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  • Umour, Dérision, Gotlib et toute cette sorte de choses

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    Avertissement : l'auteur de cet article a peut-être le sens de la dérision...

    littérature, société, BD, humour, télévision, dérision

    A propos du numéro spécial « Pilote » « Fluide Glacial » collector sur Gotlib, à l'occasion de ses quatre-vingt ans et de l'expo qui lui est consacrée au musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

     

    Dédié à Edith Ochs et Emmanuel Latlante qui ont parlé, eux, sérieusement de Gotlib, plus que je ne le ferai jamais ! Eux.

     

    Ami lecteur, tu ne seras pas surpris si je te dis que j'ai grandi en lisant « Astérix », « Lucky Luke », plus tard la « Rubrique-à-brac » et un peu plus tard encore « Cinémastock », « Rha Lovely », « Rhagnagna » ou les exploits de « Pervers Pépère », écoutant les réquisitoires de Desproges à la radio et ses « Chroniques de la Haine Ordinaire ». Pas étonnant que j'ai mal tourné je suis victime de mes mauvaises lectures et des mauvaises fréquentations qu'elles entraînent. De plus je suis d'une longue lignée de personnes ayant le sens de la dérision et du sarcasme...

     

    « Chème on me ! »

     

    Je ne sais donc pas si je suis très qualifié pour parler de l'humour et de Gotlib, Marcel. Par contre, les philosophes, qui sont des gens sérieux, comme Bergson, qui n'était pas la moitié d'un con, il a écrit un traité littéralement hilarant sur la question, des théologiens, qui sont aussi des gens sérieux, certains prétendant que Jésus ne riait pas et que Dieu n'a pas d'humour (moi modeste paroissien peu modèle il est vrai je pensais pourtant à Sarah qui se paie la tête d'un ange, à la croix qui est un symbole de victoire pour les chrétiens mais surtout un bel exemple de dérision, ce qui prouverait que Dieu en a, sans parler de celle consistant à faire de types et de femmes pas fréquentables les premiers apôtres, mais j'étais sans doute dans l'erreur...), voire même des journalistes, qui sont encore plus sérieux se sont penchés depuis que leurs professions existent sur le rire :

     

    Pourquoi rit-on ? De quoi est-il convenable de rire ? De quoi est-il inconvenant de le faire ? Et toute cette sorte de choses...

     

    Le problème du rire, c'est qu'il se paie la tête de l'autorité parfois très peu légitime qui prétend guider le bon peuple vers la lumière du progrès et du bonheur universel, (sans rigoler ?). C'est la raison pour laquelle les gens sérieux, et raisonnables, ont inventé le rire avec un « messâââge » dedans, et un qui serve leurs dogmes idéologiques ou autres.

     

    Ainsi Gotlib, s'il est si doué pour l'humour c'est à cause de la Shoah et son identité juive, les « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°), forcément, et les siècles d'antisémitisme. La dérision « citoyenne » et le « rire de résistance » (Jean-Michel Ribes (TM°) ) ; ça doit toujours parler de la Shoah et de l'antisémitisme l'humour « noble » et « racé » et « citoyen », il faut absolument les caser quelque part quand on veut fait rire intelligemment, sinon ça ne veut rien dire. En fait, quand il dessine Gai-Luron c'est du tragique, et avec le gag récurrent d'Isaac Newton qui se prend sempiternellement une pomme sur le crâne il traite de l'absurde qui fait souffrir l'homme.

     

    Le rire gratuit c'est mâââl, c'est même le Mal sans parler des mauvais esprits qui pratiquent la dérision et la causticité sans vergogne, poussant le vice jusqu'à pratiquer l'auto-dérision. Le rire, l'humour, ou l'Umour et toute cette sorte de choses ça doit forcément s'expliquer par quelque chose, comme les blagues :

     

    Pourquoi se moquer aussi méchamment par exemple de ce « fou » et par là même de toute sa « communauté » qui souhaite repeindre son plafond sans échelle ? Pourquoi railler ce « Toto » manifestement issu de la diversité et en échec scolaire ? C'est stigmatisant ! Et pourquoi railler aussi éffrontément le « T.O.C » évident d'Henri IV concernant les équidés de couleur blanche.

     

    littérature, société, BD, humour, télévision, dérisionAinsi Gotlib, le maître de l'Umour glacé et sophistiqué (fondateur des éditions A.U.D.I.E (Amusement Umour Dérision Ilarité Et toute cette sorte de choses...) qui lui cumule car il pratique la dérision, l'infâme, dans des « petits mickeys » qui ne sont pas de l'art enfin tout de même, des « illustrés » qui distraient les enfants et les grands enfants des préoccupations fondamentales que sont le Genre, le commerce équitable, le développement durable, la stigmatisation des « minorités visibles », le retour possible de « l'obscurantisme », et de leur nombril sur internet.

     

    Gotlib est-il libertaire tendance marxiste, trotskiste ? Son rire est-il athée, agnostique, gnostique; blasphématoire ? Quand il parle de la psychanalyse ? Est-il plutôt freudiste ou lacaniste ? (note personnelle je sais que l'on dit lacanien ou freudien ami lecteur toi qui est sérieux mais j'avais envie d'emmerder le monde là-dessus aussi). Préconise-il le « cri primal » ? Est-il un émule de Reich ? Cela expliquerait-il beaucoup de choses dans son grand œuvre ou bien ne s'en fout-on pas complètement ?

     

    La question angoissante d'Umour (cliquer dessus pour voir le dialogue) vient de ce forum

     

    Couverture empruntée au site bedetheque.com

     

    Ci-dessous un "Tac au Tac" de 1971 avec Mandryka, Alexis, dessinateur de "Cinémastock" et "Dans la joie jusqu'au coup", et Gir (Jean Giraud, Moebius)


    Gotlib, Mandryka, Alexis et Gir. par Arsene-desbois

  • Hitler = SS

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    A propos du « manga » « Hitler » aux éditions Cornélius de Shigeru Mizuki

     

    album-cover-large-14358.jpgPour parler du nazisme et d'Hitler, sujets qui fascinent encore de nos jours les auteurs, les historiens, les individus, dans la masse de livres qui y sont consacrés on distingue plusieurs manières de faire :

     

    En faire un monstre en dehors de l'espèce humaine, ce qui est la manière la plus répandue, le point de vue psychanalytique et introspectif comme dans « Maus », qui fait des nazis et des juifs deux espèces différentes ce qui selon moi est un non-sens, l'évoquer avec un humour « hénaurme » et une extrême dérision comme dans « Hitler = SS » de Jean-Marie Gourio et Vuillemin, album d'ailleurs interdit, essayer d'en rire comme dans « la Vie est belle » de Begnini que l'on peut trouver un tant soit peu indécent au final et ce malgré les bonnes intentions.

     

    Et enfin, la plus dérangeante des manières d'écrire dessus, comme dans ce manga, en parler comme d'un être humain qui a laissé sa part d'horreur et de mal prendre le dessus dans son esprit. C'est la plus dérangeante car pour les personnes vivant en 2013 et s'imaginant être au nadir de la civilisation du fait des progrès techniques de notre monde c'est très déstabilisant de voir que cette part d'horreur et ce mal qu'Hitler a laissé croître et se développer et qu'il a communiquée à tout un peuple, son peuple, nous l'avons tous en nous ; mais nous sommes excessivement peu à en être conscients.

     

    Mizuki évoque les différents visages d'Hitler qui n'était pas du tout non plus la marionnette des grands groupes industriels que l'on en a fait également, qui l'ont aidé certes à accéder au pouvoir par peur de perdre ne serait-ce qu'une partie de leurs dividendes. L'auteur montre bien l'humanité d'un des grands criminels de l'Histoire, son ascension progressive vers ce qu'il pensait être un destin presque cosmique. Il faut s'adapter au style particulier des images et bien entendu de la lecture de la droite vers la gauche, mais ce style est en cohérence avec l'intention de l'auteur qui offre ici une méditation sur l'humanité du « Führer », sa folie et la folie collective allemande des années 30, plus qu'une biographie didactique et informelle.

     

    Un autre aspect extrêmement dérangeant de cette vie et du nazisme est aussi que l'on en retrouve des aspects dans notre société si avancée, ainsi l'obsession quasiment pathologique de la transparence et du contrôle des corps et des esprits, ainsi les mouvements de masse où la minorité n'est plus rien, ainsi ce rejet constaté un peu partout sur le Net de la différence de pensée, de vie, d'expression et du hors-norme, parfois au nom des meilleures intentions là encore, qui sont deux des caractéristiques des régimes totalitaires. Le rêve humide des nazis les plus radicaux s'y trouve là réalisé pleinement et accepté par la majorité des personnes dans notre monde et sur les réseaux informatiques.

    hitler=ss.jpg

    Il n'y a même pas eu besoin de l'accession au pouvoir d'un Hitler.

     

    D'autres aspects célébrés par les nazis sont également complètement intégrés et réalisés dans notre société dite libérale-libertaire. Hannah Arendt disait avec pertinence que le nazisme ne faisait somme toute qu'exacerber des tendances latentes déjà à l’œuvre dans le libéralisme et dans la plupart des idéologies. L'eugénisme, la suppression des plus faibles, des « inutiles », des vieux, des malades, des handicapés, le darwinisme social sont devenus parfaitement tolérables dans notre monde, et là encore au nom d'une idée complètement délirante du bien collectif qui méprise la liberté individuelle.

     

    Qui les remet en question parmi les intellectuels « kipensent » et que l'on écoute en France maintenant ? Quasiment personne.

     

    Mais hélas, nous vivons dans une période où personne ne souhaite vraiment être dérangé dans des certitudes bien confortables, des certitudes qui ne changent rien aux questions soulevées et aux réponses apportées.


    couverture prise ici

    la couverture de Hitler = SS prise sur le site de la bédéthèque

     

  • Crobards sur Crumb

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    Crumb est aussi sur Agoravox

    Robert Crumb est à l'honneur au musée d'Art Moderne de la ville de Paris jusqu'au 19 Août.

    Cela m'a donné envie de revoir le documentaire remarquable que lui consacre Terry Zwigoff et de commettre deux-trois lignes sur lui.

    image prise ici autoportrait de 1992

    crumb_aventures002.jpgCrumb se verrait bien au départ comme un brave petit « all-american kid ». Comme eux il habite avec ses parents dans un de ces lotissements qui s'étend sur des kilomètres autour des mégalopoles américaines, on y lève « les couleurs » le matin. Il n'est pas le gosse bien sage élevé aux Corn Flakes et aux sages préceptes des Pères Fondateurs, contrairement aux vœux de ses parents, il n'est pas « quaterback », ni même « premier de classe », il rêvasse et dessine dans son coin, et commence à sortir avec des filles qui ont toutes la même particularité physique, elles sont callipyges de manière impressionnante.

    Il est un peu perdu entre un frère brillant mais de plus en plus enfermé dans ses fantasmes, une mère monstrueuse et la société des êtres humains dont il perçoit déjà toute l'absurdité et le grotesque.

    Déjà il se fait remarquer en portant des petits chapeaux ridicules qui lui donnent l'allure d'un petit vieux.

    L'arrivée des années 60 donne un rythme un peu plus trépidant à ses conquêtes et son absorption de substances illicites.

    Il est partagé entre le dégoût de lui-même, la volupté et l'envie brûlante de continuer à se vautrer dans ses délires fantasmatiques qui vont très loin, suscitant le malaise parfois :

    image prise ci-contre prise ici, tel qu'il se voit avec Aline, son épouse

    15-large.jpgMasturbation monstrueuse, réduction des femmes à de monstrueuses créatures dévorantes des pauvres hommes, quelques courbes et sphères, c'est tout, Crumb n'est pas aussi zen que un de ses héros, « Mister Natural », qui se balade tout nu sans que cela ne lui pose problème, et Crumb est tenté par l'enfer, tout comme « Fritz the Cat », le tout dans le même style saccadé qui apparaît comme « pacifié » depuis quelques temps.

    Il se voit comme le petit homme tremblant de peur, reclus dans un coin de son cerveau, mourant de peur et d'anxiété, de révolte, de colère, de solitude.

    Il voudrait bien être comme les types des pub, ou ceux des peintures de Norman Rockwell, avoir des bonnes joues rouges, ne pas être obligé de porter des "culs de bouteille" pour lire ou dessiner, ne pas avoir la hantise de la folie dans laquelle tombe son frère, qui partageait les mêmes angoisses, et qui se suicide quelques mois après le tournage du film de Terry Zwigoff.

    Et dont il reste persuadé qu'il était plus doué que lui. Charles Crumb dessinait des « comics » lui aussi depuis sa plus tendre enfance, ayant comme son frère la rage de s'exprimer par cet art. Encore maintenant, Robert Crumb ne sort jamais sans son calepin, « croquant » le monde qui l'entoure avec frénésie.

    Ce n'est pas exactement le dessinateur préféré des féministes car il semble penser comme Saint Jérôme que ce que d'autres appellent « l'Origine du Monde » n'est rien d'autres que la « Porte de l'Enfer », tout en aimant bien emprunter souvent cette porte d'ailleurs.

    Puis Crumb s'est marié, une deuxième fois, avec une dessinatrice qui avait « vécu » elle aussi, Aline Kominsky. Ils créent tous les deux « Dirty Laundry », comic où ils racontent tout de leur vie de couple.

    Trouvant un semblant de paix, il a pu commencer à ranger sa collection de vinyles de blues, jouer un peu de musique et rire avec sa fille. Arrivé à un certain âge, il est plus sage de se ranger ou du moins de trouver un équilibre et parler de ses angoisses avec plus de sérénité.

    Du moins, c'est ce qu'il voudrait que l'on croit, car il n'est pas si assagi...

    J'ai toujours lu les comics de Crumb avec beaucoup de passion. Pourtant c'est un grand malade, comme on l'a vu, qui n'a jamais épargné au lecteur la moindre de ses névroses, obsessions ou compulsions.

    Il aide Harvey Pekar à raconter son auto-biographie, à travers ses bandes dessinées et à mon sens il n'y a pas de meilleur guide des années 70.

    Depuis quelques années, il travaillait sur la Genèse, après avoir lancé la réédition de ses premiers albums chez Cornelius. Il a prétendu que c'était un travail rapide pour l'argent, mais y passe six ans.

    Les cul-bénits s'attendent à ce qu'il soit blasphématoire, il est au contraire extrêmement respectueux de la foi, les critiques de bon ton par contre l'auraient souhaité provocateur, ils font la fine bouche (« oui c'est pas mal mais bon, il est trop sage »).

    Crumb redonne en outre aux personnages de la Genèse ce qui leur manque le plus dans l'esprit des lecteurs modernes de la Bible, croyants ou pas :

    Une incarnation, l'Incarnation du Christ est déjà présente en Adam comme le montre Crumb, et une force alors que la Bible semblait de plus en plus intellectualisée, éthérée, dématérialisée.

    Quand Jacob lutte avec l'Ange, ce n'est pas un échange poli de banalités débitées sur un ton monocorde ou d'une voix blanche.

    Il y va de la chair, de l'âme, des tripes de Jacob.

    Les prophètes sont entre Prospéro et le roi Lear, On ressent des évènements le tragique et le dérisoire, ou la grandeur, la beauté, la proximité de Dieu dans l'écriture.

    C'est tout l'esprit des peintures religieuses flamandes que l'on y retrouve, ce mélange de trivial et de mysticisme qui élève tant l'esprit sans le couper du corps. Il y a quelques années déjà, Simon Bisley, dessinateur moins connu, mais tout aussi turbulent, a peint une « Passion » étonnante.

    Quand on vous dit que Dieu écrit droit avec des lignes courbes...

    Crumb a un site officiel

    Quelques articles de presse sur l'exposition en cours

    Ci-dessous, un extrait de "Crumb" de Terry Zwigoff où le dessinateur raconte l'histoire de l'Amérique à sa manière, et un extrait de "Fritz the Cat", adaptation d'une de ses BD les plus populaires

  • Macho peureux des femmes ?

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    Sur Agoravox, on m'accuse d'être un sale macho qui a peur des femmes, ce qui est un oxymore.

    Je ne suis pas comme Franck, quoi que je puisse comprendre son émoi.

    Voir ci-dessous.

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  • La Genèse par Robert Crumb

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    Crumb remonte aux sources de la Création

    autoportrait_Robert_Crumb-bed2c.jpgJ'ai toujours lu les comics de Crumb avec beaucoup de passion. Pourtant c'est un grand malade qui n'a jamais épargné au lecteur la moindre de ses névroses, obsessions ou compulsions. Il écrit depuis une quarantaine d'années son autobiographie, comme Harvey Pekar, à travers ses bandes dessinées et à mon sens il n'y a pas de meilleur guide des années 70. Depuis quelques années, il travaillait sur la Genèse, après avoir lancé la réédition de ses premiers albums chez Cornelius. Il a prétendu que c'était un travail rapide pour l'argent, mais y passe six ans. Les cul-bénits s'attendent à ce qu'il soit blasphématoire, il est au contraire extrêmement respectueux de la foi, les critiques de bon ton par contre l'auraient souhaité provocateur, ils font la fine bouche (« oui c'est pas mal mais bon, il est trop sage »). Ils en sont un peu pour leur argent les pauvres à part un excellent papier de la dessinatrice Catherine dans « Charlie Hebdo » (ce n'est pas qu'ils le lisent le livre d'ailleurs, les grands esprits, mais un ouvrage réputé provocateur bien en vue dans une bibliothèque permet de passer pour un esprit fin et cultivé). Crumb redonne en outre aux personnages de la Genèse ce qui leur manque le plus dans l'esprit des croyants ou pas, et ce à mon sens depuis le développement des communautés « nouvelles » catholiques ou protestantes : une incarnation, l'Incarnation du Christ est déjà présente en Adam comme le montre Crumb, et une force alors que la Bible semblait de plus en plus intellectualisée, éthérée, dématérialisée. Quand Jacob lutte avec l'Ange, ce n'est pas un échange poli de banalités débitées sur un ton monocorde ou d'une voix blanche. Il y va de la chair, de l'âme, des tripes de Jacob. Les prophètes sont entre Prospero et le roi Lear, On ressent des évènements le tragique et le dérisoire, ou la grandeur, la beauté, la proximité de Dieu. C'est tout l'esprit des peintures religieuses flamandes que l'on y retrouve, ce mélange de trivial et de mysticisme qui élève tant l'esprit sans le couper du corps. Il y a quelques années déjà, Simon Bisley, dessinateur moins connu, mais tout aussi turbulent, a peint une « Passion » étonnante. Quand on vous dit que Dieu écrit droit avec des lignes courbes...

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  • S'appeler Goscinny...

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    S’appeler Goscinny… - à propos de Goscinny : « Faire rire, quel métier ! » de Aymar Du Chatenet et Caroline Guillot

    goscinny_uderzo_foto1967.jpgCe qui rend ce livre intéressant, qui décrit tout le parcours de Goscinny et ses personnages principaux, c’est qu’il ne sombre jamais dans l’esprit de sérieux. J’ai toujours beaucoup aimé les Bandes dessinées de René Goscinny, et Uderzo, Morris, Franquin pour qui il fait « Modeste et Ponpon », Greg, c’est lui qui a l’idée d’Achille Talon, Gotlib avec qui il met en œuvre les « Dingodossiers » ou enfin Cabu et son « grand Duduche », et d’autres moins connus. Goscinny aimait bien faire rire, il disait pour tourner en dérision l’analyse psychanalytique au premier degré que c’était parce qu’il avait « besoin d’amour, de beaucoup d’amour », mais c’était vrai, c’était donc encore un peu plus marqué au coin par la dérision et la causticité. Il idéalise son enfance dans « le Petit Nicolas », qui est dés sa création en dehors de toute réalité, et prend comme héros des petits bonshommes courageux et intelligents, souvent très peu respectueux des puissants, eux la plupart du temps, grands et cons, d’une sottise abyssale ou ne songeant qu’à manger, tel Averell, parfois surprenant, quand il est le seul à être guéri par le psy fou de « la Guérison des Daltons » ce qui causera la perte de ses frères et la sienne à la fin de l’album où tout rentre dans l’ordre, ou Obélix qui lui est dans le camp des gentils. Parfois, ce sont les méchants les héros, ainsi Iznogoud, qui devient pathétique à force d’acharnement à devenir calife à la place du calife, aveuglé par son ambition, aussi imbécile qu’Averell ou Joe Dalton, qui prend de l’importance avec ses frères progressivement dans « Lucky Luke », William et Jack étant surtout le chœur antique, les quatre frères étant accompagnés souvent de Ran-Tan-Plan, le chien le plus débile de l’Ouest, mort de soif à côté d’une rivière, mourrant de faim dans une région où le gibier abonde, Iznogoud ne voit pas qu’il est déjà au pinacle du pouvoir dans les faits, Haroun El Poussah étant une sorte de grosse amibe ne pensant qu’à dormir et lui aussi à la nourriture. Seul Dilat Larath son homme de main reste lucide. On discerne également derrière les calembours ignobles mais tellement savoureux, les pétarades des méchants grotesques, un mal-être, quelque chose de brisé, une angoisse profonde que Goscinny soigne par le travail. Comme tous les grands sensibles, il se cache dans la caricature et l’observation du monde car excessivement vulnérable, et en premier lieu à la connerie toute-puissante en ce bas-monde comme il s’en aperçoit après Mai 68 et les revendications ingrates au partage du pouvoir par des dessinateurs à qui il avait été pourtant le seul à donner leur chance au départ, Sans parler des grands esprits tolérants et ouverts du « Charlie Hebdo » de l’époque qui interdisaient à Gébé et Cabu de dessiner dans « Pilote ». Et le village d’Astérix c’est un peu le « shetl » dans lequel habitait ses ancêtres. Il a écrit deux scénarios pour Pierre Tchernia, « Le Viager » et « les Gaspards », utopie écologiste et bonne vivante, elle, à Paris, et on sent sa patte dans « la Gueule de l’Autre ».

  • Madeleines électroniques des années 80 - Joe Jackson, Yves Challand

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    8-spirou-chaland.jpgC'est fou comme Joe Jackson ou même Matt Bianco paraissent maintenant des groupes complètement désuets, plus que certains des années 60. Tout est daté, on se croirait dans une BD d'Yves Challand (voir strip de Spirou ci-contre) ou de Ted Benoît coincés entre les années 40, pour l'ambiance, les belles bagnoles, les épaules carrées et les pantalons zazous et l'an 2000. Peu importe, j'aime bien encore, c'est loin et proche, c'est une sorte de madeleine de Proust électronique.

    C'est vers cette époque que l'on a commencé en somme à vivre dans un perpétuel présent.

  • Jack Palmer enquête en banlieue

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    J'aime beaucoup les enquêtes de Jack Palmer, privé minable et débile, incompétent à plein temps, imaginé par Pétillon. Il ne résout jamais ses enquêtes, ou alors tout à fait par hasard, ne comprend rien à ce qui lui arrive. Il a eu plusieurs styles suivant l'évolution du dessin de Pétillon. au départ inspiré des dessinateurs américains de "Mad", il a fini par trouver sa touche. Palmer vit dans une mansarde où il vivote tout en repassant son permis régulièrement (il en est à vingt-sept tentatives), il a des ardoises partout dans les cafés du quartier où il boit sous des faux noms. J'aime particulièrement l'histoire du "Grand Sommeil" revue et corrigée en employant les termes et les images politiquement correctes (un mari devient un violeur légal, on ne dit plus un imbécile mais un individu à compréhension différée etc...). Ci-dessous, Palmer enquête en banlieue dans "l'Affaire du voile".

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  • La dure vie du créatif de pub selon Gotlib

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    488810725.jpgS'agrandit en cliquant dessus, indémodable. Gotlib a arrêté la BD il y a 24 ans déjà. Il s'en fout de son oeuvre, il préfère glandouiller. Ce n'est pas bien "bô" monsieur Gotlib, bel exemple pour la jeunesse.

    Je le précise à l'intention des staliniens et des imbéciles, c'est du second degré. 

    A ce lien, il se moque d'un classique intouchable de Truffaut, cette planche est belle et bonne. 

  • Nettoyage de printemps de célibataire

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    Je sais, je devrais avoir honte, j'ai la même conception du rangement que Jon et Garfield, à la différence qu'un rôti de janvier dernier n'est pas devenu vivant dans mon frigo... 

    - Peut-être que Liz a raison, peut-être que cet endroit pourrait être mieux nettoyé

    - Et peut-être que les poulets font "Meeuh"

    - Garfield : "On est célibataires, bébé" 

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  • Réconciliation divine ? (extrait de God's club de Gotlib)

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