Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

colère froide

  • La Vérité pour soi, la Vérité pour les autres et celle dont on s'accommode

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     La plupart des êtres humains, pitoyables primates assez lamentables lorsque l'on considère leur histoire d'un point de vue objectif, se réclame souvent de la Vérité, ou plutôt ce qu'ils nomment ainsi qui est une notion très floue avec laquelle ils s'arrangent la plupart du temps sans trop de scrupules ni remords, même s'ils affirment que leur vérité vient d'un dieu ou d'un homme, à travers une foi, une idéologie, une philosophie globalisante voire l'humanitarisme très vague, très léger qui sert d'alibi à la plupart des citoyens-consommateurs que sont devenus les habitants de cette planète depuis cinq ou six décennies.

    christianisme,politique,société,hypocrisie,colère froide A l'époque moderne, il a eu une trouvaille géniale, il affirme qu'il n'y a pas de vérités du tout de toutes manières et que chacun en a une bien à lui, ce qui justifie sans trop de mal le narcissisme forcené et l'individualisme sans limites auquel il s'adonne. Bien entendu, il ne comprend pas ou feint de ne pas comprendre, ou s'en fiche, que cela augmente considérablement son allégeance « de facto » au système et sa soumission à tous les « diktats » que celui-ci lui impose tout en conservant une a-moralité d'esclave au ventre plein (ou encore un peu plein) qui aime son esclavage, n'y voyant que des avantages confortables.

     La Vérité existe-t-elle au moins ?

     Pour les croyants, la Vérité c'est celle qui leur est révélée par Dieu à travers les livres saints, dont pour un chrétien l'Évangile, mais bien sûr la nature humaine aidant, les chrétiens étant comme tout le monde, ni supérieurs, ni inférieurs, la Vérité est bien souvent surtout applicable pour les autres.

     Certains, pas tous heureusement, ne se sentent que modérément concernés par celle-ci, se percevant souvent à un stade supérieur de la charité et de l'altérité se basant sur toute une série de « Moi au moins, je... » :

     Moi au moins je fais ça, moi au moins je ne suis pas comme ça, moi au moins, je prie plus que les autres, moi au moins mes amis se comportent saintement etc...

     Mais confrontés à une situation fût-elle dramatique qui leur permettrait de montrer qu'ils mettent ces beaux principes en application, la Vérité ou la radicalité évangélique, la vie « raisonnée » ou heureuse d'Aristote (consistant à essayer de faire ce qui est juste pour le bien de chacun), deviennent alors toutes relatives par peur de souffrir ou de perdre un confort intellectuel et,ou matériel qui ne fait pas le poids face à tous les dons que le croyant croit recevoir de Dieu.

     Et conservant son confort intellectuel ou matériel le croyant qui se laisse aller à autant de retenue et de crainte vis à vis de sa Foi apprécie au fond de ressentir le lâche soulagement de celui qui n'aura pas à mettre en danger l'image, souvent flatteuse, qu'il se fait de lui.

     Il ne verra pas le paradoxe douloureux consistant à parler de manière grandiloquente de Charité, de Souffrances, quasiment sous le nez de pauvres ou de personnes soufrantes qu'il ne veut pas voir une fois les bonnes résolutions annoncées, comme j'ai pu le voir pendant un chemin de Croix un jour de Semaine Sainte à Jérusalem. A noter qu'il arrive même que ce soit des "viveurs", "noceurs", apparement amoraux, qui en soient plus rapidement conscients, et ce contre toute attente.

     Alors que c'est à cela que le pousse a priori les Évangiles...

     Ce ne sont pas les seuls croyants chrétiens qui sont dans ce cas et bien entendu je ne m'inclus pas dans le lot de ceux qui seraient exempts de toutes ces faiblesses et carences, le tout étant d'être conscient de ses propres manques.

     Pour les soutiens d'une idéologie, généralement tous aussi bigots et dogmatiques que les croyants que parfois ils croient nécessaire de dénoncer, la Vérité vient d'un homme, un philosophe, un penseur, un intellectuel, qui aurait tout compris, mis ce qu'il a compris en théorie applicable selon lui et ses thuriféraires, et qui appellerait à mettre en pratique ces préceptes selon l'idée que ceux-ci amèneraient sans faillir le bonheur sur terre.

     Le grand homme et ses disciples en sont persuadés, intimement convaincus, de temps à autres il arrive même qu'ils soient sincères.

    christianisme,politique,société,hypocrisie,colère froide Bien entendu, confrontés au réel, comme les croyants dont il est question au-dessus, il y a loin de la coupe aux lèvres. Il se peut que des porteurs des idéologies globalisantes arrivent au pouvoir, au nom de l'utopie, de l'équité et de la justice, mais bien évidemment et dans une majorité de cas, ces bigots d'un genre laïc prétendent alors que le bonheur doit attendre car le contexte ne leur permet pas d'appliquer leurs idéaux, contexte qui a bon dos, et qui leur permet généralement de conserver le pouvoir, qui est une drogue pour ceux qui y accèdent.

     Même à ce degré, je suis à peu près certain, c'est un peu la cerise sur le gâteau, qu'ils s'imaginent être toujours légitimes pour amener un peuple voire le monde à la félicité totale, songeant que leurs bonnes intentions suffisent contre la pauvreté par exemple, tout comme les tenants d'une Foi.

     Au moins les deux catégories de personnes précédemment décrites sont-elles en recherche de quelque chose de plus que la simple survie de la larve dans son cocon, la troisième, qui est majoritaire, étant à mon avis bien pire.

     Pour elle, il ne saurait y avoir de Vérité commune ni même il est vrai de Bien Commun, pour elle il y a une infinité de vérités selon les individus, chacun devant être libre de s'adonner à ses pulsions, fussent-elles les pires, les plus égoïstes, les plus dangereuses sans craindre de remise en cause personnelle, ni se poser la moindre question.

     Ce n'est pas que cette catégorie ignore la Vérité profonde de ses actes et les conséquences que cela implique sur le bien-être de leurs proches ou de la collectivité, bien au contraire, elle sait très bien ce qu'implique son égocentrisme, mais refuse tout simplement d'y prêter attention car cela gênerait sa jouissance à survivre un peu mieux que les autres, un peu plus longtemps que les autres qui sont ses deux seuls véritables soucis, avec l'image agréable qu'elle veut donner d'elle.

    Pour se donner quelque alibi, les individus la composant participent à des manifestations ponctuelles caritatives ou réputées telles toutes bassées sur l'hyper-affectivité et la "larme de crocodile" qui est une manière de pleurer facile...

     La plupart des primates s'affirmant « sapiens » qui peuplent ce monde se réclament donc de quelque chose, la Vérité, que la plupart du temps ils méprisent ou ignorent complètement, justifiant leur hypocrisie par des compromis réputés obligatoires ou niant jusqu'à l'existence de toute vérité, et tous sont familiers du « Moi, au moins je... » évoqué ci-dessus.

    Illustration du haut empruntée ici

    Illustration du bas prise là.