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classe

  • Hommage presque muet à Blake Edwards

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    Sera-t-on cinéphile sur Agoravox ?

    Le cinéaste est mort il y a quelques jours...

    La photo est une photo de tournage de "Diamants sur canapé"

    18747281.jpgAprès Mario Monicelli c'est encore un type lucide qui meurt et un créateur de talent, un moraliste à sa manière mais pas un moralisateur toujours le petit doigt en l'air à faire la leçon ou décider pour ses congénères ce qui est bon pour eux afin d'atteindre le bonheur, un moraliste sans illusion qui avait quand même de la tendresse pour ses congénères. C'était aussi un réalisateur de comédies sophistiquées sans être snobs, drôles sans être vulgaires, et caustiques sans être méchantes. Actuellement, on oscillerait plutôt entre sentimentalisme, grossièreté assumée (c'est à la mode) et intellectualisation à outrance de névroses de bobos friqués.

    Bientôt on l'aura oublié, la cinéphilie de la plupart des critiques, y compris les critiques distingués s'arrêtant au mieux aux années 80 comme on aura oublié Leo MacCarey, père cinématographique de Blake Edwards. MacCarey fut l'inventeur de la « screwball comedy » (les personnages parlent beaucoup et vite, et brillament) et des « slowburn gags » et du « slapstick » de Laurel et Hardy (on fait « brûler » le gag jusqu'au bout comme chez Jerry Lewis, un des courts métrages du duo est un long « slowburn gag » : ils passent vingt minutes à détruire minutieusement une maison).

    Il était capable de vraie dérision, c'est-à-dire celle qui n'a pas besoin de méchanceté ou de vulgarité, celle qui doute de tout, à commencer par les prétentions des pitoyables primates qui se trainent lamentablement sur cette boule de glaise, et il était capable d'amour pour eux malgré tout. La vraie dérision n'existe plus, elle est quasiment morte, celle qui procède de la morale aristocratique, au sens fort du thème, et qui laisse bien comprendre que rien n'est vraiment important sauf l'amour, les sentiments et l'affection réelle.

    La plupart des personnages de Blake Edwards se leurrent sur leurs sentiments et sur le rôle qu'ils ont à jouer dans la société. Ils rêvent, ce sont des naïfs, de Hrundi V. Bakshi, obscur acteur indien qui est persuadé de pouvoir un jour devenir une vedette à Hollywood, à l'inspecteur Clouseau, flicaillon totalement incompétent mais certain de devenir un jour l'égal de Sherlock Holmes ; mais aussi la jeune starlette française qui accepte un temps qu'un gros porc, sous-fifre servile d'un producteur grouine sur sa nuque ou Victoria dans « Victor,Victoria » qui se fait passer dans ce film pour un homosexuel qui aime se déguiser en femme pour gagner sa croûte.

    La série des « Panthère Rose » est parfois sous-estimée, souvent c'est surtout « The Party » qui a la carte, mais les deux premiers films et l'avant-dernier de la série sont des monuments du burlesque et de l'humour absurde.

    On le voit dés le début de "The Party" et aussi avec la chanson "Moon River" chanté par Audrey Hepburn dans "Breafast at Tiffany's", qui est quand même une des plus belles chansons du cinéma mondial, si ce n'est la plus belle (voir vidéos ci-dessous). Là-dedans, elle y incarne Holly Golightly, qui vit d'expédients parmi une cour de mondains, et qui tombe amoureuse d'un gigolo qui aimerait bien jouer à l'écrivain. A la différence que dans le film Blake Edwards se permet une fin plus rose que dans le roman de Truman Capote où Holly fiche le camp en Afrique et va jusqu'au bout de ses rêves illusoires.

    Petite note personnelle : le roman comme le film prennent un peu plus de profondeur quand on sait que Truman Capote, le cynique mondain, le chroniqueur perfide des mœurs des salonnards, y racontait sa passion bien réelle pour une petite jeune fille, émigrée allemande, qui a largement inspiré le personnage de Holly.

    Dans "The Party", Peter Sellers y est aussi un naïf, qui va fiche une pagaille monstrueuse pendant un raout mondain où les faux-semblants sont rois, il commence par paumer sa godasse. Il pourrait voir, au fur et à mesure que la soirée se dégrade, le mépris, le grotesque de tous les pantins qui l'entourent, mais à la fin il rêve encore lui aussi.

    Pitoyables, classieux et humains.

    Et victimes également des apparences.

    Ainsi sont tous les personnages de Blake Edwards.

    Ainsi sommes nous.


    The party, Blake Edwards,1968 séquence1
    envoyé par alcyon009. - Les dernières bandes annonces en ligne.

  • Tony Curtis, la classe et deux doigts de dérision

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    tony-curtis-234978.jpgTony Curtis est mort. Les critiques de cinéma et les commentateurs nécrophages habituels n'ayant aucune réelle cinéphilie n'évoquent à peu près qu'"Amicalement Vôtre" et parfois "Certains l'aiment chaud". "Amicalement Vôtre" c'est bien, mais il est loin d'avoir tourné seulement cette série. Il a aussi joué dans une des meilleurs comédies de tous les temps cinématographiques, voir en-dessous, "Some Like It Hot", qui arrivait à être fine, drôle, bien jouée, toute en charme, sacrément culottée pour l'époque et même pour la nôtre. Les critiques et laudateurs post mortem n'en connaissent que la dernière phrase, "Nobody's perfect", qui n'a rien voir avec son personnage dans le film mais avec celui de Jack Lemmon mais je pense que peu parmi eux ont vraiment vu le film. Il a aussi joué dans un excellent film noir de Richard Fleisher, "l'étrangleur de Boston", où il compose un personnage de tueur en série absolument hallucinant. Et je pense que peu de critiques distingués connaissent "le grand chantage" ("Sweet smell of success") d'Alexander Mackendrick, superbe film également très sombre, extrêmement caustique et d'une intelligence rare.

    Tony Curtis avait de la classe et beaucoup de dérision et sur lui, et sur Hollywood. Bien sûr parfois la dérision cachait quelques petits secrets qu'il n'avait pas envie de montrer à tous les passants, autre petite chose qui le sépare d'un abîme ou deux des vedettes de notre temps qui elles ne cachent rien de leurs névroses et psychoses diverses et chics.

    Actuellement, il n'aurait pas d'équivalent, y compris le VRP en dosettes café qui ne lui arrive pas une seconde à la cheville étant tout au plus un porte-manteaux agréable à l'oeil.


    Certains l'aiment chaud
    envoyé par glooiramoi. - Regardez des web séries et des films.