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cirque

  • Debord sur Internet

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    Cette citation résume la plupart des rapports sociaux actuels, "onirisés", déréalisés, l'omniprésence des télécrans d'Orwell et ce avec notre assentiment enthousiaste, et j'en passe encore et des pires......

     

    « la vie quotidienne soumise au spectacle il faut la « comprendre comme une organisation systématique de la ‘défaillance de la faculté de rencontre’, et comme son remplacement par un fait hallucinatoire social : la fausse conscience de la rencontre, l’illusion de la rencontre’ »

    Dans "la Société du Spectacle"

    Et retrouvée grâce à cette chronique posthume de Philippe Muray

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    Excellente photo empruntée à cet excellent blog 

  • Clichés, lieux communs et trucs en "phobes" déjà autour du nouveau Pape

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    politique, société, Christianisme, médias, cirque, clichés, lieux communs

    Dédié à mon ami François qui porte le même prénom que le nouveau Pape (qui est cependant moins poilu)

    Avant de lire ce texte, faisons cette précision pour les esprits purs et les cathophobes qui me lisent, ce n'est pas la critique du nouveau Pape, qui a pris le nom de François Ier, que je fais, ou de son élection, mais de tout le cirque médiatique grotesque qu'il y a autour et des clichés pénibles évoqués autour de sa personne.

     

    Premier cliché, ce serait enfin un « pape des pauvres », comme si Benoît XVI, qui a eu l'humilité de céder la place, ce qui est pourtant un symbole très fort de compréhension de ce qu'est la pauvreté au sens chrétien, ou Jean-Paul II étaient les « papes des riches », comme si ces deux papes n'avaient pas vécu chichement également sans pour autant communiquer forcément là-dessus.

     

    Certes, on me fera remarquer qu'il vaut mieux encore ce cliché qu'évoquer les quelques « phobies » dont la « bonne presse » ne manquera pas d'accuser le nouveau Pape, ce qui a de toutes façons déjà commencé.

     

    Bien entendu le nouveau Pape est déjà « phobe » d'un ou deux trucs, il ne faut surtout pas perdre les bonnes habitudes, on y reviendra...

     

    France Inter 7h50, quelques considérations représentatives de ce besoin d'immédiateté de l'actualité et du point de vue très superficiel privilégié dans les médias sur des faits qui ne veulent en soi dire que peu de choses, même si on ne va pas se plaindre que cette superficialité soit plutôt sympathique envers le nouveau souverain pontife.

     

    « François 1er n'a pas de portable (...) n'a pas voulu voyager en classe affaire et a préféré voyager en tourisme, ses amis lui ont acheté une paire de chaussures car les siennes étaient trop usées. »

     

    Voilà en effet des informations indispensables à connaître pour comprendre la pensée de ce Pape et les origines de sa spiritualité. On aurait pu espérer vu le fait qu'il est jésuite, soucieux des pauvres, et sud-américain une évocation des « réductions guaranies », utopies sociales et chrétiennes concrètes qui pourraient servir d'inspiration à notre temps, mais non, cela fait mal à la tête de réfléchir un peu, et surtout de rappeler deux ou trois points d'histoire.

     

    Il y a eu aussi hier sur BFMTV cette interview d'une jeune catho « chacha » « nettoyeuse de vitres » (penser au geste pour comprendre l'image), mitraillant le balcon où est apparu le nouveau Pape de son «ailfône » avant, pendant, et après sa première apparition dans la soutane blanche, à Rome, ne voyant pas le paradoxe qu'il y a à évoquer la pauvreté du nouveau Pape tout en bénéficiant d'un séjour à Rome ce qui coûte à peu près un RMI :

     

    « Ouais t'vois, le nouveau Pape c'est chouette c'est le pape des pauvres, t'vois, c'chouette, et pis il est d'Amérique du Sud t'vois, c'est cool aussi et pis parait qu'il est simple lui et qu'on va comprendre qu'est-ce qui dit. Les gens y vont l'aimer pass que c'est le « pape des pauvres ».

     

    Je retranscris les idiomatiques de la jeune personne littéralement...

     

    Ce qu'elle semble donc apprécier c'est donc surtout que l'image du nouveau Pape est plus flatteuse que celle de l'ancien, Benoît XVI, qui était resté un théologien et un intellectuel, l'image que renvoie un « intello » est hautement mauvaise à notre époque de « conspiration contre toute forme de vie spirituelle » (je cite encore une fois Bernanos), et dont les médias et certains catholiques avec se faisaient une perception austère, moralisatrice, traditionaliste et conservatrice, l'exigence spirituelle qu'il demandait étant considérée comme insupportable.

     

    Et donc par ricochets, ce qui plaisait à cette jeune « catho » est que cela donnerait de sa foi une image plus flatteuse, image visiblement plus importante que le contenu de sa foi elle-même. A son âge, on peut la comprendre, quand plus tard ce sont des adultes qui évoquent également les mêmes clichés et lieux communs cela devient franchement problématique.

     

    Ce pape est sud-américain, ce qui a donc poussé quelques chrétiens « de progrès » à croire aussitôt qu'il serait forcément un pape plus « en phase » ainsi que notre société festiviste et ces catholiques progressistes l'attendent : en gros qu'il s'aligne quant aux questions sociétales sur leurs positions (si j'ose m'exprimer ainsi, uh, uh, uh) levant les interdits de l'Église sur les questions morales.

     

    On s'étonne d'ailleurs que des hommes et des femmes soucieux de modernité, ne croyant pas en Dieu, prétendant s'en foutre complètement par ailleurs, s'intéressent autant au chef d'une institution pour le moins moribonde en Europe, de par les catholiques eux-mêmes qui ne se sont pas assez souciés, ne se soucient pas assez d'altérité et de charité, qui commencent par le voisin de chaise à l'église, et dans sa famille, dans nos pays.

     

    D'autres voient dans l'expression de ces clichés que François Ier va enfin réformer l'Église selon leurs vœux, car sud-américain et « pape des pauvres » selon le cliché misérabiliste qui va lui coller à la peau. Quant à leurs aspirations sociétales, je pense qu'ils en seront encore pour leurs frais, le nouveau Pape ayant été tout aussi clair là-dessus. Il a été présenté par certains commentateurs comme moitié "tradi", moitié "progressiste", le Jean-Louis Borloo des papes en somme, d'autres ont cru bon de suggérer sa complicité avec la dictature argentine...


    Tout change et rien ne change.

    image empruntée ici