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audrey

  • Des femmes comme Holly Golightly

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    mode001v.jpgLa première fois que j'ai lu "Petit déjeuner chez Tiffany" c'était en 1991, et dans le même temps je rencontrai une jeune femme qui ressemblait à l'heroïne du roman, Holly Golightly, une cover-girl cherchant tellement la liberté qu'elle se construisait elle-même sa prison mentale, refusant d'appartenir à quelqu'un d'autre alors qu'elle ne s'appartenait même plus. J'ai lu ce roman court une douzaine de fois. Pourtant ce livre court (à peine une "novella" de 120 pages) de Truman Capote semble si léger, pétillant comme une bulle de champagne. Derrière on sent qu'il est amoureux d'Holly, ce qui était vrai : dans la vraie vie, Holly était une jeune allemande de 19 ans qui habitait près de l'appartement de Truman Capote, son premier, son seul et véritable amour, disparu. Plus tard j'ai vu le film dans le grand amphi de Nanterre, nous étions trois dans la salle, le film était projeté seulement pour nous. Dans le roman, Holly ne s'échappe pas de sa prison intérieure, l'amour se perd, comme dans la vie, le film est plus optimiste (à ce propos, je ne comprends toujours pas pourquoi Holly s'appelle Dolly en version française, et que son vrai nom qui est censé être Lullamae est Irma toujours dans cette version).

    audrey-hepburn.jpgA chaque fois que je m'apprête à ouvrir le livre ou à regarder le film, je me dis que je le connais par coeur, que ce n'est pas si bien finalement et puis à chaque fois, je me laisse prendre au charme d'Audrey Hepburn, à la chanson qu'elle joue à sa fenêtre : "Moon River". M'apparaît parfois alors, pour moi seul, fugacement, une sorte de joli fantôme aux yeux gris, et je sais que je n'aurais pas dû regarder ce film, que ce n'était pas raisonnable mais qu'est-ce qui est raisonnable ? Les imbéciles qui veulent qu'on les respecte se prennent tellement au sérieux qu'ils détestent la futilité et ce film aux pieds légers. Cela leur semble une perte du temps. Pourtant tout est dedans : le grotesque d'une société où tout repose sur l'apparence et le fric, l'amour qui envoie tout promener, des conventions aux préjugés, l'élégance d'esprit, l'humour, et cette toute petite part d'enfance qui font que rien n'est jamais tout à fait perdu.

    J'ai déjà passé "Moon River" sur ce blog, peu importe, encore une fois j'ai envie de l'écouter...