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  • Journal de vacances 5 – Une espèce méconnue : le bobo provincial et rural

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     Observations de vacances :

    L'été est une saison propice aux observations de la nature que l'on ne peut faire habituellement par manque de temps. Cela permet des découvertes impossibles autrement pour ceux qui aiment s'adonner à ce genre de pratiques.

    Illustration prise ici

    18632753.jpgPar exemple, quand on parle des bobos, on pense surtout aux « bobos » parisiens, alors que ce genre de volatile car le bobo en est un, on le remarque à sa queue en éventail, qu'il aime montrer comme le paon, vit aussi dans les grandes villes provinciales voire même en campagne.

    Car il y a des bobos ruraux, dont les habitudes diffèrent cependant de leurs congénères urbains.

    Le bobo rural est attiré depuis longtemps par la campagne, par son authenticité, où l'idée qu'il s'en fait, sa vérité, son calme. A l'entendre, il cherche un ermitage quand il rentre de son travail le soir, un endroit où reposer ses neurones et retrouver la paix et la sérénité loin de la ville bruyante et perverse à l'entendre.

    On note que le bobo se fait de la ville la même idée que ma grand mère.

    Bien sûr, pour trouver cette paix et cette sérénité, il lui faut pour cela faire suer ses voisins ruraux qui n'en demandaient pas tant.

    Le bobo rural avait oublié que par exemple, le coq si beau sur les livres d'images chante le matin très tôt, qu'un petit âne tellement mignon au jardin du Luxembourg ça a l'habitude de braire un peu tout le temps.

    Il n'hésite pas à traîner alors ses voisins en justice pour faire taire et le coq et l'âne, et pouvoir tondre sa pelouse dans le calme le dimanche.

    Les paysans n'ont pas été longs à voir le filon que le bobo rural représente, il suffit d'accoler le label « bio » à n'importe quel truc, légume ou boisson infâme réputée traditionnelle, pour le vendre beaucoup plus cher que sa valeur réelle et faire beaucoup de bénéfices, ainsi le succès des pains « bios ».

    3518702206_53622a12cd.jpgCar le bobo rural est « bio », un peu plus cependant que son congénère des villes qui a lui aussi ce snobisme.

    On croise le bobo rural et provincial dans les marchés, il se reconnaît au déguisement qu'il affecte alors, une sorte de relâchement calculé dans les vêtements et la mise, on rajoute une casquette ou un chapeau quelconque pour faire « peuple ».

    On parle aux marchands présents en faisant mine de tout savoir sur les produits présentés, tout en se conduisant finalement toujours en bourgeois, en causant aux agriculteurs vendant leurs productions comme à des métayers.

    Le bobo rural mâle prend un ton qu'il croit rude, plein de rudesse paysanne, et sa femelle quant à elle se donne des mines « populaires », elle met la main dans la poche fessière gauche, ou droite, de son jean, et sourit avec condescendance aux astuces de la marchande, ou du marchand, comme le classique « Ahlala ça repousse pas, hein ? » quand une pièce tombe par inadvertance à terre ou les lieux communs météorologiques habituelles :

    « Vaut mieux un petit froid sec qu'une petite pluie fine » etc...

    Il ne faudrait pas croire que le bobo rural et provincial n'a pas les mêmes prétentions culturelles et sociales que son congénère des villes. Il a exactement les mêmes. Il s'imagine souvent avoir un rôle de phare culturel dans son bled, par exemple, et le pire c'est qu'on le laisse faire et c'est souvent catastrophique.

    J'en ai vu expliquer l'air grave à des « anciens » de village comment on faisait les haies avant, en se donnant un ton très pédagogique, en gros ils donnaient l'impression qu'ils parlaient en somme à des débiles, en se rengorgeant quand les « anciens » lançaient ensuite des compliments ironiques, car à l'instar de son congénère des villes, le bobo rural n'a aucun humour, aucun sens du ridicule ou du second degré.

    Il veut faire jouer des pièces de théâtre absconses, que parfois il écrit, par les « jeunes » du village (très important de parler des « jeunes » dans un village), généralement des pensums, à visée didactique politique, pleins de lieux communs. Il aide à l'organisation d'expositions d’œuvres d'art prétentieuses, mais, et le mais est de taille, mo-der-nes !

    Il fait souvent dans le caritatif aussi, au moment du Téléthon tout ça, car le bobo rural est un positif, au risque de sombrer dans la guimauve. Cela ne l'empêchera pas d'appeler les flics si jamais les « jeunes » font trop de bruit sur la place du village ou si un pauvre décide d'habiter dans sa caravane dans le champ adjacent à sa propriété.

    En conclusion, on remarque aussi que bizarrement, beaucoup parmi les bobos ruraux ont des complexes vis à vis des bobos parisiens. Il semble bien qu'ils voudraient apparaître comme aussi ridicules, prétentieux et festivistes. Ainsi, dans certaines municipalités de province, on a vu se multiplier ces derniers temps les fausses plages sur la place de l'hôtel de ville en été, les fêtes dites citoyennes à visée éducative, et j'en passe.

    Ces complexes s'expliquent, au fond du bobo rural, du bobo provincial, il y a toujours un péquenot qui sommeille et qui peste contre les « parisiens » et les « bobos parisiens ».

    Bien sûr en document et devoir de vacances sur le sujet, rien de mieux que l'hilarant « Retour à la Terre » de Ferri et Larcenet qui fait preuve de beaucoup d'autodérision quant à lui...

  • Louis Garrel l'archange bobo

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    2473_8964180_louis_garrel_h234829_l.jpgEn "une" de la plupart des magasines et publications "bobos" ou du moins qui plaisent à la France qui s'imagine encore qu'elle pense dur, on a la belle gueule de tête à claques de Louis Garrel. C'est la figure "pipôle" parfaite pour les bourgeois bohèmes et les libéraux libertaires. C'est souvent intéressant pour entretenir sa causticité et son ironie ce milieu où l'on croise des attachées culturelles qui ne rêvent que de maternité "popote" et jouent les "femmes libres", l'on y couche à droite à gauche, on l'avoue sans fausse pudeur et finalement on y rêve enore du grand amour, qu'il est vrai, on ne voit pas quand on le trouve. Issu d'une famille dont le père est une icône du cinéma qui pense, Philippe Garrel, "kiafaitsoissantuite", bon élève, il tourne dans des films qui titillent agréablement en plus la libido de ces braves gens. Il n'a pas tourné que des daubes prétentieuses certes, "Les innocents" de Bertolucci était un très bon film décadent, mais bon film. Par contre les films où son Papa ou une copine de son Papa, je ne sais plus très bien, racontent ses souvenirs d'ancien combattant-e de "soissantuite" me font souverainement suer. Ce qui perd la plupart des révolutionnaires, qu'ils soient gauchistes ou communistes, c'est leur propension à voir tout changement de société, ou la révolte, sous un angle exclusivement romantique, idéalisé. De la même manière, on s'imagine que la pauvreté c'est comme dans "Mère courage" de Brecht ou dans les films de Renoir, c'est dur mais c'est sympa aussi, on rigole bien, les riches sont des gens laids méchants et bêtes et les pauvres beaux et gentils, et intelligents, alors qu'on sait que le pauvre regarde TF1 et bouffe de la "junk food", enfin il n'a qu'un rêve le pauvre c'est de gagner autant de pognon que le bourgeois bohème ou le libéral-libertaire pour le claquer. Enfin, quand je dis que l'on a des pauvres une vision romantique, oui, tant qu'ils restent éloignés des quartiers anciennement populaires dont on les a vidés en aménageant des lofts très "sympâ" qui permettent de discuter du dernier livre de Catherine Millet, tellement "gééniââle" quand elle parle de ses gang-bangs de manière aussi clinique qu'un rapport de police et bassine ensuite quand elle révèle qu'elle était jalouse comme un pou finalement. C'est que de la pauvreté humaine cela soit dit en passant. Louis Garrel c'est le fils que les femmes mûres "kiontfaitsoissantuite" rêvent toutes d'avoir, un gosse à la fois beau gosse, bien élevé, savamment décoiffé, cultivé et qui tourne au ciné, et qui en plus plaît beaucoup au nouveau copain de Maman qui bosse dans le théâtreux.