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claude villers

  • Les quatre-vingt ans de Desproges

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    416x277_gettyimages-110145177.jpgCertains ont écrit que Desproges aurait eu 80 ans ces derniers jours mais c'est faux, par son œuvre Desproges a bel et bien près de deux tiers d'un siècle, il a 80 ans. Peut-être serait-il entré à l'Académie, inaugurant des médiathèques à son nom, bavotant au dessus de son verre de mousseux un discours soporifique ? Quoi que j'ai un peu de mal à me l'imaginer en "papy vert" ou en "bon client" des émissions politiques des chaînes d'info en ligne.

     

    Quand j'avais onze douze ans, comme beaucoup de gamins de mon âge, je me dépêchais de rentrer vite chez moi pour écouter le réquisitoire de Pierre Desproges dans "les flagrants délires", c'était plus important que le repas de midi presque. Les textes avaient un petit parfum d'interdit, celui de la dérision tous azimuts ou presque. La plupart des célébrités dans le box des accusés en prenait pour leur grade à un degré inimaginable maintenant. Le procureur que Desproges incarnait et son juge, Claude Villers, en serait à plusieurs procès par mois :

     

    Pour irrévérence principalement.

     

    Je l'ai redécouvert un peu plus tard quand il est revenu avec les "Chroniques de la haine ordinaire". Depuis cette période, je continue à vénérer les textes de Desproges qui ont cette qualité rare en 2019 quand on considère la majorité des humoristes de pacotille d'être très écrits, travaillés fouillés. Il adorait Vialatte et Marcel Aymé, l'absurde du quotidien, les "clichés" de langage, la bêtise banale. Il aurait sans doute détesté notre époque qui le lui aurait bien rendu. Il aurait adoré ça également, lui tout seul contre la meute des cons et des pontifiants imbéciles.

     

    Les bons apôtres n'osent pas trop encore s'attaquer à lui mais on commence à trouver par ci par là des articles de l'un ou de l'autre pour chipoter ou faire la fine bouche, froncer un peu le nez. Raison de plus pour continuer à le lire ou l'écouter l'INA ayant eu l'excellente idée de mettre en ligne ses fameux réquisitoires et des "minutes de monsieur Cyclopède" (voir à ce lien). Pour l'enterrer un peu plus ils essaient tant bien que mal de le statufier, en répétant "ad nauseam" le dorénavant classique :

    " Ahlala il nous manque" qui est aussi un "ahlala" de soulagement finalement. L'imbécile croit en ses certitudes absconses, ça l'embêterait que quelqu'un les raille. Et en plus en lui rappelant son inculture car Desproges avait des lettres. Boulonner un peu plus la statue de l'idole c'est se protéger de ses saillies.

     

    Aujourd'hui les cons préfèrent le "standeupe"...

     

    Même lui a eu ses petits moments de moralisation. Son réquisitoire contre le Pen durant "les flagrants délires" de 1982, celui où il rappelle cette phrase depuis mis à toutes les sauces et qui n'est pas de lui au départ, "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui",  est très chrétien de gauche auditeur de France Inter, très "Télérama". En gros "Acaca" le Pen, "a pas bien le Front National" (à ce lien). La pseudo plaidoirie de Luis Régo ensuite ("la journée d'un fasciste" est pour cette fois autrement plus drôle, et pertinente, elle se prend aussi beaucoup moins au sérieux, (voir ici).

     

    portrait en Cyclopède emprunté à ce lien

     

    Et c'est ainsi qu'Allah est grand...

     

    Amaury - Grandgil