Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

bac

  • Merci Salima

    Imprimer Pin it!

    breves51d6959ec798b_1-578759.jpgLa petite Salima qui a eu 21,21 au bac par le jeu des options, elle venait tous les jours au CDI du lycée pour bosser, toujours sympa, souriante et modeste, une jeune fille moderne et sage en même temps Salima, et travailleuse, un modèle

    Elle est curieuse de tout, lisant de tout, intelligente, pas un mouton docile qui gobe tout sans rien essayer de comprendre, pas un esprit obtus qui fait tout ce qu'on lui dit sans réfléchir...

    Elle n'avait pas besoin de pédagogisme, d'angélisme, de traitement de faveur, ou de défaveur...

    Elle ne voit rien d'extraordinaire dans ses résultats, elle m'a dit : "j'ai travaillé c'est tout et parce que j'ai vraiment envie de faire de l'astronomie". Ce n'est pour elle que la première marche.

    (et elle m'a dit merci de maintenir une ambiance de boulot au CDI ce dont je lui suis reconnaissant ...)
    Son exemple me réconforte et me rassure...

    l'article de Paris Normandie sur Salima ici

    photo prise sur le site de Paris Normandie, article du 5/07/2013

  • Un peu de philosophie pour les potaches et les adultes

    Imprimer Pin it!

    On philosophe aussi sur Agoravox

     « Peut-être la vérité est-elle une femme qui a de bonnes raisons de ne pas vouloir montrer ses raisons. »

    (Préface au « Gai Savoir », Nietzsche)

    « La plus grande partie de la vie passe à mal faire, une grande partie à ne rien faire, toute la vie à ne pas penser à ce que l'on fait.»

    (Extrait des « Lettres à Lucilius » de Sénèque)

    « L'ordre de la pensée est de commencer par soi, et par son auteur et sa fin.»

    (Extrait des « Pensées » de Pascal, le philosophe préféré d'Achille Talon)

    achille-talon.jpgCe matin, le potache affolé révisait fébrilement les fiches constituées théoriquement pendant l'année sur la philosophie, matière qui lui fait peur car elle lui semble hautement subjective, et qu'elle pousse à la réflexion, ou bien ne faisant semblant de rien, il fumait une clope, ou une substance prohibée, à l'entrée du lycée, en attendant l'heure fatidique, se demandant pourquoi les smartphones sont encore interdits pour composer en examens, ce qui lui semble scandaleux.

    Il cherche de plus en plus, de toute manière, sans souci de vérifications des sources ou de la validité des arguments défendus, sur Internet de quoi répondre rapidement aux questions qui lui sont posées durant son cursus.

    Pourquoi se fouler puisqu'il y a Google ?

    De toutes façons, il ne cherche pas, comme la plupart des adultes, de sens à ses actions ou à sa vie, il n'en a cure. Ce qui les motive c'est de gagner beaucoup d'argent en travaillant un minimum afin de se payer tous les gadgets parfaitement inutiles que la pub voudrait lui imposer comme indispensables.

    De plus selon lui, comme selon l'opinion la plupart des élèves, et de leurs parents, la philosophie ne sert à rien, comme les arts plastiques ou la musique. C'est aussi l'opinion courante de la plupart des adultes qui y rajoute la littérature. Tout ce qui n'est pas immédiatement quantifiable, tout ce qui n'est pas réductible en slogan ou en équations, tout ce qui demande un effort de compréhension à moyen ou long terme, est immédiatement déconsidéré par la société actuelle qui veut de l'immédiateté, du rapide, du bref, du qui ne demande pas trop .

    Les sujets pour les séries Littéraires étaient intéressants, surtout le deuxième :

    « Peut-on prouver une hypothèse scientifique ? » et « L'homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même? »

    Était proposé aussi pour les courageux un commentaire de texte extrait du Gai savoir de Nietzsche.

    Le deuxième sujet est vraiment passionnant dans la réflexion qu'il est censé provoquer. A l'âge des impétrants à la philosophie auquel il était proposé, on se fait beaucoup d'illusions sur soi, tout comme les adultes qui continuent également à s'en faire plus tard, qui sont entretenus dans leur vice par Internet, pouvant se rêver journaliste, pamphlétaire, conférencier, historien, et j'en passe, d'un clic de souris.

    Les sujets pour les économistes consistaient en :

    « La liberté est-elle menacée par l'égalité? » ou sur « L'art est-il moins nécessaire que la science ».

    Le premier sujet est pleinement dans l'époque libérale, le deuxième devrait parler aux futurs bacheliers qui seront tentés de répondre tout de suite non, oubliant vite qu'ils disposent d'une conscience, que celle-ci a besoin de se nourrir de culture, de beauté, d'intelligence pour exister, et que c'est ce le quasi-privilège de l'homo-sapiens que nous sommes tous, a priori. Il est à la mode en ce moment de prétendre que l'homme est loin d'être le seul être à disposer de cette faculté d'apréhender tout seul son existence, sa personne et ceux qui l'entourent. C'est toujours amusant à lire sous la plume de Jonathan Swift qui fait des chevaux les êtres les plus nobles sur terre dans « les voyages de Gulliver ».

    ou un extrait des « Bienfaits » de Sénèque.

    Cet auteur, confronté à la difficulté d'être sage, conserve l'idée des stoïciens des « biens préférables ».

    Ainsi il vaut mieux être riche que pauvre, bien portant plutôt que malade etc... Néanmoins, ces biens ne sont pas les biens véritables qui se situent dans le bien moral, la hauteur et la droiture.

    Dans le traité « Des bienfaits », Sénèque affirme également le caractère pleinement humain des esclaves. Les esclaves, les pauvres, les précaires, le sont par convention sociale ou par accident, par malchance, par déveine, mais non par nature. Bien des esclaves ont rendu des services à leur maître et il faut donc reconnaître une plus grande place aux esclaves que ne le fait la loi dans la société de son temps.

    Notre époque de progrès donne beaucoup moins de place aux exclus qui n'ont plus la plupart du temps que la haine, l'invective, la révolte pour s'exprimer, ou « s'indigner ».

    Les sujets pour les scientifiques et les matheux était :

    « La culture dénature-t-elle l'homme? » ou « Peut-on avoir raison contre les faits ? ».

    ou un texte de Pascal était proposé aux amateurs de génie amoureux de leur soeur. Je sais, c'est méchant avec le philosophe, mais enfin comment peut-on écrire ce genre de choses :

    «La vie n'est bonne qu'à étudier et à enseigner les mathématiques.»

    Le premier sujet est totalement dans l'air du temps, il réconcilie bizarrement certains croyants pour qui les clercs ont trahi l'Église et l'Évangile en se sécularisant progressivement au cours des siècles, et les progressistes pour qui il convient de revenir à un état de l'être humain qui aurait été perverti par des théories contre nature lui otant sa « simplicité animale », ou ces modernistes pour qui le progrès mènera à un homme « amélioré » par la technique informatique et cybernétique, et donc libéré des contraintes simplement humaines.

    Ce qui dénote dans les deux cas une haine de l'humanité. On se dit qu'une époque qui fantasme à un tel point sur la fin du monde et l'Apocalypse ne peut être qu'un temps de rejet total de ce qui fait cette humanité, imparfaite par nature, bien que beaucoup de théoriciens aient voulu la normer, la mettre en bouteille.

    Le deuxième sujet proposé aux scientifiques est typique de la manière dont les idéologues de tout genre du monde moderne considèrent leurs idéologies, à savoir comme disant toujours la vérité, quitte à dénaturer les faits pour l'imposer. Les faits ne sont rien à leurs yeux. Si ceux-ci contredisent leurs opinions, ils ne sont pas intéressants. « Dieu est mort » a dit l'un, peut-être pour certains, mais pas les dogmes impliqués par les théories se voulant globalisantes en tout cas, qui sont encore des plus pregnants.

    Un philosophe l'a dit, il ne fallait pas dire ce qui se passait vraiment en URSS pour ne pas désespérer Billancourt, ou à Cuba, ou au Venezuela. Ils mettent en balance les bienfaits parfois réels de leurs idées mises en pratique dans ces pays et les quelques « dérives » survenus qui ne seraient rien en regard du bien créé.

    « Qu'est-ce que quelques vies humaines en comparaison du bonheur universel promis par leur doxa ? » Pensent-ils.

    J'ai parlé de ces pays, c'est exactement pareil quant au discours ultra-libéral pour qui la richesse de quelques uns, le progrès technique foudroyant, valent bien « quelques » morts, et « quelques » souffrances à leurs yeux.