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coïtus interruptus

  • "Je te tiens, tu me tiens par la barbichette" sur Internet

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    société, politique, coïtus interruptus, net, forumSur Internet, en cas de polémique, c'est un peu « je te tiens, tu me tiens par la barbichette » en plus globalisé cependant, ou de « qui pisse le plus loin ? » ou « qui a la plus grosse ? » (je veux parler de la verge, ami lecteur toi qui est si prude). Vouloir jouer à ce genre de petit jeu juste après la puberté quand on a besoin de se prouver qu'on est devenu un grand garçon ou une grande fille, c'est normal, passé trente ans, soyons généreux, c'est inquiétant. Avoir besoin de prouver sa virilité ou sa puissance de séduction en jouant les coqs de basse-cour sur le « Web » (TM°) suppose d'ailleurs parfois alors que l'on a des doutes ou des craintes de ce point de vue...

     

    On commente les écrits de l'un ou de l'autre par des petites phrases sibyllines qui se veulent d'une grande finesse, voulant dire tout et son contraire. Ces petites phrases cachent souvent un désir de revanche sur ceux dont on pense qu'ils ont mieux réussi scolairement, qu'ils sont cultivés mais pas par curiosité intellectuelle, mais car « bourgeois », j'en passe et d'autres énormités. C'est la perpétuelle comédie de la justification, auto-justification, le jeu des injures et des noms d'oiseaux bien cachés derrière le pseudo-anonymat du réseau, un opéra-bouffe que l'on joue pour tromper son ennui.

     

    Ces injures très rapides sur les fora naissent surtout de l'absence d'opinions réflechies et réelles chez la plupart des interlocuteurs internautesques qui se contentent la plupart du temps d'aligner sans scrupules les lieux communs que l'on trouve dans leurs milieux (fora, pluriel de « forum » ami lecteur, toi qui l'ignore peut-être étant peut-être une des victimes d'une des mirifiques réformes pédagogistes de l'enseignement des Lettres depuis la réforme Haby et en plus ça fait plus chic de le placer dans un texte).

     

    Curieusement, ce sont bien souvent ceux qui prétendent défendre les droits de l'homme et la démocratie qui sont les plus rapides à s'affranchir, car ils estiment en avoir le droit de par leur rôle de « phare du progrès progressiste », de toutes les règles régissant a priori un débat démocratique sain. Derrière cette farce, il y a surtout les complexes divers et variés des arbitres des élégances, des frustrations diverses et nombreuses, un besoin de se défouler d'une société dont on estime qu'elle a été tellement injuste avec son génie (sans bouillir ; NB : cette blague fonctionnera avec les plus de vingt ans, d'un temps que les « moins de vingt ans etc... »)...

     

    La plupart des internautes tombent dans le panneau de justifier leurs convictions après des échanges qui se veulent un peu musclés, pleins de dérision et d'humour glacé et sophistiqué mais qui tiennent le plus souvent de la cour de récré, à savoir une bande, une tribu, un groupe qui s'acharne sur le bizut, le « pas comme nous », le contradicteur. L'homme et la femme sont un animal grégaire, être en troupeau, penser en troupeau, le rassure, ils se sentent plus fort, et ils commencent par défier les nouveaux arrivants avant de pousser le brame incitant les autres membres de la horde au coït. On en déduit que le coït n'arrive jamais car ces polémiques sont sans fin.

     

    C'est un bonus (un bonus des « boni »), parfois pour eux de jouer les chefs de meute, ceux qui indiquent à la horde qui mordre ou sur qui hurler l'hallali. C'est l'occasion pour l'individu lambda de devenir un mâle ou une femelle « lambda ».

     

    Soulignons que les femmes en ce domaine, la polémique sur Internet, sont bien souvent tout aussi violentes que les hommes, voire parfois plus. Finalement, c'est un autre genre de parade nuptiale répétons-le.

     

     

    Que le forum soit de droite, de gauche, catholique, ultra-mon tin, bouffeur de curés, juif, athée, sioniste, pas sioniste, c'est toujours la même attitude qui domine et qui va de pair avec une vision en noir et blanc de la réflexion politique, alors que la réalité, on le sait, ne comporte que des nuances de gris (je ne parle du récent « best-selleure » porno ménager qui vient de remporter un certain succès). Quand on a des convictions réelles, profondes, et raisonnées, et une certaine expérience de la vie, on ne peut que connaître ces nuances et éviter de ranger les uns ou les autres dans des cases bien pratiques.


    image extraite du film du même titre de Jean Yanne et prise sur le site toutlecine.com