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banlieue

  • Jupiter chez les racailles

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    macron, banlieue, société, politique, france, amaury watremez

    Aussi sur Agoravox

     

    Le président Emmanuel Macron est descendu de son Olympe personnelle que même ses laquais de la première heure remettent en question (contestation du culte de sa personnalité, de l'absence de démocratie au sein du mouvement etc... voir à ce lien ici). Pour entre autres se refaire une virginité, s'ôter cette image de président des riches ce qu'il est, après avoir lâché des ballons de baudruche pastels pour lutter contre le terrorisme (!) il est allé dans les banlieues présenter un plan pour les aider, du moins c'est ce qu'il affirme. Il a déjà laissé entendre ce qu'ils pensent des « gens de peu »...

     

    Encore un (voir à ce lien par là) après quelques dizaines d'autres.

     

    Ce n'est pas le premier plan du genre, ce ne sera sans doute pas le dernier. La motivation de ces bonnes intentions est que ça ne recommence pas comme en 2005, des émeutes extrêmement violentes. Bien entendu, tout le monde sait que les jeunes des cités remettront le couvert, ils brûlent de le faire avec leurs grands frères, la seule question c'est de savoir quand ça arrivera. Ces « pauvres de service » ont un avantage, c'est un alibi à portée de main, une bonne conscience que l'on s'achète pour pas cher.

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  • La banlieue sur scène et dans les coulisses

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    On en parle aussi sur Agoravox

     « On se rend alors compte où qu'on vous a mis. Les maisons vous pos­sèdent, toutes pisseuses qu'elles sont, plates façades, leur cœur est au propriétaire. Lui on le voit jamais. Il n'oserait pas se montrer. I1 envoie son gérant, la vache. On dit pour­tant dans le quartier qu'il est bien aimable le proprio quand on le rencontre. Ça n'engage à rien.

    image ci-dessous empruntée ici

    ChellesDSR42CV.jpg

     

    La lumière du ciel à Rancy, c'est la même qu'à Détroit, du jus de fumée qui trempe la plaine depuis Levallois. Un rebut de bâtisses tenues par des gadoues noires au sol. Les cheminées, des petites et des hautes, ça fait pareil de loin qu'au bord de la mer les gros piquets dans la vase.

    Là dedans, c'est nous. »

    « En banlieue », Céline, dans « La Voyage au bout de la Nuit »

    « J'ai une vision romantique et quelque peu oblique de la banlieue: j'admire sincèrement ces familles qui tentent de survivre en s'endettant pour se payer une maison identique à toutes les autres. »

    Interview de Harlan Coben dans « Lire », juin 2005.

    La banlieue n'a jamais été très belle, jamais très agréable. La banlieue c'est moche, c'est souvent gris, ça pue l'essence mais je m'y sens à la maison.

    En banlieue, comme à Paris, du moins pour ce qu'il en reste, on peut dire à un vaniteux qu'il est vaniteux, à un con qu'il est con, à un poète local qu'il est nul, à un érudit de sous-préfecture qu'il est ignare, personne ne s'en offusque. On ridiculise aussitôt les bons apôtres, les chefs de rayon qui jouent les esprits avancés, les anars syndiqués et les révolutionaires , tous ceux qui aimeraient bien être sortis de la cuisse de Jupiter alors qu'ils ne sont qu'à peine ses rognures d'ongles.

    On pourrait vite sombrer dans le misérabilisme, la noirceur et les descriptions bien sordides, ne voir que la pauvreté, l'accent faubourien, aux accents traînants, et la délinquance. On pourrait parler des foules compactes sur les quais de gare, les VRP en veste orange qui attendent le train à côté des poivrots désoeuvrés, des filles vulgaires et des petits voyous bruyants.

    On pourrait avoir des formules à la Céline, quand il parle de « Rancy » dans « le Voyage au bout de la nuit », avec des points de suspension et d'exclamation bien placés.

    On passerait à côté de la poésie que même les barres de béton peuvent dégager, une poésie noire, anthracite, mais une poésie quand même.

    C'est la lecture de ce livre de Laurent Quesnel, qui en vient, y vit et y vivra encore longtemps, sur la ville de Chelles à travers les cartes postales et autres photographies en noir et blanc qui m'a donné envie d'évoquer la banlieue. Dans cet ouvrage on suit son évolution au cours des décennies, quand celle-ci est encore plus ou moins rurale, voire paysanne, quand les parisiens viennent y danser, à la guinguette, du nom du premier propriétaire de ce genre d'établissement.

    Elle a bien changé la banlieue, y compris en trente ans, si elle a gardé certains de ses anciens aspects, elle est surtout devenue une zone de complète relégation sociale, communautariste au dernier degré.

    On ne la reconnaît plus vraiment.

    Ceux qui n'y habitent pas ont de soudains enthousiasmes pour ce qu'ils s'imaginent être des mouvement artistiques féconds, qu'ils transforment parfois à leur idée pour adoucir les choses, ainsi le slam, plus agréable et confortable pour les oreilles des plus favorisés qui trouvent là l'occasion de montrer combien, en toute modestie, ils sont ouverts et cultivés, et modernes.

    Ceux qui n'y vivent pas en loue parfois la diversité, ils trouvent ça tellement beau. Ils ne comprennent pas que ce sont souvent des personnes qui ne veulent pas se mélanger entre habitants de la banlieue, d'une part, et qui ne veulent surtout pas entendre parler d'autres cultures que la leur.

    image ci-dessous empruntée à ce lien

     

    tardi-en-banlieue.jpgTardi aussi a aimé se promener en banlieue. Son album, « Tardi en banlieue », n'est pas exactement une oeuvre littéraire à part entière car il s'agit en fait du recueil de dessins au fusain et peintures acryliques du père de « Adèle Blanc-Sec » avec un texte de Vautrin.

    Le dessinateur s'y montre peut-être plus célinien que pour ses illustrations du "Voyage au bout de la nuit" qui ne valent pas Gus Bofa, et que l'on peut trouver plus chichiteuses. Il y conchie le grisâtre de la banlieue, les tours, les petits bourgeois qui promènent le chien, les boutures de milicien qui tiennent un molosse au bout d'une laisse, les vieilles cachées derrière leur rideau, les abrutis bêtement repliés sur eux-mêmes et souvent alcooliques, les employés de bureau maussades, les vigiles et leurs chiens, les solitudes, les petitesses, les préjugés.

    Ses dessins ont cependant tous bien une certaine poésie, celle de la nostalgie de quelque chose paraissant définitivement enfui. Les lignes à haute tension sont autant de barreaux qui cachent le ciel. Mais le ciel on continue à le voir quand même. Car au bout du compte, c'est tout ce qui importe.

  • Les gosses de Maltot : des vacances pour les gosses de Drancy

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    Quand des gamins s'occupent à jouer au foot, faire du canoé, s'essayer au base-ball, et qu'il y a des personnes formées à cela pour les entourer, cela donne des gosses épanouis et heureux de vivre, mieux dans leur tête et leur corps. C'est ce que ce blog dont Eric, le directeur du site de Maltot, entre autres activités, m'a envoyé le lien, démontre.

    Sur la photo, ils sont au match Caen/Valenciennes

    match.jpg

  • Sentiment d'insécurité

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    Bien sûr, comparé à la réalité c'est gentillet, mais ça m'amuse, derrière une casquette et une grosse doudoune il y a parfois un brave couillon ou un coeur d'artichaud.

    - Vazy msieur, vous calculez les lascars, cétro d'la balle vazy et vous z'aimez bien msieur ? Pass qu'un prof y peut pas tout comprendre.

    - Ouah, msieur, vous z'êtes trop dard, la vie de ma reum. Les aut profs y z'on la chouma à côté, ma parole.

    - Et le peura ? Le rap quoi, vazy cé pareil !

    - Ben non, cé pas pareil, la vie de moi, bâtârd de ta mère !

    - Ben si qwa, on s'en branle de toute façon. T'as du kebab dans le cerveau, t'es trop à donf toi.

    - Batard, je me prend pas pour un condé, je ferm'rai ma gueule quand j'm'écrase devant mon daron.

    - Batard ! Ta reum cé une tasspé, elle s'habille chez Aldi.

    - Laisse le meussieur le professeur téma la vidéo (T'est trop trop un pauv'gars toi)

    Ad libitum...

    Post scriptum : Je rigole mais pas que, car quand ces gosses arrêtent de jouer cette comédie, il y a en a eu beaucoup pour apprécier Baudelaire ou Verlaine, un conte de Marcel Aymé (à condition de pas le dire à leurs copains de la cité, car ils "auraient trop la te-hon"