Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

bobos

  • L'inconscience des privilégiés

    Imprimer Pin it!

    bourgeois pédagogues, bobos, société, inconscience, insouciance, politique, société, paris, amaury watremez

    Aussi sur Agoravox

     

    J'apprécie beaucoup encore de me promener dans Paris. Cela m'agace toujours cette nostalgie d'un Paris idéalisé à la Doisneau ou à la Amélie Poulain qui n'a jamais vraiment existé tout comme celui de Audiard qu'il reconnaissait lui-même avoir reconstruit. Le Paris réel est tellement plus passionnant si c'était possible. Les cages d'escalier à l'époque des photos du premier sentaient le chou cramé et la pisse. Les clodos y élisaient domiciles le soir venu lors des premiers frimas. Quant au Montmartre de l'héroïne de Jean-Pierre Jeunet il est depuis longtemps colonisé par les bourgeois pédagogues en quête d'authentique ripoliné  à peu de frais, un authentique reconstruit, un authentique frelaté sans pauvres si vulgaires ma chèèère....

     

    Cependant, cela n'enlève pas encore au charme de la ville, un charme parfois canaille, de moins en moins. Paris s'assagit, Paris se provincialise doucement. Et il est très amusant d'écouter les conversations des privilégiés qui sont maintenant la seule population pouvant se permettre d'y vivre. Leur insouciance serait presque sympathique, presque charmante, si elle ne se doublait d'une telle inconscience, d'un tel égoïsme égocentré tellement hors sol, tellement déconnecté du réel.

     

    On peut les voir attablés, frais minois et habits légers, en déguisement décontracté, ne se posant aucune question existentielle, aimables comme d'aimables et gentilles bêtes de somme ayant du mal à distinguer le paysage au delà de leur museau.

    Lire la suite

  • La passion amoureuse en milieu bourgeois en 2014

    Imprimer Pin it!

     petits-arrangements-avec-curs-camille-peretti-T-9gCBha.jpegL'intérêt de souffrir d'insomnies ainsi que je l'ai déjà dit, c'est que parfois l'on tombe le samedi matin sur l'émission radio de Frédéric Taddéï, ce qui titille l'envie d'écrire et de se payer en passant une ou deux précieuses ridicules post-modernes, comme cette Camille de Peretti auteure de « Petits arrangements avec nos cœurs », écrivain "bankale" de par son physique avantageux, ou Nathalie Sarraco, réalisatrice de « la Mante religieuse » et Mylène Jampanoï son actrice principale, trois copines de Natacha Braque me suis-je laissé dire.

     

    Dans les années 70, et une bonne partie des années 80, l'amour bourgeois, toujours endogame, pas de « mésalliance », sauf une fois de temps un amant ou une maîtresse « issu de la diversité » pour se donner à la fois bonne conscience et goûter à la cuisine exotique en somme ; ça donne des frissons, c'est épicé mais on ne le ferait pas tout le temps, se passait dans des parkings de grands ensembles modernes et aseptisés sur la banquette arrière d'un « Range Rover » (TM°) ou un canapé « Roche Bobois » (TM°) en cuir « jaune ».

     

    Les personnages passaient une bonne heure et demie au cinéma à nous entretenir de leurs tourments amoureux d'une grande banalité et finalement assez peu intéressants. Certes, les actrices de ces années là étaient belles et avaient une classe innée qui faisaient parfois passer la pilule ou engendraient chez les petits garçons rêveurs leurs premières émotions esthétiques z-et sensuelles. Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je ne suggère pas que ces petits garçons pratiquaient alors l'onanisme devant leur téléviseur ou écran de cinéma. Nulle raillerie, on évoque bien les « choses de la vie »...

     

    Le roman, passionnant je t'assure ami lecteur, raconte l'histoire de Camille partie rejoindre Stanislas, son premier amour, lui est « trader » à Londres et elle est écrivain, à savoir que de temps en temps elle chausse des lunettes et raconte sa vie sur son ordinateur. Stanislas est blond, mince et je suppose « mècheux » et s'il est homme d'affaires n'en souffre pas moins de tourments dignes du jeune Werther, selon l'auteure du livre bien sûr, il est anorexique par exemple. Ils sortent beaucoup en boîte et dans les endroits « branchés » car si l'on est bourgeois et aisés l'on n'en est pas moins des gens teeellement ouverts et libérés (se libérer en milieu bourgeois consiste surtout à coucher à droite à gauche mais toujours endogamique-ment).

     

    Mais c'est pas autobiographique nous dit Camille de Peretti qui avoue quand même « partir du réel » (sans blagues ?) tout en affirmant que écrire sur la banalité c'est refuser de mépriser les « vraigens », fussent-ils des « adulescents » « têtes à claques » ayant la même conception de l'amour qu'une gamine de douze ans à peine post-pubère, retombant dans le travers contemporain consistant à être en quête d'une pseudo-authenticité digne d'une pub pour jambon sous vide, s'abstenant néanmoins de tenter de sortir des normes.

     

    Et puis finalement ils s'aperçoivent qu'ils s'ennuient et n'ont pas grand-chose à se dire. Ils décident alors de travers les États Unis en voiture de part en part, un état par jour (du tourisme au pas de course comme les beaufs que ces deux « bobos » méprisent), espérant se rabibocher tout en sachant très bien qu'à la fin ils ne seront plus ensemble (tragique n'est-il pas ?).

     

    Dans « la Mante Religieuse », ci-dessous la bande-annonce, (NB : le titre est un jeu de mots tout en finesse tu auras remarqué ami lecteur, la « mante religieuse », l'insecte dont la femelle bouffe la tête des mâles, et aussi l'« amante religieuse » car si l'on couche à droite et à gauche l'on n'en est pas moins capable de mysticisme) Nathalie Sarraco raconte l'histoire de Jézabel (NB : très subtile référence biblique à la reine phénicienne séductrice diabolique et ennemie du prophète Élie).

     

    Celle-ci est une jeune femme bourgeoise artiste forcément libre et rebelle qui veut repousser toujours plus loin les limites de la transgression, limites bien sages au vu des intentions, et transgression que n'importe quel adolescent peut et sait franchir allègrement de nos jours en tapant le bon mot-clé sur un moteur de recherches.

     

    Jézabel finit par tenter de séduire un jeune prêtre, David, à l'aise dans sa foi comme dans la vie, un curé moderne et libéré (il a une barbe et un physique un peu androgyne, ce qui permet de placer deux ou trois banalités sur le "Genre"). Elle se convertit, ce qui est bien gentil, mais reste très « light » et « sulpicien » au fond, on n'est pas dans « Sous le soleil de Satan » de Bernanos, Jézabel continuant de ne soucier que d'elle, telle Dorian Gray, mais une « Dorian Gray » sans envergure, ainsi que ces cathos me dira-t-on pour qui la foi n'est pas qu'une hygiène mentale, une « gymnastique » de vie, le tout restant bien dans les rails, et en gros ce film est un genre de "porno soft" de dimanche soir avec un alibi spirituel...

     

    Ne me remercie pas, ami lecteur, gràce à moi et ces considérations légères tu économises ainsi en valeur le prix de deux bouteilles de « Harpic WC » (TM°) et de quatre litres (environ) de « mousseux ». Sur les errements amoureux de riches oisifs, je préfère l'élégance et le style de "Petit Déjeuner chez Tiffany" de Truman Capote...

     

    couverture du roman prise ici

     

  • Survivre à un milieu dit de gauche

    Imprimer Pin it!

     J'ai trouvé ce témoignage dans une bouteille non pas à la mer, mais dans une rivière. Je transmets ce texte tel que, sans rajouts personnels bien sûr, le laissant à l'appréciation des lecteurs :

     

    bobo-parisien.jpeg« Tout ce que je peux dire en commençant ce petit texte, c'est que j'écris d'expérience. Ce n'est pas que les personnes décrites soient réellement et profondément de gauche, ce ne sont pas exactement des « purs », chez eux, cela tient de la posture, et puis j'avais envie de pousser un petit coup de colère car on le sait j'adore râler.

     

    Dans ce milieu de gauche le bourgeois, le privilégié, c'est toujours l'autre, et généralement celui qui a plus ou dont on considère les mérites moindres que les siens propres pour être aisé, les privilèges dont on dispose sont des « acquis sociaux » incontestables et inaltérables que l'on ne saurait discuter même si complètement indus.

     

    Dans ce genre de milieu, les discours contre la discrimination et l'inégalité sociale sont légions, on en parle tout le temps, mais ce n'est pas que l'on y croit vraiment, il ne faut pas se méprendre, c'est juste pour mettre sa petite personne en avant et donner de soi une image flatteuse car la hiérarchie sociale et professionnelle c'est important voire fondamentale, surtout qu'à gauche on travaille souvent dans des environnements censés encore être méritocratiques, je dis bien censés, tout le monde sachant bien que ce n'est plus réellement le cas depuis belle lurette et que ce sont surtout les « lèche-bottes » et leur obséquiosité qui ont une chance un jour d'accéder à des fonctions de responsabilité.

     

    Pour se faire, il s'agit surtout d'être docile, de se couler dans le moule, d'être un larbin se comportant selon les règles, mais d'une façon qui ne soit pas trop voyante car ce milieu de gauche a des pudeurs de vieille paroissienne de saint Honoré d'Eylau.

     

    Les opinions ne sont même plus si importantes que ça à un certain degré de la hiérarchie, on tolèrera même des opinions de droite ou d'extrème droite, considérées alors comme une excentricité excusable.

     

    Si une personne à un statut inférieur exprime les mêmes choses, bien entendu, elle est automatiquement ostracisée, psychiatrisée, rejetée, devant subir sans broncher les pires ragots imputrescibles sur sa personne. Gare à celui ou celle qui, relevant de ce statut, attend de la reconnaissance de son travail ou se mêle de vouloir bien faire les choses. L'inconscient-e a déjà bien de la chance de travailler dans un milieu « éclairé », c'est en soi un privilège immense lui fera-t-on comprendre.

     

    Pour donner le change, surtout quand ce milieu a un rapport étroit avec l'éducation ou la culture, on rabâchera toujours les mêmes thèmes quitte à les banaliser, et sans jamais avoir peur de prendre le risque de pleurnicher dessus. Deux expositions d'histoire et,ou de littérature sur trois proposées à des jeunes par exemple seront sur la « Shoah » ou la « Seconde Guerre mondiale », les auteurs en ayant traités, dont on parlera jusqu'à la nausée quitte à chausser de très gros sabots pour relier le tout aux politiques que l'on aime détester en 2013, qu'il est convenable de détester, et sans pour autant transmettre quoi que ce soit d'important quant aux valeurs de tolérance, ou d'altérité.

     

    Curieusement, si on parle de la « Shoah » avec des larmes dans la voix, on est aussi antisioniste dans ce milieu, et évoquant les « sionistes » on retrouvera bien vite le vocabulaire de la propagande nazie les concernant en parlant de « l'arrogance » sioniste, de leur « expansionnisme ». Ce sera moins grave puisqu'ils vous disent que ce sont des « sionistes » dont ils parlent et non des juifs !

     

    Dans ce milieu de gauche antisioniste, on ignore souvent que le sionisme est au départ un mouvement laïc et socialisant.

     

    Finalement, la plus grande hostilité des idées dans ce milieu est réservée aux catholiques, considérés comme des empêcheurs de vivre tranquillement en bons libéraux libertaires vaguement préoccupés de « développement durable » (TM°) et de « commerce équitable » (TM°) pour se donner bonne conscience. Ces infâmes catholiques sont considérés comme des empêcheurs de profiter de son fric, et pire encore de pratiquer le vagabondage sexuel de bon aloi de nos jours quand on a moins de cinquante ans. »

     

    Le manuscrit s'arrête là, bien évidemment on relèvera que son auteur fait preuve d'un mauvais esprit déplorable envers ses bienfaiteurs, ce qui en gâchera le bénéfice de la lecture aux esprits éclairés qui feront preuve de magnanimité.

    La photo d'homme de gauche modèle a été empruntée ici

     Ci-dessous un sketch d'Alex Métayer pour définir plus sérieusement ce qu'est un homme, ou une femme, de gauche

  • FIP a quarante ans

    Imprimer Pin it!

    On parle de cette radio aussi sur Agoravox

    Dans les années 70, on pouvait entendre, coincés dans les embouteillages, des speakrines aux voix douces et évocatrices informer sur la circulation de manière souvent très suggestive, comme par speedway_thb.jpgexemple : « Les petits coquins trop pressés qui n'ont pas attendu 16 heures pour emprunter les boulevards extérieurs se retrouvent fort marris porte de Clignancourt, gageons qu'ils sauront occuper leur temps de manière agréable surtout s'ils sont à deux dans leur voiture ».

    Bien sûr, plus tard, quand on voyait les photos de ces speakrines, on pouvait être parfois déçu. La réalité n'était que rarement à la hauteur du fantasme radiophonique.

    « FIP » (France Inter Paris) est donc créée en 1971 par Roland Dhordain et Jean Garetto, créateur aussi de « L'Oreille en coin » sur « France Inter ». Le principe de cette radio est le service des auditeurs, de la musique choisie de manière très éclectique entrecoupée d'informations routières dites sur un ton original, un bulletin d'informations privilégiant les actualités culturelles toutes les cinquantes minutes.

    Au départ c'est donc un « truc » de parisien, ça l'est resté plus ou moins même si FIP a tenté l'essai de la décentralisation en province, dont une bouture à Lyon qui a duré un peu plus longtemps.

    La radio, c'était bien avant, il n'y avait pas de tunnel de pub, pas de pub du tout d'ailleurs, pas de journalistes serviles et d'éditorialistes démagos. On écoutait de la musique de tout les styles en se fichant complètement de la mode, des scies en vogue ou de ce que le snobisme commandait d'apprécier. Quand les speakrines y parlaient des accidents de la roue, et des « bouchons » sur le « Périph' », on avait toujours l'impression qu'elles invitaient à des délices paradisiaques. Ainsi on oubliait les gazs des pots d'échappement, la grisaille et le bruit des moteurs pour rêver un peu, et ne plus voir que la poésie qu'il peut y avoir parfois même dans le béton et la ville. Ce n'était pourtant pas évident au départ, les bulletins du PC de Rosny sous Bois n'ayant pas grand chose d'excitant à la base.

    fip-fluide.jpgC'était ça FIP, ça l'est encore un peu mais ce n'est plus exactement pareil. C'est plus ou moins devenu une radio « bourgeoise bohème » : « World music », « Progressive Jazz », musique ethnique, chanteurs trentenaires qui montrent leur mal-être de petits bourgeois malheureux à tous les passants. On veut bien continuer à étre élégant, éclectique et cultivé, mais maintenant il est nécessaire également d'avoir une ou deux prétentions : faire progresser le « vivrensemble », être con-cerné et engagé (dans le bon sens, tous les engagements ne sont pas considérés pareillement). Même les voix enchanteresses avaient été mises au rebut, parce que trop sexistes, pas assez développement durable ?

    Pourtant, c'était tellement bien, Eddy Mitchell juste après Schubert, les Beatles qui précédaient Sun Rae qui suivait une ou deux « Gymnopédies » d'Erik Satie ou une chanson de Marvin Gaye. Cela permettait bel et bien d'envoyer les snobs au terminus des prétentieux, de rabattre le caquet aux ploucs mais aussi aux pseudo-anti conformistes, finalement snobs aussi.

    C'était la liberté de ne pas se soucier des idées reçues, des préjugés, des lieux communs.

    C'est comme en gastronomie : on peut goûter les mets les plus fins, les plus délicats et le soir venu avoir envie d'une bière et de bonnes frites bien grasses et croquantes de bistrot, le tout accompagnant parfaitement une andouillette. Ou comme en littérature, un livre dit « de genre » en dit souvent plus sur la société moderne que l'auto-fiction pénible d'un « quadra », ou « quinqua » qui croit indispensable d'étaler publiquement ses névroses distingués sur la place publique.

    Julien Delli Fiori a été nommé dernièrement directeur de cette radio, avec lui c'est certainement un peu de l'ancien esprit qui revient. Dans une émission disparue de France Inter, qu'il animait pendant les années 80 avec Clémentine Célarié, il y avait beaucoup de « l'esprit FIP », de l'originalité, de l'élégance, de l'éclectisme, et un zeste de sensualité.

    Ainsi, l'on pourra continuer à rêver dans les « bouchons »...

    photo du périphérique prise sur ce site

  • Alain Minc est-il un phare de sagesse ?

    Imprimer Pin it!

    Les propos de cet Everest de la pensée économique, sociale et politique

    Alain-Minc-21.jpgJe me suis demandé si après tout il était bien utile d'en parler, l'Église subissant un tel flot d'injures et de soupçons d'une bêtise crasse que cela ne paraît pas indispensable d'y répondre. Mais après tout les chrétiens n'ont pas à se laisser mener à l'abattoir sans réagir. Je fais allusion ici à la formule que l'on sert à tous les croyants qui osent discuter, « mais les croyants y sont plus charitables que ça d'habitude et pis le christ il a dit qu'il fallait tendre la joue gauche ». On peut lire quelques réactions totalement caractèristiques sur le sujet sur le fil de cet excellent article de Jacques de Guillebon par ici. Je le remercie de ce texte car j'aime bien quand des catholiques croisent enfin le fer, et le font vigoureusement.

    Alain Minc a pondu dans les colonnes du « Monde », le quotidien qui pense (et Alain Minc pense, lui), une ou deux perles sur le Pape que l'on aurait mieux vu dans la bouche d'un pilier de comptoir du « rendez-vous des chasseurs », dans le bouche de monsieur Minc c'est dit avec distinction, élégance et componction mais les mauvais esprits diraient que c'est finalement tout aussi vulgaire même si c'est en complet cravates. Alain Minc est un cynique, au sens phisophique du terme, restons gentils, les méchants affirmeraient qu'il conseille le président et différentes édiles pour s'en mettre plein les poches alors que ce génie des Carpathes, ce puits de culture, cet abîme sans fond de réflexion, qu'est Minc le fait surtout pour le Bien Commun bien sûr. Alain Minc est aussi ultra-libéral, les malfaisants diraient alors que c'est normal alors qu'il soit cynique et se permette de donner des leçons à une des plus hautes autorités morales du monde. La morale diraient les mêmes, les conseilleurs comme Minc ne sont pas les payeurs, mais les payés, voire les grassement payés. Et la morale les libéraux s'en tapent au bout du compte tant que les apparences se maintiennent c'est tout ce qui compte.

    La première erreur de Minc est d'affirmer que le Pape n'a pas le droit de parler seulement des roms, rappelons lui donc qu'il a évoqué tous les peuples, et ne s'est pas borné à prendre position comme un vulgaire éditorialiste mercenaire, il a rappelé les principes de vie qu'impliquent la foi chrétienne en général et catholique en particulier, ce qui s'applique aux roms. La deuxième erreur de Minc est de dire sans rire en bref que tous les allemands ont été des nazis donc que tous les allemands maintenant c'est rien que des nazis encore, un peu comme « les italiens sont tous des voleurs », « les africains c'est que des grands enfants » (etc... ). Il aurait dit la même chose d'un autre dignitaire religieux, cela eût soulevé en France une réprobation unanime et un rien hypocrite, on eût défilé par milliers dans les rues pour combattre les propos qui rappellent les Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire (tm) d'Alain Minc. Le maire de Paris eût affiché en grand sur la place de l'Hotel de Ville la photo du religieux insulté et Carla Bruni eût chanté avec d'autres vedettes con-cernées une chanson douce drôlement engagée.

    Mais Benoît XVI est catholique.

    Et ça ça coince pour beaucoup.

    Car le catho est méchant, le catho est un facho, le catho est un illuminé, on ne peut pas discuter et j'en passe et des bien pires. Finalement, cela se résume en une ou deux phrases : « un bon catho est un catho mort » ou un catho qui se planque pour prier ou aller à la messe et ne gêne pas trop son entourage avec sa foi, un catho discret qui vous laisser consommer et appliquer la méthode des trois « B » en paix (baiser, bouffer, boire).

    Donc ce qui est curieux c'est que l'on va assister un peu partout à une défense d'Alain Minc l'ultra-libéral par des anti-cathos plutôt de gôche, qui habituellement se disent plutôt anti-libéraux. Voilà qui montre la réelle profondeur des convictions de ce qu'il est bien convenu d'appeler des clowns. De plus, autre bizarrerie -à première vue- car c'est logique au bout du compte, les croyants, qui cloisonnent et qui soutiennent sans férir la politique de la Sarkozie, pour qui la foi s'arrête au seuil de l'église, mais en dehors on s'en fiche, rejoignent ceux qu'ils détestent le plus dans la détestation du Pape qui a « seulement » rappelé dans son texte de l'Angélus du dimanche il y a quinze jours ce qu'implique la foi chrétienne quant à l'amour du prochain, celui-ci fût-il extrêmement différent.

    Voilà donc le bobo qui s'allie au bobeauf !

    On peut donc mettre ce premier miracle à l'actif du Pape !

    Déjà des réactions sur Agoravox

  • Les bobos : raillés et enviés

    Imprimer Pin it!

    snob1.jpgAlors bien sûr, il y a les vrais bobos, libéraux-libertaires avachis et hypocrites petits bourgeois qui sous l'étiquette "équitable" se comportent tout aussi égoïstement que leurs aînés louis-philippards, et puis il y a aussi ceux que l'on traite de "bobo", que l'on accuse de tous les maux, un peu facilement, on raille mais en fait on envie la culture et le désir de s'instruire au moins ou de s'élever un peu intellectuellement, et cela sans se conduire en consommateur. Maintenant d'ailleurs toute personne un peu nuancée dans son propos, qui lit de temps en temps un bouquin est traitée de "bobo", ça permet d'éviter aux autres de faire l'effort d'en ouvrir un, ou de chercher à s'élever intellectuellement en sortant des schémas tout faits. On les accuse d'habiter le ghetto bourgeois de Saint Germain des prés, qui n'est plus une référence depuis au moins quarante ans, d'être des "parisiens" pervers et chafouins qui se moquent des gentils provinciaux qui veulent absolument monter tout en haut de la Tour Eiffel quand ils "montent" à Paris et qui ricanent sous cape, c'est sûr, quand ils voient les péquenots débarquer en grande tenue à la mode du temps de René Coty. Cela devient l'accusation préférée des Cauet, Arthur et Bigard (qui a une cironstance atténuante, avoir essayé de monter "Clérambard" de Marcel Aymé), des Marc Lévy et Musso face à leurs détracteurs qui les accusent de faire de la merde, alors qu'ils en écrivent, en filment ou en réalisent comme émissions de télévision. On nous bassinne alors de plus en plus avec les régionalismes tellement plus vrais que ces prétentieux de parisiens, et puis "on a pas besoin de lire "la princesse de Clèves" dans la vie" ou "moi je lis pas de romans, mais des "livres sérieux"", je cite avec des pincettes.

    Voir par ici "J'suis snob" de Vian dont on ne manquera pas de m'accuser...

  • Sauvetage d'un film à thèse bobo - "The visitor"

    Imprimer Pin it!

    affiche-The-Visitor-2007-1.jpgIl y a deux jours je suis allé voir "The Visitor" sans trop savoir de quoi't'est-ce qu'il retournait. C'était le seul film en V.O. du complexe cinéma de ma bonne ville d'Evreux. Comme ici, c'est plutôt un handicap pour un film on m'a mis en garde à la caisse : "Attention, meussieur c'est en Véo.". Magnanime et bon prince (je sais je fais mon crâneur) je répondis que justement c'était pour ça que j'y allais, pour entendre la voix réelle des acteurs.

    Pourtant le résumé faisait peur dans le genre film à thèse bobo : un prof veuf, Walther Vale, joué par Richard Jenkins, et non célibataire comme le prétend le critique des "Inrocks" qui n'a pas vu le film à mon avis, s'ennuie dans sa petite ville du Connecticut. Il fait le même cours depuis des années et ses étudiants ne l'apprécient pas vraiment. Il essaye d'apprendre le piano mais en est à son quatrième prof quand son université lui demande d'aller à New York parler d'un article qu'il n'a fait que co-signer avec une de ses relations et dont il n'a pas écrit une ligne. Dans son appartement de la "Grosse pomme", en revenant le soir de sa conférence, il trouve deux immigrés clandestins, une jeune femme africaine, Zeinab, et un jeune arabe d'origine syrienne, Tarek, qui manque de lui casser la figure le prenant pour un monte-en-l'air ou un psychopathe. Il commence par les virer de chez lui, puis saisi d'une inspiration les rattrape et leur propose de rester jusqu'à ce qu'ils trouvent une solution. Il sympathise avec Tarek qui lui apprend le djembé pour lequel il semble plus doué que le piano (et là, je proteste quant au scénariste car un WASP qui apprend le djembé, aussi sympa soit-il...). Alors qu'ils vont tous les deux en jouer à Central Park, Tarek est arrêté dans le métro et finit par être emprisonné comme sans-papier tandis que Zeinab s'en va chez une des ses relations et que la mère de Tarek arrive. Walther fait tout ce qu'il peut pour aider le jeune homme, qui sera expulsé vers la Syrie et bien qu'il soit amoureux de la mère de Tarek, tout comme elle est amoureuse de lui, il devra se résoudre à la laisser repartir pour s'occuper de son fils. En hommage à Tarek, Walther descend dans le métro jouer du djembé et son désespoir se ressent dans sa musique alors qu'il joue de plus en plus fort mais le bruit du métro finit par couvrir le bruit du tambour.

    Ce qui sauve le film en est l'interprétation magistrale, celle de Richard Jenkins, qui joue Walther, mais aussi celle des deux jeunes clandestins et la mère de Tarek. Ce ne sont pas comme en France dans ce genre de film à thèse des marionnettes didactiques et angéliques, des archétypes folkloriques et sympas : Zeinab est un rien mythomane et menteuse et Tarek est un grand enfant irresponsable qui ne connaît finalement que des petites combines pour survivre. De plus dans le centre d'emprisonnement des clandestins, les gardiens inhumains sont des afro-américains. C'est tout en finesse que l'on montre l'égoïsme de notre société, la solitude ultra-moderne de Walther et le fait que souvent la bonne volonté et les bons sentiments mènent surtout au pire. C'est de la faute de Walther si les deux jeunes gens sont séparés et si Tarek est expulsé, car il a voulu les garder près de lui pour combler sa solitude et son besoin d'altérité mais il n'a pensé qu'à lui. Il n'y a finalement qu'à la denière scène en prison où il en prend conscience en sachant qu'il n'est plus en somme qu'un maillon d'une chaîne d'iniquités qui entretient son individualisme et surtout pendant qu'il joue du djembé dans le métro. Comme beaucoup Walther aimerait bien retrouver le lien avec les autres, mais ce lien implique que les richesses soient un peu mieux réparties tout comme la liberté. Ce film incite à l'humanité, lucide, et à se confronter au réel.