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  • Florence Cassez, le « storytelling » et la comédie médiatique

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    Je ne souhaiterai jamais à mon pire ennemi ce qui est arrivé à Florence Cassez, son emprisonnement dans une prison mexicaine pendant sept longues années en particulier, tout comme je ne souhaiterai à aucun parent de devoir vivre l'emprisonnement de leur enfant, fût-ce dans une « prison dorée ».

    politique, société, Cassez, UMP, PSCependant, tout le tapage médiatique fait autour d'elle, qui n'est pas la seule personne retenue abusivement, ou non, derrière les barreaux, ou otage (ceux d'AQMI par exemple dont les noms ne sont que trop rarement prononcés), agace considérablement ainsi que le battage effectué par tous les « pipeaules » et politiques ayant appelé à sa libération, du fait de liens étroits de Florence et ses parents avec tout ce milieu.

    Ne parlons de la polémique que l'on peut juger abjecte sans trop se forcer entre les partisans de Sarkozy et ceux du nouveau président sur le fait de savoir qui a fait le plus pour la libération de Florence Cassez.

    N'évoquons pas non plus le sens du « storytelling » des communicants autour de Sarkozy et de Hollande, le cynisme en découlant :

    Une bonne petite histoire en forme de mélodrame avec des morceaux d'émotion et de roman policier dedans qui finit bien c'est toujours bon à prendre pour faire oublier la montée inexorable du chômage, les licenciements dans l'industrie automobile, ou la politique d'allégeance à l'austérité européenne imposée par l'Allemagne.

    Florence Cassez est-elle innocente des actes dont elle a été accusée ?

    Je ne saurais me prononcer, ne pouvant prétendre à sonder les reins et les cœurs, et peut-on se fier aux accusations d'un truand, le frère du principal inculpéé, le chef de bande Israel Vallarta Cisneros, qui avait certainement vu en la jeune femme un bouc émissaire valable en somme, une brebis sacrificielle qu'il avait sous la main, ce qui lui permettait de dénoncer également ses comparses criminels largement moins naïffs.

    Je ne crois pas malgré tout qu'elle ait été une complice active des manigances de son petit ami de l'époque qui était Vallarta Cisneros.

    Est-elle une « oie blanche » pour autant ?

    Son petit ami était quand même un malfaiteur notoire, malgré quelques doutes au départ, organisant des enlèvements atroces et auteur de diverses rapines. Comme la plupart des chefs de bande au Mexique, il menait grand train. Les réunions de la « bande du Zodiaque » avaient lieu à son domicile, elle ne pouvait pas ne pas le savoir.

    Je me suis demandé si elle s'est jamais posé la question ne fût-ce qu'une seconde sur l'origine des flots d'argent dont Vallarta Cisneros inondait ses amis et relations, témoignant elle-même qu'elle était courant que ce monsieur ait 70 000 Euros dans ses poches en « liquide » comme tout un chacun c'est bien connu.

    Je me suis demandé également aussi si elle s'est jamais posé la question une fois, une seule, des crimes commis par son « fiancé », crimes dont elle ne peut qu'avoir eu connaissance.

    Et selon moi, en fait, elle ne s'est jamais posés ces deux question, profitant du confort matériel permis par les « affaires » de son petit ami en bonne petite « oie blanche » justement. Le confort extrême endort généralement les questionnements moraux chez bien des personnes, y compris celles se parant de bonnes intentions. Et ce devait être tellement excitant d'être la compagne d'un « mauvais garçon » comme dans les films, un genre de « femme fatale » en quelque sorte éblouie par toutes les richesses qui brillaient sous ses yeux, se fichant de connaître leur origine.

    Ce dont je suis à peu près certain c'est qu'elle s'est pour toutes ces raisons laissée prendre au piège, et que si elle a été un bouc émissaire commode pour les truands, elle l'a été aussi pour la police qui avait sous la main une criminelle à montrer aux médias pour montrer son travail ce qui permettait d'éviter que soit perçue l'incurie quasiment totale des policiers mexicains jusque là, qui ont été jusqu'à organiser une reconstitution plus spectaculaire de l'arrestation de la jeune femme.

    Une autre manière de « storytelling » en quelque sorte...

    Florence Cassez en a livré sa propre version dans un livre qui a été une excellente affaire pour son éditeur jusqu'à maintenant (60000 exemplaires en trois ans, réimpression suite à sa libération), et qui va continuer à l'être. Après tout, tant mieux pour elle, cela lui permettra de vivre sans trop se soucier du lendemain pendant quelques temps encore.

    Elle a été libérée hier dans un grand fracas émotionnel organisé par le « grand cirque spectaculaire » (TM°), affirmant qu'elle était « blanchie », ce qui n'est pas tout à fait exact. On peut comprendre son empressement à se dire innocente, à vouloir oublier ce cauchemar.

    Ce n'est pas de sa responsabilité mais on aimerait le même empressement médiatique pour toutes les victimes d'emprisonnement abusif...

    Image empruntée ici sur le site du PS