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baby boomers

  • Les naïfs sur la grève

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    D'actualité sur Agoravox

    "Eh ben moi ce qui me les casse (note de l'auteur : moi aussi), c'est les faux affranchis, les pétroleurs syndiquès et les anars inscrit à la Sécurité Sociale! ça fait la Chine, ça prend la Bastille et ça se prostitue dans des boulots d'esclave! Ah ils sont beaux les réformateurs du monde".

    18838136.jpgGabin avec les dialogues de Michel Audiard à la bouche dans « Archimède le clochard ».

    Il faudrait quand même mettre au point quelques petites choses quand on parle de la grève reconductible à partir d'aujourd'hui, des retraites et des jeunes qui vont défiler (on les comprend, le rebelle qui sèche les cours peut se faire plus de filles que les autres). Parmi ceux qui défilent, en particulier dans la fonction publique, il y en a déjà une bonne majorité qui en sont à cotiser dans les fonds en pension, donc à laisser leur argent en bourse et se constituer un bon petit magot en actions et obligations. On les comprend, il faudrait être idiot pour ne pas essayer de s'assurer un avenir pas trop inconfortable quand on peut le faire. C'est totalement légitime. Par contre, se dire solidaires ensuite alors que l'on est déjà passé au système par capitalisation, c'est quand même très hypocrite.

    Ce n'est pas ça qui énerve, ce qui énerve c'est quand les mêmes demandent à ce que l'on taxe les bourses, où ils collent leur argent, en sachant très bien que par les mouvements de capitaux mondialisés et les comptes « offshore » le capital fichera le camp ailleurs dés qu'un pays cherchera à le taxer. Je m'étonne que très peu parmi eux évoque par contre les sommes faramineuses dépensées par les états pour « sauver » les banques qui se sont hâtées ensuite de le dépenser en dividendes ou en primes pour les traders pour leur travail un peu trop chèrement payé. Comme des convertis de fraîche date à une religion très dogmatique, certains voudront prouver mordicus que si, si, ma bonne dame, mon bon meussieur, c'est possible de taxer les mouvements de la bourse (voir fig 1 de gauche à droite et fig 2 de droite à gauche) à condition de bloquer les capitaux dans le pays.

    Oui, effectivement bon sang mais c'est bien sûr.

    « 'Suffit de les bloquer... »

    Dans l'histoire, les traders sont également des pions, comme Kerviel, des pions à qui on donne une bonne part du gâteau pour qu'ils la ferment, au moins un temps. Ensuite, s'il leur prend de dire la vérité, on les étouffe, on les tue moralement et socialement, comme Kerviel.

    Mais bon, (ou plutôt « mébon ») moi je critique, je critique mais enfin, s’il n’est pas parfait, le système par répartition français tout comme la sécu tout comme l’Éducation Nationale sont encore des système équitables donc appréciables.

    Les gouvernement ont versé des milliards aux banques, il y a les sous, de là à croire qu’ils le feront, faut être con comme un rédacteur d’intentions du prière du dimanche pour penser qu’ils seront un jour inspirés par l’Esprit Saint (qui semblent ignorer qu'avant toutes choses il faudrait peut-être qu'ils se mettent sérieusement à l'Évangile les politiques).

    La seule solution, c’est la remise à plat du système dans sa globalité, de ce système inique qui favorise l’égoïsme, les frilosités, les corporatismes en tout genre et aussi la sottise. Si j'ai horreur du libéral qui fait la leçon en balançant sa vulgate néo-libérale, j'ai tout autant beaucoup de détestation du type de la SNCF qui ose justifier comme indispensable la prime contre la silicose de quelques cheminots encore.

    1286380066.jpgD'autre part, on nous parle des jeunes qui se réveilleraient politiquement parce qu'ils manifestent bien sûr du côté où il faut, il faudrait peut-être se demander pourquoi ils manifestent. Ils ne manifestent pas pour le système par répartion, encore moins pour l'équité sociale, ils manifestent pour consommer autant que les parents, du moins les quelques égarés parmi eux qui ont une conscience politique, les autres c'est aussi parce que le statut de rebelle c'est mieux pour draguer les filles et puis c'est toujours du temps que les profs n'auront pas. En plus on pourra balancer deux ou trois charges de CRS, plus acerbes qu'avec les dockers, sur « Youtube » et se faire peur avant de rejoindre tout doucement le troupeau . De ces clichés sur les jeunes, Desproges en parlait déjà il y a vingt-deux ans :

    le-lycee-queneau-en-greve-jeudi-aussi-335173.jpg«Qu'est-ce que vous avez fait pour les jeunes?» Depuis trente ans, la jeunesse, c'est-à-dire la frange la plus totalement parasitaire de la population, bénéficie sous nos climats d'une dévotion frileuse qui confine à la bigoterie. Malheur à celui qui n'a rien fait pour les jeunes, c'est le péché suprême, et la marque satanique de la pédophobie est sur lui. Au fil des décennies, le mot «jeunes» s'est imposé comme le sésame qui ouvre les voies de la bonne conscience universelle. » (la suite du texte est par ici)

    Des jeunes engagés dans le syndicalisme étudiant peuvent faire peur, on en a vu de ces militants, de l'UMP au PS en passant par les jeunes cathos ou les jeunes raèliens, qui ont des manières, à leur décharge, très extraverties : « carré » pour les filles, jupe sage (parfois il est de bon ton de coller un tromblon aux responsabilités, ça lui permet de sublimer), lunettes, garçons grands, sérieux, en djinn, chaussures « bâteau » et poulovère en « v ». La plupart ressemblent toujours à des missionnaires délivrant la bonne parole et tellement sûrs d'avoir raison.

    Et puis je déteste les jeunes beaucoup trop sérieux à dix-sept ans. Ils ne comprendront que ce qui importe véritablement dans leur vie c'est ce qu'ils trouvent futiles.