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célébrités

  • L'abjection fait-elle vendre ? - Yann Moix et les suisses

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    Un cinéaste de talent, ce n'est pas non plus un génie, reste seul pendant une après-midi avec une gamine de treize ans pour une séance de photos. Il la drogue et la baise (je ne vois pas d'autre mot). On peut avoir du talent et être humainement une ordure, même après avoir subi l760900714.jpges pires des souffrances dans le ghetto de Cracovie. C'est la nature humaine, le plus souvent extrêmement décevante, c'est sa fatalité.

    Personne n'est noir ou blanc, tout bon ou tout mauvais. Les personnes un peu lucides savent pertinemment que certains parmi les autorités suisses veulent s'acheter une conduite du fait du blanchiment d'argent et de la discrétion zélée des banquiers, on sait très bien que le nouveau procureur de Los Angeles était en pleine campagne électorale et que l'affaire Polanski rapporte des voix, c'est donc toute une superposition d'hypocrisies à laquelle il faut rajouter celle des pipeaules et des puissants, et de ceux qui les admirent, ou les envient, ceux qui se laissent éblouir, comme les parents de la petite qui ont aussi une responsabilité écrasante, je les imagine éblouis par la gloire et le clinquant d'Hollywood, le désir d'être célèbre pour rien, pour du vent.

    Polanski eût-il été un instituteur ou un prêtre catholique que les pipeaules et leurs adorateurs seraient montés les premiers au créneau pour pleurnicher quelques larmes de crocodiles et balancer un ou deux lieux communs sur la morale hypocrite. Là, c'est l'un des leurs, l'un de ceux dont les naïfs et les crétins envient le style de vie. Personne, à commencer par Polanski lui-même, et surtout pas Yann Moix, ne parle vraiment de la victime pour qui le cauchemar recommence.

    On me dira, il n'en a rien à foutre, il ne cherche qu'à vendre son dernier bouquin, étant un peu en perte de vitesse et de bruit médiatique depuis « Cinéman ».

    Celui-ci écrit : «Nous voudrions que la population ait honte, définitivement honte, pour ce qu'elle fait endurer à Polanski. Que des grèves se déclarent à Genève, à Lausanne, à Gstaad, ou des manifestations. Que les gens sortent dans la rue. Crient. Hurlent. Contre leur gouvernement.».

    codebarre3_jpg.jpgParlons donc de morale, là c'est ce à quoi Moix semble se laisse aller, une leçon de morale dans le ton de l'époque. Pour cela, il faudrait venir d'un pays sans tâches. Or, il me semble qu'après la guerre, ceux qui acclamaient Pétain en avril 44 à Paris ou Bordeaux n'ont eu aucune honte d'acclamer De Gaulle quelques mois plus tard, il me semble aussi que personne aujourd'hui n'a vraiment de honte quant aux 220 000 harkis laissés en arrière en Algérie. Sans oublier le million de sans-abris en France en 2010 qui vraisemblablement ne gêne concrètement qu'une infime minorité de français.

    Il dit aussi : « Suisse, sois une nation, sois un pays, sois quelqu'un. Sois un homme, Suisse.» Comme on l'a déjà dit sur ce blog, l'imbécile qui n'a plus rien à dire n'a plus que la haine à offrir pour discuter d'un sujet, et il finit toujours par parler de ces couilles. Ce qui est ironique, c'est qu'il utilise pour cela la même rhétorique que dans les torchons qui avaient l'habitude de mener des campagnes abjectes toujours basées sur des attaques « ad hominem ». Quand on oublie que la nature humaine est complexe, on en revient toujours à la haine et à la xénophobie, la diatribe de Yanne Moix se terminant ainsi : « Je te hais, Suisse. Je te demande de m'arrêter, moi aussi, le jour où je viendrai te voir. Pour cracher sur ton sol immonde.».

    C'est exactement pareil en politique.