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  • Vade-mecum de la dégénérescence dans le bus

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    Anges4.jpgAfin de mesurer efficacement la dégénérescence d'une société, la nôtre en l’occurrence, prendre les transports en commun est un bon outil, ce qui ne suscite guère de transports, et reste très commun. A ce qui suit ami lecteur, amie lectrice, tu penseras certainement que je suis anti-jeune et bien méchant envers les ados, car ce que tu lis sur le Net, il est bien rare que tu en comprennes le second degré, à de rares exceptions.

     

    Pour mesurer le degré de déliquescence de notre société spectaculaire, Il suffit donc d'écouter les conversations, d'observer les comportements, bien loin de statistiques ou de pensums sociologique, de déclarations d'intentions -toujours des bonnes- politiques. Nos politiques et nos idéologues, faut-il le dire, sortent rarement dans la rue, se confrontent rarement au monde, cela leur fait très peu et contredit leurs certitudes absconses et belles théories, et de plus, cela risquerait de les culpabiliser quant au confort matériel dont ces beaux esprits profitent sans aucun remords même en temps de crise.

     

    Il y a deux jours, dans le bus, j'ai dû subir de mon point de départ jusqu'à mon point d'arrivée une pauvre gosse, même pas « issue de la diversité » (TM°), même pas issue de milieux réputés précaires socialement, qui croyait bon de rajouter « sa race » ou « ça me pète les couilles » (je cite dans le texte) dans chacune de ses phrases, pensant certainement que cela lui donnait l'air affranchie et moderne, et qu'ainsi elle ressemblait plus aux participants décérébrés des émissions dite de « télé-réalité » dont elle rebattait les oreilles à une de ses camarades bâtie sur le même modèle ( « smartphone » (TM°) vissé à la paume de la main, « djinn » « elastis » (TM°) taille basse, sac « de marque » etc...).

     

    Celle-ci l'écoutait avec une patience et une magnanimité que j'admirais pendant que son interlocutrice racontait avec forces détails sa vie sexuelle et sentimentale dont on pouvait soupçonner que l'une et l'autre était un rien exagérée. Elle poussa la mise en scène jusqu'à passer un coup de téléphone rapide à son « copain » lui signifiant leur rupture immédiate, sous le regard admiratif du « chœur antique » que constituait deux autres gamines muettes tout du long devant tant d'indépendance d'esprit et de cœur (deux « faire-valoirs » des deux premières).

     

    Elle crut bon de conclure sur cette affirmation sur un ton satisfait :

    « Ouais, sa race, j'suis une salope, j'assume à fond ! » telle une Nabila (TM°), ou une Loana (TM°), avant les calmants et la boulimie.

     

     

    politique,société,bus,dégénérenscence,djeunsRésistant à mon envie quasiment irrépressible de me lever et d'aller lui coller une paire de gifles, car en plus elle avait une voix stridente assez insupportable, je me dis qu'elle n'était pas entièrement responsable de son attitude, de sa vulgarité et de ses lubies. Après tout, la pauvre n'était que le résultat d'une société en dégénérescence ne se souciant pas de transmettre quoi que ce soit à ses enfants et de son absence totale d'éducation, ses parents comme beaucoup d'autres ayant eu visiblement mieux à faire : acheter le dernier écran plat, « gérer » leur « capital personnel » et divers autres capitaux humains, tout dans notre société devenant un « capital » à « gérer », à participer à différentes fêtes et festivités certainement « citoyennes » et « concernées ».

     

     

    Ces enfants du spectacle et du festivisme ne sont rien d'autres que les « Elois » du livre de Wells, « La machine à explorer le temps », des « bêtes à cornes » soumises et dociles, des ruminants ne faisant que régurgiter la bouillie infâme que les « grandes personnes » qui ne veulent plus rien offrir ni transmettre leur ont donné en pitance. Ils se laisseront faire sans trop de problèmes par les Morlocks et seront dévorés. Ces pauvres enfants, les adultes leur ont dit que Dieu était mort et aussi les grandes utopies, ils sont logiques, ils respectent ce qui reste, le fric, la célébrité, la consommation des corps et des choses.


    image prise sur le site de "téléstar"


    Julien et kévina vont manger à Mc do par raftennis

  • La harpie et le « souchien »

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    Sunbus-Camera4-RenaultAgoraLGNV.jpgIl ne faudrait pas croire que ce blog sombre définitivement dans le politiquement correct et que l'article précédent avait quoi que ce soit à voir avec d'ailleurs. Il ne faisait que témoigner de mon expérience en Terre Sainte et de ce que j'y avais vécu d'incomparable.

    Il m'a été donné d'assister hier à une scène intéressante qui montre bien le gâchis de toutes les politiques, les angéliques et celles qui ne sont que des coups de com, concernant ceux qui ne sont pas « souchiens ».

    Un monsieur d'un certain âge montait dans un bus quant un jeune garçon « des quartiers », un petit lascar avec casquette et survêt', lui grille la priorité et monte avant lui, évitant de justesse de lui marcher sur les pieds.

    Le monsieur l'admoneste d'un ton paternel, sans animosité :

    « On ne t'a jamais appris, bonhomme, que l'on devait laisser monter d'abord les personnes âgées ».

    Sa mère, entendant ça, et qui était derrière le téléphone vissé à l'oreille, a le sang qui visiblement se met à bouillir :

    « Comment ! Comment ! Qu'est-ce que vous lui avez dit ? Le bus est à tout le monde ! A tout le monde ! Il monte comme il veut ! ».

    La harpie, qui s'était vanté deux minutes plutôt d'avoir balancé un sac poubelle sur les types de la B.A.C, et sur les pompiers, avec son fils, un bel exemple éducatif, en a presque une attaque d'apoplexie, elle est furieuse, elle continue de plus belle :

    « Ah, je vois, c'est du racisme ! C'est un sale raciste lui !! ».

    Le vieux monsieur se défend faiblement, il est terrifié, il marmonne un truc.

    L'autre rajoute : « Ah, ouais, hein, t'est raciste, vieux con ! Heureusement que mon homme il est pas là passqu'il t'aurait foutu une raclée !! Tu t'en serais rappelé, la vie de ma reum ! ».

    Derrière la harpie, une dame s'impatiente pour monter, les autres passagers ne disent rien, une dame qui est derrière geint :

    « Moi, je veux monter, je m'en fiche, j'veux monter ».

    La harpie monte derrière et continue dans la folie furieuse :

    « Tiens, je vais l'appeler, il va venir, il va te casser ta seule gueule de céfran ! Il va te défoncer ! »

    Là, la conductrice du véhicule et deux autres passagers, dont moi, menacent d'appeler la police municipale si elle ne se calme pas, ce qui me vaut d'être injurié, mais sans grande variété, tout comme l'autre personne.

    Cela a l'air de la calmer, et visiblement elle n'a pas l'habitude qu'on lui réponde, elle dit déjà plus bas :

    « Vous z-êtes tous que des sales bâtards de racistes !! »

    Elle va s'asseoir avec son gosse, qui rigole tout en faisant des doigts d'honneur à un peu tout le monde. Elle insulte copieusement les passagers à voix basse, puis essaie de joindre son homme, sans succès.

    Elle ne fait plus que grommeler, mais on sent toute sa tension nerveuse, c'est encore une harpie prête à se jeter sur le premier qui aborde le sujet.

    Le vieux monsieur, tout tremblant, a préféré descendre avant son arrêt, avec sa femme.

    Il pleurait presque.

    Peu importe qu'il y ait des « souchiens » ou non il y a des coups de pied au cul qui se perdent. Donner des droits, c'est aussi donner des devoirs mais cela, personne n'a eu le courage de le dire.

  • La micro-société d'un bus

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    bus.jpgUn bus de ville le matin est une micro-société à lui tout seul, hierarchisée et cadrée. C'est plus parlant que bien des traités de sociologie. Ceux qui réfléchissent sur la société devraient se pencher sur le problème, ces esprits forts qui parlent de tout et de rien et oublient le réel, qui veulent faire de la politique qui pense. Dans le bus, il y a donc ceux qui restent en ville, la première catégorie, qui se divisent en deux groupes, ceux qui vont au boulot, et ceux qui vont à l'agence ANPE (pardon Pôle Emploi, mais c'est toujours le même travail, à savoir rayer des statistiques les chômeurs de longue durée) ou faire leur PMU. On ne se mélange pas entre les deux groupes même si parfois on se salue. Il y a ceux qui vont à la gare prendre le train, parmi eux deux tribus là encore, celle qui va à Paris, le haut de l'échelle, se reconnait à son téléphone portable plus cher ou son ordinateur dans la sacoche à la main, c'est l'élite du bus. Il y a juste après ceux qui vont de province à province beaucoup plus mal considérés bien que le migrant pendulaire selon les termes z-officiels qui va à Paris devienne de fait "un parisien", c'est-à-dire une espèce honnie et redoutée en province pour ses railleries contre la province et pour son immoralité supposée (bien que l'on sait que des vrais parisiens, ça n'existe plus, ce sont tous d'anciens provinciaux, à de rares exceptions et que les vrais parisiens des milieux populaires sont devenus des banlieusards fichus progressivement dehors par la Bobolité). Il ne faudrait pas oublier dans le tableau les différentes catégories d'adolescents : l'adolescente maussade mais à la mode, frange, djin slime et tout, les écouteurs vissés à ses oreilles ; le boutonneux en survêt qui sent le "clearasil" et le déodorant "Axe" pour nous les hommes ; le boutonneux sérieux, qui repasse ses cours et profite que le troupeau habituel de ses congénères soit clairsemé ce qui lui assure de ne pas se faire insulter (être un "intello", c'est très grave pour un djeun, pire que la trahison).