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blues

  • Des monstres d'une grande banalité

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    société,politique,monstre,blues Selon le cliché habituel, l'intelligence du coeur serait quelque chose de différent de l'intelligence au sens strict. L'intelligence du coeur serait le fait de personnes plus « simples », plus simples et donc simplettes si l'on suit bien, incultes et brutes de décoffrage mais sympathiques. L'intelligence tout court et l'intelligence du coeur se confondent.

     

    Cette pseudo-simplicité va de pair avec une affectivité dégoulinante de bons sentiments que l'on montre avec forces embrassades bien démonstratives.

     

    C'est un lieu commun que l'on retrouve également dans la fiction, que ce soit dans les « blockbusters » américains ou les films français, les méchants, les monstres sont toujours de sales types qui ont une bibliothèque bien fournie, qui apprécie le bon vin et la bonne chère, qui sont très intelligents mais par conséquent forcément malveillants.

     

    Le héros, ou l'héroïne, ont donc obligatoirement en contrepartie des goûts et des manières de ploucs.

     

    On comprend, il faut bien parler au plus grand nombre de spectateurs afin qu'un maximum se reconnaisse et s'identifie, et achète le plus possible de pop-corn et de friandises avant la séance et les encourager dans leurs comportement souvent déplorables.

     

    La réussite intellectuelle ou culturelle se conçoit uniquement dans le cas d'un rebelle de pacotille mauvais élève et révolté, avec des professeurs jaloux, qui se révèle à l'âge adulte contre toute attente, forcément hors des sentiers battus, forcément un génie des Carpates méconnu comme il en pullule sur le Net qui a favorisé leur expression maintenant sans complexes.

     

    Le génie méconnu est toujours un type qui se prétend autodidacte, c'est parfois vrai, le plus souvent cela signifie surtout qu'il mélange tout et refuse toute hiérarchie dans ses goûts. La mode du « geek » mis à toutes les sauces participe de ce lieu commun.

     

    Il y a donc cette certitude qu'une personne banale et d'intelligence moyenne ne saurait être un monstre, qu'un monstre comprend toujours le mal qu'il commet, qu'il le planifie, le raisonne, l'exécute en toute connaissance de cause.

     

    Ainsi les criminels de guerre, les violeurs d'enfants, les psychopathes sont ils classés dans une humanité à part, qui serait différente.

     

    C'est une erreur grossière, les monstres, les vrais sont souvent de parfaits imbéciles qui ne sauraient comprendre le mal qu'ils ont commis, leur raison, ou leur absence de raison, étant uniquement préoccupée par leur petite personne et la satisfaction de ses désirs.

     

    Un monstre par contre sait très bien employer toutes les apparences de la norme à son profit.

     

    Un monstre se coule dans le moule naturellement. Et il rêve d'être pris pour une personne comme les autres....

     

    Et les monstres sont donc le plus souvent atrocement banals. Il suffit d'entendre les témoignages de proches ou de voisins lorsque des atrocités sont découvertes s'étonner du comportement pourtant tellement calme et pacifique du personnage horrible que leur voisin s'est révélé être au bout du compte.

     

    Pour en être un, nul besoin de commettre des atrocités, des crimes, des massacres, ces voisins qui ne veulent pas entendre les enfants d'à côté se faire battre, ces passants qui ne veulent pas regarder le pauvre à terre dans la rue, qui lui marcheraient dessus si les conventions sociales ne l'interdisaient pas encore un peu, celui-ci de pauvre est parfois juste en face d'eux, sur le pas de leur porte.

     

    L'indifférence aux autres dans notre société est un autre genre de monstruosité collective.

     

    Elle se traduit par ces personnes qui toutes maintenant, ou presque, ne regardent plus le voisin, ne discutent plus en attendant le bus, ou en prenant le bus, n'ont d'yeux que pour les écrans qu'ils ont à portée de main. Et elle progresse, c'est un comble, au nom d'une altérité réputée plus grande, accrue par des moyens techniques de plus en plus performants.

     

    Donc, pour trouver des monstres, il suffirait parfois que la société se contemple un peu plus dans le miroir....

    illustration empruntée au site dextertv.com

     Ci-dessous le générique de "Dexter" qui exprime très bien cette banalité de la monstruosité


    Dexter - Generique par Suchablog