Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

bonheur

  • Les fameuses valeurs chrétiennes

    Imprimer Pin it!

    Foi, valeurs chrétiennes, société, amour, bonheur, amaury watremezBien entendu, il existe des chrétiens qui vivent véritablement en cohérence avec  l’Évangile et leur foi au moins un tout petit peu. Ceux-là n'ont pas besoin d'évoquer les fameuses valeurs chrétiennes à tire-larigot, n'ont pas besoin d'en parler puisqu'ils les vivent. Elles vont de soi pour eux ainsi que pour beaucoup de personnes non-croyantes pour qui l'altérité n'est pas un vain mot, la véritable altérité, celle qui partage sans contrepartie, qui donne sans demander de reconnaissance de dettes, qui accepte l'autre tel qu'il est et non tel que l'on voudrait qu'il soit, celle qui ne consiste pas à modeler son prochain selon ses vœux, selon un arbitraire revenant finalement à faire entrer un coin carré dans un trou rond. A la fin on finit toujours par donner des coups de marteau pour que ça rentre...

     

    ...Et cela revient à ne pas aimer son prochain du tout au fond, en se parant de bonnes intentions.

     

    Parfois même c'est beaucoup plus simple les frustrations, la rancœur bien mal camouflée recuite, le ressentiment contre le monde entier enjoint certains pharisiens à déployer beaucoup d'efforts afin que ceux qui ont le malheur d'apporter quelque importance à leurs laïus soient aussi frustrés et malheureux qu'ils le sont eux.

     

    Je les plains malgré tout ces personnes.

    Lire la suite

  • Les petits bonheurs

    Imprimer Pin it!

    soyons-heureuses-attendant-bonheur-by-miss-ti-L-1.jpeg

    image, graffiti de Miss Tick, prise ici

     

    Le bonheur est toujours en 2014 le problème de la plupart des primates s'imaginant être évolués, souvent lamentables, qui errent sur cette planète à la recherche d'un point d'eau pour s'y abreuver encore un peu. La plupart d'entre eux sont convaincus que le bonheur réside dans la possession des objets que les véritables maîtres de cette société leur enjoignent de posséder également pour s'intégrer au monde : un « smartfône » ou n'importe quel autre gadget parfaitement inutile mais « dernière génération » toujours dans la main pour montrer que l'on est à la fois soumis et comme les autres, et en avance d'un achat même ce qui est encore mieux, toute la dignité des possesseurs de ces babioles hautement dispensables étant logé pour iceux dans icelles.

     

    Le bonheur libéral libertaire, tel celui du porc aussi, c'est aussi de vivre à fond les trois « B » : Boire, Baiser, Bouffer ; sans se poser de questions. « S'éclater » les jours où il faut s'éclater, une « éclate » docile de bêtes de somme, bouffer de la nourriture que même le suidé cité ci-dessus ne voudrait pas bien qu'il soit réputé se contenter de peu, et baiser en copiant au besoin les « vedettes » du porno que l'on voit abondamment sur Internet dés que l'on est en âge de regarder un écran. On ne peut même pas parler de « sexe » ou « d'amour » à ce sujet, ce n'est que de la baise, de la copulation « hygiénique » pour oublier de réfléchir sur sa soumission et son allégeance à un système vicié n'ayant rien à voir avec le véritable hédonisme, celui-ci permettant d'éloigner la bêtise et la haine.

     

    Le véritable bonheur finalement c'est un ensemble de petites choses que l'on s'imagine être immuables de personnes dont on croit qu'elles seront toujours là car nous sommes des enfants gâtés, et c'est généralement lorsqu'on perd ces petits bonheurs, que ces personnes qui nous aiment vraiment s'éloignent que l'on comprend que même si tout n'était pas idéal au moins ces petits bonheurs étaient-ils là, au moins nous aimait-on, fût-ce maladroitement. Je pense particulièrement à toi qui était aimée sincèrement, passionnément, mais qui voulait auparavant vivre tout tes désirs sans contraintes, et qui finit à quarante ans passés, un peu triste, un peu nostalgique, regrettant les occasions perdues, croyant qu'une carrière brillante et une aura de femme tellement libre suffisent à te consoler du reste.

     

    Les femmes comme toi finissent généralement avec un salaud cynique et phallocrate qui les mènent à la baguette car elles sont certaines qu'elles ne trouveront pas mieux et s'en contentent, alternent compulsivement les jeunesses vénales, ou se retrouvent dans un bled paumé à rêver de leur passé enfui.

     

    Ma génération, la dernière des années 60, la dernière des enfants des illusions des « Trente Glorieuses », illusions valant toujours mieux que le bête prosaïsme des années 2000, a recherché ce bonheur de manière encore brouillonne alors que la plupart d'entre nous a dépassé la quarantaine, nous rêvions à des princes charmants et des princesses et parfois alors que la possibilité d'être heureux était sous nos yeux, même si elle ne correspondait pas à ce que nous en attentions, nous préférions chercher autre chose car nous sommes aussi une génération d'hyper-individualistes un peu narcissiques sur les bords, tellement persuadés qu'ils peuvent jouir aussi inconsciemment que leurs aînés, qui ont gardé les pieds sur terre nonobstant n'oubliant de faire voter les réformes sur les retraites leur assurant une vieillesse point trop inconfortable, et après eux le déluge....

     

     

    Le bonheur en couple, croyions nous, se construit chacun de son côté, en rêvant, en fantasmant une relation, en l'idéalisant ou parfois en la noircissant. L'amour perçu de cette manière n'est plus qu'une sorte de masturbation synchrone, y compris intellectuelle, chacun croyant préservant sa liberté en s'aliénant les autres au fur et à mesure qu'ils vieillissent, et un jour se réveillant un petit matin, ils voient dans le miroir un vieil homme ou une vieille femme, seuls et ayant perdu sa vie à s'étourdir dans ce qui n'était que des amourettes sans lendemains, à peine dignes d'adolescents post-pubères en oubliant de construire quoi que ce soit, croyant que c'était cela rester libres.


    Le bonheur! par LisaGirls

  • Un homme enfin globalisé

    Imprimer Pin it!

    78344941_o.jpgCe que l'on peut considérer comme paradoxal dans les « Manifs pour tous », comme celle de dimanche, c'est que la plupart de leurs participants voteront aux prochaines européennes et aux municipales pour des politiques libéraux qui sont partisans sans scrupules ni questionnement superflu, à leurs yeux, du darwinisme social, de la marchandisation du corps, de l’annihilation pure et simple des liens traditionnels, de la désagrégation à leurs yeux indispensable de tout ce qui gêne « les marchés » et entrave l'apparition de l'utopie libérale, du rêve humide de Milton Friedmann, la cause des dernières pollutions nocturnes de Jacques Attali ou Alain Minc avant l'andropause.

     

    Au bout du compte la gauche sociétale actuellement au pouvoir, du moins ce qu'il en reste, et la droite, ont donc la même vision de l'avenir.

     

    Finalement ce qui domine depuis quelques années dans la plupart des considérations théoriques que l'on peut lire sur l'humanité et l'humain, c'est leur quasi-universelle détestation, jusqu'à réclamer l'avènement d'une société post-humaine voire trans-humaine et donc « libérée » des sentiments, de l'art, de la création, de l'individualité, et partant de là de la liberté. Il faut dire que dans la logique d'une société de production de masse, il faut disposer de consommateurs dociles, soumis, en échange d'un confort matériel, et intellectuel, minimal, ce qui implique de priver chaque personne de son libre arbitre et de sa capacité à réfléchir....

     

    ...Un homme fonctionnel en somme.

     

    Ils ne sont pas loins d'y réussir. Docilement, jeunes et vieux achètent ce qu'on leur dit d'acheter, regardent ce qu'on leur impose de regarder, ne se posent aucune question, ne remettent strictement rien en cause, se défoulant à l'occasion de quelque « quarte d'heure de la haine ». Ne reste plus qu'à espérer qu'un de ces êtres dans une centaine d'années trouve un livre ou un film de notre époque et que cela le pousse à faire preuve d'indépendance, à expérimenter la liberté par lui-même.

     

    Et cela part aussi d'un bon sentiment de la part de ceux qui nous gouvernent vraiment, à savoir les dirigeants du système économique et financier, et non les fantoches comme Hollande ou Sarkozy. Selon eux, un individu normé, standardisé, quasiment indifférencié, un « être humain nouveau » naissant en somme « ex nihilo » selon leurs désirs, cet être humain là sera en plus grande sécurité que les précédents. Bien sûr, ce genre de sécurité est celle de la bête de somme dans son étable, nourrie à heure fixe, et destinée à l'abattoir quand elle n'est plus « socialement utile », le pire étant que cela se fera avec son assentiment joyeux et irréfléchi, « pour ne pas être une charge » de la société.

     

    Après avoir détruit les valeurs qui reliaient l'individu à son pays, à une histoire, à une lignée, après avoir explosé la famille et les liens familiaux, et en avoir fait des survivances diaboliques, réactionnaires, il est temps de s'attaquer aux différenciations les plus marquées, et donc aux différenciations sexuelles, différenciations qui mènent la plupart des rapports entre hommes et femmes, de manière à la fois délicieuses et parfois cruelles, pouvant paraître futiles pour l'intérêt du grand nombre et donc indispensables. Là encore, ceux qui nous gouvernent vraiment ne peuvent pas comprendre, car ils mesurent la vie quantitativement et seulement quantitativement.

     

    Ce genre d’obsession de la sécurité que l'on retrouve partout, de l'encadrement de la personne quelle que soit son activité, est le propre des systèmes totalitaires, tout comme la volonté de « remodeler » l'homme en laboratoire, ou de prôner le plus abject eugénisme social, le tout pour le bien commun, évidemment. Ils sont certainement persuadés du bien-fondé de leurs desiderata absurdes, de ce « bonheur insoutenable » qu'ils sont prêts à imposer à leurs semblables tout en se ménageant étrangement une autorité de « guides » dans ce nouveau monde de bonheur parfait où l'humanité se réduira à un peuple de marionnettes.

     

     

    La plupart des idéologies dites globalisantes, quelles que soient les bonnes intentions de leurs adeptes, ont toujours eu en tête depuis qu'elles existent de transformer l'être humain selon leurs vues sur le bonheur, un bonheur qu'elles ne conçoivent que d'après leurs idées, confondant la nécessaire transformation du monde ou de la société à laquelle l'humanité a tout à gagner avec celle de la nature humaine. La nature humaine est imparfaite, pleine de failles, de faiblesses insignes, mais c'est cette imperfection ontologique qui la rend si précieuse...

     

    Image : couverture de la version années 70 de l'édition "J'ai Lu" de "Un bonheur insoutenable" d'Ira Levin 

     

    En illustration vidéo ci-dessous un petit plaisir "bis" coupable, le générique de la saison 5 de "Fringe" qui montre que le "genre" en dit plus long sur n'importe quoi que bien des pensums (Non, pas cet article ami lecteur...)

  • Marchands de Bonheur

    Imprimer Pin it!

    Je ne vous ferai pas l'insulte, amis lecteurs, et amies lectrices, de vous rappeler ce qui a la réputation certes d'un cliché, tout à fait exact dans sa signification cela dit, qui veut que l'on n'est jamais conscient de son bonheur bonheur_insoutenable.jpgquand on le vit. Tout ça c'est de la philosophie de comptoir diront les grincheux, mais parfois les philosophes de zinc ont raison. On ne comprend que l'on était heureux que lorsque tout est perdu après avoir couru derrière des chimères improbables, la célébrité, l'aventure, le romanesque. Ainsi, le quadragénaire qui trie des livres, et de vieilles photos, comprend que sa vie était toute douce et tranquille quand il avait trente ans alors qu'il croyait être enfermé dans une routine. La trentenaire qui croyait étouffer dans son travail, sa vie amicale, amoureuse et familiale, s'aperçoit qu'elle a laissé le Paradis derrière elle, un Jardin d'Eden qu'elle ne voyait pas autour d'elle. Le bonheur est volatil, léger, il passe vite. L'adolescent qui veut absolument grandir tout de suite, ou rester un enfant, ne le sait pas non plus.

    L'herbe est toujours plus verte chez le voisin, sa femme plus belle, et sa réussite plus éclatante. Le bonheur ne se met pas en bouteille, ne se réchauffe pas au micro-ondes. On voudrait rappeler la femme que l'on aimait quand on avait une vingtaine d'années, qui était de notre genre, contrairement à Odette pour Swann, mais on n'ose pas, pour préserver le rêve, par lâcheté, et par peur aussi d'être déçu comme Frédéric Moreau quand il voit les cheveux blancs dans le peigne d'écailles de Madame Arnoux. Maintenant, les écrivains, comme Philippe Delerm, ou Anna Gavalda, ont du bonheur une conception beaucoup plus étriquée, à la manière d'Amélie Poulain qui s'occupe de celui des autres parce qu'elle est au fond une sociopathe névrosée, ou une connasse (TM).

    Et le temps passe.

    Il y a beaucoup de marchands de bonheur pourtant qui prétendent nous le fournir. Mais ce n'est pas comme dans un épisode délirant de « Doctor Who » qui voyage vers l'année 5 milliards sur la « Nouvelle nouvelle Terre », pas si agréable et paradisiaque qu'elle semblait l'être de prime abord mais où une injection permet d'oublier tous ses soucis, mais aussi donc ceux qui nous sont proches, puisque l'on s'inquiète toujours pour eux et un spray empêche le chagrin, la peine, l'angoisse. De fait, la société de la « Nouvelle nouvelle Terre » finit par s'effondrer pour cause de trop grande utopie et à se bloquer dans un immense embouteillage.

    Notre terre n'est pas en reste, on voit un peu partout des publicités qui nous promettent le bonheur si l'on boit tel soda, si l'on achète tel système de ventilation, tel véhicule, ou tel gadget électronique dont on se passait très bien jusque là. Les cosmétiques, de la poudre de perlin pinpin en concentré, nous aident à conserver intact notre « capital-jeunesse », à ne pas écorner notre « capital-vieillesse », et à enrichir durablement notre « capital-santé ». On remarque qu'il n'est jamais question de « capital-culture » ou de « capital-réflexion ». Il n'est pas jusqu'à un chanteur pour midinettes qui a vraissemblablement des aspirations messianiques, Cali, pour demander « c'est quand le bonheur » en plongeant dans son public qui adore ça. Je préfère la chanson de Marina Foïs dans « Filles perdues, cheveux gras ».

    Et maintenant les politique s'y mettent un peu plus, ils ont commencé depuis longtemps faut-il le dire, à prétendre vouloir le bonheur pour les citoyens, un bonheur quasiment obligatoire, sucré et nauséeux jusqu'à l'insoutenable bien entendu, à leur idée. Évidemment, nous leur ressemblons tous un peu, nous voulons le bonheur pour nos proches, mais seulement selon l'idée que nous nous faisons de la chose, sans songer une seule seconde à ce qu'ils veulent, eux, et qui est souvent meilleur. J'ai horreur du « care » de Martine Aubry, cette ressucée de « Tout le monde il est bô, tout le monde il est gentil ». Même « quand ça jordanise, quand le pauvre fedayin copie par bêtise la prose à monsieur Jourdain » on préfère continuer à égrener les perles et les lieux communs. Le « Care » c'est « je fais attention à toi si tu fais attention à moi » et même il peut y avoir un contrat entre nous pour officialiser la démarche, ce n'est donc rien d'autres, le « Care » que la doctrine libertarienne de Milton Friedmann et son fiston adaptée au joli monde des Bisounours, que l'on se doit de regarder à travers des lunettes roses, bien sûr.

    Amaury Watremez (qui remercie ses lecteurs : 500 visiteurs par jour en moyenne, et 45000 pages vues par mois).