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croquants et croquantes

  • Y-a-t-il des handicapés du cœur sur Facebook (TM°) ?

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     Tous les vendredis, en descendant de la gare de ma bonne ville d'Évreux, je passe devant un foyer de personnes handicapées, et à chaque fois, je dis bonjour à E. un jeune homme 2012112350aed4f398906-0-478959.jpgmince et un peu dégingandé souriant de toutes ses dents, des lunettes épaisses sur le nez, vraisemblablement débile léger, qui se mettant à sa fenêtre dit bonjour à tous les passants qui passent devant lui en faisant de grands signes des bras, des moulinets très larges pour attirer l'attention.

     

    Je lui demande des nouvelles, ce qu'il a fait la semaine. Je suis un de ses « habitués ». Il m'a dit qu'il n'avait pas le droit de sortir, car il se ferait du mal et qu'il est un peu triste et que c'est pour ça qu'il a envie de parler avec les gens dans la rue.

     

    Il fait comme sur Facebook (TM°) pour se faire des amis, mais dans la « vie réelle », je ne suis pas certain d'ailleurs qu'il connaisse le réseau social, il « poke » et dit bonjour à tout le monde mais se heurte quand même souvent à des murs réels ceux-là et non virtuels. Il faut dire aussi à la décharge des passants qu'il n'a pas le physique ou l'attitude modeste d'un handicapé « comme il faut », tels qu'on en voit dans les médias au moment du « Télécon » (TM°) ou autres manifestations lacrymales de festivisme pseudo-caritatif à alibi que l'on nous ressert avec des gros sabots, voire des semelles orthopédiques.

     

    D'aucuns parmi les passants sont des personnes importantes, merde quoi !, des gens affairés, qui sont dans des conversations de haute volée sur leur « smartfône » ou bien plongés dans de profondes méditations spirituelles de retour d'un grand magasin ou d'une officine spécialisée en téléphones dits portables « dernier cri ». Ils ont déjà des centaines d'amis sur « Facebook » et tous les jours ils ont des dizaines de SMS à envoyer à leur réseau via leurs substituts masturbatoires que sont leurs téléphones...

     

    Ceux-là qui ne sont rien d'autres que des croquants et des croquantes se sentent toujours agressés par les tonitruants « salut » de E., ils réagissent souvent avec l'absence de finesse et d'élégance caractérisant ce genre d'individus dont le vernis craque vite. Sous le personnage mis en valeur virtuellement et dans la vie, sous le « louque » ostentatoire apparaît bien vite apparaît bien vite le connard bien ordinaire :

     

    « Qu'est-ce qu'il veut ce débile ? » ou « Je le connais même pas ce taré ! ».

     

    Un soir, l'un d'eux, un "jeune" "issu de la diversité" se croyant encore plus malin et voulant récupérer devant ses copains son prestige terni par les interpellations de E. lui lança :

     

    "Qu'est-ce que tu veux taré ? Descend me voir si t'es un homme ?!"

     

    E. a alors fermé sa fenêtre et son sourire,  a éteint la lumière de sa chambre ce qui a paru satisfaire la bouture de milicien qui s'est retourné triomphalement vers ses copains, les "checkant" (c'est du langage "djeuns" ami lecteur, une sorte d'accolade). Les mêmes dans d'autres circonstances seront les premiers à dénoncer l'ostracisation qu'ils subiraient, mais il n'y a bien que celle-là, au moins pour ces "jeunes", qui les intéressent...

     

    Certains parmi les plus abjects le prennent en photo sur leur « ailfône » afin de le mettre sur leur « statut » Facebook (TM°) ensuite. A coup sûr, cela fera rire -grassement- leurs « friends » qui « likeront » l'image auant qu'ils peuvent. E. s'en fout d'être pris en photo, ils ne voient pas le mal, ne distinguent pas les attentions malveillantes des croquants et des croquantes qui se moquent de lui. Les mêmes au moment du « Télécon » (TM°) pleurnichent et participent aux « actions », également parfois par envie de passer à la téloche car ces « bonnes actions » sont bien entendu filmées afin de laisser croire aux croquants et croquantes qu'ils sont des personnes intéressantes.

     

    photo, résidents du foyer François Morel (photo du 23/11/2012 sur Paris Normandie)