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clichés

  • L'Amérique dont nous ne connaissons rien

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    politique, élections présidentielles américaines, Trump, Clinton, société, Amaury Watremez, clichés, bêtiseNous croyons tout savoir des États-Unis. Nous regardons principalement ses films et feuilletons depuis des décennies. Nous singeons son mode de vie que ce fut celui d'un « redneck » obèse se détendant dans les centres commerciaux géants le samedi, ce qui est devenu le loisir principal de la majorité des gens sous nos cieux. Ou que l'on se soit tel un intellectuel new-yorkais névrosé amateur de restaurants « vegans », en « psy » constante depuis des années, mais tellement libertaire, tellement ouvert. Les bourgeois pédagogues se rêvent souvent en personnages de « Seinfeld » ou de Woody Allen. Nous sommes fascinés par ce pays-continent dans une relation d'haine/amour complexe.

     

    Les « clichés » que nous croyons énormes sur les américains y sont vrais. Ils sont vraiment comme dans leurs fictions. Mais c'est infiniment plus complexe que cela, et il n'y a pas une ou deux Amérique mais quelques dizaines. On le voit même dans un reportage étonnant de l'émission de Barthès sur TMC montrant dans le Dakota du Sud des « bidonvilles » où habitent une population des plus pauvre, des plus déshéritée, de blancs votant tous pour Trump contrairement à ce que les médias français laissent entendre, ceux-ci suggérant que ce sont surtout les riches qui votent pour le milliardaire grossier candidat à la Maison Blanche.

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  • Clichés, lieux communs et trucs en "phobes" déjà autour du nouveau Pape

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    politique, société, Christianisme, médias, cirque, clichés, lieux communs

    Dédié à mon ami François qui porte le même prénom que le nouveau Pape (qui est cependant moins poilu)

    Avant de lire ce texte, faisons cette précision pour les esprits purs et les cathophobes qui me lisent, ce n'est pas la critique du nouveau Pape, qui a pris le nom de François Ier, que je fais, ou de son élection, mais de tout le cirque médiatique grotesque qu'il y a autour et des clichés pénibles évoqués autour de sa personne.

     

    Premier cliché, ce serait enfin un « pape des pauvres », comme si Benoît XVI, qui a eu l'humilité de céder la place, ce qui est pourtant un symbole très fort de compréhension de ce qu'est la pauvreté au sens chrétien, ou Jean-Paul II étaient les « papes des riches », comme si ces deux papes n'avaient pas vécu chichement également sans pour autant communiquer forcément là-dessus.

     

    Certes, on me fera remarquer qu'il vaut mieux encore ce cliché qu'évoquer les quelques « phobies » dont la « bonne presse » ne manquera pas d'accuser le nouveau Pape, ce qui a de toutes façons déjà commencé.

     

    Bien entendu le nouveau Pape est déjà « phobe » d'un ou deux trucs, il ne faut surtout pas perdre les bonnes habitudes, on y reviendra...

     

    France Inter 7h50, quelques considérations représentatives de ce besoin d'immédiateté de l'actualité et du point de vue très superficiel privilégié dans les médias sur des faits qui ne veulent en soi dire que peu de choses, même si on ne va pas se plaindre que cette superficialité soit plutôt sympathique envers le nouveau souverain pontife.

     

    « François 1er n'a pas de portable (...) n'a pas voulu voyager en classe affaire et a préféré voyager en tourisme, ses amis lui ont acheté une paire de chaussures car les siennes étaient trop usées. »

     

    Voilà en effet des informations indispensables à connaître pour comprendre la pensée de ce Pape et les origines de sa spiritualité. On aurait pu espérer vu le fait qu'il est jésuite, soucieux des pauvres, et sud-américain une évocation des « réductions guaranies », utopies sociales et chrétiennes concrètes qui pourraient servir d'inspiration à notre temps, mais non, cela fait mal à la tête de réfléchir un peu, et surtout de rappeler deux ou trois points d'histoire.

     

    Il y a eu aussi hier sur BFMTV cette interview d'une jeune catho « chacha » « nettoyeuse de vitres » (penser au geste pour comprendre l'image), mitraillant le balcon où est apparu le nouveau Pape de son «ailfône » avant, pendant, et après sa première apparition dans la soutane blanche, à Rome, ne voyant pas le paradoxe qu'il y a à évoquer la pauvreté du nouveau Pape tout en bénéficiant d'un séjour à Rome ce qui coûte à peu près un RMI :

     

    « Ouais t'vois, le nouveau Pape c'est chouette c'est le pape des pauvres, t'vois, c'chouette, et pis il est d'Amérique du Sud t'vois, c'est cool aussi et pis parait qu'il est simple lui et qu'on va comprendre qu'est-ce qui dit. Les gens y vont l'aimer pass que c'est le « pape des pauvres ».

     

    Je retranscris les idiomatiques de la jeune personne littéralement...

     

    Ce qu'elle semble donc apprécier c'est donc surtout que l'image du nouveau Pape est plus flatteuse que celle de l'ancien, Benoît XVI, qui était resté un théologien et un intellectuel, l'image que renvoie un « intello » est hautement mauvaise à notre époque de « conspiration contre toute forme de vie spirituelle » (je cite encore une fois Bernanos), et dont les médias et certains catholiques avec se faisaient une perception austère, moralisatrice, traditionaliste et conservatrice, l'exigence spirituelle qu'il demandait étant considérée comme insupportable.

     

    Et donc par ricochets, ce qui plaisait à cette jeune « catho » est que cela donnerait de sa foi une image plus flatteuse, image visiblement plus importante que le contenu de sa foi elle-même. A son âge, on peut la comprendre, quand plus tard ce sont des adultes qui évoquent également les mêmes clichés et lieux communs cela devient franchement problématique.

     

    Ce pape est sud-américain, ce qui a donc poussé quelques chrétiens « de progrès » à croire aussitôt qu'il serait forcément un pape plus « en phase » ainsi que notre société festiviste et ces catholiques progressistes l'attendent : en gros qu'il s'aligne quant aux questions sociétales sur leurs positions (si j'ose m'exprimer ainsi, uh, uh, uh) levant les interdits de l'Église sur les questions morales.

     

    On s'étonne d'ailleurs que des hommes et des femmes soucieux de modernité, ne croyant pas en Dieu, prétendant s'en foutre complètement par ailleurs, s'intéressent autant au chef d'une institution pour le moins moribonde en Europe, de par les catholiques eux-mêmes qui ne se sont pas assez souciés, ne se soucient pas assez d'altérité et de charité, qui commencent par le voisin de chaise à l'église, et dans sa famille, dans nos pays.

     

    D'autres voient dans l'expression de ces clichés que François Ier va enfin réformer l'Église selon leurs vœux, car sud-américain et « pape des pauvres » selon le cliché misérabiliste qui va lui coller à la peau. Quant à leurs aspirations sociétales, je pense qu'ils en seront encore pour leurs frais, le nouveau Pape ayant été tout aussi clair là-dessus. Il a été présenté par certains commentateurs comme moitié "tradi", moitié "progressiste", le Jean-Louis Borloo des papes en somme, d'autres ont cru bon de suggérer sa complicité avec la dictature argentine...


    Tout change et rien ne change.

    image empruntée ici

  • Foutons quelques clichés (sur Obama) à la poubelle

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    Il paraît qu'il ne faut pas toucher aux icônes selon un de mes commentateurs, justement ça tombe mal, moi j'adôôre, tout comme déboulonner les idoles à la mord moi le noeud (enfin pas trop fort).

    Obama Rock Star002.jpgHier, j'ai regardé deux minutes les reportages sur Obama mais devant tant de sucreries, de débordements d'enthousiasme à la con car il n'a encore rien fait, j'ai préféré zapper ailleurs. Sans parler du catalogues de clichés et lieux communs, que je retrouve ce matin dans les z-inrocks, magasine que je reçois tous les mardis afin d'entretenir mon dégoût de la connerie humaine, dans lequel je lis qu'Obama est en quelque sorte Superman mâtiné de Gandhi et Lincoln, bref une analyse politique aromatisée à la guimauve. Rien que sur la politique extérieure, il va quand même envoyer des milliers de "boys" se faire flinguer en Afghanistan en lieu et place de l'Irak, pour des raisons aussi futiles qu'en Irak, ou aussi hypocrites, car au nom d'un bien qui n'existe que dans les films où Harrison Ford est le président super-fort des Etats-Unis. On nous dit aussi, Obama, le premier "président noir", alors qu'il est métis, ce qui est soit dit en passant un symbole encore plus fort, et puis la couleur de peau ce n'est pas la seule chose qui caractèrise un individu. On dirait finalement que le monde occidental, sous couvert de célébrer l'anti-racisme, se célèbre lui en se disant que quand même si un métis peut devenir président c'est que l'on n'est pas si inégaux, c'est que notre société consumériste est bien comme elle est. Bref, on se contemple le nombril en se trouvant tellement bien. Enfin, on parle de Lincoln, présenté comme anti-esclavagiste, ce qui n'est pas tout à fait historiquement exact. Au départ, la guerre de Sécession c'est surtout une question de répartition des pouvoirs entre le Nord protestant et industriel, où il n'y avait pas d'esclaves ou très peu, et le Sud rural et plus latin. Le prétexte de la libération des esclaves est venu en route à Lincoln, qui avait préparé très vite l'amendement qui instituait la ségrégation de fait entre les "races". Finalement Booth, son assassin, a rendu service à sa légende.

    Il est même de ses adversaires politiques pour le trouver cooool et sympa, c'est donc que sa com était parfaite.