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automobile

  • Enfin mon "coming out" (de non-pratiquant automobile)

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    politique, société, automobile, voiture, piétonophobie

    Dédié aux parisiennes qui font de si jolies piétonnes...


    Il fallait que je fasse enfin mon « coming out », il était plus que temps à quarante-quatre ans de m'assumer tel que je suis et que mon entourage le sache. Je suis automobiliste non pratiquant, je n'ai effectivement pas le permis : je marche, je prends le bus ou le train, parfois même je roule à vélo, je ne suis pas tout à fait comme tout le monde, je ne suis pas tout à fait comme vous et il fallait le dire et proclamer combien j'en suis fier.

     

    Je ne suis pas le seul dans ce cas, j'ai même des amis qui rajoutent indignité sur indignité puisque parmi eux il en est même qui ne conduisent pas, et qui lisent des livres, des livres peu sérieux, des romans ami lecteur, rends toi compte ! Voire qui les écrivent, (Dieu du ciel où va le monde) ! Et qui même rechignant à manger cinq fruits et légumes par jour boivent de l'alcool sans se soucier des recommandations de santé des pouvoirs publics. La plupart préfère largement les grandes villes, leur diversité, dont Paris, ce qui est un péché difficilement pardonnable de nos jours où il convient de parler de Paris comme un personnage de « Goupi Mains-Rouges », des grandes villes où les classes « dangereuses » pullulent « mon bon monsieur », des grandes villes où savoir conduire est de fait inutile.

     

    On peut donc l'affirmer, le permis de conduire est une préoccupation de provincial, tout comme l'ostentation véhiculaire (le « 4X4 » pour le médecin, du phamarcien, du vétérinaire, du boucher du coin etc... est un devoir de classes en province).

     

    Ce n'est pas facile dans une société où l'idée de non normalité est tellement accrochée à l'idée d'être forcément un automobiliste pratiquant assidu passé 18 ans. C'est un passage obligatoire vers l'intégration à la communauté, un rite que l'on se doit de respecter. Les plus jeunes ne conçoivent pas qu'un adulte ne puisse pas avoir de voiture, ils sont sidérés de voir qu'un de leurs profs peut prendre le bus, stupéfaits même qu'il marche dans la rue pour aller d'un point à un autre alors que les convenances sociales imposent qu'il prenne sa bagnole pour faire ne serait-ce que cinquante mètres, ou pour aller chercher le journal.

     

    Lorsque je l'ai dit à de mes amis automobilistes convaincus et reconnus, il y en a qui m'ont dit :

    « C'est pas grave tu sais, cela ne nous gêne pas, nous-mêmes ne sommes pas piétonophobes, nous avons de très bons amis qui sont automobilistes non pratiquants ! ».

    Une autre rajouta :

    « On dit même que ce sont des gens très sensibles, fins et cultivés, beaucoup plus que les autres ».

    « Enfin, ils sont très corrects en tout cas quand ils sont intégrés » crut-elle bon de rajouter. C'est alors que la conversation s'orienta sur ces piétons, automobilistes non pratiquants, arrogants et tenant le haut du pavé, n' étant même pas conscients de leur handicap, les pauvres, mais on me rassura « Toi c'est pas pareil, hein ! ». Ce soir-là les piétons en prirent pour leur grade et furent rhabillés pour l'hiver.

     

    Ce ne fut pas ma première rencontre avec la piétonophobie ordinaire hélas...

     

    Je fus un peu attristé de constater qu'après mon « outing » beaucoup des personnes présentes me considéraient soudain avec pitié et un peu de gêne aussi, n'osant plus s'asseoir près de moi, excepté un cinquantenaire élégant et discrètement apprêté qui me chuchota qu'il admirait mon courage de dire qui j'étais, que lui faisait bien deux kilomètres à pieds chaque jour, que personne ne le savait car il n'osait pas l'avouer.

     

    politique, société, automobile, voiture, piétonophobieParfois, découragé par les remarques, les petites allusions perfides, des allusions n'osant pas montrer toute leur piétonophobie par peur de passer pour réac, s'accumulant chaque jour, ne supportant plus d'être considéré comme différent, j'affirmais bien haut que j'allais passer mon permis. Aussitôt, les amis qui m'évitaient revenaient vers moi, manifestant leur enthousiasme avec force, enfin la brebis perdue revenait dans le droit chemin. Je leur faisais remarquer que pourtant ils s'affirmaient « non piétonophobes » et qu'au contraire ils feraient tout pour défendre leurs droits ce à quoi ils me répondaient que « c'était pour ne pas me faire de la peine » mais que « les piétons on faisait déjà bien assez de choses pour eux il ne fallait pas exagérer ! ».

     

    Et puis me reprenant, me ressaisissant, je renonçais à ce projet pour moi insensé, ce qui fait que maintenant on me considére comme un trublion irrécupérable pour le volant !  Peut-être finirais-je un jour pendu...

     

     

    illustrations : photos retravaillées – un peu- de vieilles Chevrolet par l'auteur 

  • La démagogie automobile

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    La dernière décision des députés fidèles à Nicolas Sarkozy et son gouvernement nous montre bien que nous ne sommes plus vraiment en République ou en démocratie, nous vivons en bagnolocratie un peu plus chaque jour.

    embouteillage.gifIl suffit de regarder dehors, d'essayer de respirer de l'air pur, sans succès, il n'y a jamais eu autant de voitures en circulation en France, jamais eu autant de pubs pour les voitures, du spot hypocrite qui vante les mérites « verts » des marques qu'il vend à celui qui assume. Encore plus depuis que les boutonneux peuvent conduire avec PapaMaman à côté ou un tonton ou un ami de tata à la place du mort, le boutonneux a alors parfaitement le droit d'emmener deux amis aux places des deux grands brûlés à l'arrière. Le boutonneux fait l'apprentissage de la socialisation consumériste en garant sa voiture au parking du lycée, rarement un tas de boue, il ne voudrait pas qu'on le considère comme un loser, et ce que ce soit le lascar de cités, ou le futur petit bourgeois qui partagent tous deux plus ou moins les mêmes aspirations. Le permis de conduire est le rite de passage ultime vers l'âge adulte, celui qui ne l'a pas est un inadapté chronique aux yeux du troupeau bêlant.

    L'automobile c'est encore drôlement important à notre époque, que ce soit chez les « pipeaules » concernés par l'avenir de la planète, qui conduisent de GROSSES voitures ou se déplacent en hélico comme Angelina Jolie au-dessus de New York derrière les caméras, ou le pékin moyen. Sur un fil internet, j'ai pu suivre cette discussion hallucinante entre un fou de la bagnole et un cycliste, le premier prétendait sans rire que le vélo est plus dangereux que les voitures en ville, le deuxième étant un fan des pistes cyclables.

    Bien sûr, il faut relativiser, on sait bien que les journaleux automobiles et les chauffards parlent exactement le même langage irresponsable. Comment ne pas leur donner raison ? Quand arrive un accident, comment savoir si c'est le pare-choc ou le bébé dans le landau qui est en tort ? Qui ne dit pas que le bébé était provocateur avec le conducteur ?

    Cela me fait penser à la bonne ville d'Evr...ux, je dissimule soigneusement le nom de cette ville, on l'a vu, où les pistes cyclables traversent les routes ou sont au milieu des rues, nous sommes d'ailleurs la première municipalité au monde à avoir inventé la voie « pieds/bus », une voie piétonne où les bus et les voitures circulent. Ces deux trouvailles s'expliquent par le fait que le maire ne veut quand même pas prendre le risque de perdre toutes les voix des fondus du moteur à injection et des pneus que l'on fait crisser.

    Le militant qui veut des pistes cyclables et des petits z-oiseaux au milieu de la ville ne m'est pas forcément antipathique, mais il arrive le plus souvent que ce soit une espèce particulièrement nuisible, hypocrite et sournoise qui n'a pas compris que le problème ce n'est pas de prendre des décisions écologiques et grandiloquentes mais un changement nécessaire de société, la société actuelle étant parfaitement symbolisée par l'importance donnée à ce moyen de transport puant et bruyant qui engendre encore de nombreux fantasmes de toute puissance à tous les individus microcéphales.

    embouteillage_432.jpgL'imbécile moyen veut que sa voiture crache de la fumée, il adorerait même qu'elle vomisse des flammes, il adore également que le moteur fasse du bruit, beaucoup de bruit, un bon « broumm, broumm » qui lui donnent l'impression de se mettre en valeur, et de retrouver une opinion positive de sa propre virilité. D'ailleurs quand il vieillit il compense ses problèmes de prostate par l'achat d'une belle voiture phallique, avec la p...e décolorée à ses côtés (prévoir alors la veste grand reporter avec la panoplie complète, sans oublier l'eau de toilette vulgaire). A défaut de se faire remarquer pour sa culture, son intelligence, son humour, il préfère emmerder le monde en faisant du bruit dans tout le quartier. C'est encore plus jouissif pour lui s'il est dans un quartier qu'il n'aime pas, par exemple, le pékin moyen de banlieue égaré en centre-ville (où selon lui il n'y a que des riches et des bourges) prendra son pied à réveiller tout le monde. Il attend presque fébrilement ensuite la dispute ou l'embrouille qui normalement selon lui devrait suivre et redonner du piquant à sa misérable existence.

    en circulation également sur Agoravox

    Ci-dessous un extrait de "Yo Yo " de Pierre Étaix qui me rendrait les automobilistes presque sympathiques