Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

bureaucrates

  • Le petit Nicolas au bureau ?

    Imprimer Pin it!

    également sur Agoravox

     Tout le monde se souvient du personnage de Goscinny, le petit Nicolas, ce petit garçon turbulent, pas très travailleur et finalement émouvant, car les pages des livres où il apparaît, dessiné comme ses camarades par Sempé, ont toutes un doux parfum d'enfance. On connait tous le même genre de personnages que l'on peut identifier à un

    125837314_m.png

    camarade d'enfance. A l'âge adulte, on constatera que ceux-ci gardent exactement le même caractère, défauts et qualités incluses.

    Dans les aventures du « petit Nicolas », ses copains sont des archétypes qui permettent de s'identifier immédiatement à l'un ou l'autre, tout comme les personnages adultes, ils tiennent un « emploi » en lien avec leur physique et leur apparence comme dans les comédies :image du "Ass kisser" prise ici sur cet excellent blog

    Il y a Alceste, le gros gourmand, légèrement goinfre, pas du tout complexé, Agnan, le premier de la classe type, obséquieux et délateur, le fayot, Rufus, celui dont le Papa est policier et qui ne vit qu'à travers l'image de son père symbolisée par son sifflet d'agent de police, Eudes, le costaud, la petite brute au coeur tendre, Maixent, le radin, l'égoïste, Clotaire, le dernier de la classe un peu lent, Geoffroy, le gosse de riches, le petit coq de la cour de récréation qui plaît aux filles, et bien sûr Marie-Edwige, la petite maligne qui sait se faire obéir au doigt et à l'oeil de ses parents et des garçons en battant des cils.

    Il y a aussi les adultes : le Papa de Nicolas est le gaffeur, le type maladroit et distrait, gentil, qui se fait houspiller constamment par ses patrons, sa Maman, qui est toute en maternité comme on la voyait dans les années 60, avec parfois des vélléités d'indépendance, sa Mémé, la belle-mère insupportable, horriblement invasive qui gâte trop Nicolas, la Maîtresse, qui veut se donner des apparences de sévérité et de sérieux imperptubable, et qui laissse transparaitre souvent son amusement et sa tendresse envers les élèves, le Directeur de l'école, le type même du notable, du chef de service prétentieux, et bien entendu le pion, un brave homme un peu borné, « le Bouillon » et parfois monsieur Mouchabière qui le supplée, le stagiaire éternel, qui garde un physique d'adolescent prépubère jusqu'à la quarantaine.

    Ce genre de personnages tenant ces « emplois », on les retrouve dans la vie professionnelle, au bureau, à l'atelier :

    Il y a le « coq de bureau », celui que l'on retrouve à la machine à café, qui tient souvent concile dans l'« espace détente » avec ses admirateurs/trices à l'affût du dernier ragot colporté dans l'entreprise. Il est très jaloux de ses prérogatives et ne supporte pas la « concurrence » des autres coqs, bien que parfois, vieillissant, il doive abandonner du terrain et laisser les poulettes aux jeunes coqs qui sont souvent d'anciens « fayots ».

    Le « fayot » d'entreprise se met toujours au premier rang lors des stages, il applaudit à tout rompre à la fin et rit à gorge déployée, mais on sent qu'il se force, aux blagues du formateur, encore plus quand celui-ci est le patron. Le « fayot » a toujours l'air de sortir de sa puberté. Souvent, pour se vieillir, il se laisse pousser la barbe pour donner l'impression d'être plus viril et plus autoritaire, ce qui lui permettrait aussi d'en imposer à la basse-cour, aux pondeuses et en quête d'inséminateurs, aux dindes et aux oies.

    On retrouve toujours un « Clotaire » parmi les archétypes du bureau, un type un peu voûté, un peu lent qui fait rire tout le monde quand il sort des énormités sans se rendre compte de ce qu'il dit. Pendant les stages, il est bien sûr à côté du radiateur, c'est le repoussoir du formateur qui défoule souvent sur lui son agacement de redire les mêmes choses, souvent absconses (souvent une formation ne sert à rien, strictement à rien du tout à part permettre au responsable de celle-ci de voir s'il est au point quant à la maîtrise de « Powerpoint »).

    Le « Directeur » du « Petit Nicolas » se retrouve dans la plupart des chefs de service couperosés ou non, on retrouve la même grandiloquence administrative si l'on peut dire, les mêmes discours pompeux enrobés de lieux communs. On le retrouve dans les formateurs, les clients « habitués » de l'entreprise, tous ceux qui en règle générale s'écoutent parler au bureau. Il s'entend généralement très bien avec le « Maixent » du bureau, celui qui ne vit que pour son intérêt, que pour sa réussite, quitte à marcher sur le dos de tous ses autres collègues, à leur « tirer dans les pattes » et balancer sur leur cas les ragots les plus infects. Le « Maixent » du bureau se fait souvent passer au départ pour un fayot type, tout en obséquiosité, ruminant le fiel de ses rancoeurs et jalousies malgré tout.

    Au bureau, il y a toujours comme Alceste un « bon vivant », un gros de service, qui a un bon coup de fourchette. Il a toujours quelque chose à manger dans son bureau. Il est souvent le spécialiste des blagues de fin de banquet, un peu lestes. On le trouve très « sympa », très « vivant » « malgré son obésité » et ses complexes rentrés et bien cachés qui lui font risquer de devenir peu après un « Maixent » rondouillard qui vit encore chez sa mère à quarante ans passés. Il a le physique d'un « Directeur » mais pas l'esprit. Il se double la plupart du temps du rigolo de service. Il est toujours prêt à aider les petites stagiaires qui battent des cils comme Marie-Edwige, et lui rient au nez quand il devient sérieux et parle d'amour.

    Il y a beaucoup de « vraies » Marie-Edwige au bureau, et de « fausses », qui croient en leur pouvoir de séduction qui se limitent surtout au fait qu'elles ont « du chien » comme disait nos grands-mères, qu'elles savent mettre en valeur leurs maigres, ou amples, charmes, et les coller sous le nez des mâles reproducteurs du coin, qui plus est si ceux-ci disposent d'un salaire confortable.

    On trouve enfin évidemment toujours un « pion » comme « Le Bouillon » dans un bureau, un brave type la plupart du temps, un peu limité cependant, qui est « jugulaire-jugulaire », pour l'application des règlements à la lettre, au mot près. Il surveille ses petits camarades, il dénonce parfois, en toute bonne foi, en toute sincèrité. Il ne cherche pas à en tirer avantage, il veut que l'on applique les règles c'est tout. Je suis sûr que si on le poussait un peu il leur donnerait des « lignes » à copier parfois.

    ci-dessous, un "winner" vous donne des conseils