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consumérisme

  • Le mal de ne plus penser en 2016

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    Politique, société de porcs, arendt, bernanos, islamisme, consumérisme, amaury watremezJe ne suis pas dupe en rédigeant ce qui suit. Il n'est de pire sourd qui ne veut pas entendre, ce papier ne convaincra que des convaincus. En nos merveilleux temps de la modernité triomphante triomphe aussi un anti-intellectualisme trouvant une résonance inconnue jusque là grâce au réseau. « Intello » est l'injure suprême, et même parmi les quelques idéalistes demeurant encore il n'est pas rare d'affirmer que la philosophie ne sert plus à rien. Triomphe également une haine de la culture, de toute culture, qu'elle soit littéraire, artistique, musicale, cinématographique. Tout est mis sur le même plan sous prétexte de diversité des goûts et des couleurs alors que la culture supposer une hiérarchie des goûts, tout ne se vaut pas.

     

    Internet est devenu la providence du crétin inculte qui y voit un moyen facile de camoufler son inappétence crasse pour toute élèvation intellectuelle simplement en tapotant deux ou trois mots clés sur un moteur de recherche sur l'un ou l'autre gadget. Ce même crétin inculte a de toutes façons trouvé la parade absolue, du mois le croit-il, toute personne désirant se cultiver, penser par elle-même est forcément prétentieuse, un « bobo » élitiste voire pire encore, un anar de droite se flattant de n'obéir qu'à une morale aristocratique. Parmi eux, on trouve beaucoup de génies méconnus...

     

    ...à juste titre.

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  • Les excès de langage sur Internet

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    « Tout ce qui est excessif est insignifiant » disait cette vieille salope de Talleyrand qui mangea à tous les râteliers pendant la Révolution s'enrichissant considérablement au passage ; il lui sera pardonné, un peu, car il a dit aussi :

     

    « Qui n'a pas connu l'Ancien Régime n'a pas connu la douceur de vivre ». (un temps sans le souci obligatoire de la rentabilité pour les salariés, les paysans, etc... traités en machines à produire, bientôt à produire des enfants, par les nouveaux maîtres)

    image ci-dessous prise ici

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    Depuis les deux-cent ans et plus que les bourgeois ont pris le pouvoir en France, ils essaient de nous faire croire qu'ils sont sincèrement persuadés du bien fondé des valeurs de la République ; Liberté, Égalité (terme souvent oubliée dans les discours officiels), Fraternité (confondue avec une tolérance du pire) et que ce sont des apôtres des Droits de l'homme alors que toutes les politiques qui se succèdent depuis le début de leur domination ont seulement pour but exclusif la préservation de leurs intérêts matériels.

     

    En os à ronger, rallongeant en somme la longueur de la laisse, ils feignent de laisser au peuple sa liberté de parole qui est comprise par le dit peuple comme sa liberté de dire ce qui lui passe par la tête ce qui consiste donc en l'exposé des pires lieux communs et idées reçues, ce qui s'aggrave depuis que l'Internet a pris autant de place dans le « débat » politique. Le second degré est totalement incompris, la dérision ignorée, sans parler du sens de la nuance, complètement jeté aux orties, le contradicteur est forcément un salaud car contredisant des certitudes, le contradicteur « pique », c'est un emmerdeur.

     

    politique, société, internet, hypocrisie, consumérisme, Amaury WatremezTout massacre de minorités par des fanatiques, des pseudo-révolutionnaires, des militaires, des nationalistes ethno-différentialistes à l'autre bout du monde ou près de chez nous devient un génocide, banalisant le terme qui à la longue ne veut plus dire grand-chose, et induisant une compréhension de la politique uniquement fondée sur l'affectif, avec des gentils tout blancs, et des méchants tout noirs. C'est la réflexion que je me faisais en assistant par hasard à une manifestation (voir photos ci-contre) en faveur des ukrainiens face à la Fontaine Saint-Michel à Paris il y a une semaine, et pourtant on aurait pu croire qu'ils étaient de mon camp, récitant le chapelet en chœur et chantant des chants à la Vierge.

     

    politique, société, internet, hypocrisie, consumérisme, Amaury WatremezIl se passe pour l'Ukraine la même chose qui s'est passé pour la Serbie en guerre contre la Croatie, pour tous ces bons apôtres qui ont pris fait et cause pour les pseudo-rebelles syriens, et vrais djihadistes, contre Saddam (ce qui donne l'Etat Islamique en 2014), contre Bachar El-Assad, contre Yasser Arafat et le Fatah en Palestine, en gros contre tous les régimes qui commençaient une laïcisation de leur pays le tout au nom de bons sentiments...

     

    L'utilisation abusive du terme génocide implique enfin une sorte de compétition mémorielle des causes, des massacres subis par telle ou telle communauté, une concurrence du malheur en somme comme si on pouvait peser les souffrances des uns ou des autres et les comparer, les mettre en balance, selon le nombre de morts, dans une comptabilité abjecte. Un seul mort tué par le simple fait de sa différence de naissance, d'apparence, d'ethnie, de religion ou de culture est en soi intolérable. On sait qu'il y a là-dessus encore beaucoup de travail et que les bonnes intentions ne suffisent pas, puisque encore maintenant de quartier à quartier dans une même ville pour beaucoup ce n'est pas la même identité.

     

    Et il y a aussi tous ces internautes, les uns issus ou non de la diversitude, les autres prétendant la combattre au nom d'une identité dont ils ignorent souvent tout, convaincus pour certains qu'être français est une idée quasiment racialiste. Les uns comme les autres s'injurient, s'insultent, se traitent de toutes les invectives possibles et imaginables, souvent les pires, en appellent au combat salvateur, au salut par les âmes, à verser le sang des adversaires.

     

    J'ai souvent envie de leur conseiller de commencer les premiers, entre eux, ce qui ferait quelques imbéciles de moins sur terre, et je les imagine souvent, lui le fier tribun de la nation, ou tel autre, ardent combattant anti-fââchiiste, petits bureaucrates minables, frustrès et complexés derrière leur guichet, coincés dans leur « open space » ruminant de sombres vengeances sur leur chef de service et contre le monde entier, planqués dans leur bicoque « Monopoly » rurbaine arrachée au système par une allégeance sans failles au système, vexés de ne pas être reconnus à ce qui leur semble être leur juste valeur par leurs profs, leurs instituteurs, leurs maîtres, idem pour leur progéniture déjà soumise elle aussi uniquement préoccupée de posséder le dernier gadget inutile à la mode.

     

    Et dans la vraie vie, les mêmes n'utiliseraient pas du tout le même ton ni le même vocabulaire, car bien que leur civilisation ne soit qu'un vernis, ils n'oseraient pas le faire craquer, ne voulant surtout pas laisser croire qu'ils puissent un jour se rebeller pour de bon et non seulement en mettant en « statut » facebook une « peinture » de Ben, ou une photo de chtit n'enfant n'étranger qui n'a faim ou sous les bombes des méchants...

  • La démocratie ce chouette système

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     Ce matin en écoutant les conversations confondantes de banalité, de lieux communs, de préjugés d'un autre temps, des gamins, et gamines, virtuelles ou réelles, des cadres dynamiques attendant le train, fiers d'être taillables et corvéables constamment grâce à la technique moderne, et des VRP en veste orange, ou jaune, à queue de cheval et calvitie, 6949769.pngen regardant également les « selfies » d'abrutis posant devant des SDF sur les réseaux dits sociaux, en apprenant qu'Anders Breivik, finalement un produit logique de cette société libérale et spectaculaire et non un monstre asocial, se plaint de l'obsolescence de sa console de jeux (Breivik n'est qu'un gamin décérébré hyper-violent et narcissique qui est allé au bout de la logique de la société libérale-libertaire), je me suis dit que la démocratie était vraiment un chouette système politique, qui leur permet à tous de s'exprimer sans limites.

     

    Si tu me permets d'ouvrir une parenthèse, ami lecteur, je me suis demandé aussi de quoi se plaignait encore les adversaires de la morale traditionnelle, chrétienne, fort odieuse à leurs yeux ?

     

    Elle est quasiment complètement annihilée d'ores et déjà, les crétins sinistres et décomplexés sont légions, et n'ont plus aucun scrupules moraux, ni barrières, car il ne faut surtout pas émettre de jugements de valeurs sur leur comportement de boutures de miliciens sous peine de passer pour un nostalgique des fameuses « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°). « L'homme nouveau » que les idéologies globalisantes appelait de leurs vœux, la cause de pollutions nocturnes de nombreux dictateurs, il existe donc déjà en fait.

     

    Cet « homme nouveau » a une relation ambivalente avec la démocratie, il tient par dessus tout à faire entendre son opinion, en particulier sur Internet, même si il sait parfaitement que ce qu'il pense naît de ses frustrations, son goût pour la haine grégaire, sa jalousie, et paradoxalement vote de moins en moins considérant que « ça ne sert à rien », il ne va plus voter également par paresse car cela supposerait un effort de sa part, et surtout parce qu'il a la terreur absolue de perdre, s'il contredit ses maîtres, le peu de confort matériel dont il dispose encore.

     

    Il aime que le « tout économique » décide à sa place de ce qui est bon pour lui et il ne remet jamais véritablement en question les diktats imposés par les dirigeants du grand cirque spectaculaire grâce auquel il abrutit ce qui lui reste d'intelligence.

     

    Il abhorre du reste l'intelligence et la culture. Les deux, quand il croit les percevoir chez d'autres, lui rappellent cruellement combien il est soumis à des stupidités arbitraires sans nom, combien il est grégaire, conformiste et incapable d'un raisonnement personnel sain et construit, et ce jusqu'à la psychose, remâchant sa haine sans arrêt.

     

    democratie_560.jpgSous le prétexte d'un humanitarisme très vague, très « light », voire « équitable » ou « citoyen », il en viendra bientôt à brûler des livres ou des œuvres d'art qu'il juge contraires à son style de vie, qui tient de celui du cloporte, ou plutôt du bousier, à la différence qu'au lieu de pousser une boule d'excréments divers, il pousse un « caddie » (TM°) de supermarché, ce qui revient plus ou moins au même on me dira...,

     

    Ce qu'il veut c'est tout le monde ait les mêmes aspirations médiocres, les mêmes désirs abjects que lui. Il ne veut pas réfléchir, il demeure dans l'affectif frelaté et juste là pour justifier le darwinisme social éliminant les plus « faibles » dont il ne veut plus entendre parler.

     

    Des livres, des œuvres d'art sont retirées des bibliothèques, des musées sous prétexte de protéger les populations, ceux qui les tiennent se comportant comme les pompiers pyromanes de « Farenheit 451 » de Bradbury, jetant les livres ne convenant plus à l'époque en se réclamant d'une plus grande tolérance, accusant de tous les maux ceux pouvant les contredire :

     

    Georges Bernanos et Paul Claudel, ou François Mauriac, trop catholiques, Georges Bataille, trop charnel, Balthus, soupçonné de pédophilie, tout comme Henry de Montherlant, Drieu la Rochelle, Céline, Marcel Aymé et les « Hussards », trop de droite, Desproges, trop pessimiste sur la nature humaine et puis « il disait des choses terribles », les classiques, Racine, Corneille, Molière, "poussiéreux" que tout cela, et ainsi de suite « ad nauseam »...

     

    La photo des deux crétins du haut a été prise ici

    La photo du bas ici

  • Les émeutiers anglais sont des barbares hyper-consuméristes

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    Lendemain-emeutes-Londres-640x426.jpgProfession de foi hyperconsumériste des émeutiers anglais qu'ils se sont envoyés via leurs smartphones dernière génération...
    "Que tout le monde de tous les coins de Londres se rassemble dans le coeur de Londres (centre) OXFORD CIRCUS. Les magasins vont être dévastés donc ramenez-vous pour choper des trucs (gratos). Que les flics aillent se faire foutre, allons les dégager avec notre émeute ! >:O C’est une guerre raciale (c'est moi qui souligne) là donc si vous voyez un frère... SALUEZ-LE ! Si vous voyez un flic... TIREZ"

    C'est sûr, c'est la faute des réacs et des nouveaux réacs, de ceux qui doutent des bienfaits du communautarisme...

    Les imbéciles qui sèment le vent et soufflent sur les braises, en excusant tout, en déniant le réel, en refusant de voir les problèmes, en restant coincé dans leur idéologie angélique, en victimisant les "jeunes" sont les premiers responsables.

    Ces "jeunes" ne sont pas des révoltés, ils ne font qu'appliquer un peu plus hardiment que les autres les "valeurs" de la société libérale-libertaire.

  • Quand les enfants sages se révolteront... - "The prodigies" (la nuit des enfants rois)

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    On parle du film et du livre sur Agoravox aussi

     Beaucoup de quadras ou de trentenaires se rappelleront avoir lu dans les années 80 le livre apocalyptique de Bernard Lentéric, « la Nuit des enfants-rois », maintenant adapté au cinéma sous le titre « The prodigies ». A l'époque, les Prodigies1-thumb-520x248-15729.jpgbest-sellers n'étaient pas des histoires de vampires puritains écrites par une mormone dépressive, ou des délires régressifs autour de la magie d'une britannique sans boulot.

    Les livres pour ados parlaient de sujets profonds : la bêtise, la difficulté d'être très différents des autres, les accommodements du monde des adultes avec la haine, la violence et la sottise, l'inhumanité flagrante de la société d'hyper-consumérisme. Ce livre éveillait à la lucidité, à chercher à maintenir élevés ses propres idéaux, sans jamais y renoncer, à ne pas se laisser aller à toutes ses pulsions mauvaises comme les grandes personnes qui trouvent toujours à s'en justifier après, c'est la faute au monde entier, sauf la leur.

    Le problème du film, c'est cependant l'esthétique des personnages, qui ressemblent à des figurines plastiques (les cheveux qui ne bougent pas). Heureusement, celle-ci est sauvée par les scènes de déchainement de colère des personnages, qui sont animées de manière très intéressantes, et par la qualité des décors, donnant au film une ambiance nocturne très bien rendue.

    Dommage que le réalisateur n'ait pas gardé cette qualité tout du long du métrage qui est après tout sa première réalisation.

    L'histoire du film suit à peu près la même trame que celle du roman, à la différence que les enfants sont sept dans le livre et cinq dans l'adaptation.

    Jimbo Farrar, le protégé d'un magnat de l'information, Charles Killian, recherche par le biais d'un jeu sur ordinateur des enfants dotés de capacités spéciales, largement plus importantes que le commun des mortels, plus intelligents, plus sensibles et plus vulnérables. Sept enfants qui ne se connaissent pas lui envoient séparément un dessin constitué de points, les sept dessins assemblés donnant la phrase « Où es-tu ? ».

    Dix ans plus tard, les enfants ont grandi et sont devenu des bêtes de cirque, montrés un peu partout pour de l'argent.

    Dans le film, les personnages sont déjà adolescents, et deviennent les vedettes d'une émission de téléréalité grotesque (pléonasme) et manière moderne de « zoo humain ». Un soir, cependant, dans Central Park, ils sont agressés très violemment par deux truands qui violent une des jeunes filles. Les sept enfants-rois, qui ne forment plus qu'un seul esprit, ressentent tous la même souffrance intense. Ils décident alors de se venger des adultes, à cause de qui ils ont dû subir ça mais aussi de Jimbo Farrar, qu'ils estiment responsables, et encore plus coupable de duplicité car Farrar dispose des mêmes capacités surhumaines, enfouies chez lui depuis l'enfance, qui avait trouvé l'apaisement en vivant avec Ann.

    Les enfants, emportés par la folie et la haine, sont en passe de détruire le monde, que Jimbo sauve « in extremis », qui meurt...

    Comme l'un d'entre eux le dit, « le monde nie ce qu'il ne comprend pas ». La plupart des adultes, gens sérieux s'il en est, ont également peur qu'on leur révèle le fond de vérité qui anime leur comportement en réalité. Ils savent très bien tous les compromis qu'ils passent avec eux-mêmes et avec leur entourage, oubliant ce qui importe vraiment. Ils savent très bien se justifier, y compris les pires criminels qui ont toujours une bonne excuse.

    Est-ce pour autant que les enfants et les plus jeunes sont moins conformistes ? Moins enclins à la haine ?

    Hélas, non plus. ils sont de plus en plus gagnés par les monomanies des adultes qui ont fait d'eux des cibles, pour nourrir les appétits du marché, et leur vendre à eux aussi des babioles absolument inutiles fabriquées à l'autre bout du monde par d'autres enfants sur-exploités.

    Le livre de Bernard Lentéric et le film sont très proches quant aux thèmes d'"Akira" de Katsuhiro Otomo.

    Dans cette oeuvre violente, lucide, désespérée et métaphysique qui plus est, l'auteur décrit un enfant sage, qui obéit aux adultes et fait tout ce qu'on lui dit, y compris les actes les plus absurdes. Il apprend à maîtriser des pouvoirs de destruction que des scientifiques lui ont greffé, mais ne se révolte pas et fait là où l'on lui dit de faire. Mais un jour, la machine s'affole et Akira n'a plus de maîtres...
    Les enfants de nos sociétés sont déjà vieux, obéissants, suivant aveuglément les modes, s'intégrant, devenant de parfaits moutons standardisés. Mais lorsqu'ils se réveillent et se révoltent contre l'absurde société des adultes, ils peuvent faire sombrer un continent.
    Avec "Akira", le manga entre dans l'âge adulte et s'éloigne radicalement de Goldorak.

    La nuit des enfants rois rappelle aussi "le massacre de Pangbourne" de Ballard...

     ci-dessous la bande-annonce du film

  • Le « jeu de la mort » entre Tartufferie et racolage

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    J'ai regardé hier « le jeu de la mort », le documentaire de Christophe Nick, journaliste et producteur, qui n'a pas arrangé ma misanthropie et ma légère tendance à la causticité ou jeudlm.jpgl'indocilité.

    Pour dénoncer les méfaits de la téléréalité, entre autres, le producteur a reconstitué l'expérience de Milgram menée de 1960 à 1963 : un quidam, « le professeur », pose des questions à un comparse des scientifiques, « l'élève » sur une liste de mots qu'il est censé avoir mémorisé juste avant, ce qui est quasiment impossible, et lui envoie des décharges électriques -fictives- à chaque erreur. Cette expérience était menée à Yale et l'on offrait quatre dollars aux cobayes, ce qui représentait le revenu moyen d'une journée. 60% d'entre eux allaient jusqu'au bout de l'expérience sans sourciller. Les expérimentateurs utilisaient des phrases types pour inciter le « professeur » à continuer, ou à se poser des questions quant à la validité de l'expérience. C'est le film « I comme Icare » qui a popularisé ce test dans l'inconscient collectif. Il apparaît d'ailleurs que les concepteurs du « jeu de la mort » se sont inspirés du décor utilisé dans le film.

    Les candidats de ce pseudo-jeu sont allés quant à eux à 80% jusqu'à la décharge mortelle, parce qu'ils passaient à la télé, parce que la télé leur disait de le faire.

    Bien que l'émission soit très racoleuse et finalement utilise le même dispositif que la téléréalité qu'elle prétend dénoncer, les intervenants sont comme filmés en caméra cachée, Le procédé est donc digne de Tartuffe, très faux-cul donc, elle montre cependant que des quidams, des bonnes gens, sont prêts à obéir à un ordre inique et à tuer, car, bon dieu de bois, concrètement 460 volts tuent, parce qu'on leur dit de le faire, parce qu'on va les voir dans le poste, parce que ce sont des salauds ordinaires. Voilà qui révolte jusqu'à l'os de voir tous ces pékins moyens sans âme pousser les manettes jusqu'à la dose létale sans se poser de questions, qui n'osent pas se révolter, qui ne se lèvent pas pour voir si la personne qu'ils électrocutent va bien ou mal alors que ce devrait être leur seule réaction, la première devant être de refuser l'expérience, qui ont la trouille au ventre de sortir ne serait-ce qu'un instant de la horde.

    Ils semblent bien que tous acceptent pourtant de se soumettre dés le contrat. Le contrat devient le seul garant de la moralité ou de la bonne tenue d'un acte, quand il est signé on peut tout faire, hors de toute autre considération. Et le Bien et le Mal, la Liberté, l'Humanité n'existent plus. Les personnes laissent leur libre-arbitre au vestaire, elles sont totalement sous domination, leur allégeance est complète et presque euphorique, l'euphorie du troupeau. Ionesco n'avait pas besoin d'inventer de fausse émission de télévision, il le montre très bien sans dans « Rhinocéros » qui est une pièce que l'on réduit un peu trop vite à la critique du nazisme ou du stalinisme. La rhinocérite est transmise aujourd'hui par la télévision, l'épidémie est donc bien plus rapideà se répandre.

    article_jeu.jpgTous les participants du jeu sont pourtant persuadés d'être des individus libres de toutes contraintes, ouverts au monde et tellement gentils, modernes et sans tabous, éduqués, formés à réfléchir, de cette bonne femme d'un certain âge habillée « djeuns », ne manque même pas la mèche sur l'oeil, en passant par la vieille dame genre « Mamie-gâteau équitable », soucieuse du bien-être des chtits n'enfants, à ce type l'air doux et sérieux « qui fait plein de choses pour les personnes âgées », qu'Hondelatte enjoint ensuite pendant le débat d'avouer son homosexualité, totalement dans la logique de téléréalité d'extimité, et d'obligation de l'aveu, ce que décrit déjà Michel Foucault dans « Surveiller et Punir ». Et comme le disait déjà Montaigne, « il n'est de pire bagne que ceux de l'esprit ». La télévision semble transformer la psychologie sociale en psychologie carcérale.

    Tous sont habités par la pensée positive à la con actuelle. Et 80% d'entre eux n'hésite pas à risquer de flinguer quelqu'un parce qu'il ne veut pas se faire mal voir du public débile présent, qui hurle son mécontentement ou sa joie quand on lui dit de le faire, que ce soit l'animatrice ou le "chauffeur" de salle. La pensée positive ne mène à rien d'autres qu'à la docilité, à la folie, à renoncer à toute .

    On en retire plusieurs choses, comme le dit le sociologue pendant le documentaire, c'est un totalitarisme tranquille qui est en marche, un totalitarisme du spectacle, du choc en prime-time, du consumérisme, une société assez pourrie pour permettre une telle allégeance, une société de cons. C'est de là que vient l'abstention. Une société obéissant à des diktats immondes, sur le corps, l'apparence, la pensée, imposés par la télévision, les médias, le système consumériste.

    Le débat qui suit est racoleur et relève plus de l'extimité et de l'aveu obligatoire, de l'injonction au spectateur, que d'une éducation réelle à la liberté et à l'analyse des images. Le spectacle reprend ses droits, et se prolonge sur Internet, avec la polémique opposant Alexis Lacroix et Hondelatte, soutenu quant à lui par Morandini. Il y aurait eu des choses à dire, les andouilles décérébrées qui poussent des cris d'orfraie ou de vierges effarouchées et s'alarment du retour des « HLPSDNH » ((TM) « les z-heures les plus sombres de notre histoire »), devraient réfléchir, le totalitarisme est déjà là, la libéralisation de la société n'est qu'un leurre. On va chercher l'arbitraire et la dictature dans les ordres noirs. On ne veut pas les voir dans notre société.

    Nous sommes déjà dans la matrice en somme, un monde de surveillance globale. Et le pire est que nous y entrons sciemment. Nous préférons abandonner notre liberté afin de profiter encore un peu des rayons des hypermarchés géants, il nous faut notre dose de foule, notre fix d'achats en troupeau dans les centres commerciaux qui sont à la fois les temples et les agoras de notre époque, des non-lieux sans âme pourtant.

    En toute quiétude et sans risques, à l'abri.

    Et nous ? Où nous serions-nous arrêtés ? Voilà la question primordiale.

    Serions nous atteints par la rhinocérite ?


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  • "Zone Xtrème" - le document qui fait froid dans le dos

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    Pour dénoncer les méfaits de la téléréalité, entre autres, un producteur, Christophe Nick, a reconstitué l'expérience de Milgram : un quidam pose des questions à un comparse, et lui envoie des décharges électriques -fictives- à chaque erreur, les candidats de ce pseudo-jeu sont allés à 80% jusqu'à la décharge mortelle, parce qu'ils passaient à la télé, parce que la télé leur disait de le faire.

    L'indocilité est de plus en plus rare, et la capacité à réfléchir tout seul visiblement.

    Ce documentaire fait extrêmement froid dans le dos.

    Voilà où nous en sommes...

    Voilà précisément où en est notre société.

  • Critique très critique de l'« instant critique » (il y a un jeu de mot dans le titre, c'est pas vrai, mais si)

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    124615.106.jpgJe regarde de temps en temps ce que les critiques interrogés dans cette chronique clippée du « Grand Journal » de Canal+ ont à dire des films de la semaine, quand j'ai envie de m'agacer ou de me laisser aller à la causticité à haute dose (Ouh, qu'il est méchant ! Que c'est méchant de ne pas voir le monde à travers des lunettes roses). On est dans la rapidité, pas dans la réflexion s'agit pas de trop gamberger, d'ailleurs on résume le film en une note et une phrase lapidaire genre slogan de pubeux chez Danone. Généralement, on a un équilibre, un critique intello-bobo et deux critiques prolos-rien dans le citron, ou l'inverse. On reste dans l'idée d'un cinéma conçu comme seulement un divertissement et rien d'autres, faudrait pas qu'en plus ça apporte quoi que ce soit à l'enrichissement du cortex. Comme par exemple « la Route », le film de John Hillcoat adapté de Cormac Mac Carthy (dont on parlait ici sur ce blog) : à part Jean-Marc Lalanne, des z-inrocks, qui n'a pas trop mauvais goût, on trouve ça long, ça parle trop, et une blondasse de je ne sais plus quel journal dont un SDF ne voudrait pas pour se réchauffer affirme même : « les deux personnages sont trop christiques », avec une moue dégoûtée comme si on lui avait proposé de la merde sur un plateau. Que voulait-elle dire par là ? la-route_2_ok.jpgPersonne ne sait, même pas elle je suppose. Elle ne serait pas risqué à une autre allusion religieuse, un petit coup sur les chrétiens en passant, ça donne un air affranchi. Les trois braves gens portent au pinacle une comédie française qui si elle se mangeait serait aussi lourde et bourrative que de la joue de bœuf un soir de canicule (radical pour faire des rêves bizarres et délirants). En trois minutes, c'est emballé, à la fin on présente un film alibi, genre drame serbo-croate ou mélo iranien, et c'est pesé direct en direction du consommateur. J'ai pensé à eux en voyant le film en question dans une salle à demie remplie de brouteurs de pop-corn et autistes du portable qui ont fini au bout d'un moment par fermer leur clapet.

    Sinon, allez voir « la Route », superbe méditation, comme le livre, sur le Mal, la mort, le Bien, l'Humanité, l'Espoir, la vacuité de notre société (je pense que c'est ça qui les a ennuyé le trio de têtes de poires). Le film permet de se réveiller de sa torpeur.

  • La main d'Henry

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    La main du scandale - Parlons « foûtebôle »

    photo_1258645940913-1-0.jpgJe n'ai jamais été vraiment passionné par le ballon rond, en l'occurence, je crois même que je m'en suis toujours complètement foutu. Cependant en tant que chauvin crypto-pétainiste, onaniste de sacristie, lieu propice s'il en est, et calotin de pissotière (n'en jetons plus), bien sûr que je suis presque content que la France gagne, même de manière malhonnête, un petit bonhomme patriochard en agiterait presque un petit drapeau sous mon crâne. Mais objectivement, Thierry Henry a triché mercredi pour gagner au match contre l'Eire (sur la photo, on le voit, le geste est parfaitement volontaire), capitaine d'une équipe qui a passé deux heures à ne pas jouer au sport pour laquelle elle est normalement payée 200% du PNB du Nigéria afin de représenter notre pays. Parce qu'il y a des intérêts financiers très importants, plus que l'honneur et le beau jeu. C'est totalement l'anti-morale du libéralisme libertaire actuel et de la Sarkozie : la fin justifie toujours les moyens quand il est question de pognon. Ce n'est pas le premier à tricher, ça ne justifie rien. Le match ne sera pas rejoué, en plus les irlandais sont de mauvais clients, c'est eux qui avaient commencé, ils ont voté « Non » au traité de Lisbonne puis « Oui » du bout des lèvres.

    (Les salauds ! C'est bien fait ! )

    Bientôt les profs d'EPS apprendront aux gosses : tu vois pour gagner il faut tricher, ou bien il vaut mieux coller un coup de boule à l'adversaire que garder l'esprit sportif...

    Dans le film ci-dessous, "Coup de tête" de Jean-Jacques Annaux, excellent de justesse, quelqu'un dit : "je paye 11 abrutis pour en calmer 8000", que rajouter de plus sur le foûtebôle actuel ?