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avenir

  • L'éducation ça compte

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     éducation, société, politique, avenir, enfance, Emmanuel toddà propos du livre d'Emmanuel Todd sur les évolutions sociétales : la « crétinisation » des élites, la fin prochaine selon lui de la démocratie (voir article de Libération à ce lien)

     

    Dans notre société si progressiste, si avancée, les différences d'éducation, dont l'éducation à la culture, n'ont jamais été aussi importantes, si prégnantes, créant des castes tout aussi marquées que celles du « Meilleur des Mondes » d'Aldous Huxley, chacun dans son groupe ravi d'en faire partie, content de sa soumission à un arbitraire pourtant objectivement insupportable, esclaves de leurs pulsions, de désirs étriqués conditionnés par la pub et le storytelling, toutes les histoires sentimentales et, ou mièvres que l'on vend aux peuples pour pas grand chose...

     

    C'est un peu plus complexe que la « Veillée des chaumières » qui faisait pleurer Margot mais le principe demeure exactement le même, est étendue à tout le divertissement, ce qui rapporte de l'argent, beaucoup d'argent et en plus c'est un « marché fantastique » le rêve formaté...

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  • La littérature c'est dangereux

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    12049180_1634898010118914_676968919393246799_n-2.jpg?itok=dVyAPNp0Premier article d'une série d'une dizaine...

     

    D'un côté l'on prétend que le niveau aurait tellement baissé que l'on ne pourrait plus évoquer Baudelaire ou Chateaubriand à des jeunes, ou des adultes, uniquement préoccupés du dernier modèle de « smartphone », apparaissant comme)des « digital natives » rivés à leurs écrans. Sur ce côté de la rive l'on déplore le retour de la Littérature comme domaine réservé uniquement à une élite. C’est il est vrai- le cas. Après une période de démocratisation des livres, ne fût-ce que par la création du « Livre de Poche » à la Librairie Générale Française ou des collections « Folio » chez Gallimard et « Points » au Seuil, la lecture ne concerne plus qu'une niche de jeunes et de moins jeunes disposant d'un « background » et d'un environnement de plus en plus rares.

     

    De l'autre, l'on affirme qu'il faudrait ne considérer les Lettres et leur enseignement que sous un angle utilitaire voire utilitariste, toujours le plus possible proche de l'univers mental et des préoccupations des générations actuelles, qu'il faut délaisser les littérateurs poussiéreux, les mettre au pilon, car leur propos ne serait plus suffisamment adapté à la modernité. Il faudrait sans cesse renvoyer les lecteurs à leur présent, leurs centres d'intérêt, à eux-mêmes sans que l'on ne précise ce qu'il en est de la nécessaire ouverture à d'autres perceptions, d'autres univers mentaux.

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  • Ecrire, ce truc de vieux cons…

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    société, politique, conformisme, jeunesse, avenir, utopieIl y a quelques années déjà que l’écriture en France se réduit à l’exposé de ses turpitudes morales et sexuelles, et rien d’autres, cela afin de pouvoir faire de l’audience à la télévision, ou du « buzz ». C’est ce que l’on attend d’un littérateur ou pseudo-littérateur en 2015. Ecrire sur autre chose c’est risquer de remettre en question les préjugés, les clichés, et autres idées reçues, ce consensus mou confondu avec le triomphe de l’idée de progrès. Et cela c’est un péché à notre époque, un des rares péchés que l’on condamne encore sans espoir de rémission.

     

    La Littérature, la Lecture, l’Écriture, ce sont des occupations d’un individu coupé volontairement de sa « communauté », de son groupe-cocon, lui permettant de s’en libérer et pire encore de mûrir. La majorité des individus refusent cette liberté, n’en veulent pas. Elle est pour elle anxiogène. Il est tellement plus simple de rester communautairement enfermé. Curieusement, alors que tous les autres liens, familiaux, national, sont systématiquement et méthodiquement détruits très progressivement, raillés, conchiés, critiqués, le lien communautaire est encouragé vivement !...

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  • Journal de vacances 9 – Justice pour John Carpenter

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     « L'illusion est-elle mensonge ou pressentiment d'une vérité que voile et contredit la réalité de ce monde ? Choix transcendantal entre le vrai entrevu en rêve et le réel dont l'obscène évidence aveugle les yeux éveillés ».

    Gustave Thibon dans « l'Illusion Féconde », Fayard, 1975

    Si l'on aime vraiment le cinéma de genre, il faut aller voir « Trailers From Hell » le site créé à l'initiative de Joe Dante.

    affiche de "l'invasion des profanateurs de sépulture" prise ici

    invasion-of-the-body-snatchers.jpgLe cinéma comme la littérature de genre, était -ça l'est un peu moins maintenant que les geeks sont à la mode- ces films et ces livres réputés débiles, polars, thrillers, films d'anticipation ou d'horreur, entre autres, méprisé par les grands esprits et les belles consciences qui aiment bien qu'il y ait un message à noter et qui voit les films ou les livres comme autant de prétextes à une redite des «Dossiers de l'écran » chez soi. L'imagination ce n'est pas sérieux, ces « serials » des années 40 avec Buster Crabbe, qui montrent des vaisseaux spatiaux dont on voit clairement les fils qui les soutiennent, ça n'est pas crédible, tout comme ces monstres en latex qui ont une fermeture éclaire mal cachée dans le dos.

    Parfois, on peut se demander si les films actuels américains ne sont pas des remakes à peine déguisés, avec plus d'argent, de ces « serials »...

    Les effets ont beau être beaucoup plus fins maintenant, beaucoup mieux réalisés, ils restent des effets, et à moins d'être un cyber-autiste dont le cerveau s'est perdu entre le dixième et le douzième niveau de « Counter Strike », le spectateur sait bien que ce n'est pas réel, qu'importe, il laisse courir son imagination. Et cela peut l'amener à réfléchir par lui-même, à se créer ses propres normes sans que quelqu'un ne les lui pré-mâche par avance. « La Planète des Singes » tout comme sa suite « le Secret de la Planète des Singes », le final sacrément pessimiste et risqué du premier film pour un film de studio, tout comme celui encore plus désespérant du deuxième film, mais pas seulement, amènent a priori le spectateur à se poser des questions sur son présent.

    Car grande révélation, les films de SF ne parlent pas du futur, ils ne cherchent pas à prévoir, ils parlent de nous ou de notre société, comme par exemple la trilogie des « Morts vivants » de Georges Romero parle du consumérisme, et des ravages du libéralisme. Ces films en disent plus long sur notre monde que bien des pensums indigestes, comme le souligne Greil Marcus dans « Lipstick Traces » dans lequel il analyse les nombreux travers de la société actuelle à travers la « pop culture » dont un des films les plus célèbres, et le plus réussi, des aventures du professeur Quatermass, une des références de Carpenter : « Quatermass and the pit » ou « les monstres de l'espace » en français, réalisé par Roy Ward Baker, produit par la « Hammer », qui montre la désagrégation rapide de la société anglais de l'époque qui sombre dans la violence, la population se laissant aller à ses pires pulsions.

    Ces films, les beaux esprits qui sont restés des petits garçons et des petites filles bien dociles et bien sages ne vont pas les voir car en tant que tels ils ont peur que cela déplaise à leurs parents et professeurs.

    portrait de Carpenter pris ici

    158975143_small.jpgEn sortant de la projection d'un film bourrin, « Green Lantern », qui montre un héros modèle de mode pour pub pour déodorants et une héroïne anorexique sans formes comme il est d'usage maintenant, avec du spectacle, mais un peu trop de clichés et les scènes intimistes tournées façon « sitcoms » j'ai songé aux films de John Carpenter et ce que lui aurait pu faire d'une histoire de genre comme celle-ci. Il aurait tout de suite donné une dimension plus sombre au héros, aurait rendu l'histoire un peu plus complexe, et en aurait fait un brûlot anti-moderne, anti-système, comme « Invasion Los Angeles », dont le héros est un prolo américain pur et dur, ou « Escape From New York » et son héros nihiliste.

    Bien sûr le film n'aurait pas marché, aurait fait perdre du fric à ses producteurs et Carpenter tournerait encore un peu moins que maintenant, deux films en dix ans, « Ghosts of Mars » qui présente un futur dystopique (une dystopie est une anti-utopie, les dystopies sont souvent plus intéressantes les autres œuvres de SF) une société contrôlée et aseptisée dans laquelle le matriarcat est de mise, l'homosexualité féminine la norme, et la prise de drogues psychédéliques prescrites par les médecins de famille, et « The Ward », sorti en janvier 2011, dans lequel à travers une histoire de fantômes presque classique, encore plus terrifiante du fait de son contexte particulier, un hôpital psychiatrique, le cinéaste aborde les questions qui lui touchent à cœur, l'incommunicabilité quasiment impossible dans notre société, le rejet de l'altérité par celle-ci, le contrôle qu'elle voudrait imposer aux populations, dont il n'a pas été vraiment question en France, ou ailleurs, où l'on préfère les films ultra-formatés, avec grille de lecture et fléchage des intentions du réalisateur incorporé, que ce soit pour un « blockbuster » hollywoodien ou un long-métrage racontant les graves problèmes de trentenaires adulescents qui sont à peine pubère dans leur cervelle, ou ce qu'il en reste.

    « The Ward » est tout aussi terrifiant que « Prince des Ténèbres », que l'on déconseille aux âmes sensibles, il utilise très peu de moyens et joue tout autant sur la suggestion.

    John Carpenter aime le cinéma, le « cinoche », il ne se pare pas de prétentions, ou d'un discours pré-construit, même s'il a des choses, il n'oublie pas que d'abord et avant tout le cinéma est un art forain, qui se partage avec les autres dans une salle avec un écran digne de ce nom.

    Une chose que l'on remarque de la plupart des films qui sortent en ce moment, et ce depuis quelques années déjà, c'est qu'ils passent très bien sur le petit écran, pour lequel ils sont également conçus, les films de Carpenter, comme ceux de Hawks, Ford, mais aussi Kubrick ou d'autres, voire un collègue en insoumission de Carpenter, Georges A. Romero, sont trop grands pour l'écran minuscule de la télévision.

    Leurs films ne sont pas de ceux qui rétrécissent l'imaginaire.

    Les films de ces réalisateurs ne se conçoivent qu'au cinéma. C'est un peu comme ces livres que l'on dirait écrit exprès pour les collections de poche.

    Carpenter est né en 1948 dans l'état de New-York à Carthage. Comme tous les gosses inadaptés, ou plus lucides que les autres, ou plus sensibles, ou les deux, qui ont du mal à se débrouiller avec le quotidien ou la banalité, il s'est réfugié dés l'enfance dans les salles obscures, surtout pour voir des films de Howard Hawks, et de John Ford, qu'il trouve cependant plus faible, plus grandiloquent que le premier, sauf dans « The man who shot Liberty Valance ». Il étudie le cinéma à l'USC, s'exilant pour cela en Californie, avec Dan O'Bannon qui écrira le scénario de son premier film, une pochade potache mais pas que, « Dark Star ». Avant de tourner pour de bon au cinéma, il réalise un « biopic » d'Elvis Presley pour la télévision et écrit le scénario d'un excellent thriller fantastique : « les Yeux de Laura Mars ».

    Il ingurgite également tous les films de Science-Fiction des années 50, des séries B ou Z psychotroniques, dans lesquels les astronautes n'ont pas de verre à leur casque lunaire car sinon on ne voit pas le visage de la starlette du film. Dans les films psychotroniques, il y a une scène obligatoire, c'est celle dans laquelle le monstre, martien, méchant savant fou, prend la vedette féminine dans ses bras pour l'emporter ailleurs subir un « sort pire que la mort ». « Gozilla » est clairement un film psychotronique, tout comme les films d'Ed Wood (il faut voir le biopic que lui consacre avec tendresse et humour Tim Burton, qui en fait un hommage d'un cinéaste doué à un autre qui l'était beaucoup moins mais qui était capable d'imagination. Ed Wood fait partie de la légende trash d'Hollywood, ses frasques seXXuelles ont nourrir les ragots des échotiers des grands studios pendant très longtemps).

    Il va aussi voir les classiques de l'époque comme « Planète Interdite » qui était un des rares films luxueux de l'époque, les bandes paranoïaques de William Cameron Menzies dont celle-ci, toute en profondeur de champ pour la 3D de l'époque, qui montrent la plupart du temps des « aliens » belliqueux aux yeux pédonculés, ou le film de Don Siegel « Invasion of The Body Snatchers », beaucoup plus subtil, qui montre des envahisseurs qui nous ressemblent trait pour trait excepté l'humanité (avec Kevin McCarthy qui deviendra un habitué des films de Roger Corman et que l'on retrouvera chez Joe Dante).

    Il se souviendra aussi du film de Don Siegel en tournant « The Thing », remake de « la Chose d'un autre monde », réalisée par Christian Niby et Howard Hawks, non crédité au générique mais dont reconnaît la marque dans les dialogues qui se superposent dans plusieurs séquences. Il tournera aussi une autre version d'un classique de SF paranoïaque des années 50, en tournant "son" "Village des Damnés".

    affiche de "The Thing" prise ici

    thething-vo.jpgIl y a quelques années, des producteurs comme les Weinstein, Arthur Jacobs, Richard D. Zanuck, le fils de Darryl F. Zanuck (le F avait été mis là par ce producteur légendaire pour faire sérieux au début de sa carrière, il l'a laissé), pouvaient se permettre de donner leur chance à des « mavericks » comme John Carpenter, à le laisser libre de tourner ce qu'il veut avec un budget conséquent quant à ses ambitions. Maintenant, c'est beaucoup plus dur. A Quentin Tarantino, par exemple, on ne demande pas qu'il réalise le film qui lui tient à cœur, certes ce qu'il a quand même fait pour « Kill Bill », pour le reste on lui demande de faire du « Tarantino » pour que ça permette aux exploitants de salle de vendre leur « junk food ». Carpenter n'a pas très envie de refaire un autre « Halloween », ou un autre « Escape From New York », il veut réaliser la bande qui lui tient à cœur qui lui permette encore une fois, soyons crus, de mettre un doigt au système.

    Ci-dessous, Bande Annonce de "The Ward" et de "The Fog" de John Carpenter.