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  • La Genèse par Robert Crumb

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    Crumb remonte aux sources de la Création

    autoportrait_Robert_Crumb-bed2c.jpgJ'ai toujours lu les comics de Crumb avec beaucoup de passion. Pourtant c'est un grand malade qui n'a jamais épargné au lecteur la moindre de ses névroses, obsessions ou compulsions. Il écrit depuis une quarantaine d'années son autobiographie, comme Harvey Pekar, à travers ses bandes dessinées et à mon sens il n'y a pas de meilleur guide des années 70. Depuis quelques années, il travaillait sur la Genèse, après avoir lancé la réédition de ses premiers albums chez Cornelius. Il a prétendu que c'était un travail rapide pour l'argent, mais y passe six ans. Les cul-bénits s'attendent à ce qu'il soit blasphématoire, il est au contraire extrêmement respectueux de la foi, les critiques de bon ton par contre l'auraient souhaité provocateur, ils font la fine bouche (« oui c'est pas mal mais bon, il est trop sage »). Ils en sont un peu pour leur argent les pauvres à part un excellent papier de la dessinatrice Catherine dans « Charlie Hebdo » (ce n'est pas qu'ils le lisent le livre d'ailleurs, les grands esprits, mais un ouvrage réputé provocateur bien en vue dans une bibliothèque permet de passer pour un esprit fin et cultivé). Crumb redonne en outre aux personnages de la Genèse ce qui leur manque le plus dans l'esprit des croyants ou pas, et ce à mon sens depuis le développement des communautés « nouvelles » catholiques ou protestantes : une incarnation, l'Incarnation du Christ est déjà présente en Adam comme le montre Crumb, et une force alors que la Bible semblait de plus en plus intellectualisée, éthérée, dématérialisée. Quand Jacob lutte avec l'Ange, ce n'est pas un échange poli de banalités débitées sur un ton monocorde ou d'une voix blanche. Il y va de la chair, de l'âme, des tripes de Jacob. Les prophètes sont entre Prospero et le roi Lear, On ressent des évènements le tragique et le dérisoire, ou la grandeur, la beauté, la proximité de Dieu. C'est tout l'esprit des peintures religieuses flamandes que l'on y retrouve, ce mélange de trivial et de mysticisme qui élève tant l'esprit sans le couper du corps. Il y a quelques années déjà, Simon Bisley, dessinateur moins connu, mais tout aussi turbulent, a peint une « Passion » étonnante. Quand on vous dit que Dieu écrit droit avec des lignes courbes...

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