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chansons

  • Commémorer Gainsbourg sans filtres

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    Gainsbourg reste transgressif comme on le voit sur Agoravox

    Depuis quelques jours on a le droit à différentes commémorations autour de Gainsbourg à cause des vingt ans de sa mort.

    Serge%2BGainsbourg%2B%2BBrigitte%2BBardot.jpgJ'aime vraiment beaucoup Gainsbourg, je le préfère à Brassens ou Brel, ou Ferré. J'aime son hyper-émotivité, son désespoir devant la bêtise, qui le pousse à jouer les caustiques, les cyniques et à sortir deux ou trois formules prises comme cruelles alors qu'elles sont surtout lucides.

    On le voyait très souvent dans les émissions de variétés des années 70, à chanter parfois des horreurs comme « des vents, des pets, des poums » rien que pour transgresser un peu le côté paillettes et consensus (un mot qui lui aurait plu) des shows des Carpentier.

    Après c'était le « bon client » des émissions de « discussion » comme « Droit de réponse », ou des « talk-shows » de Canal +.

    Il venait y faire son numéro, il faisait le spectacle, dire des saloperies aux dames, et fumer clope sur clope. Je me souviens en particulier de son dernier « Nulle part Ailleurs », où il avait mis un bazar réjouissant, à se tordre de rire. Le « talk show » bien consensuel tout en se donnant des airs de transgression y avait perdu toute sa belle mécanique.

    Je l'ai redécouvert avec les concerts du Casino de Paris en 86, et c'est là que comme beaucoup de gosses grandis pendant les années 70 j'ai redécouvert sa musique, et ses paroles.

    Car c'était malgré tout un chanteur populaire, cela faisait déjà longtemps qu'il avait retourné sa veste quand il s'était aperçu qu'elle était doublée de vison.

    Comme ses ayants-droits qui multiplie les occasions de faire rentrer de l'argent dans les caisses comme on le voit et permettent un peu tout et n'importe quoi en matière de commémorations.

    Du pire, la soirée du samedi présenté par Drucker, au moins mauvais, le « Taratata » spécial autour de reprises par des musiciens actuels. Samedi on eut droit à des chanteuses et chanteurs de karaoké issues des « téléréalités » massacrer allègrement quelques classiques de l'homme à la tête chou. Mardi soir, la plupart des reprises étaient de chansons de l'avant-dernière période, reggae, et de la dernière période, plus rap, pas forcément les meilleures.

    Ce qui était amusant d'y constater, c'est que les meilleures reprises étaient celles qui étaient les plus fidèles aux originaux, dont Miossec.

    A chaque fois, on retrouve Jane Birkin en gardienne du temple (et du filon Gainsbarre) qui trouve très sympathiques tous ces petits jeunes (ces « petits pisseux » et « petites pisseuses » pour reprendre le terme que Gainsbourg aurait employé) qui vont encore faire rentrer quelques bénéfices et royalties diverses. On y croise à chaque coup Alain Chanfort (qui a besoin de bruit médiatique) qui nous reparle de son admiration pour « Serge » tout en insinuant entre les lignes qu'ils ne s'entendaient pas, et qu'il ne pouvait pas le voir.

    Jane Birkin ira même jusqu'à passer, en deuxième partie de soirée quand même, ces films de famille au public dimanche soir sur Arte à 22h40. On voit aussi un extrait de Charlotte nous susurrant elle aussi une reprise.

    Elle y chante juste, dira-t-on pour rester gentil, mais ne fait pas vivre la chanson qui n'est pas pour elle.

    Car voilà le hic, ce qui manque à tous ces jeunes gens qui reprennent Gainsbourg, c'est le vécu, c'est ça qui donne le « classieux » des chansons. On sent qu'ils n'ont pas été suffisamment malheureux pour écrire dessus, ou passionnément amoureux. On sent aussi qu'ils ont jamais écrit, qu'ils ne savent pas ce que c'est d'écrire, l'enjeu existentiel qu'il y a à le faire. Bien sûr, on pourrait aussi parler de leur inculture manifeste sur un peu toutes les influences qu'il y a dans les chansons de l'amant de Marilou, ils n'ont pas les références visiblement.

    Sauf un ou deux, dont Miossec et Bernard Lavilliers, et Catherine Ringer qui avait repris « l'Hippopodame » il y a quelques années avec Fred Chichin.

    Écrire, chanter, ça ne s'improvise pas, à ne consiste pas seulement à vouloir être célèbre pour être célèbre.

    Créer, ça demande beaucoup plus : de sueur, du sang, des larmes, des joies, tout ce qui vient des entrailles, du cerveau, du sexe.

    C'est aussi pour rappeler cela que l'on doit de célébrer Gainsbourg...

    A lire pour les néophytes, l'interview du chanteur par Bayon en 1991, quelques temps avant sa mort...

    La photo vient de philocaster, excellent blog musical

    Une reprise de Nicotine par les Rita Mitsouko ci-dessous


    Les Rita Mitsouko - Nicotine (inédit)
    envoyé par candyraton. - Regardez d'autres vidéos de musique.

  • L'Anamour de monsieur Gainsbourg

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    Je suis en train de lire "Gainsbourg en dix leçons" de Bertrand Dicale, ça m'a donné envie de l'écouter encore un peu. Et pourtant j'ai de longues heures de Gainsbourg déjà derrière moi. Je crois que c'est la chanson de lui que je préfère, avec tout "Melody Nelson" bien sûr...

    Monsieur Gainsbourg n'a pas pris une ride, même s'il a fini dans un grand trou depuis dix-sept ans. Monsieur Gainsbourg était la chaînon manquant entre Des Esseintes de Huysmans (je le précise à l'intention des djeuns qui me lisent parfois) et la pop.

    Voilà du classieux...