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  • Histoire de « Marvel 14 » - la censure des grandes personnes sur les « comics »

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    Marvel14_compo.jpgimage ci-contre prise ici

    sur Agoravox

    Le documentaire « Marvel 14 » produit par Jean-Pierre Putters, créateur de « Mad Movies, revient sur la censure du numéro 14 de la revue « Marvel » des éditions Lug (numéro imprimé mais jamais distribué en 1971) qui adaptaient en français des bandes dessinées américaines, les vexations diverses que ces éditeurs subirent de la part de censeurs ridicules et ubuesques réclamant des coupes d'une bêtise profonde dans les histoires que Lug éditait.

    Pour ces censeurs ces histoires fabriquaient des voyous, des associaux...

    On constate encore que parler de la culture populaire c'est aussi parler de l'évolution de la société, que cette culture en marge de la culture élitiste est parfois aussi intéressante voire plus. Jean-Patrick Manchette a gagné sa vie au début de sa carrière en traduisant quelques unes de ces bandes qu'il appréciait et qu'il évoque à la fois dans ses « Chroniques » et dans son « Journal ». On lui doit la traduction de « Watchmen » et aussi de « V pour vendetta », deux classiques du genre, plus mûrs et plus aboutis que les autres.

    Mais il faut dire que cet écrivain ne se considérait pas comme une grande personne perché dans son appartement du XIVème...

    Les « grandes personnes » ne lisent que des livres sérieux, certainement pas des romans, bons seulement à divertir, les « grandes personnes » ne vont voir au cinéma que des classiques où il est de bon ton d'emmener les enfants pour les instruire, les « grandes personnes » n'aiment pas les films de genre, ils sont trop futiles. Les « grandes personnes » ne conçoivent l'art et la création en général qu'éducatifs, qu'ils aient une utilité sociale, une leçon de vie, une exemplarité sur une cause ou une autre. Les dévots de toute chapelle ne supportent pas les créations qui éloignent de leurs théories, de leurs engagements, ils sont persuadés que ces créations, comme les « comics » qui relèvent de la culture populaire moderne en sont effectuent un travail de sape qui retardent l'avènement d'un monde selon leurs vœux ou tout le monde serait soumis à leurs diktats.

    Ils aiment les enfants et les adultes dociles. Malheureusement pour eux, un enfant ou un adulte qui lit beaucoup, voit beaucoup de films l'est rarement.

    Toutes raisons pour lesquelles les enfants et les adolescents s'intéressent aux œuvres, aux romans, aux films qui énervent le plus les « grandes personnes » qui ont une vision du monde étroite ; et donc aux « comics » américains. Les « comics » viennent des « pulps » des années 30 dont ils reprennent une grande partie des codes, ainsi que des « serials » de « Republic pictures » qui produisit aussi l'adaptation de « Macbeth » d'Orson Welles.

    L'auteur de ce texte fait partie depuis l'enfance de ces lecteurs à qui plus on tente de lui interdire un livre ou un film ou de l'en dégoûter, plus cela lui donne envie de le lire ou de le voir pour se faire un jugement par lui-même.

    Et bien sûr, comme beaucoup d'enfants des années 70 il a découvert les « comics » dans « Strange » ou « Marvel », qui publiaient les histoires des éditions « Marvel », quasiment toutes écrites par Stan Lee, alias Stanley Lieber, ou « DC comics » en France.

    Les années 70 étaient une époque où les écoliers pouvaient admirer un poster géant de « Ilsa la chienne du goulag », d'un film de Bruce Lee ou un de ses émules, ou d'un « Django » sur la façade des cinémas, sans que personne ou presque ne s'en offusque. On découvrait les films au dernier moment, il y avait encore ce désir de cinéma même dans les œuvres mineures, désir maintenant tué par le fait que le spectateur moderne sait tout du film qu'il va voir grâce à Internet avant d'aller le voir.

    C'était le triomphe d'une certaine idée « bis » du cinéma, de la BD aussi qui devenait adulte avec Jean-Claude Forest ou Guy Pellaert, qui reprenait les codes graphiques de la BD américaine. Actuellement, c'est toute la cinéphilie qui se prétend « bis », mais sans ce supplément d'âme qu'elle avait auparavant.

    Je dis « personne ou presque » car le comité de censure de la littérature pour la jeunesse, où siégeaient de nombreuses « grandes personnes », détestait les « comics » qu'elle trouvait trop violents, trop colorés (?), avec des onomatopées qui allaient pervertir notre belle jeunesse et l'amener vers des comportements déviants ainsi que certains le croyaient aussi aux États Unis comme Frédéric Wertham dans son livre « Seduction of the innocent » où l'auteur soupçonne les super-héros de tous les vices et toutes les perversions inventant parfois des personnages.

    A gauche l'on suggérait que les bandes dessinées américaines étaient surtout des vecteurs de la propagande « yankee » alors que dés le début des éditions « Marvel » c'était exactement l'inverse, Stan Lee abordant dans ses histoires la question des minorités, de la course à l'arme atomique, la contestation étudiante, le faisant « en creux » mais ces questionnement étaient bel et bien présents, suivant en cela les auteurs des « pulps » là encore..

    Les "freaks" qui éditaient "Zap comics" où dessinaient Robert Crumb ou Gilbert Shelton ne s'y étaient pas trompés ne faisant qu'amplifier cette dimension transgressi:ve.

    Dans la plupart des adaptations des « comics » des ces dernières années au cinéma, cette dimension transgressive a été bien évidemment complètement gommée, exceptée dans « Sin City » d'après Franck Miller.

    Les « grandes personnes » dont il était question sont des adultes aliénés par le fait qu'ils étaient des enfants un peu trop sages, un peu trop dociles, qui n'ont jamais fait de bêtises comme les autres, de ces bêtises nécessaires, que même parfois l'adolescent accède à la culture élitiste en cherchant les scènes chaudes dans un livre ou un film, moyen beaucoup plus sûr de lui faire connaître des auteurs plus « exigeants » que d'autres.

    Ci-dessous la bande annonce du documentaire "Marvel 14"

  • Le pire film que j'ai jamais vu... - « Maison Hantée » de Lamberto Dawson alias Anthony Dawson alias un tâcheron

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    macabro.jpgSur de nombreux blogs et journaux, on parle surtout des meilleurs films que l'on ait vu, on fait des inventaires en attendant l'Apocalypse, on liste les œuvres réputées indispensables et on oublie soigneusement de parler des nanars qui parsèment notre vie au cinéma. Et puis cela faisait longtemps que je n'avais pas parlé de cinéphilie honteuse. J'avais plus ou moins l'intention de traiter films de karatékas belges qui se réduisent à la seule filmographie de Jean-Claude Van Damne, qui semble avoir fait l'Actor's Studio comparé à Stiveune Cigale. Curieusement JCVD est doublé dans ses films américains par le même acteur qui double l'adjoint de Derrick : Yves-Marie Maurin, qui était le mari d'Anicée Alvina dans « les 400 coups de Virginie », feuilleton « madeleine » des années 70. On aurait pu aussi ergoter gravement sur le manque de cinéphilie absolu des critiques qui ne reconnaissent pas dans « District 9 » l'intrigue de « la marque » , une aventure du professeur Quatermass, pompé par le créatif -marketing qui a écrit le scénario. J'aurais également eu la possibilité de gloser sur l'affaire Polanski, personne ne semble comprendre que l'on peut être un génie du cinéma et un sale de con de gros porc libéral-libertaire de la Djet-set.

    maisonterreur.jpgRevenons plutôt à nos moutons (galeux). « Maison hantée » alias "la Maison de la Terreur" ou "Macabre" commence par des tinadjeures qui vont retaper une maison qui se trouve qu'elle est hantée par des esprits malins qui possèdent des marionnettes enfantines en chiffons et une gamine inquiétante avec un front un peu trop grand (quand elle apparaît, elle est habillée comme les jumelles de « Shining » de Kubrick, il y a une musique inquiétante drôlement inquiétante). Il y a aussi un jardinier handicapé moteur qui semble sorti d'un giallo. Bien entendu les tinadjeures se font flinguer un par un de manière stupide, il y en a une qui est coupée en deux par une sorte de guillotine, la bombasse de la bande ; bizarrement avant d'être séparée en deux morceaux, elle chausse du 38, après du 42 (ou plutôt la doublure jambes). Il y a le beau gosse tinadjeure qui tombe au sous-sol dans une sorte de mare de lait diabolique dont il arrive à sortir en poussant des grognements comme Émile, l'exhibitionniste officiel de Verneuil sur Avre (tous les soirs en représentation à la sortie de la maternelle, il aime beaucoup « Rosemary's Baby » de Polanski). L'inconscient remonte l'escalier mais sa copine déboule alors avec une paire de ciseaux qu'elle brandit en poussant des cris hystériques, elle finit par le tuer avec. Ensuite, elle chiale deux minutes puis tout va bien, ils rentrent à Rome. La maison hantée a brûlé et la petite fille diabolique semble être retournée aux enfers, mais, petite musique enfantine aigrelette diabolique, ô surprise, la marionnette diabolique est dans une vitrine de magasin de jouets (diabolique aussi, ils proposent un crédit à taux usuraires pour acheter les cadeaux à la mode aux petits enfants de pauvres). La copine de l'héroïne l'aperçoit et traverse sans regarder les clous, elle se fait renverser par une bagnole conduite par le jardinier débile qui ricane sombrement. Et c'est le générique. J'étais allé voir ça à la place d'un autre nanar, « le Grand bleu », vu plus tard, hélas. La morale de l'histoire est qu'il ne faut pas traverser en dehors des clous. C'est bourré de ruptures de rythme, les acteurs jouent comme des pieds ET avec leurs pieds, l'étalonnage est différent selon les scènes, les trucages étaient nuls et il n'y avait même pas un quelconque morceau de second degré là-dedans. Maintenant, on fait les mêmes films avec des millions, et les journalistes facheûne trouvent ça trop tendance et top design, plein de dérision tellement hypracoule.

    Ci-dessous une excellente parodie de film d'horreur