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caustique

  • Le monde appartient aux brutes et aux imbéciles

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    Une des nouvelles que je préfère de Marcel Aymé est « les bottes de Sept lieues », dans le recueil "le Passe Murailles", adaptée en 1990 par Hervé Baslé dans un téléfilm très réussi.


    littérature,société,politique,hypocrites,spectaculaire,lucidité,caustiqueJe préférerai toujours, même si c'est moins chic, Marcel Aymé pour ses récits et « contes » à Céline. Marcel Aymé n'a jamais de haine pour ses personnages et autres frères et sœurs en humanité, ce qui ne l'empêche pas d'être lucides, et de pointer les travers de ses congénères avec finesse et pertinence sans pour autant les envoyer en enfer ou au paradis, les condamner, les rédimer selon son bon vouloir. Ainsi de nombreux auteurs, tout comme des commentateurs politiques, des journalistes, des pékins moyens, apprécient-ils de se prendre pour le diable ou le bon dieu, ce qui est paradoxal dans une époque où les métastases libérales libertaires ont gangrené quasiment toute la société.

     

    Dans ses contes, les assassins peuvent redevenir des enfants (ce qui n'empêchera pas les juges de les condamner à mort), les saints peuvent pêcher, par devoir, sans risques, les fonctionnaires qui s'ennuient au bureau traversent les murs, les huissiers protègent les veuves des propriétaires, les gosses sont plus humains que les grandes personnes, les donneurs de leçons sont ridiculisés et les petits bourgeois moqués dans tout le grotesque de leurs certitudes absconses.

     

    C'est aussi un timide, un émotif qui écrit pour se protéger, ne pas être blessé.

     

    Dans cette histoire, des gamins de Montmartre se retrouvent tous à l’hôpital après une bagarre homérique entre eux pour savoir qui aurait le droit d'aller acheter des bottes réputées être celle du conte de Perrault qu'ils ont entre-aperçues dans la vitrine d'un antiquaire excentrique de « la Butte », rue Drevet. Ils finissent par se réconcilier, rêvant du moment où ils pourront chausser les bottes légendaires, s'étant accordés pour en partager l'usager avec équité et justice.

     

    Ils en parlent tous à leurs parents qui, tenant à faire plaisir à leur progéniture, et avoir la paix ensuite à la maison, essaient de les acheter, mais qui échouent lamentablement à le faire l'antiquaire demandant à chaque fois un prix ridiculement exorbitant pour les bottes, ou alors le surprenant apparemment dans des situations abracadabrantes qui les scandalisent : jouant aux échecs avec un oiseau empaillé, se battant en duel avec un mannequin de couture etc....

     

    Seule la mère célibataire d'un garçon sage parmi eux y arrivera, pour quelques pièces.

     

    Je me reconnais, moi enfant, dans ce garçon sage, qui reste à l'écart mais refuse d'être le « premier de la classe », qui préfère les chahuteurs et les mauvais élèves aux enfants dociles et obéissants. Comme lui, j'avais très peu de confiance en moi tout en étant révoltés par le pouvoir que les imbéciles et les brutes ont et conservent sur ce monde dés l'enfance ; car le monde leur appartient et continuera à leur appartenir encore quelques temps malgré les bonnes intentions des uns ou des autres, qui ne se traduisent jamais.

     

    C'est à cela que celles-ci sont destinées il est vrai, rester des bonnes intentions.

     

    C'est le propre des enfants un peu trop sensibles au monde. Percevant avec acuité les sentiments de ceux qui les entourent, ils sont bien souvent beaucoup plus blessés que les autres. Ils en retirent une confiance très modérée dans l'espèce humaine, mais aussi en eux-mêmes. Je suis convaincu par contre que les imbéciles ont toujours une absolue confiance dans leur jugement, ne le remettant jamais en question, n'étant pas blessés ou alors dans leur orgueil, ce qui les amène à emmagasiner divers complexes et frustrations qui seront compensées, ils le pensent, par la possession d'objets réputés indispensables dans la société spectaculaire.

     

    Les brutes et les imbéciles estiment que la violence dont ils sont capables de faire preuve, collectivement ou individuellement, justifie à elle seule leur ascendant sur le monde. « Bienheureux les doux » disait un homme il y a près de 2000 ans sur une colline de Galilée, et d'autres béatitudes que les chrétiens tout comme les incroyants apprécient de prononcer, mais ne se sentant pas vraiment concernés, à de rares exceptions....

  • Les messes festives

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    Ou plutôt Les messes dites festives

    Concert-sauvage-dans-la-foret-Saorge-06.jpgDe plus en plus, comme ailleurs, il faut que les messes ce soit festif, drôlement gai, plein de couleurs chatoyantes, que les animateurs se tortillent pour pousser l'assistance à en faire de même pour montrer qu'elle est tellement joyeuse d'être ici avec tous les copains. Généralement, ce sont les animateurs qui se font plaisir, dont celui qui tape sur le tambour ou le djembé ou le tambourin. C'est souvent un petit garçon bien sage, ou une petite fille bien raisonnable, qui n'ira pas taper sur son djembé à la sortie du métro, en se coiffant avec des dreadlocks, ou fumer des substances prohibées, des cigarettes qui font rire, avec des chouettes copains ou de chouettes copines en baggys qui se lavent une fois tous les trois jours car ils sont trop rebelles, t'vois ? Cependant, le petit garçon bien sage et la petite fille bien raisonnable ne rêvent que de ça, flemmarder en oubliant Papamaman qui poussent derrière pour les études, la prépa à « Ginette » (où le balai dans le conduit intestinal n'est en somme qu'un mauvais moment à passer) ou à Saint Louis de Gonzague. En semaine, ils ont donc la mèche bien nette, le serre-tête bien droit, la longueur de pantalon réglementaire, tout comme celles des jupes. Il y a une légende circulant parmi beaucoup d'hommes, cela va de l'ancien cyrard à l'ancien scout, qui veut que ces demoiselles cachent en fait un tempérament de feu sous une apparente sagesse. Ce n'est qu'une légende, hélas, qui vient de ce préjugé, répandu par les laiderons (les filles que l'on trouve tellement « sympa et pleines de vie, quel dommage qu'elles restent célibataires » comme l'on entend souvent dans ce genre de cérémonies), sur les jolies filles, leur beauté impliquerait qu'elles aient toutes la cuisse légère.

    Mais le dimanche, on se défoule. Ou pendant les grands rassemblements de djeuns que l'on affectionne de plus en plus, on ne s'y drogue pas à l'ectasy et on n'y reste pas prostré des heures devant un baffle géant, on s'y shoote au grégaire et à l'affectif surjoué.

    On me dira, c'est moins grave et je ne suis qu'une petite barrique ronchon...

    Ce à quoi je réponds que « ch'suis comme ch'suis ».

    Ci-dessous une chanson des "Fatals Picard"


    LES FATALS PICARDS : "Djembé Man"
    envoyé par SsamH. - Regardez plus de clips, en HD !