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catho passif

  • Suis-je un catholique agressif ?

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    politique, société, christianisme, catho agressif, catho passifSur Internet comme dans la vie réelle (celle qui commence ami lecteur de la jeune génération quand tu éteins ton portable et ton ordinateur) quand un catholique s'exprime il a généralement en face de lui de fins connaisseurs de l’Écriture Sainte qui savent qu'il lui est interdit de répondre. Si on l'insulte, qu'on lui objecte des sottises, que l'on dit des absurdités sur l’Église, il est tenu de tendre la joue gauche alors qu'on lui gifle la droite, voire même de se laisser battre comme plâtre, de faire encore repentance après tout en écoutant docilement les leçons de morale sur l'Inquisition, les Croisades et l'Affaire Dreyfus, toutes choses rappellent les « z-heures les plus sombres de notre histoire ».

     

    Il se doit d'admettre au moins « a minima » que les clercs sont tous pédophiles, à de rares exceptions, que les cardinaux sont tous des profiteurs vendus à la Mafia, et la loge P2, sauf le Pape François qui est bien vu dans les médias qui ne s'attachent qu'à sa « com », que Benoît XVI était un pape forcément « réac » et suppôt des « tradis », alors que sont livre « le Sel de la Terre » montre sa modernité, et rejeter Jean-Paul II dans les oubliettes car ne défendant pas le préservatif comme il aurait dû faire s'il eût été un pape en phase (je tâche de placer des imparfaits du subjonctif, ça aussi c'est « d’extrême droite » ou « réac » aux yeux des lecteurs arbitres des élégances morales).

     

    D'ailleurs on le dit souvent aux catholiques, « Moi j'aime bien l’Évangile, le Christ, toussa, mais c'est le clergé que j'aime pas », car admettre l'utilité de l'Eglise et des clercs c'est admettre l'existence d'une morale commune tirée de l’Évangile, c'est admettre l'existence de contraintes vis-à-vis des autres, de devoirs envers son prochain et cela notre société ne le supporte pas, une contrainte en effet bloque l'individu tellement libre de 2014 dans sa « liberté de consommation » et donc d'entretenir la dynamique du système, et donc de se soumettre et rester soumis.

     

    En définitive, l'on reproche à ses ces papes d'avoir été catholiques. L'enthousiasme concernant le pape François que les cathos de « progrès » et la société civile trouvent tellement percutant cache le fait qu'ils n'ont pas changé pour autant quoi que ce soit à leur comportement égoïste dans la société actuelle. On loue le pape François par procuration, comme alibi, un peu comme on achète une plaquette de chocolat dit « équitable » de temps en temps pour se donner bonne conscience et croire que l'on aide ainsi les chtits n'enfants n'africains qui meurent de faim en croquant des carrés de cacao..

     

    Le catholique face à cela a deux possibilités : soit il se conduit en « catho de service » gentillet, le brave gars, la brave fille, un peu timide, un peu emprunté-e sur les bords qui sert de faire-valoir utile à se copains plus « libérés » qui couchent à droite à gauche sans complexes. Il se doit alors d'écouter sagement les leçons de grande tolérance qu'on lui donne, avec componction et modestie. Il se doit de toujours relativiser, de rassurer son entourage anxieux sur le risque qu'il court constamment l'inconscient de tomber dans la nostalgie des z-ôôrdres noirs ou du retour à un n'ordre moral terrible et dangereux, et finalement, aux z-heures les plus sombres de notre histoire, comme je dis toujours.

     

    Devant les caméras il prendra soin de bien répéter combien il n'est pas de droite, que c'est mâââl, d'ailleurs il est « apolitique » et n'est pas du tout, ohlala, mon dieu non, un « intégriss », de ceux qui vont à la messe tous les dimanches. Car aller à la messe tous les dimanches suffit largement pour être qualifié d'intégriste en 2014. On dira alors de lui qu'il est un catholique acceptable, du moins fréquentable. Bien sûr il n'évoquera jamais sa foi devant ses amis, à moins qu'on ne les interroge nommément, car évoquer sa foi c'est déjà moraliser aux yeux de la société actuelle.

     

    Ou alors, il peut aussi courir le risque d'être qualifié de « catho agressif » car ouvrant sa gueule (un catho qui ouvre sa gueule, quel que soit son discours est un catho mort), essayer de vivre sa foi sans être dans la peur d'être rejeté par un troupeau aveugle dont les penchants et les aspirations sont à l'inverse des siennes, un troupeau pour qui on sera un prétentieux qui se croit meilleur que les autres alors qu'un chrétien, par nature, se sait infiniment faillible comme être humain. Bien entendu, il faut alors courir le risque, si c'en est un, de remonter le courant, un courant très fort, très puissant. Mais c'est alors beaucoup plus libérateur que l'assouvissement des pulsions préconisé par la société de bêtes de somme soumises de la France de notre temps.

     

     

    Et c'est ainsi qu'Allah est grand.

     

    En illustration l'auteur en pleine extase mystique