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bedos

  • Les cons osent-ils tout ?

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    Dédié à Pascal Avot, génie méconnu de la littérature, libéral avoué, qui m'a fait virer d'un groupe consacré à Philippe Muray car trop critique envers le libéralisme. Je trouve ça intéressant d'être viré d'un groupe consacré à Muray, qui n'était pas exactement libéral, car politiquement incorrect en somme...


    La question du titre une excellente question sans me vanter ami lecteur, question à laquelle ce texte apporte un début de réponse...

    Enfin je crois.

    politique, bedos, morano, humour citoyen, Bedos me faisait beaucoup rire de son vivantCe n'est pas que j'aime beaucoup madame Morano qui est une libérale-libertaire de la plus belle eau.

     

    Si je faisais preuve de mauvais esprit, ce qui n'est jamais, au grand jamais, mon cas, il aurait même pu m'arriver de moquer ses sorties toujours flamboyantes, ses petites phrases que l'on peut trouver, d'un point de vue « diplomatique » disons « maladroites », lui rappeler ce que Desproges disait du fait de porter plainte devant monsieur le juge car un méchant a suggéré que vous étiez con (dans le réquisitoire contre Jacques Séguéla). Oui, j'aurais pu, et d'ailleurs, pour tout avouer, monsieur le curé, oui j'ai péché, j'ai vraiment péché, je l'ai fait.

     

    Je n'ai jamais su résister à un « bon » mot ou une répartie qui fait rire, l'envie de mettre les pieds dans le plat pour ridiculiser les beaux esprits, les bons apôtres et les précieux se donnant une autorité morale qu'ils ne mériteront jamais, au risque de me créer de solides, et puissantes (puissantes tout est relatif certes mais quand même) inimitiés.

     

    Par contre, Bedos me faisait beaucoup rire de son vivant, j'aimais beaucoup les sketchs « Nazareth » mais aussi « Paulette », merveille de causticité, et aussi ses duos avec Sophie Daumier, voire plus tard « la drague », « Toutes des salopes » ou le morceau du footballeur homosexuel. Plus tard, quand Bedos est devenu le premier comique « citoyen » à humour « civique » et dérision « contrôlée » et militante, beaucoup moins. Mais je ne vais pas manquer de respect à un défunt, à ce merveilleux ami de Dieudonné, ce comique « antisioniste » tellement fort et tellement audacieux, tellement drôle aussi dans un autre genre de comique « militant », qui a le « courage » insigne de rigoler franchement avec Auschwitz, par exemple, ce qui est d'une grande élégance morale on notera.

     

    Pour faire un aparté ami lecteur, le mot militant est de toutes façons pour moi le symbole même du sinistre, du grisailleux, de l'Ennui, le mortel Ennui, quel que soit le militantisme pris comme prétexte, quelles que soient ses bonnes intentions. Les militants sont toujours, à de rares exceptions, dans l'instinct grégaire, l'obéissance au chef, tout ce qui a une voix puissante et bien modulée.

     

    Un imitateur lui aussi parfaitement sinistre de Bedos, qui touitte parce que s'il est vieux, il n'en est pas moins con-cerné aussi par les nouvelles technologies, a traité madame Morano de « conne » voire de « connasse » ou de « salope » dans un de ses spectacles. Manque de chance pour ce copieur sans talent de l'humoriste maintenant disparu, madame Morano a porté plainte pour « injures publiques ». Pour lui répondre, le pseudo humoriste invoque sans rire son « droit à l'humour ». Loin de moir l'idée de dire que cet imitateur n'est pas la moitié d'un con, je n'oserai jamais, ce n'est pas du tout mon genre.

     

    Certes l'injure peut être drôle quand elle est commise avec esprit, finesse et intelligence, de l'Arétin à Léon Bloy ou Léon Daudet, qui avaient tous deux le sens des formules exactes et drôles, ridiculisant un imbécile en deux mots, sans oublier le fabuleux journal de Jules Renard ou les élégantes et fielleuses mémoires de Saint Simon. Et le vil copieur de Bedos dont nous parlons oublie que loin d'être drôle le fait de traiter quelqu'un de connard peut simplement se concevoir comme une constatation objective. La connerie est toujours objective, même si bien sûr nous sommes tous plus ou moins cons, à différents degrés, à différents moments, le tout étant d'en être conscients, et que l'on est toujours le con d'un autre.

     

     

    Il y autre chose qui me gêne beaucoup dans les blagues sur Nadine Morano dans « les Guignols » ou « le Petit journal », spécialistes du tir sur ambulances, c'est le mépris inavoué de classe que l'on distingue souvent derrière les plaisanteries. Car cette dame est une élue qui est, qu'on le veuille ou non, réellement issue du peuple, contrairement à tous ces édiles et éditorialistes qui se connaissent tous, sont tous du même milieu et ne se fréquentent qu'entre eux, cooptant parfois selon leur bon plaisir l'un ou l'autre de leur larbin (attention je ne prétends rien sur madame Morano qui doit son élévation à de hautes fonctions à ses seules compétences et mérites, attention).


    Et c'est ainsi qu'Allah est grand...


    image empruntée ici