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banques

  • Jérôme Kerviel enfin sur sa voie...

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    Jérôme Kerviel était un maillon de la chaîne consentant et docile du système économique dans lequel nous vivons, un système qui corrompt à peu près tout, marchandisant les biens et les corps, les rêves, les désirs, la beauté, qui oublie toute morale, qui se nourrit de l'avidité de tous, y compris du consommateurs lambda, un système qui sait la vérité sur les fondements réels de notre civilisation dit de progrès : le pouvoir et l'argent.

     

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    Et rien d'autres.

     

    Lui-même en tirait un mode de vie très confortable et des revenus conséquents en échange de ceux qu'il procurait à sa banque. De mon point de vue, je préfère encore un type comme celui qu'il était qui jouissait de son oseille sans remords ni scrupules des conséquences de ses opérations financières qu'un bourgeois « de gauche » qui prétendra être équitable et tellement soucieux de justice sociale (qu'il ou elle commence d'abord par donner, je ne sais pas, un tiers de son salaire à des pauvres...). Et un jour le ciel lui est tombé sur la tête, une opération malheureuse a fait perdre 5 milliards d'Euros à la Société Générale et c'est à lui et lui seul que l'on a demandé d'en porter toute la responsabilité ses patrons niant avoir eu connaissance des opérations qu'il menait.

     

    Il a tout perdu, a été traîné dans la boue comme notre société sait si bien le faire, avec une cruauté raffinée, au vu et au su de tout le monde portant sur ses épaules non seulement la culpabilité de la perte des Cinq milliards mais aussi celle de tous les consommateurs qui savent parfaitement au fond qu'ils profitent d'un monde qui exploite 90% des êtres humains pour que 10% vivent dans un confort encore un peu conséquent, le consommateur se consolant parfois en achetant « équitable » quand il en a les moyens car la pseudo-charité est aussi un marché, et un marché juteux.

     

    Jérôme Kerviel après avoir rencontré le Pape François et avant de finir en prison, ce qu'il croyait inéluctable il y a quelques heures à peine, rassuré sur son sort depuis, s'est mis en marche de l'Italie vers la France dépouillé de tous les objets et gadgets indispensables et hors de prix qu'il affectionnait auparavant, faisant l'expérience du désert, celui de nos contrées dites développées, un désert où il trouve semble-t-il de nombreuses oasis humaines, des « petites gens » comprenant ce qu'il fait, ce qu'il entreprend, mieux que les arbitres habituels des élégances morales qui ont raillé son entrevue avec le Souverain Pontife au Vatican. Ceux-là moralisent sans cesse et sans trop de vergogne, tout en profitant également du système.

     

    Selon lui, il n'y a plus d' « Affaire Kerviel » mais une « Affaire Société Générale » qui pourrait être également celle de tout un système pourri jusqu'à l'os, ce qui n'arrivera pas, ne rêvons pas trop (Note personnelle : on est d'ailleurs souvent surpris des collusions que l'on découvre au sein de la mécanique financière et politique actuelle entre des ennemis apparemment irréductibles).

     

    Je ne suis pas doué du don de sonder les reins et les cœurs mais je pense néanmoins que si Jérôme Kerviel n'est pas sans doute devenu un émule de Saint François d'Assise ou du Père de Foucauld, il a littéralement commencé à suivre enfin sa voie même si le grand cirque spectaculaire et médiatique cherche encore à le récupérer.

     

    Ceux qui « du passé voulaient faire table rase », ces bourgeois de progrès évoqués plus haut, devraient d'ailleurs être contents, leur rêve est réalisé ainsi que le montre cette affaire. Un être humain nouveau a émergé, pas exactement celui que les utopistes attendaient, il est soumis sans se poser de questions et ne s'inquiète que très médiocrement de sa vie spirituelle ou intellectuelle. Il ne se soucie que de sa « liberté de consommer » ce qu'il entend consommer, liberté bien relative, la consommation des produits qu'il achète étant conditionnée par la pub omniprésente, le spectacle constant, l'importance de l'image que l'on se doit de donner de soi, et aussi la pression grégaire.

     

    Alors certes, personne n'aime faire du mal aux autres, la plupart des gens ressentant encore une culpabilité dont il voudrait bien se défaire définitivement. Se sentir coupable, se soucier des conséquences de ses actions sur les autres, est devenu insupportable, intolérable à l'individu moderne. C'est pas de sa faute s'il y a des sans-abris, c'est pas de sa faute si des enfants crèvent de faim, il n'y peut rien s'il y a de la pollution en ville ! Et c'est ainsi que les iniquités et les injustices perdurent, les consommateurs étant tous au fond, dans des proportions moindres j’entends, des petits « Jérôme Kerviel » d'avant la foudre qui lui est tombée dessus.

     

    Et le mal que les citoyens consommateurs sans cervelle font aux autres, à commencer par les plus petits, les plus faibles de notre monde, ils le font en l'estimant nécessaire, un compromis acceptable pour que le confort dont ils bénéficient dure juste encore un peu avant que le volcan sur lequel ils dansent ne se réveille...

     

    image sur le site dna