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chieuses

  • La passion amoureuse en milieu bourgeois en 2014

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     petits-arrangements-avec-curs-camille-peretti-T-9gCBha.jpegL'intérêt de souffrir d'insomnies ainsi que je l'ai déjà dit, c'est que parfois l'on tombe le samedi matin sur l'émission radio de Frédéric Taddéï, ce qui titille l'envie d'écrire et de se payer en passant une ou deux précieuses ridicules post-modernes, comme cette Camille de Peretti auteure de « Petits arrangements avec nos cœurs », écrivain "bankale" de par son physique avantageux, ou Nathalie Sarraco, réalisatrice de « la Mante religieuse » et Mylène Jampanoï son actrice principale, trois copines de Natacha Braque me suis-je laissé dire.

     

    Dans les années 70, et une bonne partie des années 80, l'amour bourgeois, toujours endogame, pas de « mésalliance », sauf une fois de temps un amant ou une maîtresse « issu de la diversité » pour se donner à la fois bonne conscience et goûter à la cuisine exotique en somme ; ça donne des frissons, c'est épicé mais on ne le ferait pas tout le temps, se passait dans des parkings de grands ensembles modernes et aseptisés sur la banquette arrière d'un « Range Rover » (TM°) ou un canapé « Roche Bobois » (TM°) en cuir « jaune ».

     

    Les personnages passaient une bonne heure et demie au cinéma à nous entretenir de leurs tourments amoureux d'une grande banalité et finalement assez peu intéressants. Certes, les actrices de ces années là étaient belles et avaient une classe innée qui faisaient parfois passer la pilule ou engendraient chez les petits garçons rêveurs leurs premières émotions esthétiques z-et sensuelles. Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je ne suggère pas que ces petits garçons pratiquaient alors l'onanisme devant leur téléviseur ou écran de cinéma. Nulle raillerie, on évoque bien les « choses de la vie »...

     

    Le roman, passionnant je t'assure ami lecteur, raconte l'histoire de Camille partie rejoindre Stanislas, son premier amour, lui est « trader » à Londres et elle est écrivain, à savoir que de temps en temps elle chausse des lunettes et raconte sa vie sur son ordinateur. Stanislas est blond, mince et je suppose « mècheux » et s'il est homme d'affaires n'en souffre pas moins de tourments dignes du jeune Werther, selon l'auteure du livre bien sûr, il est anorexique par exemple. Ils sortent beaucoup en boîte et dans les endroits « branchés » car si l'on est bourgeois et aisés l'on n'en est pas moins des gens teeellement ouverts et libérés (se libérer en milieu bourgeois consiste surtout à coucher à droite à gauche mais toujours endogamique-ment).

     

    Mais c'est pas autobiographique nous dit Camille de Peretti qui avoue quand même « partir du réel » (sans blagues ?) tout en affirmant que écrire sur la banalité c'est refuser de mépriser les « vraigens », fussent-ils des « adulescents » « têtes à claques » ayant la même conception de l'amour qu'une gamine de douze ans à peine post-pubère, retombant dans le travers contemporain consistant à être en quête d'une pseudo-authenticité digne d'une pub pour jambon sous vide, s'abstenant néanmoins de tenter de sortir des normes.

     

    Et puis finalement ils s'aperçoivent qu'ils s'ennuient et n'ont pas grand-chose à se dire. Ils décident alors de travers les États Unis en voiture de part en part, un état par jour (du tourisme au pas de course comme les beaufs que ces deux « bobos » méprisent), espérant se rabibocher tout en sachant très bien qu'à la fin ils ne seront plus ensemble (tragique n'est-il pas ?).

     

    Dans « la Mante Religieuse », ci-dessous la bande-annonce, (NB : le titre est un jeu de mots tout en finesse tu auras remarqué ami lecteur, la « mante religieuse », l'insecte dont la femelle bouffe la tête des mâles, et aussi l'« amante religieuse » car si l'on couche à droite et à gauche l'on n'en est pas moins capable de mysticisme) Nathalie Sarraco raconte l'histoire de Jézabel (NB : très subtile référence biblique à la reine phénicienne séductrice diabolique et ennemie du prophète Élie).

     

    Celle-ci est une jeune femme bourgeoise artiste forcément libre et rebelle qui veut repousser toujours plus loin les limites de la transgression, limites bien sages au vu des intentions, et transgression que n'importe quel adolescent peut et sait franchir allègrement de nos jours en tapant le bon mot-clé sur un moteur de recherches.

     

    Jézabel finit par tenter de séduire un jeune prêtre, David, à l'aise dans sa foi comme dans la vie, un curé moderne et libéré (il a une barbe et un physique un peu androgyne, ce qui permet de placer deux ou trois banalités sur le "Genre"). Elle se convertit, ce qui est bien gentil, mais reste très « light » et « sulpicien » au fond, on n'est pas dans « Sous le soleil de Satan » de Bernanos, Jézabel continuant de ne soucier que d'elle, telle Dorian Gray, mais une « Dorian Gray » sans envergure, ainsi que ces cathos me dira-t-on pour qui la foi n'est pas qu'une hygiène mentale, une « gymnastique » de vie, le tout restant bien dans les rails, et en gros ce film est un genre de "porno soft" de dimanche soir avec un alibi spirituel...

     

    Ne me remercie pas, ami lecteur, gràce à moi et ces considérations légères tu économises ainsi en valeur le prix de deux bouteilles de « Harpic WC » (TM°) et de quatre litres (environ) de « mousseux ». Sur les errements amoureux de riches oisifs, je préfère l'élégance et le style de "Petit Déjeuner chez Tiffany" de Truman Capote...

     

    couverture du roman prise ici

     

  • Clara Sheller - chieuse story

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    9b5c750a-b62f-11dd-a0cf-9f742914dbe9.jpgOn va dire : mais qu'est-ce qu'il a contre la télévision publique alors qu'il faudrait se mobiliser, tout ça ? Mais "Clara Sheller" m'agace terriblement. J'ai regardé la première saison pour un ou deux épisodes tout en zappant ailleurs. Et cinq minutes de ceux de la semaine dernière. Cinq minutes qui suffisent. Donc, Clara vit dans un grand appartement/loft comme dans un roman de Marc Lévy avec Gilles son amoureux qui voudrait bien un bébé ce qui emmerde Clara qui veut rester libre, "merde quoi, on n'est plus au XIXème siècle", elle a plus ou moins trente ans, un boulot intéressant et des amis tous sympas et libérés sur le plan sexe, comme JP, son voisin confident de l'appartement du dessus, homosexuel qui vient de se découvrir mais qui n'a pas dédaigné de temps à autre quelques expériences avec des filles, dont Clara. Comme l'on s'ennuie beaucoup, on alterne les amants et les histoires compliquées ou que l'on voit comme telles. On se prend pour un héros tragico-romantique ou une héroïne passionnée (et-euh) alors que l'on reste des petits bourgeois.

    On a des moyens dans ce petit monde, ce microcosme bobo chic, on se soucie à peine du monde autour, il est plus intéressant de se consacrer à soi et rien qu'à soi. Clara y est une gamine gâtée, menteuse,501ee33e83a2f7d81de1198b217a0a70.jpeg capricieuse et ennuyeuse, une emmerdeuse que l'on a envie de baffer en lui rappelant ses privilèges, ce qu'elle ne veut surtout pas. On parle de ses sentiments comme dans un roman d'Anna Gavalda ou d'Emannuelle Bernheim, ça se veut drôlement authentique alors que c'est tout juste cliché sur cliché. Dans la vie, c'est du genre à soutenir Cantat sorti de taule : "il a payé sa dette, alors maintenant il va redevenir le porte-parole de notre génération et notre alibi" (traduire, "Marie Trintignant on s'en fout et qui c'est si ce n'est pas elle qui avait commencé ?"). Dans "Clara Sheller", la vie est un rêve, quand on fait la fête, on ne se met pas minable en vomissant (ou alors hors champ), ou en déblatérant n'importe quel discours d'ivrogne, ou encore en montrant son appendice caudal, non, on se prend le front en fronçant les sourcils sur le canapé du salon (où l'on voit rarement des livres, l'héroïne de série ne lit pas) pendant que l'ami prépare du café en faisant forces sourires jusqu'aux oreilles. Paris y est un rêve, la Tour Eiffel y est un totem doré et lumineux, et on voit la ville comme des bâteaux-mouche. Comme on est libéré, on voit des scènes de cul, faut appeler les choses par leur nom, un peu moins chastes que dans "Will et Grace", autre feuilleton dans le genre couple gay/hétéro mais on ne va tout de même pas jusqu'à tout montrer. Dans la prochaine saison, il se peut que Clara Sheller finisse femme de président et chanteuse sans voix, quand elle aura mûri et compris ses talents. Sinon, on n'est pas loin d'une "Janique Aimé" actualisée. Et du vaudeville, même avec des morceaux d'homosexualité ou de triolisme, ça reste du vaudeville, en plus épicé. J'en ai connu beaucoup des "Clara Sheller", c'est parfois charmant, les chieuses ont beaucoup de charme, mais passé quelques temps c'est lassant.

    Et pour parler de l'époque et des douloureux problèmes des trentenaires favorisés, je préfère relire Brett Easton Ellis.

    Une chose que je reconnais à ce feuilleton, ce sont les choix musicaux... (ci-dessous générique de la saison 2 qui rappelle "les 400 coups de Virginie" autrement plus sympathiques)