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confort intellectuel

  • La culture post-moderne c'est pas LOL !

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    Dans une bibliothèque, pardon une médiathèque si l'on utiliser le vocabulaire post-moderne correct, (il ne faut pas privilégier « l'objet-livre » c'est être ou fétichiste ou réactionnaire selon la doctrine post-moderne de la « société des loisirs »), une mère, qui erre avec son fils entre les rayons visiblement perdue tout comme sa progéniture en « survêts », ou en « djeans » « baggys » avec la marque brodée à l'emplacement stratégique, le téléphone « portable » vissé à la main, présente uniquement pour la forme comme sa génitrice, l'entend qui demande (ça la soulage car elle peut alors se distraire en discutant avec lui) :

    politique, culture, ignares, littérature, confort intellectuel- Maman, qu'est-ce que ces trucs bizarres sur les étagères ?

    - J'en ai jamais vu à la télé, sauf dans les émissions rien chiantes que grand-père il regarde ?

    Et chez nous, y'en a pas...

    - Ce sont des livres mon chéri, je crois que ça s'écrit « l-i-v-r-e », dedans il y a des lettres et des mots, et parfois des images mais c'est pénible à utiliser, on ne peut pas zapper comme à la télévision, et puis c'est quand même moins pratique qu'Internet.

    - A l'école, ils veulent qu'on en achète Maman, mais c'est trop trop dur, y disent que sinon on aura pas une bonne syntaxe et qu'on parlera mal. Et puis ça coûte trop cher pour ce que c'est, tu te rends pas compte !

    La prof elle voulait qu'on achète un livre à deux euros ! Trop dare !

    - Ils se trompent complètement mon chéri, malgré que on lise peu à la maison, ça le fait, on parle trop trop bien chez nous.

    - Il faut pas les laisser dire, à l'école ils veulent te farcir la tête de choses qui ne servent à rien quand on travaille plus tard.

    Et puis ceux qui lisent tu sais, c'est souvent rien que des prétentieux.

    La culture est en France en 2012 de moins en moins un signe d'ostentation sociale, ce qui était déjà en soi quelque chose au moins, sous-entendant que tout n'était pas marchandisable, que l'enrichissement culturel ou intellectuel, un enrichissement qualitatif de l'individu comptait encore.

    Ce qui n'est plus le cas.

    L'individu post-moderne se contente d'une sous-vie sous vide, comme la bouffe qu'il achète dans les grandes surfaces, car sans curiosité, on ne vit pas vraiment...

    Maintenant, il n'y a plus que l'argent qui compte, y compris les milieux de la haute, ou qui se présume haute, bourgeoisie, où l'éducation n'est même plus un mètre étalon pour jauger un individu et la curiosité qu'il a du monde qui l'entoure, du passé ou du présent de ce monde, des sentiments que d'autres ressentent ou de leur manière de les exprimer, leur façon de « dire » le monde.

    Ces personnes qui essaient d'exprimer le monde différemment, à leur manière, tout en cherchant à le faire partager aux autres, ce ne peut être que des malades mentaux, des fous, des inadaptés, des égocentriques,

    On les traite de narcissiques car en plus ils essaient de s'exprimer en dehors du commun, de l'instinct grégaire du « vulgum pecus » qui aime le confort, matériel mais aussi intellectuel, que lui procure le troupeau, car c'est tellement confortable de penser et de ressentir comme tout le monde.

     

    Pour être exposé à Sèvres, sur le plan de la bêtise ou de l'absence de curiosité, les candidats pour servir de « mètre-étalon » se bousculeraient au portillon pour paraphraser un célèbre dialoguiste dans « le Cave se rebiffe ».

    L'individu moderne, jeune ou vieux, qui se fiche maintenant d'être complètement ignare (généralement il ne veut même pas savoir comment fonctionnent les gadgets qu'il utilise chaque jour), a l'ignorance arrogante, il la revendique, étant persuadé que de toutes façons, en quelques « clics » sur le « Réseau » il en saura autant qu'une personne raisonnablement cultivée sinon plus à laquelle l'on sortira généralement les clichés habituels sur l'étalage de la confiture, le parachute qui évite qu'on s'écrase, le fait que le type cultivé est forcément (forcément !) un petit bourgeois privilégié ce qui lui a permis de lire beaucoup, en passant aussi par les remarques acerbes de la gôche qui pense sur l'inutilité de la « culture bourgeoise ».

    Notons que cette détestation des « humanités » et de cette culture « bourgeoise » a conduit à un appauvrissement remarquable de l'enseignement des Lettres et des Sciences Humaines depuis cinquante ans.

    Considérées comme inutiles.

    Rappelons qu'elles sont aussi considérées comme telles par les maîtres des « marchés » car la lecture, qui développe la capacité d'analyse et le sens critique, ne rend pas vraiment docile, et le commerce a besoin de docilité.

    politique, culture, ignares, littérature, confort intellectuelBien sûr, comme à toutes les époques, l'ignorance crasse pousse surtout l'individu moderne qui pense ainsi se cultiver à sombrer dans les pires idées, les pires théories, et un comportement tout aussi grégaire et violent que ses ascendants moins enclins à la technologie, et ce pas seulement sur Internet loin de là.

    Il confond gavage d'informations et capacité d'analyse, il confond aussi les personnes raisonnablement cultivées avec les donneurs de leçons professionnels qu'on lui vend comme très intelligents à la télévision, ainsi celui-ci, qui ne cache même plus le dédain et le mépris qu'il a de ses interlocuteurs moins favorisés par Dame Fortune. C'est également une manière d'alibi, les personnes ayant un bagage culturel un peu conséquent seront forcément assimilés aux z-intellos médiatiques, des rouages du système en somme.

    Ainsi l'individu post-moderne continuera à consommer sans se poser plus de questions...

    images prises ici et