également politiquement incorrects dont l'audace consiste à dire des gros mots (ohlala) à insulter deux, trois personnes, souvent là encore on tire sur les ambulances à l'arrêt ; ce qu'ils recherchent c'est la reconnaissance de la crémière et celle de la critique potiche de la télévision qui aime tant Anna Gavalda parce que "c'est tellement vrai" et Fred Vargas parce que "ses romans sont tellement mystérieux" ou ceux de Catherine Millet qui est "tellement audacieuse" car elle parle de ses partouzes et gang-bangs sans pudeur ni dignité (ohlala !), ce qu'ils recherchent c'est la célébrité pour pas grand-chose, comme Naulleau ; c'est tellement facile de dire que le livre de Boccolini est nul par exemple, c'est même pas un secret. Ce serait mieux de s'attaquer aux vraies icônes mais celles-ci restent en place quoi qu'il arrive. Les blogs dits politiquement incorrects rêvent finalement d'être les premiers de la classe et parlent de politique en consommateur : "je veux choisir ce que je pense et j'ai le droit de choisir ce que je veux même si les autres y disent que c'est des conneries et même si c'est vraiment des conneries". Et surtout, il ne faut pas faire suer avec le passé ou une vision des faits. C'est normal, parce que finalement ils s'en foutent de la politique, du cinoche ou de la littérature tout ces petites gens politiquement incorrects.

    Post-scriptum : Je me souviens de Naulleau au salon du Livre qui ne voulait pas nous parler (pensez, des petits cons et des petites connes d'un petit site communautaire qui avait fait passer ses ventes de 2 à 2000 exemplaires) parce qu'il attendait la journaliste de "Marie-Claire"

  • Le chas de l'aiguille

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    caravage_mathieu_small.jpg"Il est plus aisé qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille qu'il ne l'est qu'un riche entre dans le Royaume des Cieux."

    Évangile selon Saint Mathieu (ci-contre peint par le Caravage, "le sauvage "Il Carravagio", mystique et déraisonnablement débauché, joyeux et désespéré). J'aime beaucoup Saint Mathieu...

    C'est quand même marrant, on ne trouve que rarement cette citation évoquée sur les blogs catholiques de droite comme de gauche ou alors avec mièvrerie et sensiblerie, ou bien avec un peu trop de prudence, ou encore avec des préventions du genre : "c'est surtout la richesse spirituelle". Aussi, bien sûr, mais il s'agit également bien de richesse matérielle et c'est très clair, non ? Il ne s'agit pas bien sûr de faire la Révolution, il ne s'agit pas non plus de laisser ceux qui souffrent sans rien faire. Or, il y a des catholiques qui confondent catholicisme et morale bourgeoise, voire bourgeoise-bohème pour d'autres, ce qui revient au même quant au résultat : une spiritualité très faible. Il est toujours bon pour remettre les questions essentielles à plat de relire l'Évangile.

    NB : Il est question du Caravage au début de cette note, il est également étonnant de constater que le nombre d'artistes géniaux comme lui et ayant un comportement horrifiant pour cette morale étriquée que nous avons hérité de la bourgeoisie industrielle et soi-disant positiviste du XIXème siècle, et qui, pourtant, ont contribué de manière remarquable à la beauté des églises et de l'art religieux de la Renaissance jusqu'à maintenant (Rouault entre autres).

    Cette note est dédiée au Frère Mathieu justement, croisé pendant deux ans à Paray le Monial, vendant son miel et son hydromel, ermite, suivant la règle de Saint Benoît, grand connaisseur des chrétiens d'Orient.