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  • Esclaves du matérialisme

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    shapeimage_2.pngDimanche soir ami lecteur j'ai regardé une émission hautement transgressive (je préviens tout de suite le lecteur jeune ou inculte ou addicts à « fessebouc » il est possible que ce texte contienne deux ou trois passages caustiques) : « Capital » sur M6 (à voir à ce lien). Y était abordé le « marronnier » de la rentrée à travers deux thèmes principaux, les fabricants de cahiers et les vêtements. Le reportage sur les fabricants d'habits pour adolescents et jeunes adultes s'est révélé très intéressant car mettent en évidence de manière clinique et objective au moins deux faits tout simples.

     

    Nous vivons dans une société d'esclaves, aimant leur esclavage :

     

    Ceux qui le sont dans les faits, qui sont exploités, payés une misère pour entretenir la machine.

     

    Ceux qui s'ignorent et soumis à un arbitraire d'une violence pourtant indubitable.

     

    Il n'y a plus besoin d'aller jusqu'en Chine pour trouver des ouvriers payés 60 Euros le mois et travaillant plus de 35 heures par semaine. Il suffit d'aller en Moldavie. Ce pays a un avantage, il est aux portes de l'espace Schengen sans en faire partie et permet de diminuer les coûts de transport pour les diverses enseignes de mode occidentales de "grande distribution" qui font du « réassort » de « collections » toutes les cinq semaines :

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  • A wop bop a loop bop, alop bam boom

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    « Rock Strips » (direction éditoriale : Vincent Brunner, bandes de Berbérian, Sattouf, Catel, Serge Clerc...etc

    rock+strips878.jpgJe me suis acheté ce recueil de BD collectif qui parle du rock car je trouve que les livres qui parle de cette musique sont par la bande des sortes de traités sociologiques qui en disent long sur notre époque, plus long que des pavés bien plus mal écrits et largement plus prétentieux. Tous les quadragénaires et quelques trentenaires, à moins qu'ils n'aient été sourds, aveugles ou bien très sages, ont tous dans les oreilles un peu de « Rolling Stones » (contrairement à ce que l'on dit, on peut être autant « Stones » que « Beatles », indépassables quant à l'originalité de leurs créations), voire des « Clash » (pour moi ce sera « Rock the Casbah »), un zeste d'Iggy Pop, des volutes de Janis Joplin (le segment sur elle est assez convenu : Oulala, Janis était drogué, et alcoolique, quel scoop !), et quelques fragments de David Bowie, peut-être même une ou deux chansons d'Elton John avant qu'il ne tourne DJ pour pompes funèbres et grandiloquentes, « Blondie » (la bande qui en parle oublie que c'était un groupe punk qui s'est mis à bien se fringuer par dérision, pour se moquer de l'engouement des bourgeois pour la révolte de pacotille de certains de leurs congénères) ou les « Pixies ». On est loin des chanteurs formatés, des groupes montés pour le fric, même quand il s'agit d'imposture on s'aperçoit combien l'époque a changé : ainsi quand le livre parle des « Sex pistols » et de l'arnaque de ce groupe pseudo-punk monté de toutes pièces, arnaque dada ou surréaliste car il en sortit quand même beaucoup de créativité.

    Parler de Rock est hyper-subjectif, il y en a qui s'arrêtent à Elvis, qui a tout piqué aux chanteurs de blues, il faut quand même le reconnaître, d'autres qui ne jurent que par la New Wave, l'électro et l'industriel, bon, et alors ? Cela montre la vivacité encore maintenant de cette musique que l'on croit agonisante. De plus, c'est la musique des rêves et des premières désillusions, en l'occurrence pour les quadragénaires quand ils se sont aperçus que leurs ancêtres « baby boomers » ne voulaient vraiment pas que le monde change après les sixties, étant maintenant arrivés à l'âge où ils songent surtout à ce que la génération suivante leur paye la retraite. On croise d'ailleurs beaucoup de rockeurs sexagénaires, et pas seulement à Gstaad, à queue de cheval grise sur calvitie, ou en bottes orthopédiques de motard bientôt sénile, qui râle sur la mollesse des jeunes et leur absence de révolte tout en serrant les fesses quand la crise menace leur magot à la banque. C'était toute l'ambiguïté du Rock, à la fois sincère et drôlement commercial quand même. C'était déjà une industrie à l'époque des « Stooges » et des New York Dolls. C'est comme ce livre il est vrai, très bien marqueté, ultra-cadré et référencé, mais on n'ira pas plus loin, on restera bien sage, on est loin d'Hunter Thompson ou Lester Bangs, ou Nik Cohn. En le lisant, j'ai pensé au livre d'Alain Dister sur les années 60, on reste sur les rails...

    Ci-dessous retour aux fondamentaux qui n'ont rien perdu de leur force...

  • "Le sanctuaire du Gondwana" - le nouveau "Blake et Mortimer"

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    1851318485.jpgPour éviter un achat inutile à ceux qui se tâteraient pour acheter cet album, la surprise finale qui sert d'argument de vente à ce récit, c'est que Mortimer c'est Olrik et Olrik c'est Mortimer, voir la fin du précédent épisode des sarcophages d'Açoka pour comprendre. Autant j'aimais bien les deux titres de la série mis en scènarii par Van Hamme et dessinés par Ted Benoît, autant ceux écrits par Yves Sente et dessinés par Julliard ne sont pas terribles du tout. Ted Benoît avait compris que les personnages devaient avoir une pose exagérée et des gestes très théâtraux, et Van Hamme qu'il devait toujours y avoir une déformation de la réalité derrière les histoires et un sous-texte finalement pervers et un rien cynique. Le héros des aventures de Blake et Mortimer, c'est Olrik, pas les deux vieux garçons célibataires qui ne se posent jamais de questions même sur les ordres les plus iniques que leur donnent leur gouvernement et les services secrets. Yves Sente nous sert une histoire jolie dont il se tire à la fin pour boucler la chose en 58 pages par une pirouette scénaristique et de la philosophie de comptoir très mal venue : en gros la guerre c'est pas bien, la violence c'est pas beau et il faut être écologique mais pas trop non plus. Quant à Julliard, certes il dessine mieux, ou du moins plus naturellement, que Jacobs lui-même qui au moins avait un style, mais c'est sans âme, on sent qu'il pense à ses impôts en travaillant.