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common decency

  • La mauvaise éducation

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     Ami lecteur, tu vas encore me trouver bien naïf mais il y a quelques années j'étais persuadé que tous les parents donnaient à leur progéniture la même éducation, transmettant des valeurs leur correspondant, des idéaux qui permettaient au moins de vivre en bonne entente en communauté avec les autres, quelles que soient l'origine au départ de ces valeurs données aux enfants car ce à quoi l'on remarque une bonne éducation est dans le souci et l'attention portés aux autres.

     

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    Là encore je cumulais les « tares » aux yeux de la société moderne, car catholique, éduqué et en plus ayant un prénom original qui a mis en rage nombre de personnes ayant certainement un complexe social ou familial à compenser. Étant de plus de nature vulnérable car doté d'une certaine sensibilité ou d'une sensibilité certaine, j'étais une proie facile.

     

    Et puis j'ai appris à me défendre et , hélas, trancher dans le vif.

     

    J'ai longtemps pensé, ayant le souci de m'adapter aux milieux dans lesquels je vivais, que c'était de ma faute si parfois mon attitude provoquait des réactions de rejet, que j'avais forcément mal fait quelque chose, alors que c'était simplement une question de jalousie et de complexes d'infériorité de ceux qui n'avaient pas eu les mêmes chances que moi dans leur famille. Au bout d'un moment, ces réactions de rejet avaient fini par créer chez moi un mal-être profond alors que je n'étais coupable en somme que d'avoir reçu une éducation morale que dans mon manque de confiance en moi j'assimilais à de la naïveté.

     

    Finalement, de nos jours, il n'y a rien de pire, rien de plus difficile à vivre, de plus discriminant que de donner une bonne éducation et des repères solides à ses gosses, ce qui est de plus en plus rare. Je sais c'est un peu provocateur, et je rassure tout de suite, je préfère de loin des enfants bien éduqués, même pas des enfants de belles images, même pas des enfants d'histoires exemplaires, cependant, à des gamins pourris par le fric et le consumérisme effrené des parents ce qui certes n'est pas entièrement de la faute de ces enfants je le souligne, mais c'est ainsi, des enfants correctement éduqués sont plus fragiles comparés à d'autres qui ne connaitront que la seule loi qui demeure dans notre société, celle du plus fort, la loi de la jungle.

     

    Cependant, un enfant à peu près éduqué est certain de subir les lazzis, méchancetés, petitesses, jalousies diverses et harcèlement des autres, de ceux qui n'ont rien reçu qui auront pour la plupart comme excuses, qu'ils invoqueront également devenus adultes, de la pauvreté supposée des parents, et de la richesse matérielle supposée des parents de l'enfant ayant reçu des repères moraux et sociaux, qui est forcément considéré et anathèmisé comme un « bourgeois » alors qu'une bonne éducation n'a jamais été l'apanage de la bourgeoisie tant s'en faut.

     

    Croire que dans le peuple on serait donc grossier et mal éduqué, donc « plus simple », me paraît un rien excessif. Cette pseudo « simplicité » est l'excuse de la plupart des personnes se justifiant de leur mauvaise éducation, s'ils sont mal éduqués, s'ils se comportent mal avec leurs semblables ce serait parce qu'ils sont plus « simples », moins prétentieux, moins vaniteux que ceux à les parents ont donné des repères, fixé des limites. Quand un enfant l'invoque, on lui pardonne presque, quand un adulte le fait, moquant celui qui a plus reçu que lui comme bien entendu "BCBG" ou "coincé" cela devient grotesque.

     

    Si l'enfant bien éduqué ne fera pas de différences avec ses camarades, et plus tard avec ses collègues, eux la font tout de suite plus ou moins instinctivement, plus ou moins consciemment, sentant confusément à quel point un abîme les sépare, ne cherchant pas à le combler, ou le franchir, mais plutôt à précipiter dedans celui dont ils envient les valeurs qu'il peut exprimer ou montrer par son comportement.

     

    L'autre lieu commun mis en avant pour justifier de sa mauvaise éducation est de prétendre que de toutes façons la bonne éducation ne rend pas parfait, que les valeurs reçues ne mènent pas forcément à la perfection. Il est évident que toute personne est perfectible et qu'au moins, avoir reçu des valeurs morales donne envie au moins un petit peu de progresser, de mûrir dans son rapport aux autres, encourage à faire preuve d'empathie et d'altérité.


    image prise ici