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  • Pas de Demy pour moi ou pas de deux mis

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    demoiselles_web.jpgDemy (site sur le cinéaste) est à la mode, on le voit en couverture d'un ou deux magazines dits branchouille. Depuis que deux jeunes cinéastes ont fait un film sur le SIDA en chantant, le cinéaste est "hype" corroborant ainsi le préjugé qui veut que les "gays" et les individus "trendy" aiment bien les comédies musicales. Moi qui ne suis pas hormosessuel, j'adore les comédies musicales (murmures du troupeau bêlant) des années 70 de "Phantom of the paradise" au "Rocky Horror picture show". Demy est également bien vu dans les salons de gôche, plutôt dans les salons bobolisants, car quand on chantait "passe moi le sel-euh, de rien je t'en prie-euh" dans ses films on n'en gardait pas moins une conscience sociââle affutée messieurs dames. Dans "une chambre en ville", on cause des bourgeoises qui s'encanaillent avec des prolos, depuis "Lady Chatterley" on n'avait pas vu pareille audace en effet ! Même les films pornos n'alignent plus autant de clichés de ce genre (la bourgeoise en fourrure attend le plombier musclé afin d'inspecter sa tuyauterie). Cela dit, si on peut sourire en regardant les acteurs chanter leurs dialogues parfois abscons, il n'y a que les coeurs secs qui ne seront pas touchés par la fantaisie de ses films.

    Et dans "Lola", Anouck Aimée est une putain moins immorale que les femmes de meilleure vie. Ne disons pas trop de mal de "Lola", j'aime bien ce film quand même, pour sa poésie qui le fait ressembler à un conte de Marcel Aymé, tout comme je trouve "Peau d'âne" purement magique, on y trouve plusieurs niveaux de lecture absolument maîtrisés d'un bout à l'autre. Et "les parapluies de Cherbourg" comme "les demoiselles de Rochefort", ce dernier film gràce en grande partie au talent de Gene Kelly) sont une réussite dans le genre, à la même hauteur que "West Side Story", exceptionnel dans ses numéros de danse, fade dans ses moments de pure comédie. Les critiques "trendy" réduisent Demy à quelques postures kitsch, des couleurs vives, des habits "vintage". Il est plus que cela malgré tout, malgré les ratages des dernières années quand il s'auto-parodiait dans son oeuvre qu'il voulait alors plus concernée par le monde. C'était plus fin quand il était léger, car ce qui est léger et futile est ce qui est fondamental, les bonnes intentions, les grandes idées, les belles déclarations passent, la vie continue.

    Post-scriptum : en parlant de bonnes comédies musicales à quand un dévédé digne de ce nom de la comédie musicale "Anna" de Gainsbourg ?

    Ci-dessus un extrait des "Demoiselles de Rochefort" avec Françoise Dorléac, véritable doctoresse ès légèreté que l'on retrouve dans "l'homme de Rio" et Gene Kelly