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  • Paris, Audiard et le goût du verbe

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    à propos de « le Paris de Michel Audiard » de Philippe Lombard chez Parigramme

     

    cinéma, audiard, littérature, amaury watremez

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    Dans ce petit texte, je ne fais pas dans la nostalgie, dans le violon, j'évoque...

     

    Le Paris d'Audiard a quasiment entièrement disparu métastasé par la gentryfication, les bourgeois « équitables » et, ou « durables », « citoyens ». Il est pourtant encore là, plus ou moins présent, caché dans des endroits que les prétentieux, les malfaisants ne connaissent pas. Il reste des traces, des vestiges pour qui veut bien les voir. Le Paris d'Audiard était celui des petites gens, des gamins combinards, des petits voyous gouailleurs, des escrocs à la petite semaine un rien mythomanes, des filles faisant le trottoir et s'usant petit à petit entre « l'affectueux du dimanche » et le client « qui venait en voisin ».

     

    On s'y mélangeait, on s'y fréquentait, on s'y parlait entre prolos et notables, bonnes dames et catins. Les milieux se croisaient, se jaugeaient, parfois aussi échangeaient autre chose que des cartes de vœux. Les plus riches étaient dans la « part de gâteau » décrite par Céline dans le « Voyage au bout de la nuit », de l'Arc au Triomphe aux serres d'Auteuil. On n'allait pas dans le XVIème, on n'y croisait que des petits vieux, des matrones sans âge, parfois des sous-maîtresses montées en grade, ayant fidélisé le client d'une manière ou d'une autre.

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  • "Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages"

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    faut-pas-prendre-les-enfants-du-bon-dieu.jpgJ'avais l'intention de parler aujourd'hui de « Au temps du Boeuf sur le toit » de Maurice Sachs, excellent livre que je suis en train de lire, mais je me sens trop indolent pour ça : calme, euphorie et douceur de vivre, ça ne m'incite pas assez à la critique littéraire, ce sera pour un petit peu plus tard. Par contre, hier, j'ai revu « Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages » de Michel Audiard, je sais, j'en ai déjà parlé mais c'est un petit bijou d'humour noir et de dérision rigolarde et foutraque : c'est filmé n'importe comment, le montage est fait par-dessus la jambe mais on s'en fout à la rigueur et il y a Marlène Jobert dans toute sa joliesse des temps enfuis, drôlement comaque, quand elle ne faisait pas encore dans le divertissement pour mômes. Elle joue Rita, la maîtresse de Fred l'élégant qui pique un milliard en lingots à Rosemonde, ancienne femme de petite vertu maintenant homme et chef de bande désintégré par Fred, avec sa bande, André Pousse, ainsi nommé car il s'habille toujours aussi chicos qu'un gigolpince, c'est normal il est huissier au ministère des Finances. Rita essaie de le rouler avec Charles, Bernard Blier, truand à l'ancienne qui arnaque lui-même Rita, après s'être fait refourguer le millard maintenant en "bolivars" du Venezuela ainsi que le conseille le fourgue, justement, un ancien entôleur habillé en prêtre orthodoxe. Rita demande alors du secours à sa marraine Léontine, Françoise Rosay, que l'on voit aussi dans l'excellentissime "Métamorphoses des cloportes". C'est donc pas du divertissement correct, camarade, c'est complètement immoral, et à la fin les voleurs s'envolent à Caracas.

    Un extrait du dialogue, très littéraire, ci-dessous, pour la bonne bouche :

    -J'ai bon caractère mais j'ai le glaive vengeur et le bras séculier. L'aigle va fondre sur la vieille buse.

    -Ça c'est chouette comme métaphore.

    -Ce n'est pas une métaphore c'est une périphrase.

    -Ah fait pas chier !

    -Ça c'est une métaphore.