Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

beauté

  • La beauté des femmes sauvera le monde

    Imprimer Pin it!

    72455382.jpgNotre société glorifie l'apparence et l'image partout, du moins une version standardisée de celle-ci, un « corps mutant » d'ado à peine post-pubère et anorexique, que l'on entretient comme une bagnole, dont on change les pièces tous les 5000 kilomètres, mais finalement pour les belles filles et belles femmes c'est toujours « Sois belle et tais toi ».

     

    Dans le même temps, notre société est d'ailleurs aussi bien hypocrite car elle aime bien relativiser la beauté, ramenée à une vision qui serait subjective de la féminité, des trucs de « matcho » toussa, on parle aussi de « beauté intérieure », des excuses de moches pour justifier leur laideur, s'en consoler. La « beauté intérieure » des filles obèses, « pétulantes » selon l'expression cliché, des vieilles filles « célibattantes » teeellement dynamiques, c'est de la blague que tout cela.

     

    C'est juste le plus souvent une manière de cacher la blessure dont ces personnes souffrent aussi parfois, et pour leur entourage une façon de la nier et surtout de ne pas avoir à faire preuve de la moindre empathie à leur encontre. La souffrance individuelle est priée comme dans le reste de la société de rester sur le pas de la porte.

     

    Une jolie femme ne l'est pas car elle répond aux normes et à l'idéal « photoshopée » de notre époque, si l'on peut appeler ça comme ça, actuels. Elle l'est surtout car elle est intelligente et sensible, ce qui est très injuste pour les filles laides, j'en conviens, au cœur de qui le destin a placé la perle noire et lisse de la jalousie, ce qui a permis à certaines d'inventer le féminisme ou les « études de Genre » :

     

    Coïncidence certainement , ami lecteur, mais la plupart des théoriciennes du « Genre » font quand même très « mecs », je trouve, pas toi ? Je me souviens pour te l'avouer que dans la plupart des partis politiques, des groupes de laïcs et communautés religieuses, l'on peut croiser de ce genre de « mecs » contrefaits qui ne supportent pas la féminité éclatante des belles femmes et des jolies filles, beauté dont elles voudraient que celles qui la portent s'en culpabilisent, s'en repentent, avec de la cendre sur les épaules et des robes de bure, voir en s'auto-flagellant en public. Puisqu'elles nous le disent que l'idée de la beauté, de la féminité c'est la faute à ce qu'elles appellent l'opression masculine...

     

    En chaque féministe sommeille un vieux curé rassis qui aime admonester les « pécheresses », un mollah obsédé par le sexe, un rabbin de Meah Shearim obnubilé par le corps des femmes. Ils aiment l'obscurité, ils ne supportent pas la lumière, et la beauté est toujours lumineuse, généreuses. Ils ont tous cette même joie mauvaise, cette même jubilation peu ragoûtante, quand ils obtiennent satisfaction et qu'une belle femme montre qu'elle souffre de sa condition. Ils ne peuvent s'empêcher alors de le dire « qu'ils nous l'avaient bien dit ».

     

    Une belle femme pourtant ne peut encore et toujours en 2014 qu'être une idiote futile obsédée par les fringues, un bel objet que les hommes, et les femmes, désirent, jalousent, habillent ou déshabillent selon leurs fantasmes, qui n'a pas le droit d'avoir des failles, des blessures elle aussi, et de la personnalité. Surtout encore une fois, car cela serait trop injuste aux yeux des laiderons.

     

    Te le redirais-je ami lecteur, et amie lectrice, tu le sais je l'ai déjà écrit, j'aime quant à moi tout ce que l'on appelle des défauts, petits défauts, qui n'en sont d'ailleurs, chez ces belles femmes, leur goût pour les beaux vêtements, les parfums, tout ce qui met en valeur leur beauté. Les croyants devraient se rappeler que c'est aussi ça louer la Création, mais ils l'oublient souvent, je ne comprendrai jamais pour cette raison ces femmes qui s'enlaidissent volontairement dans les communautés religieuses, de laïcs ou pas, ces filles qui refusent leur féminité. Une femme devant son miroir est toujours émouvante par ce qu'elle révèle, par sa moue de petite fille, les regards qu'elle lance à celle qu'elle voit dans la glace, qu'elle trouve soit trop grosse soit trop mince.

     

    Elles sont de temps à autres de par leurs complexes ou souffrances nés de leur beauté les proies hélas consentantes ou pas, d'émules de Valmont ou de Casanova, des orfèvres également, pas toujours, d'un travail du négatif à travers la séduction, qui savent très bien singer l'empressement, l'intérêt pour ce qu'elles ressentent et vivent, tout en s'en fichant éperdument dans le même temps ne songeant qu'à les mettre dans leur lit. Il y a aussi celles qui comprennent l'inauthenticité comme il est de ces Valmont, ou simili Valmont car certains ne sont que des minables au fond, qui s'imaginent sincèrement tomber amoureux, alors qu'ils sont incapables d'aimer vraiment et en vérité.

     

    Cela n'empêchera pas la beauté de sauver le monde, la beauté des femmes rajouterais-je car la beauté ne peut qu'encourager à s'élever, à ressentir mieux, à comprendre les êtres et le monde. La beauté m'a pourtant poussé à la passion, à m'enflammer, et à souffrir aussi à tel point que j'ai des blessures toujours ouvertes, mais ces blessures font partie de la vie, et les êtres cabossés, blessés, sont aussi plus lucides, savent ensuite profiter du bonheur authentique quand il est là, même si ils ont perdu de temps en temps l'habitude d'être heureux.

     

     

    Ce qui est l'essentiel...

     

    photo sur le blog de mademoiselle Hortense

  • Les cinquante ans de la "Dolce Vita"

    Imprimer Pin it!

    Fellini, il y a bien longtemps…

    0000-5973-4~Federico-Fellini-Roma-Posters.jpgFellini, c’est comme beaucoup d’autres artistes, acteurs ou créateurs, beaucoup ont de lui une image faussée, la « Dolce Vita », c'est pour eux seulement le glamour toc, les pipôles menant la grande vie, belles voitures décapotables de grande marque, belles femmes, de l’argent par les fenêtres, de l’hédonisme hyper-matérialiste, et seulement ça. Aucun ne voit la critique de la vacuité de ce demi-monde des « pipôles » justement, l’imbécillité de leurs aspirations, être célèbre pour être célèbre, sans avoir forcément de talent particulier, pour le fric et l’ostentation, tout ce que n’est pas Fellini. Celui-ci, qui était un grand raconteur d’histoires, inventait beaucoup d’anecdotes, quand il était interrogé par les journalistes, par pudeur, pour ne pas avoir à étaler sa vie privée au vu et au su de tout le monde ce qui est à notre époque la grande mode, en ajoutant plusieurs couches de pseudo-affectivité pleurnicharde et envahissante. Fellini s’en moquait déjà dans « la Dolce Vita » mais aussi dans « Il Bidone » et dans « le Sheikh blanc ». Dans « Fellini Roma » il y a une scène qui résume bien ce qu’est pour lui le cinéma, partager son amour des gens, malgré leurs défauts, et de la vie, malgré la grisaille du monde, et la bêtise : il va voir Anne Magnani avec sa caméra, et une petite équipe de tournage, il veut lui parler de Rosselini encore un peu, de Rome, de l’Italie et aussi de sa vie, lasse, les yeux cernés, elle lui dit gentiment : « Vai a dormire Federico », comme à un enfant curieux, un peu trop, qui ne comprendrait pas que le monde des adultes est déjà une sorte de purgatoire, que ce n’est pas drôle, que ça ne sert à rien d’en parler autant. Et le cauchemar de Fellini c’est maintenant, en ce moment, en nos temps de présent perpétuel morne et consumériste, la vulgarité, l’ignorance crasse et la sottise grégaire ont rarement été aussi puissantes. 

  • Vivaldi dans un parking de supermarché

    Imprimer Pin it!

    metal-herbe.1188570281.JPGBien sûr, en lisant ce qui va suivre, il y aura des lecteurs pour dire "quel prétentieux !" ou "il se met en valeur" en parlant de ça car parler de beaux livres et dire qu'on les apprécie, parler de musique et dire qu'on l'apprécie, c'est que l'on est vaniteux et prétentieux. L'être humain sociabilisé moderne aime bien qu'il n'y ait aucune tête qui ne dépasse et que surtout personne ne cherche à s'élever plus haut que le troupeau, seulement un tout petit plus haut, vers plus de beauté. A ceux-là, je répondrai que si ça les arrange de le croire pour se justifier de ne pas faire de même, alors oui, je suis totalement prétentieux et assurément immodeste d'en parler. Ce n'est pas grave de se faire remarquer pour un peu de beauté mais aux yeus des esprits dociles, ce n'est pas loin d'être un crime, car la beauté que l'on souligne remet en cause leur soumission, la beauté rendant libres.

    La beauté sauvera le monde écrivait le Père le Guillou, un exégète dominicain, théologien profond, connaissant et aimant les chrétiens d'Orient mieux que je ne le ferais jamais, cette phrase est belle et il a raison de l'écrire, et je la crois vraie, mais je crois souvent que ce monde n'a pas envie d'être sauvé. La Création est belle, elle est merveilleuse sous tes aspects et la science permet d'ailleurs de trouver toute cette beauté encore plus belle quand on sait que la vie est si fragile et constituée de si peu d'éléments. Mais l'être humain moderne, ou consommateur, n'en veut pas. Il préfère se réfugier dans l'ignorance ou tourner son regard ailleurs, vers son nombril, et s'isoler dans un monde virtuel dont il est de plus en plus dépendant gràce aux boulets cybernétiques actuels.

    Donc, j'étais sur le parking d'un supermarché à attendre dans une voiture, et pour passer le temps, j'ai mis la radio, c'était "le concerto pour quatre violons" de Vivaldi qui est venu tout de suite (entendre ci-dessous). Il y avait un contraste frappant entre le paysage de béton, le ciel bas et les immeubles aux façades presque aveugles, sales et véreuses, et cette musique qui transfigurait progressivement le tout. La beauté est cachée au coeur de ce monde qui paraît si laid et voudrait bien l'enfouir profondément, mais rien n'y fait, elle ressort toujours, la laideur des sentiments, la haine, la rancoeur et la violence n'y peuvent rien. Bien sûr, la plupart des gens se contentant de survivre et non de vivre, de ressentir ou d'aimer vraiment, comment pourraient-ils un jour le comprendre ?