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conformisme

  • Ecrire, ce truc de vieux cons…

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    société, politique, conformisme, jeunesse, avenir, utopieIl y a quelques années déjà que l’écriture en France se réduit à l’exposé de ses turpitudes morales et sexuelles, et rien d’autres, cela afin de pouvoir faire de l’audience à la télévision, ou du « buzz ». C’est ce que l’on attend d’un littérateur ou pseudo-littérateur en 2015. Ecrire sur autre chose c’est risquer de remettre en question les préjugés, les clichés, et autres idées reçues, ce consensus mou confondu avec le triomphe de l’idée de progrès. Et cela c’est un péché à notre époque, un des rares péchés que l’on condamne encore sans espoir de rémission.

     

    La Littérature, la Lecture, l’Écriture, ce sont des occupations d’un individu coupé volontairement de sa « communauté », de son groupe-cocon, lui permettant de s’en libérer et pire encore de mûrir. La majorité des individus refusent cette liberté, n’en veulent pas. Elle est pour elle anxiogène. Il est tellement plus simple de rester communautairement enfermé. Curieusement, alors que tous les autres liens, familiaux, national, sont systématiquement et méthodiquement détruits très progressivement, raillés, conchiés, critiqués, le lien communautaire est encouragé vivement !...

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  • Lettre ouverte aux aspirants gourous et aux directeurs de conscience improvisés

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    Je suis toujours effaré par le conformisme sévissant à notre époque, un conformisme lié paradoxalement à l'affirmation constante qu'en matière de liberté nous vivrions une apogée, un nadir, et à un individualisme forcené parfaitement assumé, un individualisme bien étriqué consistant surtout à ne songer qu'à sa propre survie et la garantie de sa capacité à consommer.

    société,littérature,conformisme,christiannisme,hypocrisieCet individualisme profondément matérialiste n'a rien à voir avec l'égotisme de Stendhal ou la liberté intellectuelle de grands personnages tels Molière ou Baudelaire en leurs temps que les promoteurs de cette société libérale libertaire ne cessent d'invoquer.

    La Famille, l'Éducation, la Morale, la Nation sont toutes perçues comme des contraintes insupportables freinant la satisfaction de ces toutes petites aspirations matérialistes, de l'avidité reine et de l'égoïsme tout-puissant. L'individu se perçoit comme un adolescent omnipotent et éternel qui ne veut surtout pas mûrir.

    Les parents ne pensent donc plus seulement à éduquer leurs enfants et leur transmettre des valeurs (quel vilain mot je sais à notre époque qui les rejette), mais ils sont également sommés de continuer à satisfaire les désirs minuscules, à les entretenir même, sous peine de ne pouvoir s'épanouir vraiment.

    L'enfant lui-même n'est plus perçu comme une personne mais comme une chose que l'on se paye quand on en a les moyens, une sorte de joue interactif sophistiqué qui est le plus souvent le réceptacle des diverses frustrations des parents.

    Et apparemment paradoxalement, précisément dans le même temps, parallèlement, on voir fleurir une multitude d'officines de « directeurs de conscience » et « coachs de vie », toute personne ayant une autorité morale quelconque ou quelques notions, pouvant prétendre s'improviser confesseur des souffrances de ses congénères, se croit alors autorisée à donner des conseils ou des directions à suivre à son entourage, en en faisant parfois un métier et une source de revenus.

     Ce qui me surprend toujours quant à ces confesseurs d'un genre nouveau, c'est qu'ils sont tous a priori sensés aider les personnes à s'émanciper, à se libérer de quelque tutelle que ce soit, ce qu'ils s'empressent de ne pas faire bien entendu instaurant une relation de dépendance et d'autorité avec celui ou celle qui prend le risque, selon moi inconsidéré, de les écouter avec attention.

    Les « anciens » directeurs de conscience, ecclésiastiques ou religieux, suivent le mouvement, croyant y trouver un renouveau pour l'Église Catholique, persuadés qu'ils y retrouveront l'assise perdue dans notre société, oubliant que ce serait encore mieux d'essayer de la retrouver par des actes concrets.

    Ces « anciens » directeurs apprécient tout comme les nouveaux que leurs confessés soient fortement dépendants de leurs maximes et pensées qui sont le plus souvent au mieux du bon sens tout simplement, au pire, des poncifs éculés.

    Il faut bien combler le vide de ce qui n'est plus transmis par notre société ou la famille, de ce qui devrait être la base des véritables règles pour vivre ensemble, bien différentes des poncifs vaguement humanitaristes à l'honneur de nos jours. Et il faut bien remettre dans le droit chemin les brebis égarées en quête d'élévation spirituelle ou de sortie du troupeau.

    Car qu'est-ce qui domine dans tous les discours de « coaching » de vie, de direction intellectuelle et,ou spirituelle ?

    Qu'est-ce qui est reproché ou demandé aux personnes en souffrance ?

    Ou ayant des velléités d'indépendance quant à leur milieu naturel, ce qui peut amener à souffrir ?

    Bien souvent, elles sont considérées comme orgueilleuses, l'orgueil de demander un peu d'attention pour une souffrance le plus souvent méprisée ou niée par notre monde et surtout l'orgueil de pouvoir se croire indépendant. Je trouve cela ironique de la part des directeurs de conscience de l'ancien et du nouveau genre de les trouver orgueilleux, car se croire dans la capacité de donner une direction de vie l'est plus encore.

    Par contre, bien sûr, je fais la différence avec l'ami qui sait parler un langage vrai à un ami, quitte à prendre le risque de le blesser même légèrement...

    « Tu n'es pas le seul/la seule à souffrir, pense un peu aux handicapés qui souffrent plus que toi », est une réponse le plus souvent entendue par la personne souhaitant juste un peu d'empathie qu'on lui refuse car la souffrance fait peur dans notre société.

    Ou bien on lui conseille de se rappeler des petits n'enfants n'africains « qui n'ont rien à manger et qui sont bien malheureux, eux, allez... ».

    Une personne ayant des aspirations ne correspondant pas du tout à son milieu d'origine est également désignée comme forcément prétentieuse, vaniteuse, orgueilleuse elle aussi, l'idée que des aspirations élevées et l'ouverture d'esprit sont obligatoirement reliées à un niveau de vie aisé voire très aisé étant fortement implantée encore maintenant.

    Ce préjugé que je trouve d'une bêtise sans pareil est tenace et a la vie dure.

    C'est plus ou moins toléré si l'individu a les diplômes « ad hoc », qui vont avec celle-ci. Mais il se doit de rester bien sagement dans les cadres et de n'en pas bouger.

    Cerise sur le gâteau, gare aux parents qui, contre vents et marées, transmettent à leurs enfants cette indépendance d'esprit ! Parfois, ce sont leurs enfants eux-mêmes qui leur reprocheront d'avoir « brouillé les cartes » et de ne pas savoir à quel cadre social ils appartiennent exactement, à quel schéma de comportement ils doivent obéir, la pression du conformisme social étant le plus souvent la plus forte. Alors que c'est une liberté rare qui leur est transmise, même si elle est dure à vivre dans le monde tel qu'il est, même si elle se paye parfois très chèrement...

    La toile de Caspar Friedrich est empruntée à ce site