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  • Dommages des hommages

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    Cette nécro est aussi sur Causeur

     

    Dans notre société où tout n'est plus que communicationnel, dés qu'un « pipeaule » casse sa pipe, ce qui leur arrive aussi et arrivera à la totalité de l'humaine espèce, tout le monde ou presque de sortir sa nécrologie ou son hommage toujours d'une mièvrerie appuyée, dégoulinante de bons sentiments marqués, et manquant singulièrement d'intelligence ou de nuances. Par le « miracle » de la technique et en particulier celui des « réseaux -dits- sociaux » n'importe quel pékin peut également déposer sa gerbe peu odoriférante au pied du piédestal en carton-pâte dressé par le grand Barnum médiatique.

     

    On a le droit à des dizaines de milliers de « Salut l'artiste » se voulant à la fois familiers et respectueux, et larmoyants, à des « RIP un grand meussieur » et autres « il nous manque » et autres formules toutes faites sorties de la méthode « Assimil » du festivisme ambiant.

     

    Aujourd'hui c'était le tour de Jean-Pierre Coffe dont la première intervention télévisuelle, dans « le Petit Rapporteur » de Jacques Martin, reste de loin la meilleure, car la plus vraie, la plus authentique. Il joua également dans quelques films des années 70 des crapules visqueuses avec une délectation évidente. Par la suite, de « la Grande Famille » de Delarue sur Canal Pelu dans les années 80 aux « Grosses Têtes » de Bouvard puis de Ruquier, les fausses colères de Coffe virèrent au procédé en somme de comédie. Ses fureurs entrèrent dans son « emploi » de scène.

     

    Coffe est bien vite devenu le Géronte faisant rire de la bouffe contre-balançant – un peu- l'hygiénisme à la noix d'une société de plus en plus repliée sur des petites certitudes rassurantes, une société de plus infantilisée par un « coaching » collectif lénifiant et au fond de plus en plus puritaine :

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  • Chroniques culinaires - « Encore des nouilles » Pierre Desproges aux éditions « les échappés »

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    Desproges, gastronomie, vin, bouffe, littérature, amaury watremezCertains de ces textes ont été utilisés par Desproges pour « Cyclopède » ou les « Chroniques de la Haine Ordinaire », ou encore les réquisitoires des « Flagrants Délires », d'autres sont totalement inédits. Ils ont été rédigés pour la revue « Cuisine et vins de France ». Rien que le fait d'écrire sur la cuisine à notre époque sans moraliser le lecteur, déplorer ceci ou cela, se contenter de dire combien le plaisir de manger et boire de bonnes choses avec ceux que l'on aime est grand. Desproges se foutait complètement de manger « équitable » ou « bio », de manger hygiénique, il aimait les bons produits, cela suffit. Il n'intellectualise pas sur le sujet comme il est d'usage même si bien sûr le plus important lorsqu'on boit par exemple un Cognac ou un excellent Bourgogne c'est aussi ce que l'on en dit après...

     

    Les imbéciles n'aiment pas -bien- manger, ils n'aiment pas le bon vin, ils confondent les plaisirs de la table avec la goinfrerie et assimilent ceux du vin à de l'ivrognerie on ne se méfiera jamais assez des buveurs d'eau, ils ont du mal à apprécier les joies et les plaisirs que la vie peut leur donner. Et ils voudraient que le monde entier autour d'eux soient aussi purotins, aussi incapables de simplement apprécier la beauté des choses et des êtres, leurs parfums, leurs saveurs. Ces sots obtiennent parfois ce qu'ils veulent hélas...

     

    ...Ils n'ont même pas l'excuse d'être d'anciens parpaillots.

     

    Une des meilleurs séquences du « Petit Rapporteur » est celle où il va faire ses courses au marché de la rue Lepic, un dimanche, en alexandrins déclamés gentiment par les commerçants dont le célèbre Peppone, marchand de quatre saisons et bien entendu on se souvient de la bataille de boudin blanc avec Prévost vue et revue dans les émissions de zapping.

     

    « Un cassoulet sans vin rouge, c'est aussi consternant et incongru qu'un curé sans latin. » écrit Desproges dans ce livre qui aimait la gastronomie en particulier, la bouffe en général et le bon vin aussi. Le livre porte ce titre car lorsqu'il emmenait ses filles à venir au restaurant avec sa femme, celles-ci demandaient gentiment et très poliment aux restaurateurs raffinés chez qui « l'écriveur » les emmenait de pouvoir avoir un plat de nouilles si rien ne leur convenait sur la carte. Plus tard, lorsqu'elles devaient aller au restaurant avec leurs parents, leur première réaction était :

     

    « Encore des nouilles ! ».

     

    Desproges raconte principalement des repas, son plaisir à les partager avec des amis et sa famille. Il évoque les consternants restaurants à la mode où le champagne peut être vert et ressembler au produit vaisselle à récurer les casseroles. Il décrit son plaisir à bâfrer comme un barbare des mets peu élégants pour se réjouir le ventre. Il raconte la bouleversante histoire de l'inventeur du pain à saucer qui devrait être enseignée dans toutes les écoles. Et même il nous donne des fragments de sa vie amoureuse lorsqu'il narre sa passion pour une femme merveilleuse qui aime goûter les chairs tendres de viandes savoureuses, les desserts délicats de refuges gastronomiques qu'il connaissait, jusqu'à que cette conne mette de l'eau dans un cru rare, un « Figeac » d'une très bonne année, ce qui est, avouons le scandaleux et impardonnable.

    Desproges, gastronomie, vin, bouffe, littérature, amaury watremez

    En passant il rappelle que bien manger et apprécier les plaisirs de la bonne chère, ou du bon vin, indique généralement que l'on a des prédispositions de bon niveau pour les choses de l'amour. Desproges conseille même de faire l'amour à table et manger au lit ce qui est beaucoup plus simple il est vrai.

     

    Enfin, en bon cuisinier qu'il était, il propose quelques recettes, des recettes disons difficiles comme « le cheval Melba », en cas d'impossibilité de trouver un cheval on peut le faire avec un chihuahua, la « Marie croquette », et sa manière particulière d’accommoder sa fille aînée, plat unique entre tous, des recettes plus accessibles comme le « pâté à la desprogienne » qui semble savoureux bien que consistant (on met dedans deux paquets de beurre quand même).

     

     

    Ami lecteur, si tu es un hygiéniste de la bouffe passe ton chemin ce livre n'est pas pour toi et va manger tes cinq fruits et légumes quotidiens.

     

    Image et couverture prises sur le site du "Huffington Post"