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censure

  • Les Lettres contre la connerie

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    à propos de "Endetté comme une mule" de Eric Losfeld réédité chez Tristram en "souple"

    Aussi sur Agoravovx

    Littérature, société, politique, censure, connerie, amaury watremezJ'ai eu envie de lire ce livre car au-delà de tous les clivages, des brouilles, des colères, la littérature et l'appétence pour icelle est toujours la plus forte dans ce que je partage avec d'autres (de "vieilles connaissances pour reprendre le terme de l'auteur de l'article en lien) comme moi passionnés par les Lettres. Dans cette biographie, Eric Losfeld, éditeur célèbre de livres sulfureux en son temps, des ouvrages des surréalistes, des bouquins érotiques à deux sous, des BD novatrices pour adultes telles "Barbarella" ou "Pravda la surviveuse", évoque cette même passion pour la chose écrite et comment il en est venu à l'édition après un parcours personnel pour le moins original. Il raconte ses rencontres avec des personnages connus, d'autres plus modestes, leur accordant à chacun la même bienveillance, la même sympathie. Il est également heureux qu'il soit très subjectif quant à ses affections littéraires, qui ne sont pas toujours les miennes. Mais quelle importance ?

     

    Cette pseudo objectivité affichée depuis quelques décennies par les critiques, les auteurs, les critiques est de toutes façons particulièrement pénible. Elle les encourage à une vision scolaire, laborieuse, trop appliquée et difficile à supporter de la littérature. Celle-ci doit automatiquement servir à porter une cause, fût-ce de manière parfaitement ridicule, fût-ce bien après ce que l'on dénonce. Quand l'on ne sait pas trop quoi dénoncer, contre quoi s'indigner, il est d'usage de dénoncer encore et toujours le nazisme au nom du "plus jamais ça". Cela ne mange pas de pain, tout le monde est d'accord. Et personne n'osera dénoncer le ridicule d'une telle démarche par peur d'être assimilé au camp du Mal englobant toute la droite en général....

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  • Prendre Sausage party au sérieux ?

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    Moraliser le cinéma

    dessin animé, sociologie, politique, société, cinéma, censure, sottise, religions, catholicisme, amaury watremezLa polémique, si on peut appeler ça ainsi car elle est picrocholine, autour du dessin animé pour adultes « Sausage Party », m'amuse beaucoup. Et je ne comprends pas trop : ceux qui condamnent « Sausage Party » sont dans le même temps pour une libéralisation encore plus marquée de l'économie, libéralisation qui entraîne mécaniquement celle des mœurs. Ou alors sont-ils hypocrites ?

     

    Cette discussion ridicule m'évoque également l'abbé Bethléem. Cet abbé a pratiqué tout le temps de son sacerdoce la censure attentive des œuvres littéraires et cinématographiques de son temps. Il s'est régulièrement trompé sur la valeur artistique de ce qu'il prétendait interdire au nom de la foi chrétienne manquant singulièrement de discernement sur la plupart des auteurs de livres et de films. Il s'est systématiquement trompé avec une constance qui inspire l'admiration.

     

    Il les aura tous manqué, y compris les écrivains catholiques...

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  • La haine de la Littérature à Nuit debout mais pas que

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    Livre, nuit debout, politique, société, bêtise, censure, littérature, amaury watremezSi je conchie tous les idéologues, quel que soit leur camp, de droite comme de gauche, quels que soient leur alibi, c'est d'abord de par leur haine profonde de la Culture en général et de la Littérature en particulier, car celles-ci contredisent forcément leurs certitudes à un moment ou un autre. Généralement, la Révolution, la Réforme réputée indispensable des mœurs commence toujours par un bon petit autodafé, une censure au nom de bonnes intentions, toujours.

     

    Poser la question de la censure, l'envisager, c'est déjà censurer.

     

    La censure d'une œuvre se justifiera toujours au nom de la moralisation que les idéologues,théocratiques ou laïcs, prétendent imposer au reste de la société, bien entendu pour son bien. Et cela même si le reste de la société n'est absolument pas d'accord ou s'en fiche. Car les censeurs savent ce qui est bon pour le peuple.

     

    A « Nuit debout », on n'est pas en reste et l'on y respecte studieusement cette « tradition » imbécile. On vient de mettre en place une bibliothèque, « Bibliodebout » (voir à ce lien l'article de la « bibliothécaire » deboutiste) mais, attention, dans un but militant, dans le but d'affermir un discours unique, et je cite « pour se changer les idées », dans l'optique de la conception classique des petits bourgeois de la Lecture : une occupation non productive étant forcément un loisir et rien d'autre. Dans l'esprit d'un militant ou d'un idéologue, la Littérature dont l'apport n'est heureusement pas quantifiable, qui ne sert à rien en tant que telle acquiert une utilité mesurable si elle sert la cause défendue....

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  • « Hypocrites de tous les pays, unissez vous ! »

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    Hypocrisy-quotes-300x205.png

    Texte revu, et épicé, avec son aide précieuse...

     

    instrument de mesure de l'hypocrisie pris sur ce blog

     

    Texte dédié au fonctionnaire zélé qui lira ce texte et en fera une fiche je crois passionnante, (il a eu un beau cadeau de Noël le 24 décembre avec ce décret gouvernemental renforçant la surveillance du Net

     

    (Gloria, Hallelouya ! chantent Najat et ChristianeManuel et Bruno Le Roux, tous adeptes de la censure des « affreux » « réacs » contredisant leurs certitudes !)

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  • Révélations devant le Buisson peu ardent

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    Dédicacé chaleureusement à tous les indics d'hier et à ceux d'aujourd'hui (en particulier ceux qui me lisent, aujourd'hui ils vont se régaler)

    les-barbouzes-e1376560235531.jpg

    Je relisais, profitant des vacances, les « souvenirs littéraires » de Léon Daudet, qui évoque aussi dedans ces souvenirs politiques et en particulier le fait que déjà sous la IIIème République on faisait de la politique à coup de « dossiers » constitués les uns sur les autres, à l'aide « d'indics » et d'auxiliaires de police, que bien souvent les uns comme les autres à droite comme à gauche se comportaient en inquisiteurs politiques, en miliciens, et ce pas seulement lors de « l'Affaire Stavisky », suicidé de deux balles dans la tête, et dont les manigances et compromissions avec de nombreux politiques, furent en grande partie à l'origine du succès du 6 février 34.

     

    On se souviendra aussi de la police encerclant la « planque » de Bonnot à trois-cent flics, car ledit Bonnot avait certainement bénéficié d'amitiés louches avec l'un ou l'autre politique et il fallait le supprimer définitivement, le faire taire pour de bon, ces « messieurs » n'ayant pas envie de perdre leur place et un juteux pactole, d'où l'énurésie du préfet Lépine, qui avait tellement la trouille que l'anarchiste en voiture s'en tire qu'il en fit carrément dans son froc, ému par le déploiement de forces. Dans ces « Souvenirs... », « Au temps de Judas », « la Boule d'Or », « Gros Léon » moque avec verve tous les minables qu'étaient ces politiques qui finalement se souciaient surtout des intérêts de leur classe de petits bourgeois positivistes qu'ils fussent de gauche, un peu, beaucoup, ou de droite, seul Marcel Cachin, pourtant communiste, échappant à sa verve.

     

    Daudet fils rappelle aussi pourquoi son fils Philippe est mort dans des conditions très louches en 1923. A force de parler des affaires de mœurs d'Aristide Briand, bien réelles et vérifiables, que celui-ci voulait faire oublier, il a fini par payer cher sa liberté de ton et son insolence envers Aristide, encore maintenant icône du progressisme de progrès et du pacifisme bêlant. Avec les caciques du Régime et leurs larbins, l'irrévérence, fût-elle anodine au fond, comme celles des « Sept de Tarnac », se règle au prix fort.

     

    Donc Patrick Buisson a mis sur écoute toutes les conversations qu'il avait avec Nicolas Sarkozy, non pas pour retravailler le tout plus tard mais car il savait très bien qu'il n'était qu'une fusible pas si important que cela qui serait sacrifié le moment venu. On note d'ailleurs que lorsqu'un scandale surgit parmi les représentants de la gauche sociétale-libérale, un autre le remplace presque instantanément touchant les éminences et sous-éminences (il faut de tout pour soutenir les partis) de la droite libérale-libertaire. Sarko dans l'histoire est un peu "lou ravi" de la crèche...

     

    Rien ne change, c'est toujours un gouvernement où l'indic est roi, ou l'agent de police « en bourgeois » a tous les droits. Et ce n'est pas pour rien qu'Alain Bauer, également cacique franc-maçon, fût responsable de la sécurité intérieure.

     

    J'en veux également pour preuve ce qui est arrivé à cette jeune fille russe « sans papiers », travailleuse, soucieuse de servir son nouveau pays, en khâgne, sommée par le commissariat de Versailles d'espionner ses amis de la « Manif pour tous » dont elle faisait partie, et dans laquelle elle s'était engagée afin d'obtenir son titre de séjour. Malheureuse ! N'avait-elle pas compris ? Une « sans-papiers » n'est pas de droite, une « sans-papiers » n'est pas chrétienne, encore moins catholique, et un pauvre méritant en France est forcément de gauche. Ignorait-elle tout cela ?

     

    En bien entendu, je songe également aux agents publics de ce pays, qui subissent la pire des censures, l'auto-censure, par peur de « se faire remarquer », et mal noter. Car si bien sûr cela n'est jamais dit clairement, tout ce qui est dit, écrit par un agent qui ne va pas dans la ligne sociétale-libérale ou libérale-libertaire est recensé scrupuleusement, y compris par les collègues dudit agent, qui croient alors bien faire (« c'est pour son bien »), ledit agent pouvant avoir la surprise de voir dans son dossier apparaître l'en-tête de son blog ou d'articles mis en ligne sur d'autres sites. Pour les agents publics, comme parfois dans le privé il est vrai, il n'y a pas de « droit à l'oubli ». Il doit "bien se tenir", rester dans la norme...

     

    Ce n'est pas forcément mauvais de savoir à quoi s'en tenir, l'auteur de ses lignes, « grillé » suite à la parution d'une photo de lui pendant « la Manif pour tous » dans le quotidien régional local, photo qui a fait le tour de ses collègues, a fini par se dire qu'au fond, il n'avait plus rien à perdre à écrire librement.

     

    image tirée de "les Barbouzes" de Georges Lautner prise sur ce site

  • Le relèvement de la "bêtimmonde"... (l'abbé Timonde ?)

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     A propos de « La Mise au pas des écrivains ». L'impossible mission de l'abbé Bethléem au XXe siècle, par Jean-Yves Mollier chez Fayard

     

    l-abbe_beethlem_jean_yves_mollier_la_mise_au_pas_des_ecrivains_fayard_2014.jpgL'auteur ressuscite dans cette biographie la figure de l'abbé Bethléem, maurrassien, antisémite par germanophobie plus que par racisme, comme beaucoup de gens de son époque, qui dirigeait une ligue de moralité puissante au début du XXème siècle, selon lui ainsi qu'il l'explique dans son livre le plus connu, « Romans à lire et romans à proscrire », la « mauvaise » littérature et la « mauvaise » presse, en particulier les « illustrés » pour les jeunes, étaient à l'origine de la dégénérescence morale de la société de son temps. Cet ouvrage fut un « best seller » de la droite catholique à la gauche radicale.

     

    L'abbé remporte une victoire posthume, lui qui allait déchirer dans les kiosques les journaux de bande dessinée et les revues cochonnes de ces années là (maintenant un enfant de chœur voit dix fois pire sur Internet), il meurt en 1940, avec l'édiction en 1949 de « Loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse ».

     

    L'abbé fut également moqué par la plupart des écrivains catholiques, dont Mauriac, Bernanos et Léon Bloy, de par son absence totale de discernement en matière de talent littéraire. Il aimait la littérature « exemplaire », incitant les lecteurs à plus de moralité et de retenue, les livres « positivistes » montrant uniquement les qualités de la nature humaine. C'est toujours les mêmes questions : la littérature est-elle seulement un instrument devant faire passer un message ? A-t-elle une utilité sociale ? Elle fait peur également aux idéologues, dont l'abbé était, car elle incite à l'indépendance d'esprit, à la réflexion personnelle.

     

    Je trouve donc que l'Abbé Bethléem était surtout victime de quelques défauts finalement très modernes :

     

    Il confondait les conséquences ou les symptômes avec les causes, travers très contemporain, oubliant que ce sont les bases de la société libérale, qui nait au XIXème siècle qui privilégiait cette a-moralité intrinsèque qu'il pensait percevoir dans la littérature, société qui a besoin d'un individu sans aucun « surmoi » ni barrières morales afin d'entretenir sa dynamique interne. Et que les écrivains, qui bien souvent aiment parler des « marges », dans lesquelles ils écrivent parfois, n'y sont pour rien.

     

    Il faisait de sa foi chrétienne et catholique une idéologie avec un « cahier des charges » à tenir. que l'on pratique la charité, l'empathie, l'altérité ou pas. C'est toujours ainsi qu'elle est perçue par nombre de chrétiens et quelques ecclésiastiques, et aussi par les adversaires du catholicisme qui en font une religion de prescriptions obligatoires ce qu'il n'a jamais été. Bien entendu, ne tombons pas non plus dans l'excès inverse consistant à faire de cette foi un agglomérat de croyances que l'on choisit selon ses caprices, un syncrétisme « light », ou selon ce qui nous arrange. Les sacrements sont importants pour un catholique en le sens qu'ils sont une rencontre personnelle avec Dieu.

     

    Sa perception de la littérature est exactement la même que celle de toutes les dictatures du XXe siècle, toutes fondées sur des idéologies prétendant créer un « homme nouveau » remodelé, pour son bien bien entendu, même malgré lui, dans le sens d'un progrès moral ou social devant le mener vers le bonheur universel. C'est aussi la même que celles des dirigeants modernes, des institutions culturelles actuelles, dont les bibliothèques, qui au nom de cette fameuse émancipation des mœurs continuent avec les meilleurs intentions du monde à censurer par bêtise, inculture crasse et ignorance des auteurs qui leur semblent aller à contre sens de ce progrès selon eux inéluctables :

     

    Georges Bernanos, trop catholique, Kléber Haedens, laudateur de la bonne chère et chair, trop à droite, Roger Vailland, trop hédoniste, Céline, du fait de ses pamphlets antisémites, Marcel Aymé, trop à droite aussi, Georges Bataille, trop choquant, la plupart des classiques, trop poussiéreux, Jane Austen, n'évoque pas assez les droits des femmes, et d'autres comme le "Lolita" de Nabokov, perçu comme une apologie de la pédophilie, sont ainsi retirés progressivement des rayonnages des bibliothèques publiques et scolaires. C'est donc bien encore de la censure, pour favoriser cet avènement du bonheur insoutenable car imposé évoqué ci-dessus. Genet lui-même n'échappe pas à l'autodafé "light"...

     

    Trop provocateur encore et soupçonné de sympathies antisémites car pro-palestinien...

     

    Jean-Yves Mollier en fait un épouvantail de réactionnaire caricatural, faisant un parallèle chaussé de gros sabots, suivez mon regard, avec les manifestations contre le « mariage pour tous », soulignant que ces tenants de l'ordre moral bourgeois sont toujours puissants et que le danger du retour des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°), le risque d'un relèvement de la « bêtimmonde » (l'Abbé Timonde ?) viendrait surtout de ces milieux catholiques, 2% de pratiquants réguliers en France, qui souhaiteraient encore la mort de la démocratie et la fin de l'émancipation des mœurs tellement remarquable dans notre pays depuis « Soissantuite », en particulier chez les auteurs actuels tellement audââcieux, comme Christine Angot qui narre par le menu ses névroses sexuelles, Marie Darrieusecq qui évoque avec gourmandise son évidente coprophilie, et d'autres encore tous passionnants...

     

    Il oublie aussi que si certains livres, comme « Madame Bovary », l'histoire de quelques adultères, par exemple, ont été censurés dans certains quartiers, sans parler du « Mahomet » de Voltaire il y a quelques années, ou de « Et c'est ainsi qu'Allah est grand » de Vialatte, jamais réédité par « Presses Pocket », c'est aussi et surtout de par les exigences de populations « issues de la diversité » (TM°) infiniment plus « décomplexées » et pugnaces quant à la littérature et son enseignement que les « manifestants pour tous »...

     

    Ce n'est pas la "bêtimmonde" qui est toujours debout mais la sottise de la bourgeoisie matérialiste, sottise triomphante et parfaitement assumée.

     

    Couverture prise sur le site "operacritiques"

  • Sur la "liste noire"

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    censure.pngAmi lecteur, en me lisant, tu commets un acte séditieux, sache le, tu es un provocateur politique, subversif. L'heure est en effet très grave, j'ai appris, de source sûre, que mon blog était sur la « liste noire » des sites réputés nocifs de la Médiathèque et de la municipalité d’Évreux, et de Vernon !, des sites « malsains » voire « nauséabonds » que sais-je encore. ..

     

    Ce n'est pas du tout de la censure, pas du tout de l'intolérance caractérisée, et encore moins de la mesquinerie, ou de l'étroitesse d'esprit, il faut bien protéger les jeunes esprits. J'ai donc décidé de changer mon fusil d'épaule tant qu'il était encore temps, n'étant pas de taille à lutter ! (C'est une bonne leçon j'ai quand même la chance insigne de côtoyer régulièrement la responsable départementale pour « l’Égalité des Genres », j'aurais dû comprendre combien je m'égarais).

     

    Depuis que je l'ai appris, je tremble comme une feuille (interdit par la municipalité d’Évreux ! Quand même c'est pas rien !). Mon blog risquerait de troubler le débat politique à Évreux, le combat de Titans qui s'annonce pour les municipales entre Michel Champredon, le Bertrand Delanoé des bords de l'Iton, Guy Lefrancq, jeune coq, et Bruno Lemaire de l'UMP (qui a tout du joueur de badminton vous ne trouvez pas?), Emmanuel Camoin, du FN, de la trempe d'un Bastien-Thiry au moins, ou d'un Hélie de Saint-Marc, minimum, et Jean-Pierre Nicolas, de l'UMP aussi, le plus charismatique des cinq, un expert-comptable de choc.

     

    Et je n'ose sortir de chez moi sans me camoufler soigneusement depuis deux jours, on ne sait jamais. Je rase les murs, et dans chaque passant, je crois voir un agent de la DCRI (TM°). Hier soir, j'ai entendu « c'est lui ! » derrière moi, je me suis mis à courir, et me suis réfugié derrière une porte cochère la peur au ventre. Je croyais l'arrestation imminente, et déjà j'imaginais Alain Bauer à « C dans l'air », ce Panisse qui serait notable franc-maçon, se féliciter du travail d'enquête de la police sur les actes politiques subversifs dans notre beaux pays. Et moi j'étais derrière les barreaux d'une geôle infâme à regarder passer la parade de la « Fête de la Fraternité » de ma bonne ville d’Évreux !

     

    A tout hasard, je suis allé donner des gages de bonne conduite en participant hier à un « cercle de silence », qui était un triangle, sur la place de l’Hôtel de Ville, contre la guerre civile en Syrie (c'est très très efficace), j'ai repris un abonnement à « Télérama » et chaque matin je ris bruyamment, pour que le voisin entende, à la chronique de Sophia Aram sur « France atterre » qui est vraiment très drôle et « citoyenne » je vous assure. C'est important de rire en étant conscient des problèmes de développement durable et du commerce équitable.

     

    Bon, il me reste quelques scories de mon ancienne vie de séditieux je l'avoue, je n'ai pu m'empêcher de conseiller pour son émission télévisée qui vient de dévisser sous les 4% de dire une petite prière pour remonter, mais personne n'a fort heureusement entendu cette saillie. Comme tout mauvais sujet, la dérision est chez moi une seconde nature ne prenant pas grand-chose au sérieux en politique (enfin ça c'était avant, maintenant j'ai bien changé !)

     

    A la messe paroissiale j'ai applaudi des deux mains et tapé des pieds par terre lorsque comme intentions de prière, il fut question des chtits n'enfants africains et des dirigeants politiques à qui l'on demandait d'être plus soucieux de l'égalité des chances et des genres. J'ai aussi levé les mains en signe de grande joie apercevant le correspondant de « Golias » dans la cathédrale d’Évreux, mais rien n'y a fait, les regards restaient très soupçonneux.

     

    Je ne sais quoi faire...

     

    Ah ! Que n'ais-je été abonné au « Monde » plus tôt ! Que n'ais-je été aux spectacles de l'Odéon avant ! 

  • Tous censeurs sur Internet ?

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    Aussi sur Agoravox

    Dédié à Eugène Lampiste

    Internet est un formidable espace de liberté.

    C'est une évidence.


    politique, net, blog, hypocrisie, censure, surveillanceCelle-ci fait peur aux institutions et aux tenants du pouvoir, politiques et économiques, mais aussi à tous ceux qui pourraient l'exercer, à savoir tout le monde, et qui finalement ont très peur de le faire, un peu comme ces enfants sages qui ne veulent pas prendre leur indépendance par rapport à leurs parents ou à leurs maîtres, qui ont très peur de penser par eux-mêmes.


    J'en veux pour preuve entre autres cet ami m'affirmant que ce que j'écris dans mes articles, sur mon blog, en statuts « Facebook » (TM°), et sur Agoravox, est dangereux en soi car contrevenant gravement aux idées énoncées par tout le monde par ailleurs, que cela me fait remarquer et courir un risque grave amenant la perte de toute possibilité de vie sociale.


    D'après son argumentaire, ce qui était le plus dangereux était surtout de se singulariser par rapport aux autres, et non d'avoir des idées différentes.


    Pour lui qui a des idées apparemment opposées aux miennes, ce n'était pas les opinions qui étaient dangereuses mais de sortir du standard de pensée ou de réflexion, de ne pas rester dans sa case bien définie, le « catho réac », selon l'étiquette dont on m'affuble le plus souvent, se devant d'être forcément « bégueule » sur le plan du sexe, libéral en économie, et bourgeois, forcément bourgeois, voire si le méchant réac insiste un émule de Jorge de Garcia l'inquisiteur malfaisant du « Nom de la Rose »,


    Celle ou celui qui prendrait le risque de cette comparaison s'étant contenté du film de Jean-Jacques Annaud n'ayant jamais lu l'excellent livre de Umberto Eco qui parle aussi de la puissance de la littérature.


    Tout comme à l'inverse, quiconque critiquant le libéralisme étant désigné à la vindicte comme une sorte de « moujik » dangereux le couteau entre les dents, et forcément marxiste, alors qu'on peut être anti-libéral sans être obligatoirement un émule de l'auteur du « Capital »...


    Bien souvent, j'ai d'ailleurs compris que ce n'était pas mes idées qui m'étaient en fait reprochées, mais mon désir d'indépendance face au collectif, mon désir de ne pas être inclus forcément dans le troupeau selon une appellation contrôlée bien définie. Cette volonté de sortir du confort intellectuel collectif est vécue et perçue par ses esclaves consentants comme une atroce prétention, une vanité insupportable quand celle-ci n'est pas psychiatrisée, assimilée à une volonté de contrôle de ses semblables, un mal-être du à des traumatismes vécus durant l'enfance.

    Internet par cette expression tous azimuts a ses risques inhérents, ses extrémistes qui ont la parole de plus en plus décomplexée, ses maniaques du complot, mais ce sont après tout des risques à prendre afin de se confronter à tous les sujets, ce qui permet parfois de démasquer les faux-semblants, les mensonges, l'hypocrisie.


    Et les poncifs les plus éculés qui sont la plupart du temps la base de réflexion de tous ceux qui prétendent se conduire en véritables humanistes sur le Net, ayant le courage insigne à leurs yeux de se dire contre la violence, la haine et l'injustice, pour la liberté, l'égalité et la paix surtout quand il n'y a aucun risque à le faire et que cela n'implique aucun acte concret...


    Le réseau des réseaux est un terrain privilégié pour ceux qui les expriment sans aucuns scrupules ni remords réels, ces poncifs, privilégiant les échanges manichéens qui font du « beuzze » (TM°) sans remettre l'essentiel en cause aux discussions réellement argumentées qui sont autrement plus dangereuses, et subversives, le « beuzze » (TM°) étant ce qui fait tourner le mieux le système spectaculaire qui distrait l'individu moderne, le citoyen consommateur, de toute réflexion un peu construite sur sa place dans la société contemporaine.


    Tout ce qui pouvant prêter à débat est traité sur le mode affectif et des procédés qui bien que grossiers fonctionnent à chaque fois.


    Est-il devenu dangereux d'exprimer des opinions à contre-courant sur Internet comme dans la vie ?


    Ce n'est pas qu'il y ait une réelle censure officielle. C'est beaucoup plus pervers...


    Celle-ci a à première vue disparu.


    Par contre, c'est l'ensemble des individus qui devient censeur du voisin, et ce pour diverses raisons dont la jalousie, l'envie, la peur de ne pas être comme les autres, la lâcheté par peur de ne plus pouvoir se faire une place à cause de personnes que l'on voit comme supérieures car ayant des velléités d'indépendance, les frustrations ressenties à ne rien sentir de particulier chez soi, la simple sottise aussi, celle de l'imbécile docile et satisfait de l'être.


    Les collègues « gougueulisent » les nouveaux dans un service sans que la direction n'ait à le faire, les ragots vont bon train suite à ce que les un ou les autres laissent de « traces numériques ».


    Et celui qui oserait montrer un embryon de différenciation ou d'indépendance d'esprit est lentement mais sûrement ostracisé sans que les tenants du pouvoir n'aient à bouger le petit doigt, il suffit d'évoquer les sanglots dans la voie la Crise et les difficultés qu'elle implique, la construction d'une mondialisation montrée comme heureuse, forcément heureuse, et le contradicteur qui se conduirait en trublion irresponsable, en enfant gâté qui serait responsable de tout ce qui pourrait bloquer l'avènement de l'utopie universelle ou supposée telle.


    Ces dangers bien réels pourraient décourager de s'exprimer réellement librement sur le web, moi cela m'inciterait à rajouter quelques cuivres et grosses caisses....

    image empruntée au blog la quadrature, excellente source sur les risques de censure du net

  • La censure, Céline et Maurice Sachs

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    Moins connu que Noah mais on en parle aussi sur Agoravox

    Le ministre de la culture et Serge Klarsfeld ne connaissent pas visiblement l'histoire de Maurice Sachs, dont ils n'ont pas dû à mon sens lire le journal, « Au temps du boeuf sur le toit ». L'auteur de cet ouvrage opte pour une attitude très ambiguë pendant la Seconde Guerre, car il collabore et fait du marché noir à grande échelle, même s'il meurt d'une balle dans la nuque tirée par un SS (ci-contre la cellule où il est mis "au secret" en 1945), (Il fascinera et fascine toujours Patrick Modiano pour qui il est une figure paternelle idéale).

    louis-ferdinand-celine-a-meudon.jpgAu passage, le cas de Maurice Sachs, d'origine juive, converti au protestantisme en 1937, attiré un temps par le communisme, montre toute la complexité des êtres humains pendant l'Occupation et que ni l'héroïsme, ni la saloperie ne sont solubles dans de grandes et creuses formules.

    Il n'est pas plus amoral que d'autres somme toute.

    Je ne suis pourtant pas vraiment un admirateur de Céline.

    Pourtant à certains moments de la vie d'un littéraire, cela fait bien de porter aux nues cet auteur qui sent un peu le souffre, du fait justement de ses pamphlets antisémites.

    Les adolescents boutonneux mal dans leur peau et un peu cultivés lisent « le Voyage au bout de la nuit » pour rester confortablement au chaud dans le cocon de leurs névroses post-pubères, se fichant finalement du style de Céline. J'aime beaucoup « le Voyage », j'aime beaucoup également « Normance » ou encore « Guignol's Band », mais à Céline je préfère largement Marcel Aymé ou encore Vialatte.

    Passé vingt ans on réfléchit un peu plus sur les auteurs que l'on aime, c'est une éducation du goût progressive, au début on aime bien les plats épicés qui arrachent le palais et puis ensuite, on apprend à retrouver les saveurs réelles de ce que l'on déguste.

    Ce qui sauve Céline, c'est sa sensibilité à fleur de peau, son émotivité face à la laideur et à la sottise florissantes dans ce monde qui célèbre un peu plus la « machinisation » de l'être humain tous les jours.

    Il y a quelques temps, on a pu lire la correspondance de jeunesse de Céline et celle-ci explique beaucoup de choses. On y découvre un jeune homme torturé par le désir de plaire et qui n'y arrive pas. Timide et fluet, il voudrait être comme les costauds de la bande, les hommes forts et sûrs d'eux, virils et affirmés. Il veut monter à cheval mais s'aperçoit que non seulement il a peur de l'équidé qu'on lui confie à l'armée et qu'il déteste être sur son dos.

    On oublie également que si Céline était le « médecin des pauvres » à Drancy et qu'il oubliait deux fois sur trois, au grand désespoir de sa femme, de faire payer ses patients.

    Le ministre de la Culture a donc décidé de ne pas célébrer le cinquantenaire de la mort de Céline, du fait de l'antisémitisme du père de Ferdinand Bardamu et à la demande du CRIF et particulièrement de Serge Klarsfeld. Cette décision infantilise donc les lecteurs de Céline qu'elle prend pour des grands enfants incapables de faire la part des choses.

    Cela n'empêchera pas ceux qui lisent Céline parce qu'il est antisémite de continuer à le faire...

    A la rigueur, que les institutions célèbrent ou non un écrivain on s'en fiche un peu, cela n'empêchera pas de le lire, cela ne m'empêchera pas de le relire, tout comme je relirai Bernanos, Anouilh, Antoine Blondin, Jacques Perret et Roger Nimier, ou Jacques Laurent, tous au purgatoire car ils n'ont pas fait les bons choix idéologiques et moraux pendant la dernière guerre ou au moment de la décolonisation.

    Si on doit censurer tous les livres qui contreviennent à la morale publique ou ne plaisent pas à telle ou telle communauté, je suggère aussi de retirer des rayons des librairies ces auto-biographies de quinquagénaires aisés qui racontent sans vergogne leurs bonnes fortunes adolescentes en Thaïlande.

    Je ne parle même pas de Drieu, mis d'office en enfer, ou de Chardonne, fabuleux écrivain du couple, qui lui tient compagnie en ce lieu où l'on ne retrouve jamais par contre tous les salonnards qui ont soutenu Mao ou Pol Pot, ou encore Staline.

    Entendons-nous bien, quant à l'appréciation littéraire de leurs oeuvres on peut complètement se ficher qu'Aragon soit resté stalinien jusqu'à la fin de sa vie ou que l'exquis Roger Vailland ait cotisé au PCF également. Beaucoup de maoïstes, anciens ou pas, ont pourtant encore pignon sur rue, y compris ceux qui ont viré « néo-con ».

    La décision de Frédéric Miterrand de ne pas célébrer Céline officiellement cette année rappelle tout le poids des préjugés et lieux communs énoncés chaque jour par des petits marquis des lettres, (non poudrés et frisotés, aujourd'hui ils ont plutôt tendance à avoir la mèche tombante), au sujet de tous les écrivains qui n'ont pas « la carte », dont par exemple les Hussards comme j'ai pu le lire sur un forum il y a quelques jours concernant un article rendant hommage à Jean Dutourd.

    La « fausse littérature simili hussardienne » comme disait l’autre sur le fil de commentaires liés à ce texte témoigne de l’opinion de quelqu’un qui ne l’a pas lu ou mal, pour qui la littérature doit avoir un intérêt quantitatif ou engagé, ou con-cerné, une utilité sociale.

    Je rappelle qu’il y a des hussards de gauche, comme l’exquis Roger Vailland voire d'ailleurs Jacques Laurent.

    Les « hussards » écrivent sur ce qui parait futile, en sachant bien que c’est justement ce qui parait futile aux gens qui est justement fondamental, ceux-ci souffrant d’un esprit de sérieux trop bien implanté mais aussi d'une tendance à la réduction « ad hitlerum » « ad nauseam ».

    Les « hussards « sont encore mal vus parce que ne se souciant pas le moins du monde de répandre une quelconque vulgate idéologique, mais se souciant surtout de la beauté du monde, de la difficulté d’être léger dans un monde pris dans la gangue de sa pseudo-gravité, sous le joug du tout quantifiable aliénant.

    Rectificatif quant à l’article :
    Je me suis emmêlé les pinceaux dans ma phrase concernant Bernanos qui n’a rien à voir avec Céline quant à l’antisémitisme ou humainement d'ailleurs.

    Il disait ceci de Céline en 1932 (Le Figaro, décembre 1932)
    "Pour nous la question n’est pas de savoir si la peinture de M.  Céline est atroce, nous demandons si elle est vraie. Elle l’est. Et plus vrai encore que la peinture , ce langage inouï, comble du naturel et de l’artifice, inventé, créé de toutes pièces à l’exemple de la tragédie , aussi loin que possible d’une reproduction servile du langage des misérables, mais fait justement pour exprimer ce que le langage des misérables ne saura jamais exprimer, la sombre enfance des misérables."

    Il admirait son écriture et ne le suivait pas une seconde sur le reste.
    Ci-dessous une chanson de Céline interprétée par lui-même


    A noeud coulant - Louis Ferdinand Céline
    envoyé par alcyon12. - Regardez plus de clips, en HD !