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  • Il y a des vies privées plus privées que d'autres

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     Que DSK aime les femmes et soit un « séducteur » même compulsif comme on le présente, à la rigueur on s'en fiche complètement. C'est totalement anodin.

    image prise ici

    DSK_0.jpgIl y a au cours de l'histoire une légion d'exemples d'hommes de pouvoir qui ont fait beaucoup de bien pour leur pays et ses habitants qui étaient plutôt des chauds lapins.

    Le reste regarderait sa conscience, son couple et son sens moral.

    Qu'il soit lourdingue dans ses attitudes avec les femmes, se conduisant avec selon la plupart des témoignages avec l'absence de grâce caractéristique d'un VRP en goguette dans un quelconque « Macumba » d'un quelconque trou perdu, là ça commence à poser un peu plus problème quand on représente un pays et ses citoyens, ou que l'on a l'ambition de le faire.

    Un type qui saute sur tout ce qui bouge comme un animal en période de « chaleurs », cela devient encore plus problématique. S'il est incapable de se contenir pour ça, il sera incapable de le faire pour des choses plus graves, sera gravement malléable, à la merci de ses pulsions, et donc de sa personne. Et puis du simple point de vue de la représentation d'un pays, c'est embêtant, car cela donne du pays en question une image déplorable.

    Un homme public, par définition, une bonne partie de sa vie devient publique et ceci a de l'importance sur le sens de la nation et l'intérêt commun que l'on peut déduire de sa conduite, son souci réel des plus faibles, des plus précaires. Il ne faut pas se voiler la face, ça compte. De plus, un homme public qui se laisse aller à ses pulsions peut être dangereux pour les intérêts qu'il défend. Il suffit de se rappeler de l'affaire Profumo.

    Or, pourtant, depuis le début de l'affaire DSK, ses défenseurs ne cessent d'en appeler à la vie privée de leur champion, à sa « présomption d'innocence », du héraut de leurs intérêts, que ce soit les politiques ou les commentateurs politiques : Alain Duhamel et Jean-Michel Aphatie en tête, lui veut bien aborder ses questions mais il les trouve dérangeantes, ce qui est son droit. Elles sont plus que dérangeantes, mais terrifiantes finalement quant à la teneur réelle de la vie politique française, de la servilité sans nom des uns et des autres.

    Il en est qui parle de « torrents de merde » comme Manuel Valls, qui a parfaitement raison en un sens. Sauf qu'il se trompe quant à l'origine de ce torrent. Ce qui a ouvert les vannes, c'est surtout l'absence de sens de la communauté, de sens politique de ceux qui la font et de ceux qui en parlent qui ne pensent qu'à une chose et une seule, défendre leur caste de privilégiés protégés, et rien d'autres.

    Par contre, quand il s'agit de la vie privée des accusatrices de DSK, comme Tristane Banon ou Nafissatou Diallo plus rien n'est sacré en matière de vie privée. La première est décrite un peu partout comme une pauvre fille névrosée, instrumentalisée par la droite en sous-main, et qui écrit en plus sur un site présenté comme un repaire d'immondes fascistes.

    Elle est depuis deux jours traînée dans la boue de manière ignoble. J'espère qu'elle a de quoi se soutenir car le torrent de boue qui va déferler contre elle sera puissant et sans pitié visiblement.

    Quant à Nafissatou Diallo, il n'y a plus de défense des travailleuses précaires comme l'est une femme de ménage, il n'y a plus de compassion envers les sans-papiers comme l'a été Nafissatou Diallo, il n'y a plus de défense de ses droits de femme. Plus rien des chevaux de bataille habituels de la gauche qui tiennent.

    C'est une trafiquante de drogue, notoire, et une prostituée bien connue des services de police.

    Ce ne sont pas des saintes ?

    Et alors ?

    Cela pourrait-il excuser les violences sexuelles qu'elles ont subies ?

    Pour les partisans de DSK il semblerait bien que oui. Ce qui en dit long sur leur conception de la sexualité, une femme qui se refuse à des avances, surtout, en plus, à celles d'un représentant de la caste des oligarques actuellement au pouvoir, ne peut être donc, si je les suis jusqu'au bout, qu'une prostituée, une névrosée ou une frustrée.

    Pour un peu, tout en calomniant allègrement ses deux femmes, ils nous referaient le coup du retour des heures les plus sombres de notre histoire...

    ...Je m'étonne que nous n'y ayons pas encore eu droit.