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comédie

  • Qui se souvient de Steve Martin ?

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    À propos de « ma vie de comique » de Steve Martin aux éditions Capricci

     

    cinéma, société, humour, steve martin, comédie, comique, humour glacial et sophistiqué, amaury watremezLa première fois que j'ai vu Steve Martin dans un rôle au cinéma c'était dans « la petite boutique des horreurs » version Franck Oz dans laquelle il interprétait un dentiste complètement dingue, sosie d'Elvis, prenant son pied à arracher les dents de ses patients. C'était déjà loin d'être alors un débutant. Comme d'autres il m'avait fait rire dans « l'homme aux deux cerveaux » de Carl Reiner, parodie des films « Universal » de monstres des années 30 dans lequel il est un neuro chirurgien inventeur d'une technique révolutionnaire de « dévissage crânien », le docteur Michael Hfuhruhurr, un nom très facile à prononcer selon le personnage, docteur « Afeureure-reur ».

     

    Et surtout dans « Les cadavres ne portent pas de costards » du même réalisateur, et complice, de Steve Martin, hommage au « film noir ». Il y devient un détective privé dans la grande tradition du polar croisant par la magie des effets spéciaux James Cagney ou Cary Grant, Bogart (à qui son personnage reproche d'être débraillé) et Bette Davis, entre autres. Steve Martin est également l'auteur de « LA Story », film pas du tout comique, valant bien la plupart des Woody Allen ronronnant depuis les années 90, à l'exception de « Match Point » ou « Scoop », sans parler du doux amer "Un ticket pour deux" avec John Candy. Enfin, il y a quelques temps il a pris la succession de Peter Sellers dans le rôle de l'inspecteur Clouseau dans un « remake » de « la Panthère Rose »....

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  • Saint Coluche - Rigolo et martyr

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    Sur Agoravox c'est pas bien de déboulonner les idoles...

     Du fait de l'anniversaire de sa disparition il y a vingt-cinq ans, la télévision a diffusé le film de de Caunes, « biopic » lisse et sans trop d'aspérités soutenu malgré tout par son interprète, François-Xavier Demaison, on reparle de Coluche, des Restaus, de sa campagne à la présidentielle en 1981, et peu de son humour en fait. D'un côté on en fait un saint laïc, une figure inattaquable, de l'autre un histrion parfois lugubre, parfois pathétique selon le cliché qui veut que les rigolos soient des types torturés et taraudés par plein de questions existentielles.

    image prise ici

     

    Coluche-bras-d-honneur_pics_390.jpgJe me souviens encore de l'article de Christine Clerc dans « le Figaro » à l'époque, qui sentait le sentiment qu'elle prenait sa revanche, alors que maintenant elle l'encense se prétendant presque coluchienne (de garde).

    Comme la plupart des adolescents des années 80, nous l'écoutions à la radio sur Europe 1 quand nous étions au collège, nous nous répétions ses blagues pas d'un humour d'une folle élégance, moins littéraires que Desproges, moins fines, mais qui faisaient rire souvent sans trop de prétentions. Comme disait justement Desproges c'était « le Vermot avec des poils ».

    On avait tous regardé son « Droit de réponse » dont nous n'avions pas perçu le grotesque ou le pathétique, pour nous c'était simplement un adulte qui se déguisait comme un gamin et se moquait des gens qui se prenaient au sérieux, ce que nous avions également compris pendant sa campagne à la présidence.

    Son émission qui a suivi deux ans plus tard sur « Canal + », « Coluche 1 Faux » était bordélique, c'était souvent n'importe quoi mais ça nous suffisait (à ce lien le réquisitoire des "Flagrants Délires" contre Coluche, après la présidentielle de Mai 81).

    Je me souviens du moment où lancé l'idée des « Restaus du coeur ».

    Au début d'ailleurs, l'idée était certes de nourrir les pauvres, mais aussi et surtout de frapper du poing sur la table et provoquer une réaction des gouvernants, réaction qui n'a pas eu lieu, ceux-ci se satisfaisant maintenant de l'institutionnalisation des Restaus qui suppléent à leur incompétence en matière sociale, ou à leur cynisme maintenant carrément affiché, et à l'indifférence profonde du reste des bonnes gens qui finalement s'en foutent des pauvres.

    En matière d'indignation, c'était quand même du concret.

    Je me fous un peu que Coluche ait pris des drogues, ait bu un peu trop d'alcool ou se soit laissé aller à des beuveries. C'est un peu le problème de tous les créateurs qui sont tous des ogres qui ne veulent pas un ou deux verres mais plusieurs bouteilles de Champagne, qui ne mangent pas un ou deux huîtres mais douze douzaines. On peut avoir plus de tendresse et de sympathie pour les ogres que pour les gentils elfes qui chipotent sur la bouffe et la boisson.

    Cela ne donne pas plus de talent, cela n'en enlève pas.

    C'est souvent trompeur quant au talent, son interprétation dans « Tchao Pantin », excellent film noir français et non classique platement filmé comme j'ai pu lire sous la plume d'un critique maniaco-dépressif mormon, un de ceux qui écrit dans les «Inrocks» toutes les semaines sa petite chronique à la fois méprisante et méprisable. Les autres films de Coluche, dans sa veine comique, ne sont pas si nuls qu'on l'a dit. C'était l'émanation d'une époque, en les revoyant dernièrement, j'ai trouvé qu'ils avaient un ton curieusement désuet de nos jours, un ton moins cynique que les comédies actuelles où l'on se croit obligé de faire de la dérision à trois francs six sous. Ils faisaient au moins rire.

    Toute la révérence autour du personnage m'emmerde prodigieusement, et l'aurait certainement bien emmerdé.

    Cette révérence obligatoire c'est un peu la revanche des médiocres ordinaires ou des cuistres quotidiens, des enfoirés quoi, qui se ménagent leur petite place bien à eux dans un coin, leur antre confortable, et qui restent surtout bien obéissants envers les puissants et les riches, ceux qui disposent du pouvoir, qui ne remettent jamais rien en cause par peur de devoir abandonner leur planque, qui font dans la grande déclaration ronflante mais ne vont pas plus loin.

    Il y en a pour dire qu'ils nous manquent et qu'il faudrait un nouveau Coluche (un nouveau Desprogres, un nouveau Le Luron...etc). Coluche était plus drôle au début qu'à la toute fin, quand ça devenait franchement gênant, pour lui, excepté les deux émission avec Denisot au moment de Cannes, l'une effectuée sous l'eau dans la piscine du Martinez et l'autre costumé en starlette aguicheuse.

    Et bien sûr, le mariage avec le Luron reste un grand moment de foutage du monde qui était vraiment irrévérencieux et excellent.

    On est loin également des types qui veulent faire rire, en ayant l'idée de changer le monde et de sortir des blagues concernées derrière : Je suis un comique mais je suis aussi un citoyen d'élite fédérant aussi bien les chrétiens de gauche dépressifs que les bourgeois bohèmes du Xème voire les libéraux-libertaires rurbanisés.

    C'est pour cela que ça agace quand on dit souvent que des humoristes comme Stéphane Guillon, ou surtout Christophe Alévêque, qui se présente aux présidentielles de 2012 sont les héritiers de Coluche (comme ils sont aussi selon les médias ceux de Bedos, en viager quant à lui, mais aussi de Desproges qui s'en retournerait dans sa tombe).

    Ils sont bien fades au bout du compte et totalement en connivence avec le pouvoir et les puissants comme d'autres.

    On oublie souvent en plus de parler de Choron quand on parle de Coluche, à mon avis bien plus impertinent et jamais là où l'on l'attendait.

    Ce n'est pas pour rien que Choron s'est fait courser par les huissiers toute sa vie et ne comptait plus les contrôles fiscaux. Maintenant les comiques ne prennent plus de vrais risques (« il faut penser aux part de marché, coco »), on passe à la télé, on montre son cul, on pète en direct, on rote ensuite (quelle audace !), on fait un film drôle visant la cible des ados décérébrés post-pubères, ensuite on fait son film sérieux et on finit chez Arthur à ricaner d'un type qui glisse sur une bouse dans son jardin. Bien sûr, on ne se risquerait pas à mettre les pieds dans le plat pour de bon. Les « colucheries » des descendants se sont normalisées, même « les Nuls » ou « les Robins des bois ».

    Prendre le risque de sortir du rang, en temps de crise, c'est moins bien vu.

    Le troupeau ne veut pas voir une tête qui dépasse, il veut une critique bien intégrée à ses schémas mentaux, qui ne le choque pas dans ses certitudes et dans les apparences qu'il se donne.

    Ci-dessous un de ses sketchs