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  • La société des bèbètes

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    Aussi sur Agoravox

     

    En 2017 le "bèbète" et la "bèbètitude" ont tout envahi. C'est une forme de gentillesse molle, d'affectivité sirupeuse. Notre société est devenue la société du "lol", du "like", de l'émoticône, du câlin, du gentil partout, du beau relatif. On regarde des vidéos de chats tout mignons sur internet, on se doit de trouver cela tellement mignon. Ou des bébés ayant un fou rire. Quand on est content, il faut le manifester en se faisant tous un gros câlin même l'âge de la puberté largement passée. On mime un cœur avec les mains pour dire combien l'on aime une vedette, pour lui manifester toute son admiration.

     

    On dépose une bougie ou une fleur à l'endroit où des tragédies arrivent. On sait très bien que cela ne changera strictement rien. On sait très bien que l'on est un peu "cucul" mais ce n'est pas grave. On pleurniche en se tenant les mains, on communie dans un sentimentalisme grégaire pénible.  On le sait bien que c'est idiot mais comme personne ne veut plus grandir ou mûrir, il est préférable de réagir en midinette, en gamine de douze ans un peu sentimentale qui met des cœurs pastels de toutes les couleurs partout dans son cahier de textes.

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  • Des "héritiers" politiquement incorrects ?

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    politique, société, politiquement incorrects, amaury watremez, blog, hypocritesJ'ai toujours eu un gros doute sur la sincérité des milieux se prétendant « politiquement incorrects ». Quand ils ne cherchent pas toujours à s'en justifier il leur faut sans cesse se trouver des cautions de gauche ou « de progrès ». Ils cherchent à se raccrocher à la modernité tout en affirmant la critiquer. Au fond, ce qu'ils veulent c'est faire partie du spectacle comme tous les autres, l'épisode que j'évoque ci-dessous me confirme dans mon opinion...

     

    De par mes activités bloguesques « coupables », un soir, j'ai eu envie d'aller écouter une célébrité médiatique réputée politiquement incorrecte. Je pensais que cela pouvait être intéressant. Au pire, sans doute le vin serait-il bon ?

     

    Quand elle est apparue, sachant ménager son apparition soudaine, connaissant ses « effets » de scène par coeur, fardée comme un camion volé et comme pour une émission de télévision, j'avais le sentiment de voir apparaître une "professionnelle" aguerrie ayant ses méthodes pour plaire au client, sourire mécanique aux lèvres et fausse convivialité.

     

    Étaient présents toute une cour des miracles de favorisés, de nantis en rupture de ban, d'héritiers, des courtisans plus ou moins subtils, des jeunes ambitieux aux profils encore curieusement enfantins et ce malgré leurs barbes à la mode, des plus vieux un peu aigris, heureux de jouer ne fût-ce qu'un soir les pseudo-maîtres à penser, des bons élèves en quête d'affranchissement, d'anciens journalistes « mainstream » en recherche de respectabilité.

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  • Des laïcs virtuels - 4000ème note

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    politique, société, blog, 4000 notes, amaury watremez, islam, laïcité, république, valeurs, moralePour le quatre-millième billet de ce blog (le premier c'était cela), j'ai eu envie d'être un peu plus « poil à gratter » que d'habitude. Le petit bourgeois hédoniste et réactionnaire que je suis, est marqué par le sens de la dérision de le dernière génération inconsciente des années soixante, celle qui trouve que la gravité est le bonheur des imbéciles, et que c'est ce qui paraît futile et superflu aux yeux des cuistres le plus important dans une vie. Nous avons vu arriver les « petits jeunes gens réalistes » de la génération suivante, soumis à quelques exceptions notables au consumérisme, au discours libéral libertaire, aux communautarismes.

     

    On ne peut entièrement les blâmer, ils sont les enfants de la paupérisation, de la précarisation tous azimuts des salariés, de l'emploi, de la mondialisation réputée « heureuse ». Celle-ci intègre tout le monde il faut dire, l'argent n'ayant pas d'odeur, aigrefins de toute obédience, régimes théocratiques violents, monarchies pétrolières esclavagistes, cela ne pose aucun problème tant que des capitaux sont injectés dans le système, y compris ceux provenant de la vente du pétrole du soit-disant « État Islamique ».

     

    Ils acceptent ceux-ci d'ailleurs non pas par grandeur d'âme et ouverture au monde mais par lâcheté et renoncement aux valeurs morales communes, par abandon de la transmission des valeurs et, ou d'une culture. Chacun dans son coin, tout seul ou au sein de sa communauté, de sa tribu, fait « sa sauce » à son idée, s'imaginant être une génération née « ex nihilo », ayant tout compris, mieux que ses ascendants, et redécouvrant donc régulièrement de ce fait l'eau tiède...

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  • Diastème bloqué dans une boucle temporelle

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    Le nom de Diastème me rappelle ma folle jeunesse ami lecteur, les années 80 et 90, quand il était une des voix de l'ironie, avec celles venues de Canal +, toujours dirigée dans le même sens, que les filles portaient des vestes à épaulettes leur faisant des épaules de déménageurs et qu'elles ne s'épilaient pas les sourcils. Cela m'évoque aussi le badge « Touche pas à mon pote ». En effet, ami lecteur, en 83-84 il fallait absolument le porter pour bien faire comprendre que l'on n'était pas raciste. Celui ne l'ayant pas au revers de sa veste était obligatoirement une bouture de nazi.

     

    politique,société,un français,diastène,blog,amaury watremezDes plaisantins ne respectant rien avait cru malin déjà à l'époque de détourner la petite main en arborant un petit pied avec des slogans désolants tournant en dérision le fameux « Touche pas à mon pote » : « Marche pas sur mon pote », « SOS nanisme », « Me touche pas mon pote » etc...

     

    Diastème est tout à fait pertinent et compétent pour décrire la question de la montée d'une droite « dure » depuis trente ans, en effet, il était quand même chroniqueur pour « Jeune et Jolie » dans les années 90 et rédacteur en chef de « 20 ans », il écrivait aussi dans « 7 à Paris » et autres revues politiques transgressives....

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  • La dictature de l'émotion et du premier degré

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    politique, société, blog, net, twitter, hypocrites, amaury watremezPour conjurer le Mal, le désespoir, les enfants engloutis par la boue, les peuples mourant de faim, il existe une arme assez efficace, l'humour. Aucune discussion n'est possible face à des êtres humains se laissant aller à leurs instincts les plus abjects, il est par contre beaucoup plus sain de les ridiculiser, de se payer leur tête, les mettre en face de leurs contradictions, leur veulerie, leur sottise.

     

    Pierre Desproges par exemple le disait il aurait « contrepété aux portes des chambres à gaz » pour faire la nique aux salopards. Jonathan Swift pendant la grande famine irlandaise dont il a souffert autant que beaucoup de ses compatriotes écrit un livre de cuisine pour accommoder les petits enfants. N'oublions pas l'humour juif, celui des frères Marx ou de Robert Scheckley. Continuer à faire rire et à rire soi-même pour éviter de sombrer dans la grisaille de la sinistrose, de la pensée vulgaire, au sens de commune, oublier les salauds...

     

    L'humour caustique a souvent été la première politesse du désespoir face au malheur du monde...

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  • Retour aux fondamentaux

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    blog, société, politique, personnel, amaury watremezLes ruptures ce n'est jamais agréable, aujourd'hui j'en ai vécu une me soulageant presque au fond bien que que me désolant profondément, rupture de MON initiative. Ainsi va la vie.

     

    Cela permet finalement de redéfinir ce qu'est et ce que n'est pas ce blog.

     

    Ce blog n'est pas une courroie de transmission pour tel ou tel parti, tel ou tel politique, et ne le sera jamais, même pour ceux de droite....

     

    ...Et surtout pas pour telle ou telle famille de politiques se servant de belles idées comme véhicules pour arriver au pouvoir.

     

    Ce blog est un espace de liberté où ce qui me meut est mon plaisir de me foutre du monde, en particulier des politiques, de partager ma passion de la littérature.

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  • Le blog fait peau neuve

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    ravalement.jpgPour plus de clarté de lecture et pour se renouveler le blog change et offre de nouvelles fonctionnalités...

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  • Ma conjuration des imbéciles

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     conjurationdesimb%C3%A9ciles.jpgUne amie proche s'étonnait il y a quelques jours que souvent mes articles et parfois ce que l'on suppose de ma personne, ( je serais arrogant, caustique, condescendant, un rien cynique, misanthrope, réac, égocentrique, d'ailleurs dans la suite du texte je parle encore de moi me reprochera-t-on, etc...), provoquent des réactions violentes alors que ce que j'écris ne lui paraissait pas mériter de telles injures parfois et épithètes qui blessent, et autres noms d'oiseaux. « On » parle de moi dans mon dos, « on » dit du mal de moi en douce, ce dont je me fiche complètement m'excusant sincèrement cependant des « dommages collatéraux » que cela peut impliquer pour ceux que j'aime tendrement, les imbéciles, à défaut d'égratigner celui qu'ils exècrent trouvant plus simple, et certainement plus courageux, de s'en prendre aux amis, aux amours, aux proches de l'objet de leur exécration.

     

    Je ne la comprends pas, rationellement parlant, car mon blogue n'est qu'une blogue parmi d'autres après tout. Cependant, leurs réactions extrèmes montrent d'abord et avant tout que je touche souvent dans le mille.

     

    Je n'ai pourtant rien contre les opinions contraires aux miennes tant qu'en réponse les contradicteurs arguments et opposent une réflexion construite et non des attaques personnelles ou des injures. Ce n'est pas ma faute si à celui qui balance un lieu commun, un cliché ou une énormité je donne l'impression d'être condescendant si je lui réponds car il ne supporte pas que l'on pointe la fausseté de l'image qu'il croit pouvoir se donner dans la vie ou sur les réseaux dits sociaux. Je dirais même que ce genre d'attaques par l'insulte et une sorte de « psychanalisation » sauvage qui s'ensuit généralement me donne surtout envie de rajouter des cuivres et des grosses caisses à mes petits billets, d'être encore plus incisif...

     

    ...Hélas je suis incorrigible, et je ne vois pas pourquoi il serait plus injuste de dire parfois la vérité plutôt que de se cacher derrière son petit doigt.

     

    Pour beaucoup donc, je suis un sale con, cela ne me dérange pas énormément je dois avouer d'être un sale con pour des opportunistes, des malhonnêtes, des « bourgeois pédagogues », je préfère ce terme à celui de « bobo » ou « bien pensant », qui se croient « sociaux » ou de gauche car faisant la leçon de temps en temps aux prolos qui ont la faiblesse de les lire. Ils sont tellement de gauche, tellement peu soucieux de leur argent que d'ailleurs la plupart logent des « sans-papiers » par dizaines chez eux ou partagent leurs salaires en plusieurs parts à destination des miséreux, c'est bien connu (pour les lecteurs « djeuns » ou mal-comprenants afin de signifier que ce j'écris ici est ironique, je rajouterais « LOL »)...

     

    « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » disait Swift, auteur qui avait des doutes raisonnables et marqués sur la bonté « naturelle » des êtres humains, ses semblables, citation mise en exergue de « la Conjuration des imbéciles » de John Kennedy Toole, mort avant d'avoir connu la gloire que lui procura de manière posthume donc son roman, suicidé en étant persuadé d'être un raté de la littérature. Avec cette citation, je devrais me sentir flatté, car de nombreux crétins, amphigouriques ou vaniteux, prétentieux, et, ou complexés, semblent me poursuivre de leur vindicte à de nombreuses reprises, ne se lassant jamais, infantiles généralement dans leurs raisonnements :

     

    Si l'on critique ce monde, si l'on se pose des questions sur le bien-fondé de cette société, sur les bonnes intentions, sur les déclarations grotesques souvent hypocrites des bons apôtres c'est forcément que l'on est ou réactionnaire, ou un jaloux aigri de la réussite matérielle des « bourgeois pédagogues », que sais-je encore...

     

    On notera toute la force d'un tel raisonnement...

     

    Sans parler de ceux pour qui un type qui défend les Lettres et qui aime parler de ses lectures, diverses, est automatiquement un type vaniteux, un « prétenssieux » qui n'est pas quelqu'un de « simple » comme si la « simplicité » consistait à être simplet ou ignare...

     

    Encore une fois, ami lecteur, tu notes la force de ce genre de raisonnement comme celle de reprocher à un auteur de petits textes comme les miens d'avoir un ego développé, ce qui est évident, et ce que je reconnais moi-même sinon je ne les rédigerai pas, et alors donc ?...

     

    Longtemps, j'ai souffert de ne pas avoir les mêmes réactions que les autres, longtemps cela m'a pesé de ne pas ressentir comme tout le monde les événements importantes ou plus ou moins anodins, les compromis grands ou petits que certains considèrent comme obligatoires dans la vie de tous les jours, les apprêts que la plupart donnent à leurs personnalités afin de ne pas se montrer tels qu'ils sont. Et puis, assez vite, j'en ai pris mon parti, et m'en suis même réjoui. Je n'ai aucune envie de « hurler avec les loups » même ponctuellement, même si cela certainement m'aurait permis une vie moins chaotique c'est certain et plus confortable. Je n'ai aucune envie de rentrer dans un ronronnement intellectuel. Cela ne signifie pas que j'ai raison sur tout, je n'ai jamais eu cette prétention mais c'est une manière de vivre plus intéressante.

     

    illustration prise ici

  • Fougues virtuelles et fougues réelles

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    politique, internet, blog, société, hypocrisie, amaury watremez

    Sur la photo on voit bien qu'il est l'heure du grand chambardement...

     

    Sur « fesse-bouc » (TM°) ou « touitteure » (TM°), tout le monde a du courage caché derrière le simili-anonymat du Net, dont on sait que c'est un leurre, tout le monde a de la fougue, de l'audace, que ce soit à gauche ou à droite, tout le monde est prêt à faire la révolution, à secouer le cocotier, à faire tomber les fruits blets d'un système corrompu, les représentants du pouvoir n'ayant plus comme d'autre ambition que d'être tous les « employés du mois » des multinationales, des banques dont les banques centrales, des puissances d'argent en général. Pour un peu ce serait la « lutte finale », le grand chambardement ultime, le charivari final. L'on se prendrait presque parfois à espérer qu'il advienne enfin mais on ne voit pas grand-chose, à peine quelques grains de poussière se soulevant de ci de là...

     

    Mais dans la vie réelle, tu sais ami lecteur, ce qui se passe juste là derrière ton écran, sous tes yeux si tu veux bien y regarder, par la fenêtre par exemple (tu sais ce genre d'écran interactif en 3D), je suis surtout frappé, effaré par la très grande docilité des personnes, soumises volontairement à une société inique par nature, ceci afin de continuer à profiter encore quelques temps des bienfaits supposés du consumérisme qui leur jette en pâture des jouets fortement addictifs pour « grandes personnes » tous plus inutiles les uns que les autres. L'indocilité est d'ailleurs perçue comme une forme de vanité extrême, de prétention dangereuse, car les autres auront peur que cela ne remette en cause leur propre situation matérielle. Elle les culpabilise de par leur allégeance qu'ils savent bien abjecte mais qu'ils acceptent la pensant obligatoire.

     

    Quand sur « fècebouque » quelqu'un évoque un cas concret d'arbitraire ou d'injustice flagrante il a pour lui des centaines d'internautes, des « likes » en pagaille, des « re-touites » en veux-tu en voilà, voire même il fera le « beuze » mais cherche-t-il des soutiens tangibles qu'il n'en rencontrera aucun ou très minimes très timides se retrouvant seul et complètement démuni face à l'adversité et, ou à la machine administrative1 :

     

    La « pasionaria » du web se métamorphose en employée très sage dans son « open space » expliquant qu'elle y tient à son « cédédé » renouvelable, le « réactionnaire » au verbe incisif sur le « Ouèbe » se mut en salarié passif en veste orange et tellement calme qui trouve normal que ceux qui ruent dans les brancards soient punis sévèrement, la tigresse des forums politiques n'est plus qu'un fauve de salon qui rentre les griffes sans se poser de questions et a des rêves bien popotes, et l'activiste forcené des dénonciations en tout genre se signale surtout par sa grande obséquiosité. Bref « de beaux sujets de pendule que tous ces anars à la petite semaine, ces syndiqués en pantoufle » pour paraphraser Audiard qui fait dire ça à Gabin dans « Archimède le clochard ».

     

    On est parfois surpris de ce que cachent réellement ces pseudo emballements. Ainsi j'ai pu lire hier un internaute affirmer que si Sarkozy revient en 2017 il reviendra sur la loi Taubira dont il n'a rien à foutre. Je suis même à peu près certain que Marine le Pen elle-même ne le ferait pas non plus. Ce tohu bohu virtuel cache bien mal une grande naïveté teintée de crédulité face au cynisme habituel des politiques à qui l'on ne demande pas de toutes façons d'être des anges de vertu tant qu'ils s'occupent « a minima » du Bien Commun. Certains s'étonnent d'avoir trouvé dans le livre, enfin le livre, le torche-cul de Valérie Trierweiler, cette anecdote qui voudrait que le président actuel désignerait les pauvres comme « sans dents ».

     

    Comment ? Hollande ne serait pas vraiment de gauche ? Il ne serait pas sincère ? Mais chers amis qui avez voté pour lui, où étiez-vous depuis qu'il mène sa politique sociétale-libérale (à savoir dictée par une pure doctrine monétariste orthodoxe avec quelques éléments sociétaux dedans pour plaire aux bourgeois dits de progrès des CSP ++ de centre-ville qui ont plein d'amis gays et, ou l'habitude de partouzer de manière endogame, entre soi, entre « mêmes »).

     

    Ce n'est pas que je sois pessimiste ou caustique pour être caustique gratuitement mais c'est surtout que j'aimerais que tout cela débouche sur quelques chose de concret enfin, un mouvement de tempête contre un pouvoir abject, celui du matérialisme roi, de l'égoïsme absolu érigé en valeur suprème.

     

    1En affectant un stagiaire du CAPES ancien contractuel depuis 15 ans à 850 kms de chez lui sans souci humain et pour lui faire payer et son blog, et sa participation à LMPT

  • Les manifs pro-Gaza ou l'obsession du bon côté

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    Ces derniers jours, j'ai relu le livre tiré du blog de « Salam Pax » (chez Hachette littératures) écrit jour après jour durant la deuxième guerre du Golfe, blogueur irakien caustique et fin bien loin des clichés habituels de l'« arabe de la rue » toujours proche d'avoir le cimeterre et, ou le Coran entre les dents. C'est une lecture que je ne saurais trop te conseiller ami lecteur en ces temps d'hystérisation « pro » ou « anti » Gaza (va voir par là, par là aussi ou encore . Salam Pax montrait qu'il n'y avait pas de « bon » ou de « mauvais » côté nettement défini, mais un seul, le côté humain.

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    image prise ici

     

    On aimerait bien lire un « Salam Pax » gazaoui, mais malheureusement le « Hamas » tout comme toutes les autres organisations d'assassins à alibi religieux a parfaitement compris l'importance d'Internet dans les nouveaux conflits, et mène dans la bande de Gaza une politique de terreur et d'intimidation de tous ceux qui oseraient émettre un semblant de contradiction quant à la course vers l'abîme dans laquelle il entraîne une bonne partie des palestiniens, la solution éventuelle de conflit interminable, et la seule qui n'implique pas des milliers de morts, étant dans une fédération de deux peuples indépendants.

     

    Salam Pax évoque à un moment une jeune américaine bon teint, toute rose, venue en Irak manifester « pour la paix » au début de ce deuxième conflit, soulignant que celle-ci se signalait par son obsession maladive à être du « bon » côté et qu'elle ne comprit jamais qu'elle servait, elle ainsi que les autres manifestants, sans s'en rendre compte ni même le vouloir les desseins de Saddam encore au pouvoir à l'époque par leur incroyable naïveté et leur candeur de « convertis » du combat pacifiste.

     

    Ainsi sont exactement les manifestants de gauche ou pas, pacifistes et « antisionistes » qui défilent en ce moment régulièrement contre la guerre à Gaza, guerre qui n'en est pas vraiment une car les roquettes « Quasam » du Hamas ne font pas le poids face à l'armement ultra-moderne de « Tsahal ». Ces manifestants qui marchent aux côtés de fanatiques de la pire espèce qui portent bien haut le drapeau noir de l'état islamique d'Irak ou celui, vert, du califat pan-arabe, ne peuvent pas imaginer car certains d'avoir choisi le « bon » côté, que leurs compagnons de route puissent être des judéophobes abjects ou des meurtriers en puissance, impatients du « choc des civilisations » eux aussi, et tout autant que les « néo-cons » évangélistes américains qui financent les colonies d'implantations israéliennes en Cisjordanie pour hâter l'Apocalypse qu'ils espèrent proche.

     

    Comme cela emmerde quand même un peu nos pacifistes d'être avec les « barbus » ils s'appliquent à eux-mêmes un succédané de la méthode « Coué », en employant des éléments de langages permettant de camoufler le réel ; par exemple on parlera non pas de « d'islamistes » mais de « casseurs », terme « fourre-tout » permettant de mettre ensemble dans le même sac tous les manifestants qui pourraient gêner la bonne conscience des brebis, que dis-je, des agnelets paisibles qui ont juste remplacé la figure honnie du capitaliste dans les années 70 par celle du ju...sioniste israélien, israéliens tous mis dans le même sac eux aussi.

     

    Nos gentils agnelets et autres brebis ne se rendent pas compte une seule seconde qu'ils légitiment en même temps qu'ils défilent avec les « ultra-religieux » la violence, la haine et les massacres du Hamas. Pour eux ce n'est pas possible car ils savent qu'ils sont du « bon » côté. Tu noteras malgré tout ami lecteur que lentement, progressivement, quand on parcourt les fils de commentaires sous les articles parlant de Gaza, le vocabulaire des « antisionistes » se radicalise de plus en plus, inclinant de plus en plus vers la bonne vieille dénonciation du « lobby juif » en dénonçant la mainmise supposée du CRIF sur la politique française. Mais alors nos créanciers qataris et saoudiens seraient juifs ? Ces émirs pétroliers cachent bien leur jeu...

     

    C'est aussi une manière pour les musulmans avides de communautarisme, de manifester des revendications identitaires radicales pour se consoler de leur frustration de ne pas arriver à s'intégrer et autres choses, intégration ratée qui ne saurait être de leur fait et de blocages religieux et coutumiers.

     

    Pourquoi croyez-vous également chers moutons que cette association de criminels planquent ces armes dans des quartiers à fort densité de peuplement sachant très bien que « Tsahal » est au courant de ces « planques » ? Et aussi d'ailleurs dans les enclaves chrétiennes de Gaza comme Khan Younès ce qui leur permet de faire d'une pierre deux coups...

     image ci-dessous prise ici

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    On attend toujours d'ailleurs la manif des "pro Gaza" pour les chrétiens de Palestine, pour ceux d'Irak  massacrés à Mossoul juste la semaine dernière, pour ceux de Syrie subissant une épuration ethnique...

     

    Car ça fera de « jolies » photos qui feront pleurer non pas Margot dans les chaumières mais l'agnelet qui fait de « son » combat le thème numéro un de ses statuts « facebook », que cela crée le « buzz » autour de l'horreur que l'on ne peut que ressentir face à ces hommes femmes et enfants blessés atrocement ou tués, et fait d’Israël le seul méchant. Ils savent bien que les agneaux ne comprennent pas la complexité en politiques, qu'ils se fichent complètement des nuances pourtant indispensables à apporter quand on parle de certains sujets. Et puis se dire contre la guerre, montrer des photos de soi en « keffieh » dans les manifs, ça fait tellement rebelle, tellement révolté alors même que l'on est un,e petit,e occidental,e bien nourri,e ayant juste besoin de déculpabiliser en somme (cf la bonne dame à gauche de la photo ci dessus par exemple).

  • Deux ou trois pierres blanches

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    amaury watremez,blogAujourd'hui 30 Avril 2014 est pour moi une journée à marquer de deux ou trois pierres blanches, et en passant déposer quelques cailloux blancs pour toi qui me lis...

    L'auteur en train de fêter ça (admissibilité au CAPES Externe entre autres bonnes nouvelles et pistes intéressantes) avec du vin de la "vallée du paradis", parole, c'est le nom.

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  • Petits monstres 2.0 ou « le Seigneur des mouches à l'ère numérique »

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     Aujourd'hui c'est la journée contre le harcèlement, en particulier le harcèlement dans la jeunesse, à l'école, sur les réseaux dits sociaux et dans les cours de récréation qui Maupassant le disait déjà en son temps, sont parmi les lieux les plus cruels qui soient. En 2013, donc quand quelque chose ne va pas du fait de l'effondrement à peu près total des valeurs, des repères et de la morale à cause de la société libérale libertaire, on fait une journée pour ceci, ou contre cela en feignant de croire que cela va régler quoi que ce soit.

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    C'est comme quand le thermomètre descend comme en ces derniers jours de novembre, on se souvient soudain qu'il y a des pauvres qui dorment dehors, ou qui meurent de froid. Et puis on les oubliera un peu plus tard après s'être donné bonne conscience. Juste avant les fêtes bien entendu afin de réveillonner en toute quiétude et sans culpabilité ou remords éventuel...

     

    Dans une époque où la plupart des liens qui reliaient les individus entre eux, de la famille à la société, à la paroisse, au quartier, sont systématiquement conchiés et reniés, parfois par bêtise, souvent par inconscience, et le tout au profit du « tout économique » pour qui un bon citoyen consommateur est un citoyen consommateur sans défenses autre que lui-même pour résister éventuellement au consumérisme et à aux injonctions de la publicité, des médias et j'en passe, dans ce genre d'époque alors que tout le reste a été jeté aux ordures, c'est la loi du plus fort qui domine, le darwinisme social violent qui se manifeste chez la plupart des individus qui le pseudo anonymat du Net aidant se croiront autorisés à aller encore plus loin dans l'abjection et le ricanement que ce qu'ils s'autoriseraient dans la vie quotidienne.

     

    Le « Seigneur des mouches » s'est mis au numérique, au fichues « NBIC » (TM°), ou « TICE » (TM°), et autres acronymes qui réduisent les êtres humains à de simples interfaces biochimiques avec les machines, qui deviennent des machines, des choses que l'on gère, car maintenant l'on « gère l'humain » qui devient un élément comme un autre de comptabilité en somme.

     

    William Golding raconte dans ce roman, allant à rebours du mythe du nécessaire retour à une sauvagerie somme toute salutaire et « pure », comment des jeunes a priori éduqués, formés et intelligents en viennent à recréer alors qu'ils sont naufragés sur une île déserte non pas une société idéale et utopique mais une société de cauchemar basée sur la violence et la haine du différent, du hors-norme, du faible.

     

    L'on a cru longtemps que le Web, le super-réseau allait justement permettre de recréer par le biais d'un partage global des connaissances un monde plus équitable, plus juste, privilégiant la culture et le savoir, la soif de découvertes, on évoquait l'avènement du « village global » de MacLuhan, d'une planète enfin unifiée, alors qu'Internet s'est principalement développé et se développe encore maintenant surtout pour deux choses : le porno le plus basique, le plus crade et la violence par l'entremise les jeux virtuels hyper-violents sur lesquels les plus jeunes internautes peuvent passer des heures et des heures par jour et qui le font par conformisme social extrême et la peur panique d'être exclu du reste du groupe en affirmant sa différence. Les utopistes sont des rêveurs sympathiques mais qui méconnaitront toujours la nature humaine et ses travers hélas encore dominants actuellement.

     

    Ainsi, de même sur les réseaux sociaux, certains d'entre eux se réveillant la nuit pour continuer à « tchater » dans le vide, car sans véritable interlocuteur en face d'eux, et hélas dans la grande majorité des cas pour harceler la personne différente, hors-norme ou considérée comme faible sans se soucier des conséquences dramatiques pouvant advenir car dans ce genre d'échanges virtualisé l'autre n'a plus de chair, de corps, et donc n'existe pas vraiment aux yeux des harceleurs, des cyber concierges et autres concierges internautesques.

     

    Le rire dans ces échanges n'est plus qu'un ricanement malveillant et lâche.

     

    Cette société des mouches 2.0 est comme le rêve humide d'un dictateur du début du XXème siècle, que ce soit Mussolini, Staline ou Hitler. C'est la concrétisation d'une société où l'individu est soumis sans se poser de questions à un système parfaitement absurde qui prétend le protéger et qui le prive de ses libertés sous prétexte de la transparence délirante actuellement à l'oeuvre avec son consentement imbécile, toujours à cause de la peur panique d'être hors du groupe, raccrochant toute dignité et son amour-propre à la possession ou non d'un gagdet électronique tout ce qu'il y a de plus inutile.


    image prise ici

  • Les nouvelles folies bourgeoises

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    Dédié à Aurélie Filipetti, Anne Hidalgo, NKM, Bertrand Delanoé, Michel Champredon, Jean-Michel Ribes, BHL, Daniel Buren, Jack Lang, Daniel Cohn-Bendit (pauvre Cohn), DSK et tant d'autres que j'oublie...


    Il y a déjà quelques temps, alors que je participais à une soirée mondaine ou plus ou moins, se voulant « libérée » et culturelle, tout en n'étant finalement rien d'autres qu'un agrégat de snobinards mécheux, de salonnards tous « fissapapamaman » et de pauvres petites filles riches à névroses chics et très chères, j'entendis un des invités confier à un autre sans trop de discrétion qu'il était fort étonné de constater que même « sortant de ce « milieu » je fus si cultivé et tellement ouvert ». Je n'en conçus pas de la colère, après tout c'était flatteur. Je lui demandais de quel « milieu » voulait-il parler en évoquant « ce » milieu ? Il me dit sans beaucoup de gêne qu'il parlait du milieu petit bourgeois catho, un peu versaillais sur les bords, un peu « coincé » sur le plan des mœurs, conservateur aussi sur l'argent et l'éducation et qu'il s'étonnait.

     

    Je lui rétorquais que lui aussi faisait partie d'un milieu bourgeois, plus favorisé d'ailleurs que celui d'où je suis issu, sur le plan matériel et des réseaux. Ce à quoi il me répondit que « bourgeois » c'était surtout un sentiment, un état d'esprit, et que lui ne se sentant pas « bourgeois » ne pouvait pas l'être, oubliant en passant que c'était aussi une situation matérielle confortable objective, et non seulement, donc, un « sentiment ». Lorsque je lui fis part de mon opinion sur le sujet, « je voyais le mal partout, et je ne pensais qu'au fric », lui bien sûr en ayant à foison ne se posait pas la question des ressources. Il m'assèna croyant m'échever qu'en fait j'étais un cynique...

     

    J'étais pour lui un « huron » de Voltaire, un « persan » de Montesquieu, ce n'était pas possible à ses yeux que l'on puisse être ouvert à la culture en dehors de son microcosme.

     

    Dans les pays anglo-saxons, les « bourgeois », les riches, les parvenus n'ont pas honte de l'être, il est normal de montrer son argent et d'être fier de sa réussite sociale et financière, et celle de ses enfants en profitant des réseaux des milieux financièrement confortables. On a bien du mal à comprendre en Floride ou en Californie pourquoi les français ont tellement de préventions avec l'argent, on y est moins hypocrites avec l'argent il faut dire ami lecteur, car on sait très bien que « s'il ne fait pas le bonheur » il achète beaucoup de choses qui permettent au moins une certaine sérénité du côté du portefeuille mais aussi pour se consacrer à autre chose, du moins dans notre société matérialiste où il est quasiment impossible de s'en passer à moins d'un changement radical.

     

    En Allemagne, vieux pays de tradition protestante, à Berlin on n'hésite pas à se rassembler en mouvements pour dire que l'on peut être « pauvre mais sexy ». La personne qui a les moyens ne verra pas l'utilité de montrer ses ressources avec ostentation, elle n'en ressent pas le besoin, elle sait qu'elle a travaillé, le plus souvent, pour les obtenir, et trouve ça normal, elle n'en tirez aucun orgueil.

     

    Elle en profitera, cette personne, pour voyager et parfaire sa culture et ses connaissances de manière studieuse, organisant sa vie active et sa retraite avec le même pragmatisme, voire même elle encouragera ces enfants à parcourir le monde et voir du pays et d'autres cieux.

     

    En France, pays où l'on feint de croire que la méritocratie n'est pas une légende urbaine, ou rurale, ceux qui ont de l'argent, ceux qui profitent du système par tout un ensemble de petits et grands clientélismes, de népotismes et favoritisme plus ou moins avoués, plus ou moins digérés, culpabilisent d'avoir du pognon et de ne jamais craindre pour leurs fins de mois. Pour compenser, pour ne plus se sentir coupables, ces bourgeois en ont conçus des prétentions à la fois culturelles et sociales, leur permettant de croire que s'ils sont favorisés, c'est parce qu'ils le méritent et qu'ils ont un rôle à jouer, un rôle de guides, de phares des peuples.

     

     

    Ceux qui ont ces prétentions, ces folies bourgeoises d'un genre nouveau, ne voient pas le problème. De par leur conditionnement de milieu, ils estiment qu'ils sont parfaitement légitimes pour les exprimer, que c'est même pour eux en quelque sorte une mission quasiment divine. Il faut dire qu'ils ont conservé la même hypocrisie morale, et ce malgré « 68 », concernant les seules motivations qui les meuvent réellement, à savoir boire, baiser et bouffer et jouir -de leurs privilèges- sans entraves.

     

    Ces "guides" de la pensée, Internet, notons le, les emmerde beaucoup, car tout le monde peut s'y exprimer, y compris les  "basses" classes ou les "classes dangereuses" que les bourgeois méprisent encore avec enthousiasme qualifiant toute pensée indépendante des personnes qu'ils dédaignent de "populisme", de "poujadisme" grossier voire pire, d'encouragement à revenir aux "z-heures les plus sombres de notre histoire". Très vite sur le Réseau, le petit bourgeois montrera son mépris de classe, surtout s'il est à court d'arguments.


    Le mépris utilisé en dernier recours, il appellera ça prendre de la hauteur alors qu'en fait il se comportera exactement de la même manière que son ancêtre guizotiste et, ou positiviste...


    Il a voyagé, il trouve ça super la diversité, les autres coutumes, le multicul et le métissage culturel, quand il voit une noce africaine fêtée selon le folklore de l'un ou l'autre pays, cela lui rappelle en plus son denier séjour avec "Nouvelles Frontières" et un spectacle de danses traditionnelles. Et lui au moins n'est pas homophobe comme ces cathos coincés, d'ailleurs, il le prouve, il a plein d'amis "pédés" ainsi qu'il le dit souvent en employant ces termes pour se donner le genre affranchi.

    Ce qu'il ne sera jamais...

    image extraite du film "Folies Bourgeoises" de Claude Chabrol, de 1974 et prise sur ce site

  • Pourquoi écrit-on -vraiment- sur le Net...

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    Il y a quelques jours, ami lecteur, je participai à un échange qui t'aurait certainement passionné, toi qui aime les questions existentielles tant qu'elles sont posées par de jolies filles pas trop farouches ou du moins s'en donnant le genre. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais ce que dit une jolie femme semble toujours largement plus intéressant que ce qu'exprime une moche, tout en sachant qu'une jolie femme qui a des prétentions intellectuelles est souvent une emmerdeuse qui trimbale avec elle des névroses chics de pauvre petite fille riche. 


    société,net,blog,écriture,politiqueNe me fais pas dire ce que je n'ai pas dit, ami lecteur, je n'ai pas dit que les filles intellectuelles étaient toutes des chieuses, simplement celles qui ont une certaine tendance à la vanité et à se surestimer culturellement car elles ont fait deux ans de « psycho » ou de « Lettres modernes ». Et pour t'avouer une chose, je crois que j'aime bien les chieuses, elles ont quelque chose de plus.

    Ce soir-là, une brune séduisante inspira une bouffée de sa cigarette d'un air réfléchi, prit une pose et demanda à l'assistance presque exclusivement masculine présente :
    « Pourquoi écrit-on sur Internet ? Et pourquoi s'engage-t-on parfois en écrivant, sur les réseaux sociaux et sur le Web ? »

    Les mâles présents, tous blogueurs émérites, metteurs compulsifs de liens d'actualité brûlante sur leur profil « facebook » (à défaut d'autre chose si tu me permets cette allégorie hardie ami lecteur), prirent les attitudes qu'ils estimaient convenir pour signifier que cela les interpellait profondément, comiquement torturées et concernées par ce que disait la jeune femme, ( concernés où ça ? Quelque part, au niveau du vécu bien entendu selon les termes consacrés ).
    Le premier dit avec conviction :

    « Pour remplir un vide existentiel », le deuxième affirma : « C'est comme une catharsis, c'est une thérapie en fait pour affronter le monde ». Votre serviteur passa encore pour un méchant cynique lorsqu'il suggéra benoîtement :

    «  Pour plaire aux filles ? ».

    Cela fit rire la jeune femme qui posait la question, qui se fichait au fond complètement de la réponse, voulant simplement voir qui serait le plus empressé autour de la table à concocter une réplique qui le ferait passer pour un prince charmant. Mes congénères masculins me fusillèrent du regard, faussement outrés par cette sortie triviale qui réduisait les grands discours qu'ils balançaient au tout venant ou livraient à leur blog à de banales parades nuptiales en somme.

    Le discoureur, le militant, quel que soit son camp, reste au fond un mâle alpha comme les autres qui a besoin de se démarquer et d'affirmer sa virilité ou ce qu'il imagine être sa virilité, de montrer qu'il domine le reste du troupeau. Il finit toujours par se vanter d’entraîner une petite partie du troupeau avec lui. Le militant, personnellement, d'où qu'il parle, finit toujours par me casser les pieds, car à un moment ou l'autre il faudra bien qu'il fasse des compromis avec ses idéaux supposés, qui pour un chef, qui pour une idéologie.

    Les jeunes et jolies femmes ayant quelques prétentions intellectuelles aiment ce genre de discoureurs, elles savent très bien quel au final leur véritable motivation mais elles apprécient que ceux-ci l'enrobent sous des dehors chevaleresques et idéalistes car la plupart ne rêvent encore que du prince charmant, sont encore des petites filles, ont des désirs d'intérieur bien « popotes » qu'elles ne veulent pas s'avouer, supportant des sales types et des salauds longtemps car elles continuent à croire que le salopard se transformera en amant de conte de fées, en Tristan dont elles seraient les tremblantes et rosissantes Iseult.

    Écrire pour combler un vide, c'est au fond essayer d'écrire sur du vide, donc sur du rien, du pas grand chose, cela ne présente pas grand intérêt. Écrire et s'en servir comme catharsis, cela n'aura d'intérêt que si l'auteur a du style, et si son propos tend à l'universel, qu'il concerne le lecteur. On me dira, ce genre de catharsis permet de rédiger les nombreuses autofictions qui plaisent beaucoup au public mécheux et en scooter germanopratin pour qui dépasser le « périph » c'est déjà une aventure...

    Ce texte t'est dédié à toi qui me lis encore après toutes ces années, qui aimait bien réunir autour de toi des poètes « maudits » rejetant la pensée « bourgeoise » tout en bénéficiant du sens du confort de cette classe sociale, des révolutionnaires en goguette qui rentrèrent bien sagement dans les clous une fois leurs diplômes acquis, des jeunes femmes libérées qui ont pour la plupart toutes finies en « ménages monoparentaux », progressistes au fond par jalousie des familles nombreuses, tous là autour de toi surtout car tout comme moi ils auraient aimé se perdre dans tes yeux gris, certains tout comme moi s'y étant perdus.


    photo, l'auteur en vacances

  • Histoire d'un zèbre - conte pour toute la jungle et pas seulement pour les zèbres

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    geo_zebre3.jpgLe zèbre avait découvert il y a peu seulement qu'il n'était pas un singe comme il le croyait jusque là, encore moins un animal de trait, ou d'abattoir, ni même une bête à cornes ou un genre d'invertébré. Il n'était pas sûr de son appartenance à l'espèce des primates, car il était inadapté et souffrait de diverses blessures de par l'ignorance de sa vraie nature. Comme tout zèbre il était doué pour le camouflage, il s'était tellement bien fondu dans le reste du règne animal qu'il en avait oublié lui-même juqu'à son identité propre et les causes de son mal être car ne pas savoir ce qu'il était le faisait souffrir durement.

     

    Il était un zèbre et il était heureux de maintenant le savoir. Il en était maintenant sûr et certain. Il n'osait pas encore trop le dire car les zèbres sont très mal considérés dans la jungle. Étant plus intelligents, plus sensibles, plus lucides, les autres espèces ont tendance à en avoir peur, car pour elles l'intelligence, la sensibilité et la lucidité ne sont que des moyens détournés de dominer les autres. Et quand un zèbre avoue qu'il en est et montre ses rayures, tous les autres habitants de la jungle, par jalousie, par envie, par complexe d'infériorité, prétendent alors immédiatement en être également, ou l'avoir été.

     

    Ou bien pire encore, le zèbre est raillé, rejeté, comme prétentieux et vaniteux, pour qui se prend-il ? Il est d'autant plus réjouissant pour les autres espèces de le railler et de s'amuser avec lui que c'est une proie facile et vulnérable dés qu'il est un tout petit peu à découvert. Le zèbre, pourtant, le sachant très bien malgré tout, avait voulu passionément depuis son enfance faire partie des mêmes cours, bandes et tribus que les autres animaux de la jungle ou de la savane, il avait très peur du rejet, et de la solitude, solitude qu'il avait pourtant toujours vécu au plus profondément. Il pensait, il faut le comprendre, qu'avec d'autres zèbres, il s'ennuierait forcément.

     

    Mais ces autres animaux ont toujours eu peur que leurs personnalités soient éclipsés par celle du zèbre réputé hyper-performant en tout du fait des lieux communs qui circulent à son sujet, alors que celui-ci peut être complètement à la ramasse sur des questions qu'il ne maitrisera absolument pas.

     

    Le zèbre par exemple est ambivalent en amitié, par peur de trop s'engager et d'être encore blessé, par peur qu'on le reconnaisse comme zèbre et qu'on le laisse tomber. S'il est très fin et intelligent dans un ou deux domaines précis, il alterne également des phases d'hyper-activité et de grande paresse quasiment dépressive, ayant un esprit un peu trop perméable, un peu trop plastique, à tout ce qui l'entoure.

     

    Il a beaucoup de mal à maitriser le flux continu de pensées et d'émotions qui risque de le submerger chaque instant. Il tente de le canaliser par la procrastination ou bien en se cachant derrière un personnage derrière des pétarades caustiques. Il se caractèrise beaucoup par une estime déplorable de sa propre personne due à sa sensibilité un peu trop forte au monde, il n'a que modérément confiance en lui. Il attend parfois de ses amis et proches qu'ils prennent des décisions à sa place. Il n'est pas l'adulte qu'il pensait devenir, et son enfance continue sans cesse à se rappeler à lui. A considérer sa vie toujours comme un ensemble, ainsi que les personnes qui l'entourent, il a du mal à prendre parfois du recul même égoïstement et prendre soin au moins de temps en temps de lui.

     

    Les autres animaux comprenaient toujours au bout d'un moment qu'il était un zèbre, mais prétendaient que ses blessures, son comportement souvent maladroit en société, conflictuel, ou marqué par son rejet des compromis sociaux qu'il trouvait hypocrite, était dûs à des raisons par lui inavoués. Dans certaines basse-cours par exemple on suggérait qu'il aimait bien les autres zèbres mâles comme lui, qu'il avait des secrets honteux et bien cachés. Ce n'était cependant pas eux qui avait le plus de mal à l'accepter comme zèbre, mais lui-même, et d'y avoir enfin réussi le rendait plus fort, ce qui se voyait enfin. Il osait montrer ses rayures sans se soucier des cancans des oies ou des radotages des vieilles biques ou des vieux boucs.

     

     

    Quant à être heureux, c'était une autre histoire, comme l'a dit un autre zèbre, bien caché aussi derrière ses pétarades, « C'est important l'intelligence. L'intelligence, c'est le seul outil qui permet à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur. L'intelligence c'est comme les parachutes, quand on n'en a pas, on s'écrase. ». Ayant lu il y a longtemps l'histoire d'un autre zèbre, préférant d'ailleurs largement le film qui en avait été tiré, l'auteur du livre en question étant plus un poney qui prétendait avoir des rayures lui aussi, zèbre du film qui réagissait comme lui face aux sentiments amoureux, il savait que le bonheur était pour lui un idéal hélas encore lointain...


    Excellent graphisme pris sur le site des coccinelles

  • Anti-conformisme et "beuzz"

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    politique, blog, société, règles, buzzAprès avoir soumis deux articles à Boulevard Voltaire respectant les règles conseillées par un ami breton d'une grande sagesse, Rackam, c'est le troisième qui a été pris, celui qui n'en respecte aucune, mais je suis certain qu'il ne m'en tiendra pas rigueur.

    A ce lien

  • Compatissants comme la lune

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    Amauryd'Anjou.jpgEncore une personne qui m'a fait le coup dernièrement :


    "Oui Amaury, je sens chez toi comme une souffrance, un mal être, tu n'es pas positif, tu n'aimes personne ou quoi ? Tu es trop sévère avec les autres".


    Le tout assorti d'un regard dégoulinant de compassion surjouée...


    Je sais gré de sa compassion à cette personne dont j'ai pu comprendre un peu plus tard la raison, quand elle a enfin avoué ce qui la motivait vraiment quant à celle-ci. A savoir pas du tout une raison liée à un quelconque sentiment d'altérité. Mais c'est une autre histoire.


    Elle ne pouvait savoir, elle ne l'aurait pas voulu, ce qui a amené cette causticité, et ce sens de la dérision marquée chez moin j'en ai bien conscience. Je l'ai compris il y a peu, une raison toute bête liée aux préjugés sociaux, aux complexes transmis par les parents parfois. Mon prénom est "Amaury".


    C'est tout.


    "Amaury ça fait bourge, tes parents ils t'ont appellé comme ça pour faire riche" ais-je souvent entendu de la bouche d'individus qui osaient au moins dire ce qui démangeait quasiment tous les autres.


    D'ailleurs la bonne âme compatissante du début a cru bon de me le rappeler :


    'Tu es comme tout le monde, tu n'es pas mieux que les autres" assimilant mon sens de la dérision à de la vanité alors que celui-ci me donne aussi conscience de ma propre médiocrité.


    Sur Agoravox que je viens de quitter du fait d'un flot d'injures ininterrompu de petits commissaires politiques courageusement anonymes, c'était aussi un des reproches, mon prénom, censé me procurer une prétention aux yeux des imbéciles, car original, appuyant là où  ça fait mal, sur leurs complexes et frustrations, qui sont aussi les moteurs principaux des ambitions souvent déçues des minables.


    J'aime ce prénom, j'apprécie qu'il fasse fulminer les crétins. Je le porte grâce à mes grands parents maternels après qu'ils l'aient vu et apprécié sur une plaque rappelant les noms des rois latins de Jérusalem, Amaury étant l'avant-dernier...


    Ainsi allant moi-même vivre là-bas, j'avais bouclé la boucle...


    Illustration : miniature représentant Amaury d'Anjou roi de Jérusalem prise ici

  • Tous censeurs sur Internet ?

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    Aussi sur Agoravox

    Dédié à Eugène Lampiste

    Internet est un formidable espace de liberté.

    C'est une évidence.


    politique, net, blog, hypocrisie, censure, surveillanceCelle-ci fait peur aux institutions et aux tenants du pouvoir, politiques et économiques, mais aussi à tous ceux qui pourraient l'exercer, à savoir tout le monde, et qui finalement ont très peur de le faire, un peu comme ces enfants sages qui ne veulent pas prendre leur indépendance par rapport à leurs parents ou à leurs maîtres, qui ont très peur de penser par eux-mêmes.


    J'en veux pour preuve entre autres cet ami m'affirmant que ce que j'écris dans mes articles, sur mon blog, en statuts « Facebook » (TM°), et sur Agoravox, est dangereux en soi car contrevenant gravement aux idées énoncées par tout le monde par ailleurs, que cela me fait remarquer et courir un risque grave amenant la perte de toute possibilité de vie sociale.


    D'après son argumentaire, ce qui était le plus dangereux était surtout de se singulariser par rapport aux autres, et non d'avoir des idées différentes.


    Pour lui qui a des idées apparemment opposées aux miennes, ce n'était pas les opinions qui étaient dangereuses mais de sortir du standard de pensée ou de réflexion, de ne pas rester dans sa case bien définie, le « catho réac », selon l'étiquette dont on m'affuble le plus souvent, se devant d'être forcément « bégueule » sur le plan du sexe, libéral en économie, et bourgeois, forcément bourgeois, voire si le méchant réac insiste un émule de Jorge de Garcia l'inquisiteur malfaisant du « Nom de la Rose »,


    Celle ou celui qui prendrait le risque de cette comparaison s'étant contenté du film de Jean-Jacques Annaud n'ayant jamais lu l'excellent livre de Umberto Eco qui parle aussi de la puissance de la littérature.


    Tout comme à l'inverse, quiconque critiquant le libéralisme étant désigné à la vindicte comme une sorte de « moujik » dangereux le couteau entre les dents, et forcément marxiste, alors qu'on peut être anti-libéral sans être obligatoirement un émule de l'auteur du « Capital »...


    Bien souvent, j'ai d'ailleurs compris que ce n'était pas mes idées qui m'étaient en fait reprochées, mais mon désir d'indépendance face au collectif, mon désir de ne pas être inclus forcément dans le troupeau selon une appellation contrôlée bien définie. Cette volonté de sortir du confort intellectuel collectif est vécue et perçue par ses esclaves consentants comme une atroce prétention, une vanité insupportable quand celle-ci n'est pas psychiatrisée, assimilée à une volonté de contrôle de ses semblables, un mal-être du à des traumatismes vécus durant l'enfance.

    Internet par cette expression tous azimuts a ses risques inhérents, ses extrémistes qui ont la parole de plus en plus décomplexée, ses maniaques du complot, mais ce sont après tout des risques à prendre afin de se confronter à tous les sujets, ce qui permet parfois de démasquer les faux-semblants, les mensonges, l'hypocrisie.


    Et les poncifs les plus éculés qui sont la plupart du temps la base de réflexion de tous ceux qui prétendent se conduire en véritables humanistes sur le Net, ayant le courage insigne à leurs yeux de se dire contre la violence, la haine et l'injustice, pour la liberté, l'égalité et la paix surtout quand il n'y a aucun risque à le faire et que cela n'implique aucun acte concret...


    Le réseau des réseaux est un terrain privilégié pour ceux qui les expriment sans aucuns scrupules ni remords réels, ces poncifs, privilégiant les échanges manichéens qui font du « beuzze » (TM°) sans remettre l'essentiel en cause aux discussions réellement argumentées qui sont autrement plus dangereuses, et subversives, le « beuzze » (TM°) étant ce qui fait tourner le mieux le système spectaculaire qui distrait l'individu moderne, le citoyen consommateur, de toute réflexion un peu construite sur sa place dans la société contemporaine.


    Tout ce qui pouvant prêter à débat est traité sur le mode affectif et des procédés qui bien que grossiers fonctionnent à chaque fois.


    Est-il devenu dangereux d'exprimer des opinions à contre-courant sur Internet comme dans la vie ?


    Ce n'est pas qu'il y ait une réelle censure officielle. C'est beaucoup plus pervers...


    Celle-ci a à première vue disparu.


    Par contre, c'est l'ensemble des individus qui devient censeur du voisin, et ce pour diverses raisons dont la jalousie, l'envie, la peur de ne pas être comme les autres, la lâcheté par peur de ne plus pouvoir se faire une place à cause de personnes que l'on voit comme supérieures car ayant des velléités d'indépendance, les frustrations ressenties à ne rien sentir de particulier chez soi, la simple sottise aussi, celle de l'imbécile docile et satisfait de l'être.


    Les collègues « gougueulisent » les nouveaux dans un service sans que la direction n'ait à le faire, les ragots vont bon train suite à ce que les un ou les autres laissent de « traces numériques ».


    Et celui qui oserait montrer un embryon de différenciation ou d'indépendance d'esprit est lentement mais sûrement ostracisé sans que les tenants du pouvoir n'aient à bouger le petit doigt, il suffit d'évoquer les sanglots dans la voie la Crise et les difficultés qu'elle implique, la construction d'une mondialisation montrée comme heureuse, forcément heureuse, et le contradicteur qui se conduirait en trublion irresponsable, en enfant gâté qui serait responsable de tout ce qui pourrait bloquer l'avènement de l'utopie universelle ou supposée telle.


    Ces dangers bien réels pourraient décourager de s'exprimer réellement librement sur le web, moi cela m'inciterait à rajouter quelques cuivres et grosses caisses....

    image empruntée au blog la quadrature, excellente source sur les risques de censure du net

  • Délivrez nous des « bonnes résolutions » de début d'année

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    Aussi sur Agoravox

    Depuis deux jours, il est souvent question à la radio comme à la télévision des bonnes résolutions que l'on se devrait de prendre au début de chaque année (résolutions que personne ne tient bien entendu, mais c'est devenu un passage obligatoire semble-t-il). L'auditeur, le téléspectateur, l'internaute est infantilisé et réduit au niveau d'un gosse irresponsable.

    politique, spiritualité, 2013, bonnes résolutions de mes deux, blog, santéC'est un véritable défilé de pénibles « coachs » de vie, de bien-être, de pensée positive fumeuse, d'alimentation, de micro-gourous qui s'improvisent donneurs de leçons et moralisateurs laïcs, et directeurs de conscience bien plus autoritaires, réclamant bien plus d'allégeance de la part de leurs ouailles largement consentantes que les anciens confesseurs.

    Ces « coachs » m'évoquent toujours le souvenir d'un jeune ecclésiastique à la table duquel je me trouvais il y a fort longtemps attablé qui me voyant me servir un verre d'excellent rosé à la manière directe d'un supplétif viril et énergique de l'armée mexicaine arrêta mon bras dans son geste auguste consistant à se verser un petit verre m'avertissant solennellement des risques d'alcoolisme que selon lui j'encourais, à l'entendre, à goûter si imprudemment le plaisir d'un petit rosé bien frais sous un soleil de plomb, car nous étions en été.

    Et en été, ce genre de breuvage s'accorde très bien avec un ciel bleu, ou les jupes des jolies filles qui raccourcissent en cette saison bénie (pas seulement celle-ci semble-t-il actuellement, c'est un des rares bienfaits de notre époque).

    C'est assez curieux d'ailleurs voire complètement paradoxal dans une société qui affirme avoir rejeter bien loin d'elle tout ce qui pouvait nuire à la satisfaction du désir, à la consommation du plaisir.

    Le plaisir de bien manger avec des amis, de boire du bon vin, même un peu trop, de déguster ensuite des alcools forts qui sont « plutôt des boissons d'hommes faut avouer » est beaucoup plus teinté de culpabilité qu'auparavant, culpabilité que l'on feint d'appeler responsabilité pour se donner bonne conscience.

    C'est mal de se réjouir de bien manger, c'est mal de se réjouir de bien boire « entre amis ».

    L'époque est à une modération qui pousse à une conception des plus étriquée de la convivialité. Il faut « faire attention », « gérer » son « capital santé » (TM°), son « capital vie » (TM°) en gestionnaire avisé et frileux.

    Le plaisir doit être frustré en somme et se teinter à chaque fois de remords que l'on se doit d'avouer publiquement sous peine d'être taxé d'hédonisme, ce qui en 2013, tout comme le dilettantisme est un genre de crime pire que la mort.

    L'auteur de ce texte a parfois envie, alors qu'il ne fume pas, de s'en griller une (de cigarette) juste pour le plaisir de provoquer les moralisateurs à outrance qui promettent les pires supplices infernaux à qui ne suit pas leurs diktats et il adore porter des toasts aux purotins qui ne savent pas ce qu'ils ratent.

    Ainsi, hélas, le fumeur se croit-il forcé de prétendre qu'il va arrêter de fumer, le buveur de boire et qu'il ne va plus consommer que des eaux de régime, le bon mangeur qu'il va se mettre à la diète et devenir d'un coup d'un seul raisonnable.

    Et de se frapper la poitrine en signe de repentance après les fêtes de fin d'année...

    Ce n'est pas que l'auteur de ce texte prône la goinfrerie ou l'ivrognerie, quoique certains ivrognes sont largement plus fréquentables que bien des personnes sobres, loin de lui cette idée.

    Mais qu'y a-t-il de si mal à simplement apprécier un moment de bonheur à partager des bonnes choses avec ceux que l'on aime, que l'on apprécie ?

    Fût-ce dans un grill japonais désert au milieu d'une ville de province quasiment morte ou en passe de l'être un soir de réveillon...

    Cette douceur de vivre, cette faculté de vivre profondément l'instant, et de profiter de bons moments à table, est toujours assimilée à ces deux excès.

    Serait-ce que notre époque serait si puritaine et pire encore que les individus pourtant majeurs et vaccinés abandonnent toute dignité aux mains de charlatans qui leur dispensent en se faisant payer très cher quelques lieux communs qui ne mangent pas de pain ?

    Afin de conclure ce petit coup de gueule contre les donneurs de leçons, et les bigots de l'hygiènisme, je rajouterai que j'ai perdu quelques dizaines de kilos depuis deux ans sans me frustrer de quoi que ce soit, sans avoir recours d'ailleurs aux miracles de la chirurgie ou de la pharmacopée modernes, simplement en faisant mienne cette petite philosophie consistant à prendre chaque instant de la vie comme il vient et à en presser le suc au maximum...

    illustration prise ici (Bacchus et une nymphe par Caesar Van Everdingen)

  • Moravia et l'Ennui

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    Moravia, l'Ennui de ce monde étriqué, et le buste chasse-neige de Sophie Guillemin...

    Et un petit caillou blanc de plus.

    PS : Sophie Guillemin qui est aussi une excellente actrice...

  • Héros cynique pour une société masochiste - le dernier épisode de "Docteur Hosue"

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    dr-house-saison-8-photo.jpg

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    photo promo de la saison 8 prise ici

    Le 21 Mai c'était le dernier épisode de la huitième saison de « Docteur House » aux États Unis, un médecin cynique, caustique, misanthrope, arrogant, qui ne croit pas en grand chose à première vue sauf dans la vérité des faits, l'intégrité et la rationalité, et néanmoins capable d'humour, se permettant des blagues très politiquement incorrectes, et d'amour, un homme blessé surtout. Des personnes blessées, il est d'usage de surtout retenir leur mordant, leur ironie, et de feindre de ne pas voir leur blessure, pour se donner une excuse pour ne pas les aider dans notre monde tel qu'il est.

     Et c'est un cynique au sens réel du terme, à savoir quelqu'un qui ne respecte absolument les règles de bienséance sociale en vigueur afin de maintenir un certain « statu quo » qui permet aux uns et aux autres de continuer à ne surtout pas voir en face leurs petitesses ou leur propre médiocrité.

     La plupart des êtres humains aiment bien les cyniques comme House, ou les types caustiques qui mettent à nu les hypocrites ou les Tartuffes au cinéma, ou à la télévision, dans la vie, ils détestent, et ont horreur que qui que ce soit remette en cause leurs certitudes. Mais qu'un autre le fasse à leur place leur sied parfaitement.

     C'est assez paradoxal, car ils apprécient aussi toute sorte de fictions qu'ils prennent pour le réel dans la vie quotidienne, la fiction étant plus confortable que la réalité.

     Cela a toujours existé, mais les choses ont tendance à s'aggraver du fait de la virtualisation des rapports humains, virtualisation auxquelles peu trouve finalement à redire, ne voyant aucune différence entre une conversation par voie informatique et une autre avec la personne en face, ce qui n'a bien sûr rien à voir.

     La tentation assez forte actuellement c'est aussi de nier la nature humaine elle-même, et de croire qu'il y a des recettes miracles pour atteindre au bonheur, ce que certains individus bien intentionnés pour la plupart se croient autorisés à dispenser aux autres, tout en accusant les spiritualités traditionnelles d'ailleurs d'être arbitraires.

     C'est un anti-héros absolu et pourtant c'est devenu en huit ans un des personnages les plus populaires de la télévision.

     Il finit par partir sur les routes droit devant lui avec son seul ami, Wilson, pour profiter des derniers mois qui restent à vivre à celui-ci.

     On pouvait trouver ça curieux et pourtant c'est logique. C'est comme si notre société aimait bien avoir mal, qu'on lui dise la vérité même à travers des personnages de fiction qui souvent en savent plus en somme sur notre manière de vivre que bien des penseurs médiatiques et des scientifiques compassés.

     Dans le feuilleton « House M.D. » ce n'était pas exactement les énigmes médicales qui étaient le plus intéressant pour les scénaristes, les acteurs ou les spectateurs mais finalement le problème humain posé chaque semaine, le puzzle psychologique autour d'un personnage, largement plus intéressant, et ceci à travers différents thèmes :

     L'argent, le culte de l'apparence, la sexualité en général, les rapports dans un couple, l'homosexualité, comment définir la réussite dans notre monde etc..

     Ce que faisait House et son équipe ce n'était pas seulement résoudre des cas médicaux qui finalement tenaient plus de l'anecdote dramatisée à outrance que d'arracher les faux-semblants, de démasquer les mensonges sur eux-mêmes, parfois faits en toute bonne conscience par des malades qui pensaient que cela les protège.

     Pour se faire le « héros » de la série employait des procédés assez rudes dérivés de la méthode socratique qui consiste à montrer brutalement aux personnes leurs contradictions, qui sont souvent malheureusement d'une grande banalité, partant du principe que toutes vérité est bonne à dire, à commencer par celles qui font mal, House s'appliquant cette méthode à lui-même car se connaissant lui-même parfaitement et sachant très bien quels sont ses faiblesses.

     Le fait que tout cela soit aussi populaire montre que finalement notre société sait pertinemment que les rapports humains au sein du grand Barnum consumériste qui est notre monde sont la plupart du temps bâtis sur des leurres et sur diverses postures que nous pensons flatteuses, que nos valeurs modernes réputées moins arbitraires, plus libres et plus faciles à vivre sont finalement juste un peu plus hypocrites.

     Si l'auteur de ces lignes, dont il paraît que la dissemblance la plus importante avec le personnage est qu'il se déplace sans l'aide d'une canne, a écrit cet article c'est qu'il a tout de suite apprécié le postulat de départ de cette série, qui même si elle est assez platement filmée, et qu'il y a peut-être une ou deux saison en trop, explore ou du moins essaie d'explorer tout ce qui est humain dont rien ne devrait être étranger à personne.


    generique DR house par _titounet_

  • De Narcisse à Facebook

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     Quand on parle de l’ultra-narcissisme moderne et l’invasion du virtuel qui fait que beaucoup confonde leur vie sur le réseau et la vie, on oublie de dire que cela a commencé il y a fort longtemps bien avant Internet, aux temps antiques et mythologiques et dans les contes. Et pour être bien clairs, et répondre à des commentaires courroucés prévisibles, Internet est un moyen de communication formidable, un outil qui apporte beaucoup de choses, mais c'est seulement un outil et non une fin en soi.

    Le "Narcisse" du Caravage est pris ici

    Narcisse_Caravage.jpgLe narcissique avait pour habitude déjà de prétendre que le narcissique c’est l’autre pas lui, le mégalo, le vaniteux tandis que lui avait su conserver toute sa simplicité, son honnêteté. Pour lui c'est sûr il fait partie des « vraigens »...

    Parfois il y a des narcissiques des plus talentueux, qui aiment bien se regarder mais étant donné leur génie par ailleurs, on leur pardonne sans aucune difficulté, comme François-René de Chateaubriand, et Victor Hugo voir Proust plus tard qui écrit la Recherche en se mirant lui aussi dans le miroir, de ses souvenirs d'enfance.

    Mais eux c’était deux géants…

    Narcisse était un jeune grec qui adorait se regarder le nombril, le visage, les mains, le bras, les cheveux, dès qu’il croisait un miroir ou un plan d’eau. Progressivement, il finit par confondre sa personnalité avec ce qu’il voyait dans le reflet.

    C’était de plus en plus important, le reste devenait franchement accessoire, c’était du superflu. Il ne voyait plus personne y compris les jeunes athéniennes qui l’idolâtraient et portaient sa beauté aux nues. Elles l’agaçaient parfois un peu car cela lui faisait perdre du temps pour s’admirer et puis elles s’assortissaient mal avec lui.

    Ce qui devait arriver, il prit racine en se regardant dans une rivière, et se transforma donc en cette fleur jolie mais un peu indolente et molle à laquelle il donna son nom, le genre de fleur qu’offre les radins au premier rendez-vous.

    Dans « Blanche Neige », la méchante belle-mère adore se mirer dans son miroir qui a l’avantage d’être interactif avant l’heure et de lui faire des compliments à toute heure du jour et de la nuit.

    A force de se regarder, elle ne vit pas sa maturité arriver à grands pas avec la quarantaine et la ménopause, et son cortège de petits tracas, elle en conçut une névrose qui la poussa à tenter d’assassiner sa belle-fille, en l’occurrence celle de son troisième mari, un roi d’une principauté germanique un peu rude, mais c’était tout ce qu’elle avait pu trouver.

    Elle finit très mal elle aussi, en tombant dans les abîmes.

    image ci-dessous prise ici

    mar%E2tre%20de%20blanche-neige.jpgCes deux histoires, pourtant, tout le monde les connait, mais cela ne change rien, l’homme moderne a pris et Narcisse et la belle-mère de Blanche-Neige comme maître et maîtresse à penser, et il dispose des avantages de la technique moderne, dont son téléphone portable qui ne quitte jamais ou presque la paume de sa main, ça le rassure et le conforte, en plus, même lorsque l'appareil est éteint, il peut voir son reflet dedans. Il a plus de moyens pour mieux s’en sortir que le premier qui s’est transformé en plante verte et la deuxième qui a voulu supprimer la pauvre petite princesse romantique et brune que tous les princes lorgnaient du coin de l’œil espérant lui faire subir quelques premiers et derniers outrages

    Le Narcisse moderne ne voit déjà pas qu'il a d'ores et déjà de toutes manières la cervelle d'une plante verte...

    Le Narcisse ou la belle-mère de Blanche-Neige moderne se construisent tous deux un personnage, le premier se rêve génie injustement méconnu, rebelle ou Robin des bois, révolutionnaire ou chevalier défendant la civilisation, il s’invente un personnage et adopte souvent un comportement qu’il s’imagine convenir à son personnage. Ce personnage complètement fantasmé devient pour eux leur « vraie » personnalité, ce qui crée une aliénation car dans la vie, ils sont souvent tout aussi effacés et dociles que les autres.

    La deuxième invente de nouvelles formules pour compenser ce qu’elle estime être une dégénérescence insupportable pour elle, elle se dit active, dynamique, elle c’est l’inverse du Narcisse, elle ne supporte plus son reflet, elle ne veut pas le voir, elle veut que le miroir lui en renvoie un autre beaucoup plus flatteur

    La télévision aime bien flatter les narcisses jeunes et moins jeunes et faire mine de parler d'eux et rien qu'eux dans des émissions où elle feint de leur donner la parole et d'aborder leurs -petits- problèmes, qui sont surtout des problèmes de nombril, en jouant sur l'identification à des archétypes souvent un peu trop caricaturaux pour être honnêtes.

    Là, le Narcisse moderne pleure un peu sur ce qu'il voit et sur lui-même, surtout sur lui-même. Il aime bien rêver sur la banalité, et c'est paradoxal, mais même dans le virtuel il est incapable de s'abstraire du trivial et de lui-même, de s'ouvrir à autre chose que lui. Toute contradiction lui devient insupportable. Car le contredire c'est remettre en question le personnage flatteur qu'il s'est construit.

  • Voeux tout en élégance

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    dita-von-teese-20071205-346526.jpgComme le veut la tradition de ce blog tout en élégance, en finesse, et en humour glacé et sophistiqué (ouais je sais, je sais), et alors que la terre vient encore de faire un tour sur elle-même à 28000 km/h j'ai bien l'honneur de vous dire "Bonne Année Mon cul !" et "Santé Bonheur, santé bonne humeur".

    Je vous laisse, comme on le voit sur la photo, on m'attend...

    Qu’est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassés d’imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père Lachaise…
    Cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de dire « Bonjour à tous», j’ai mis « Bonne année mon cul ». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.
    in chroniques de la haine ordinaire, Pierre Desproges
  • "Makin whoopee" juste pour le plaisir - autre message personnel

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    Julie London, juste pour se sentir à l'aise...

    J'aurais bien parlé de la bande annonce de "la Délicatesse" où l'on sait très bien que dans la vie le personnage d'Audrey Tautou se laisserait convaincre de la nécessité de préserver le "qu'en dira-t-on".

    Je préfère écouter Julie London et me dire que peut-être que je me trompe après tout...

  • Ce soir je suis chez une vieille maîtresse

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    Maison de Barbey d'Aurevilly à Barneville Carteret bourg qui est le théâtre de son roman "Une Vieille Maîtresse"

    blog, vacances

  • Journal de Vacances 6 - Le conformisme euphorique en 2011

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     ou version remixée de « Tout va très bien Madame la marquise »

    En devoirs de vacances, une citation de Philippe Muray dans « Après l'histoire »

    image prise ici

    standard-people-2.jpg?1257951870“La satisfaction avec laquelle elle (l’époque) se montre, son conformisme euphorique autant qu’ignominieux, son allure de tranquille impunité quand elle déploie l’éventail de ses plus malfaisantes sottises et l’ensemble difforme de ses nuisances approuvées, enfin cet incroyable teint de rosière qu’elle arbore en toute occasion, lorsqu’il s’agit de célébrer de nouvelles mutations, d’applaudir au défi ludique des surfeurs des neiges, au succès d’Internet, à l’adoption d’Halloween par les peuples colonisés, au triomphe de l’économie de marché, de la transparence, des patins à roulettes, du droit d’ingérence, du principe de précaution, du Tribunal pénal sublime, subliminal et international, et des pique-niques citoyens avant les séances de cinéma en plein air, font ardemment regretter qu’elle n’ait pas un seul visage sur lequel on puisse taper avec gaieté et sans relâche.”

    Aux lecteurs qui sont coutumiers des raccourcis faciles, je rappelle que Muray était plus dans la ligne du socialisme orwellien que dans celle de la droite radicale. Ce serait plus que réducteur, et surtout stupide, de le traiter de facho voire, on le voit de plus en plus, de suppôt du sionisme ou même d'agent de la Hasbara.

    Impressions de vacances :

    Je me souviens de la grande période de la main « Touche pas à mon pote » et des deux disques, américains et français, contre la famine en Éthiopie, on y percevait les prémices de ce « conformisme euphorique ». Je n'avais pas compris à l'époque pourquoi il fallait absolument porter le fameux badge pour être estampillé non-raciste, ce qui me semblait absurde. On a vu par la suite quant à la xénophobie que cela n'a strictement rien changé.

    Quant à la famine éthiopienne, je me souviens de ce camarade certainement un peu naïf ayant proposé aux autres dans sa classe de consacrer l'argent qu'ils comptaient dépenser pour leurs vacances de ski pour en envoyer au moins une partie en Afrique. Il ne récolta pas un centime, car il y a toujours loin de la coupe aux lèvres et des belles intentions à leur concrétisation.

    Ce « conformisme euphorique » dont parle Muray on le constate encore maintenant en lisant, en écoutant les réactions des uns et des autres après « les printemps arabes » et après la tuerie commis par le taré haineux d'Oslo qui est le fruit plus de son époque que des thèses racistes (par ici un excellent article qui défend et développe cette thèse).

    Après ce massacre, beaucoup de belles âmes et de grands esprits ont décidé que de fait toute critique des pays musulmans, de leurs « printemps » et de ce qui s'y passe est définitivement de l'islamophobie ou du racisme, un danger favorisant le retour des « heures les plus sombres de notre histoire » selon la formule consacrée (TM).

    La plupart se sont émus, à juste titre, des propos d'un élu, dans un mail privé adressé à un militant, d'un humour particulièrement lourdingue, platement xénophobe, mais de là à convoquer Hitler, le nazisme, le fascisme pour condamner ces écrits, il devrait quand même y avoir un sens des proportions. Bizarrement, personne ne s'émeut que c'est un acte de délation qui est à la base de cette « révélation », une délation peut-être vertueuse, mais de la délation.

    Ou alors est-ce que les belles consciences mutent d'elles-mêmes en flics de la pensée ?

    Elles se posent en censeurs des mœurs politiques et sociales sur le Net où toute contradiction quant à leur discours est aussitôt assimilée à du fascisme.

    On aimerait les entendre s'indigner, et condamner, les massacres de chrétiens, catholiques et protestants, commis au Vietnam. Mais curieusement, dans ce cas, foin d'indignation vertueuse, le silence domine.

    On aimerait également les entendre condamner les agressions perpétrées contre les chrétiens d'Orient (ici un résumé de quelques évènements sur un site que l'on ne peut vraiment soupçonner d'être cagot).

    Mais là aussi le silence assourdissant est de mise, parfois les belles consciences daignent cependant répondre en affirmant hypocritement qu'elles se soucient de tous les massacres commis dans le monde sur des minorités et qu'elles ne vont pas favoriser le souci de l'une ou de l'autre, ou alors on parle d'affrontements chrétiens/musulmans comme en Égypte.

    Une chose qui m'étonne beaucoup dans l'engouement des occidentaux pour les « printemps démocratiques » arabes, c'est l'aveuglement systématique devant certaines choses. Dans notre pays, les mêmes seront les premiers à hurler comme des vierges outragées aux attaques contre la laïcité dés que le Pape ouvre la bouche sur n'importe quel sujet, mais là ça ne les choque pas que le cri de ralliement des insurgés soient en Syrie ou ailleurs : « Allah Akbar » comme on a pu l'entendre et le voir à de nombreuses reprises.

    Ce n'est pas exactement un appel à plus de démocratie et à la liberté religieuse que de crier que « Dieu est grand ».

    Les occidentaux festivistes feignent alors de croire que ce n'est pas si grave.

    Comme ils ignorent volontairement le fait que les « printemps arabes » sont aussi un symptôme du renouveau et du regain de pouvoir de l'Islam chiite face à l'Islam sunnite représenté par les monarchies pétrolières du Golfe compromises avec les américains, et les wahhabites.

    Bien sûr les bonnes âmes d'Occident pèchent surtout par ignorance, l'ignorance du fait que ce n'est pas par les bonnes intentions que l'islamisme ne sera plus un danger, ou parce qu'on le décide après une tuerie commise par un détraqué mais en favorisant l’exégèse du Coran jusque là interdite, celle-ci étant la seule voie, mais cela demande des efforts de réflexion, et il est bien plus satisfaisant de se lancer dans de grandes tirades moins fatigantes et de surjouer le positivisme politique, quitte à chausser des lunettes roses et ne pas voir le réel.

    Ce réel que les festivistes ne veulent pas voir, ce qu'ils ne voulaient pas voir au moment de la famine en Éthiopie déjà en 1984 due principalement aux déplacements de population du régime de l'époque dans ce pays (lire un historique ici), c'est un peu comme dans le cas de la famine au Soudan et dans la Corne de l'Afrique. Là aussi, il y a beaucoup d'hypocrisie et même une cerise sur le gâteau de cette hypocrisie comme on va le voir.

    Tout le monde sait parfaitement que les famines en Afrique sont dus, plus qu'à la sécheresse, principalement aux affrontements inter-ethniques, comme ici hélas, ou , ou là encore, et aux manigances des gouvernants européens mais aussi africains.

    La cerise sur le gâteau de l'hypocrisie, c'est de savoir que la famine au Soudan est due principalement au rachat de bonnes terres arables pour y faire pousser du carburant « bio » qui alimentera les moteurs des mêmes belles consciences si concernées par le monde, et indignées, mais pas tant que ça au fond donc...

  • Journal de vacances 3 – A quoi sert un blog ?

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    Déjà sur Agoravox

     ...Si tant est que ça sert à quelque chose, écrire sur internet en général en l'occurrence.

    Devoirs de vacances :

    image emprunté au blog du plafond de verre

    blogueur_anonyme.jpgJe relis les BD de « Valérian et Laureline » de Christin et Mézières, j'aimerais bien savoir où les deux auteurs en veulent en venir avec leur cycle autour de la disparition de la terre du futur et sa capitale, Galaxity, à cause de l'hypothétique planète Hypsis. Pour Valérian, cela a un sens de la rechercher, pour Laureline, cela n'en a aucun, mais mieux vaut ça que tourner en rond.

    Christin et Mézières font durer le plaisir, à moins qu'ils ne soient en panne d'idées pour clôturer leur histoire...

    Je feuillette également le « journal » de Jean-Patrick Manchette, que je connais par cœur. En le relisant j'ai cependant l'impression de retrouver un ami, du genre de ceux que l'on revoit en ayant l'impression de les avoir quittés la veille même si la veille était il y a des années. Ce qui est passionnant dans ce journal littéraire, c'est toute la réflexion de l'auteur sur le travail de l'écrivain, son rapport au monde et aux autres.

    Impressions de vacances :

    Il y a quelques jours, quelqu'un m'a dit que les blogs, les forums internet, c'était l'équivalent moderne et à plus grande échelle des anciens courriers des lecteurs dans lesquels c'était la plupart du temps la foire aux lieux communs, aux préjugés, aux idées reçues, une occupation de concierge occupé à médire...

    Ce n'est pas toujours faux, il y a du vrai là-dedans.

    Pour moi cependant, le pire c'est quand l'auteur de blog se prend trop au sérieux (car soyons honnêtes c'est que l'on a une bonne opinion de soi quand on se laisser aller à publier des textes sur le Web).

    Ce n'est pas la première fois que j'entends cette réflexion, la différence étant que là, la personne était bien intentionnée à mon égard. Car quand lance ça à un blogueur, la deuxième question est généralement :

    « Et tu as beaucoup de visiteurs sur ton blog ? » ou

    « Tu as beaucoup de lecteurs sur tes articles ? »

    (suit toujours ou presque un sourire entendu et narquois tout prêt ).

    Bien sûr, quand on donne le chiffre, re-sourire entendu, c'est sûr, le blogueur, l'auteur d'articles ment, il se donne de l'importance, il raconte des calembredaines, l'affaire est entendue.

    De toutes façons, celui qui pose la question se fiche d'avance de la réponse, puisque finalement pour lui (pour elle) cela ne sert strictement à rien d'écrire de toutes façons, y compris des articles sur papier s'il n'y a pas des millions de lecteurs qui suivent ou le blog ou les articles, et si cela ne rapporte rien à l'auteur, à part le plaisir d'écrire et de publier ce qu'il écrit.

    L'auteur est montré comme un grand gosse immature, qui a besoin d'une catharsis et qui pour cela s'exprime abondamment, voire un peu trop aux yeux de certains.

    Je me rappelle particulièrement de celui qui m'a dit après avoir entendu le nombre de visiteurs sur mon blog et le nombre de lecteurs sur quelques articles d'Agoravox : « Ah oui, mais c'est le nombre

    Ce qui transparaît finalement ce sont deux choses :

    -La colère du médiocre qui aime le confort du troupeau, qui apprécie de ne pas se faire remarquer, et qu'il n'y ait pas une tête qui dépasse. Pour lui, ce cloporte, le type ou la fille qui publie sur le net est forcément un prétentieux, un vaniteux narcissique et complètement inconséquent.

    -Sa jalousie aussi, car il est bien souvent incapable d'aligner trois mots en français, et de le faire de manière intéressante. Sa jalousie est paradoxale car pour lui la littérature comme l'écriture de toutes façons ça ne sert à rien, comme il dit :

    « Moi je lis des livres sérieux, certainement pas des romans », qui ne sont pas sérieux c'est évident pour lui.

    Mais le fait que quelqu'un soit un peu plus doué que lui pour l'expression de sentiments, de joies, de peines, de colères, de rires, voilà qui l'embête quand même sec.

    Bien sûr, il ne comprendra jamais l'essentiel, l'auteur de blogs écrit d'abord pour lui et aussi pour trois ou quatre personnes au maximum au bout du compte (Moi c'est principalement pour une personne). S'il lui vient l'envie de croire qu'il a un message à distribuer au monde entier, et que ce message est fondamental pour la survie du monde, il faut d'urgence qu'il consulte un spécialiste, ou qu'il se pose des questions.

    Le blogueur c'est un peu François Merlin qui se prend pour Bob Saint Clare dans "le Magnifique"

  • Blog en vacances

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    MM-0.jpgLe glorieux leader lumineux vous l'indique lui-même, "il est parti par là" (l'auteur du blogue)...

    Ce blog est donc en vacances.

    Son auteur se repose des pros-sionistes délirants, des pro-palestiniens de même acabit, des adeptes du grand soir vite fait tout debout, des petits marquis du libéralisme, des soutiens des partis (divers) de DSK, des complotistes fous, des maniaques de l'indignation hargneuse, des illuminés qui sont persuadés que le Ternet leur parle directement....etc

    Et il lit : plein d'auteurs qui emmerdent les bigots du littérairement correct.

  • Les massacres d'Oslo - Faut-il avoir peur des pauvres types sur Internet ?

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    Sur Agoravox aussi

     Vendredi 22 Juillet un homme a ouvert le feu sur la foule, visant surtout les populations d'origine étrangère près d'Oslo, après un attentat meurtrier à la bombe ayant eu lieu dans cette même ville.

    Ce n'est pas la première fusillade meurtrière ayant lieu en Scandinavie, comme on peut le constater à ce lien. La haine a de multiples origines malheureusement.

    image ci-dessous, de la tuerie de Columbine, prise ici

    columbine02.jpgJe suis à peu près certain que beaucoup vont ressortir le refrain habituel du danger du retour des « heures les plus sombres de notre histoire », d'un retour au fascisme, au nazisme, et ce qui leur fait le plus peur, à un « ordre moral ».

    Ils n'ont pas entièrement tort, la haine en 2011 devient un problème réellement préoccupant, profondément inquiétant, elle trouve de plus par Internet un vecteur commode, elle se pare toujours de bonnes intentions, c'est toujours le camp d'en face qui a tort et qui est responsable de la haine. Sur Internet, le fanatique, l'extrémiste, le racialiste, le xénophobe, quelle que soit sa xénophobie, défaut hélas commun à toutes cultures.

    Les pro-sionistes délirants sont ainsi légions tout comme les pro-palestiniens du même acabit. Les uns ont peur d'un choc prochain des civilisations, qu'ils appellent plus ou moins de leurs vœux, les autres. D'autres encore détestent leur propre culture, leurs origines et leur histoire qu'ils rejettent avec un masochisme souvent appuyé.

    Selon eux, dans leur identité, rien n'est à sauver, rien n'est à rattraper tout est mauvais.

    C'est le meilleur moyen de laisser le drapeau, l'hymne et l'histoire d'un pays aux extrémistes.

    Au fond, comme dans le cas de Maxime Brunerie, qui le reconnaît maintenant, comme dans le cas des tueurs de Columbine, la fusillade a tout à voir avec la vacuité absolue du monde contemporain et hyper-libéral qui laisse la haine prospérer sur les vestiges des valeurs, des idéaux qu'elle a détruite en ne promouvant que l'avidité comme seul et unique repère.

    Et au fond, comme Maxime Brunerie et comme les tireurs fous de Columbine, l'assassin de l'île d'Utoya est un pauvre type qui a cru pouvoir exister en massacrant, les autres et au fond lui-même car c'est aussi une histoire d'auto-destruction.

    Ils partagent tous également la même passion du divertissement virtuel, le rejet de la réalité, de tout ce qui pourrait les ramener à leur vérité intérieure ce qui pour eux est insupportable, ce sont des victimes devenus bourreaux de la virtualisation du monde.

    Brunerie n'échappe pas à la société du spectacle en se repentant, il en reste partie prenante en écrivant un livre sur ce sujet.

    Il prend sa dose, son « fix » de célébrité express, et croit encore y trouver une reconnaissance satisfaisant son narcissisme car pour lui c'est tout ce qui importe.

    Sur Internet, le pauvre type, ou la pauvre fille, est une espèce qui pullule, il trouve sur le réseau matière à se défouler contre le monde entier de ses frustrations, de sa colère, de sa haine, de sa solitude aussi et de tout ce qui bride son nombrilisme en général.

    Car le problème au fond est que le pauvre type perdu sur le Web est seul, trop seul. Il est seul mais il ne veut pas prendre le risque d'aller vers l'autre, il préfère jouer un rôle, se donner un genre, un genre qui le mette en valeur, c'est tout ce qui compte dans un monde où seule l'apparence importe et non la profondeur réelle des sentiments.

    C'est plus facile que de prendre le risque de l'altérité réelle, face à face. Car en plus sur le net, le pauvre type a l'impression de l'impunité totale, de pouvoir injurier, railler, dire tout ce qui lui passe par la tête sans que cela ait des conséquences quelconques.

    Il est noyé dans la masse indifférenciée des individus de la société moderne, spectaculaire, marchande ; il est égaré dans les non-lieux , selon le terme de Marc Augé, qui sont érigés un peu partout dans le monde, halls de banque feutrés, grande bibliothèque sans âme.

    Sa solitude l'étouffe, le fait souffrir au dernier degré, bientôt, décharger son agressivité sur internet ne lui suffit plus, sans le vrai frisson du risque.

    photo ci-dessous du tueur d'Oslo prise ici

     

    1311378457373_34.jpgEt étant seul, il reste centré sur son nombril, sur son égo, sa petite personne.

    Il faut trouver une raison à tout cela, une cause à sa solitude, un facteur toujours extérieur, et pour beaucoup c'est forcément celui qui est différent qui est la cause de tous les maux, hors des normes, différent du reflet dans le miroir où l'individu moderne aime bien se regarder, reflet qu'il aime bien retrouver également dans les personnes qu'il côtoie.

    Il cherche à être reconnu, mais comme il ne s'aime pas, il cherche à être reconnu pour quelque chose qu'il n'est pas, ce qui lui semble mieux. Car il se trouve nul, sans don réel. Il voudrait paraître bien supérieur alors qu'il se voit comme médiocre. L'individu moderne se déteste au fond.

    Mais il déteste aussi ce qui est différent de lui.

    Heureusement, grâce à dieu, tous les pauvres types et les pauvres filles du réseau ne se mettent pas à tirer sur la foule par besoin d'exister.

    Mais la haine progresse et cela suffit à terrifier...

    Ci-dessous le trailer d'Elephant de Gus Van Sant, et à lire : "Rage" de Richard Bachman alias Stephen King.

  • Ce que je fuis, je le répète, comme la peste, c'est d'être classé

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    Rene_Magritte_Nov_2006.jpg"Ce que je fuis, je le répète, comme la peste, c'est d'être classé : je veux mourir en entendant les paresseux d'esprit qui s'arrêtent parfois à m'écouter, demander à mon sujet : "Et celui-là, qu'est-il ?" Les libéraux et les progressistes bêtes me tiendront pour réactionnaire et même pour mystique, sans savoir, bien sûr, ce que cela veut dire, les conservateurs et réactionnaires bêtes me tiendront pour une sorte d'anarchiste spiritualiste, et les uns comme les autres verront en moi un pauvre homme désireux de se singulariser et de passer pour original, dont la tête est comme pleine de grillons. Mais personne ne doit se soucier de ce que pensent de lui les imbéciles, qu'ils soient progressistes ou conservateurs, libéraux ou réactionnaires"
    Miguel De Unamuno

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