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cauchemar

  • California nightmare

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    Cette critique est sur Causeur

     

    à propos de « California Girls » de Simon Libérati chez Grasset, août 2016

     

    charles manson, california girls, simon libérati, rêve, cauchemar, utopie, années 60, amaury watremezSimon Libérati a ceci d'intéressant est qu'en lieu et place de se lancer dans ses romans dans une introspection complaisante de sa petite personne, une psy en direct devant tous les passants en somme, il préfère faire véritablement œuvre de littérature. Il évoque ici le crime le plus connu de la « famille » Manson commis en Août 1969, le meurtre sauvage de Sharon Tate et de ses amis par des pauvres filles et un raté au nom des délires de leur gourou. Ce massacre marqua véritablement la fin des années 60 et de leurs illusions révélant la réalité derrière les apparences et l'utopie.

     

    Il paraît que certains critiques ont accusé l'auteur de manquer d'empathie envers ses personnages, c'est tout l'inverse. Il s'identifie à chacun d'entre eux, y compris les pires, comprenant la complexité de leur humanité. Il montre aussi qu'un assassin fanatisé n'est pas un monstre en dehors de l'espèce humaine, qu'au contraire il se situe dans la « banalité du mal ». Le pitoyable primate se traînant à la surface de cette boule de glaise étant notre maison commune est capable du meilleur, est appelé à la Beauté mais il se laisse souvent aller au pire, à l'abject, se justifiant plus ou moins laborieusement de ses appétits.

     

    Simon Libérati décrit très habilement le processus d'embrigadement des filles et des jeunes gens composant sa « famille ». Il n'est pas le seul dans son genre, un petit criminel minable ancien proxénète et dealer reconverti dans le sectaire, une affaire beaucoup plus juteuse, mélangeant satanisme, nazisme et utopie hippie dans un curieux mélange. Comme beaucoup de minables il était convaincu que le monde entier lui était redevable à commencer par ses « disciples ». Pour montrer leur allégeance ils devaient tous offrir une somme d'argent conséquente. Manson voulait provoquer « l'Helker Skelter », l'apocalypse. Il avait cru le comprendre en écoutant la fameuse chanson de « l'album blanc » des « Beatles » persuadé que celle-ci lui était spécialement adressée....

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  • De quoi se plaignent les utopistes ?

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    Je n'ai a priori rien contre les utopies, rien non plus contre les utopistes qui ont au moins le mérite de rêver d'un autre monde, et non de se contenter de l'iniquité actuelle.

     

    medium_paludetti_utopie.jpgMais je suis persuadé que lorsqu'un utopie se réalise, elle finit par tourner par sa nature même au cauchemar à plus ou moins long terme, faisant de l'être humain une variable d'ajustement forcé de s'adapter, pour son bien, et au nom de bonnes intentions, ou d'être puni pour sa résistance, voire annihilé sans remords, ou emprisonné.

     

    Toutes les utopies se rejoignent dans ce bonheur insoutenable car imposé, et niant tout libre-arbitre aux personnes, le plus souvent même avec leur participation enthousiaste par peur de sortir du troupeau des bêtes à cornes dociles ou de perdre leur confort matériel, même le peu qu'il en reste, et intellectuel, pour le peu d'intellect restant aux citoyens consommateurs actuels.

     

    Le libéralisme comme le socialisme, l'écologie politique, tout comme les convictions des croyants qui font de leur foi une idéologie, naissent d'utopies qui se ressemblent toutes sur ce point, elles sont censées permettre un bien universel de manière globale, et ce parfois contre la nature humaine qui est un élément de réflexion qu'elles ne prennent jamais en compte, ne voulant pas accepter non plus que celle-ci est ontologiquement imparfaite, ce qui est très bien comme ça et qui donne son sel à la vie, permet l'Art et la Littérature, la Musique, le Cinéma, la Photographie...

     

    L'humain est d'ailleurs toujours considéré comme nocif, malsain dans l'application des mesures réalisant l'utopie. Certains adeptes de la Décroissance vont même jusqu'à rêver d'un monde enfin débarrassé de l'être humain, d'autres fantasment sur l'homme « augmenté », enfin libéré de ses sentiments, un monstre quoi, d'autres encore rêvent d'une humanité qui ne soit que purs intellects ou purs esprits.

     

    Nous vivons dans une société qui commence à réaliser pleinement l'utopie libérale, encore au nom du progrès et de la modernité, utopie que je trouve pour ma part bien sinistre :

     

    Tout y est une marchandise, de l'enfant aux rêves en passant même par l'amour entre deux personnes ou l'intimité des célébrités et le ventre des femmes bientôt. Les plus jeunes, les adultes les suivant, ont intégré la surveillance généralisée de leur vie privée ainsi que le fait que la dignité ne tiennent qu'à des objets qu'il convient de posséder....

     

    L'être humain n'y est devenu qu'une variable d'ajustement, avec sa participation et sa soumission par peur panique de sortir de la grégarité et surtout de ne plus pouvoir consommer. Bientôt, trop vieux, handicapé ou en dehors des normes, on le supprimera au nom de la compassion universelle. Toujours avec l'assentiment enthousiaste de la plupart des individus composant cette société.

     

    Et le « Meilleur des Mondes » de se réaliser lentement mais sûrement....

    image excellente empruntée à ce non moins excellent blog